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Place du Doppler transcrânien et de l’imagerie en résonance magnétique dans la drépanocytose


Médecine thérapeutique / Pédiatrie. Volume 11, Numéro 1, 55-66, janvier-février 2008, Dossier

DOI : 10.1684/mtp.2008.0141

Résumé  

Auteur(s) : Suzanne Verlhac, Françoise Bernaudin , Service d’imagerie médicale, Centre hospitalier intercommunal, 40 avenue de Verdun, 94010 Créteil, Service d’imagerie pédiatrique, Hôpital Robert Debré, 48 boulevard Sérurier, 75019 Paris, Centre de référence des syndromes drépanocytaires majeurs, Service de pédiatrie, Centre hospitalier intercommunal, 40 avenue de Verdun, 94010 Créteil.

Résumé : Les complications neurovasculaires de la drépanocytose sont fréquentes et précoces, pouvant se manifester bruyamment par un accident vasculaire cérébral ou plus discrètement par un déficit neurocognitif et un trouble des apprentissages. L’imagerie joue un rôle central dans la stratégie de prévention et de prise en charge précoce de ces complications. Le DTC permet de dépister les sténoses des principales artères de la base du crâne chez les enfants drépanocytaires ayant eu un AVC et d’identifier les enfants drépanocytaires sans antécédent neurologique ayant un risque élevé d’AVC, en enregistrant une accélération de la vitesse d’une ou plusieurs artère(s) intracrânienne(s), en rapport avec une sténose constituée ou présymptomatique. L’IRM permet de détecter les lésions parenchymateuses ischémiques récentes et anciennes et de faire le bilan des lésions artérielles. Il est recommandé de faire un DTC annuel dès l’âge de 12-18 mois et de traiter par un programme transfusionnel ou par greffe de cellules souches hématopoïétiques les enfants ayant un DTC pathologique.

Mots-clés : drépanocytose, accident vasculaire cérébral, sténose artérielle, Doppler transcrânien, IRM, ARM

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Suzanne Verlhac1,2,3, Françoise Bernaudin3,4

1Service d’imagerie médicale, Centre hospitalier intercommunal, 40 avenue de Verdun, 94010 Créteil
2Service d’imagerie pédiatrique, Hôpital Robert Debré, 48 boulevard Sérurier, 75019 Paris
3Centre de référence des syndromes drépanocytaires majeurs
4Service de pédiatrie, Centre hospitalier intercommunal, 40 avenue de Verdun, 94010 Créteil

Physiopathologie

Les phénomènes occlusifs vasculaires cérébraux se situent principalement à deux niveaux [1, 2]. Dans 75 % des accidents vasculaires cérébraux (AVC), il existe une occlusion ou une sténose de la terminaison de l’artère carotide interne et l’origine de ses branches terminales, artère cérébrale moyenne et artère cérébrale antérieure par hyperplasie musculaire lisse et fibrose de l’intima (figure 1). Ces sténoses s’installent progressivement et précocement dans la première décennie et s’accompagnent du développement d’un réseau collatéral de type moyamoya. Le mécanisme en cause n’est pas complètement élucidé. Il pourrait s’agir d’un processus de cicatrisation d’une lésion de l’endothélium vasculaire provoquée par les drépanocytes rigides et adhérents, favorisée par l’hypoxie, dans les segments artériels où les vitesses de circulation du sang sont très rapides et le flux turbulent du fait de la conformation anatomique des bifurcations et de l’augmentation du débit cardiaque et du débit sanguin cérébral secondaire à l’anémie et à la vasodilatation artériolaire cérébrale, particulièrement chez le jeune enfant. Les conséquences de l’occlusion de l’artère carotide interne et/ou de ses branches, artères cérébrales moyenne et antérieure dépendent de la rapidité d’installation de l’occlusion et donc du possible développement d’un réseau collatéral et de la mise en jeu des suppléances au niveau du polygone de Willis. Dans les cas les plus défavorables, la totalité du territoire vascularisé par l’artère est infarcie et la présentation clinique est bruyante. Dans les cas favorables, les lésions parenchymateuses peuvent être modérées et rester asymptomatiques si l’irrigation du territoire concerné est assurée par une autre artère via les anastomoses du Willis et/ou si le réseau collatéral à partir des artères cérébrales postérieures et des artères lenticulostriées est bien développé (figure 2). Ces lésions artérielles sont responsables d’infarctus dans le territoire parenchymateux irrigué par l’artère lésée, mais aussi dans les territoires jonctionnels (figure 3) par interruption du flux sanguin, ou hypoperfusion relative responsable d’une hypoxie tissulaire.

Dans 25 % des AVC environ (figure 4) et dans 2/3 des infarctus silencieux, les artères principales sont normales. L’augmentation du débit sanguin cérébral et la vasodilatation induite par l’hypoxie ont pour corollaire la faible capacité de réserve de la circulation cérébrale. Ainsi existe le risque d’une perfusion insuffisante dans des conditions d’accentuation de l’anémie ou d’augmentation du nombre de drépanocytes circulants, dans les territoires cérébraux vulnérables (les territoires jonctionnels entre deux territoires artériels contigus ou la substance blanche vascularisée par des artérioles perforantes issues d’une part des artères de la base du crâne et d’autre part des artères cheminant à la superficie du cerveau). Certaines lésions pourraient être dues à des embols à partir d’une lésion carotidienne ou à des thrombis in situ, peut-être liés aux phénomènes de falciformation.

Manifestations cliniques

L’accident vasculaire cérébral

Alors que les AVC sont rares chez l’enfant en dehors de la période néonatale avec une fréquence toutes étiologies confondues de l’ordre de 13/100 000 versus 170/100 000 chez l’adulte [3], leur fréquence est multipliée par 300 chez les enfants drépanocytaires [4]. L’étude américaine CSSCD basée sur le suivi de plus de 4 000 patients pendant 10 ans dont 700 enfants depuis la naissance, a retrouvé un risque d’AVC de 11 % à 20 ans, 15 % à 30 ans et 24 % à 45 ans chez les patients SS et respectivement 2 %, 4 % et 10 % chez les patients SC [5]. Les accidents étaient surtout ischémiques avant 20 ans, avec un risque maximum entre 1 et 9 ans et après 30 ans, et hémorragiques entre 20 et 29 ans. Cliniquement l’AVC peut avoir une présentation classique avec un déficit neurologique aigu, hémiplégie ou hémiparésie, aphasie, déficit d’une paire crânienne. Il faut souligner la fréquence des convulsions, des troubles de la conscience ou du comportement. Cet accident peut survenir de façon spontanée ou au cours d’une crise douloureuse, et plus encore au décours d’un syndrome thoracique aigu [6], d’une crise anémique aplastique secondaire à la primo-infection par le parvovirus [7, 8], après corticothérapie, transfusion ou échange transfusionnel [9]. La survenue brutale de céphalées, de troubles de conscience ou d’un syndrome méningé évoquent plutôt une hémorragie intracrânienne. Des convulsions généralisées et/ou une perte de connaissance se voient dans tous les types d’AVC, mais sont plus fréquents en cas d’hémorragie méningée. Enfin l’artériopathie drépanocytaire n’est pas l’unique responsable des accidents neurologiques aigus du drépanocytaire qui rarement peuvent être en rapport avec une thrombose veineuse, une encéphalopathie postérieure réversible au cours d’un syndrome thoracique, une artérite infectieuse, une dissection carotidienne ou vertébrale. Le plus souvent, les signes neurologiques moteurs et sensitifs régressent mais des séquelles cognitives persistent et, en l’absence de traitement adapté, le risque de récidive est élevé de 67 % dans les 36 mois [10] avec cette fois un risque majeur de séquelles motrices. Seuls des traitements intensifs permettent de réduire très significativement ce risque de récidive à 10 % avec un programme transfusionnel à très long terme visant à maintenir le pourcentage d’hémoglobine S en dessous de 30 % de l’hémoglobine totale et à augmenter le taux d’hémoglobine A afin de prévenir les effets délétères de la polymérisation de l’hémoglobine et d’améliorer l’oxygénation tissulaire [11-13], et à 6 % avec la greffe géno-identique [14]. Il y a une controverse quant à la possibilité d’alléger le programme transfusionnel pour viser un pourcentage d’hémoglobine S de 50 % ou à le remplacer par l’hydroxyurée au bout de quelques années, mais cette attitude n’a pas montré la même efficacité [15]. L’existence d’un moya-moya est un facteur de risque de récidive malgré les transfusions régulières [16, 17]. Parmi les facteurs de risque reconnus de l’AVC clinique, un examen Doppler pathologique est le plus significatif. Ont été également reconnus un taux basal d’hémoglobine bas, une hyperleucocytose, l’HTA, des épisodes récents de syndrome thoracique aigu [5]. En revanche, la coexistence d’une alphathalassémie diminue le risque d’AVC, peut-être du fait d’un taux plus haut d’hémoglobine [18]. La constatation d’une augmentation du risque d’AVC chez les frères et sœurs drépanocytaires d’un enfant drépanocytaire ayant eu un AVC suggère l’existence d’une prédisposition familiale [19]. L’hypoxémie nocturne pourrait augmenter le risque de complications neurologiques chez les patients drépanocytaires [20]. L’activation plaquettaire et leucocytaire qui pourrait altérer la fonction endothéliale est inversement liée à l’oxymétrie nocturne chez les enfants drépanocytaires [21].

Le déficit cognitif

Le déficit cognitif qui touche le plus souvent l’attention, les performances verbales, mathématiques, la motricité visuelle a une incidence augmentée chez les enfants drépanocytaires [22]. Il peut être très précoce, s’aggraver avec le temps et est souvent associé à la présence d’infarctus silencieux à l’IRM. Il peut être en partie lié à des apnées du sommeil justifiant l’enregistrement nocturne de la saturation en oxygène, l’examen ORL à la recherche d’amygdales ou de végétations obstructives. Les facteurs de risque du déficit cognitif sont l’hémoglobine basse, la thrombocytose, la présence de lésions ischémiques à l’IRM [22], l’hyperleucocytose, les anomalies artérielles [23], les anomalies de perfusion [24].

Les techniques d’imagerie

Le Doppler transcrânien

Le Doppler transcrânien (DTC) est une technique d’échographie qui permet de visualiser les artères intracrâniennes, de vérifier leur perméabilité et de détecter la sténose d’une artère intracrânienne en enregistrant une accélération localisée anormale de la vitesse circulatoire. Une accélération de la vitesse correspond soit à une réduction de la lumière artérielle sans changement de débit, soit à une augmentation de débit sans changement du calibre de l’artère. Elle peut être retrouvée dans toutes les artères du polygone de Willis si elle est secondaire à une anémie profonde ou dans une artère donnée lorsque celle-ci sert de voie de suppléance en présence de l’occlusion d’une autre artère du cercle de Willis, soit à l’association des deux phénomènes. Les capacités de vasodilatation des segments artériels proximaux des artères intracrâniennes étant faibles, une vitesse basse témoigne toujours d’un débit faible.

On utilise un appareil d’échographie Doppler couleur avec une sonde transcrânienne dédiée de 2 à 2,5 MHz qui est placée sur la tempe pour l’exploration du polygone de Willis et des terminaisons carotidiennes (figure 8), sur la nuque pour le système vertébrobasilaire et sur la paupière pour la portion intracaverneuse de l’artère carotide interne [25-28].

L’image couleur permet de repérer les artères et de placer la fenêtre de Doppler pulsé en adaptant la position et l’orientation de la sonde de manière à aligner l’axe de tir Doppler et l’axe du vaisseau et obtenir le meilleur spectre Doppler. Aucune correction d’angle n’est utilisée afin de ne pas majorer artificiellement les vitesses (figure 9). En effet, d’une part, les artères intracrâniennes sont de petit calibre et sinueuses, et la résolution spatiale de l’image couleur n’est pas suffisante pour déterminer avec précision la position de la ligne de tir Doppler par rapport au segment artériel enregistré. Or, une correction erronée de 60° de l’angle entre l’axe de l’artère et la ligne de tir Doppler entraîne une surestimation de la vitesse de 100 % et donc un risque important de faux positifs. D’autre part, les premières études nord-américaines ont été faites avec un appareil de Doppler pulsé à l’aveugle sans imagerie et par conséquent sans mesure d’angle possible, la stratification du risque d’AVC a donc été établie à partir de vitesses non corrigées. Quelques équipes ont comparé les deux techniques et ont noté une bonne concordance des résultats avec pour certaines des différences de vitesses mineures de l’ordre de 10 % [29-32].

L’absence de fenêtre acoustique est rare chez l’enfant : elle est rencontrée dans 1 à 6 % des cas [33]. Elle peut être unilatérale et variable d’un examen à l’autre. Elle peut être secondaire à un épaississement de la voûte en rapport avec un infarctus avec atrophie du parenchyme cérébral sous-jacent et incite à réaliser une IRM.

Le paramètre mesuré est la moyenne des vitesses maximales au cours d’un cycle obtenue après tracé électronique ou manuel de l’enveloppe d’un ou deux spectres. C’est cette vitesse moyenne exprimée en mètre par seconde et non la vitesse systolique ni la vitesse moyenne instantanée qui est utilisée car elle est moins affectée par les variations hémodynamiques générales (fréquence cardiaque, résistances périphériques) que les vitesses systoliques et diastoliques. À l’état normal, les vitesses de l’ACM sont les plus élevées. Et les vitesses dans le système carotidien sont supérieures aux vitesses du système vertébrobasilaire. La différence de vitesse entre les artères cérébrales moyennes droite et gauche est normalement inférieure à 30 %.

Le compte rendu est rédigé sous forme d’un tableau donnant pour les 9 artères la vitesse moyenne la plus élevée. L’examen est classé dans une des quatre catégories : normal, limite, pathologique, ou incomplet :

  • Examen limite : au moins une vitesse est comprise entre 1,70 m/s et 1,99 m/s.
  • Examen pathologique : au moins une vitesse est supérieure ou égale à 2 m/s.
  • Examen incomplet : une ou les deux fenêtres temporales ne sont pas accessibles.

Les index de résistance et de pulsatilité, de même que l’élargissement du spectre, la présence de turbulences qui sont des critères utilisés dans les sténoses carotidiennes cervicales, n’ont pas de valeur diagnostique en DTC, du fait de la petite taille des vaisseaux et des turbulences qui existent à l’état normal chez ces enfants anémiques.

Les vitesses circulatoires intracrâniennes sont plus élevées chez l’enfant drépanocytaire que chez l’enfant non drépanocytaire et que chez l’adulte, inversement proportionnelles à l’hématocrite, du fait de l’anémie par augmentation du débit cardiaque, diminution de la viscosité sanguine et baisse des résistances intracrâniennes, ce qui permet de maintenir malgré l’anémie une bonne oxygénation du cerveau [25]. Elles varient avec l’âge et sont plus hautes entre 3 et 12 ans avec un pic de vitesse vers 7-8 ans, âge où le débit sanguin cérébral est le plus élevé. De ce fait, les critères de sténose utilisés chez l’enfant drépanocytaire sont différents des critères utilisés chez l’adulte. La fièvre augmente le débit sanguin cérébral de 10 % environ. Le dioxyde de carbone est un puissant modificateur du débit sanguin cérébral et des vitesses intracrâniennes. L’hyperventilation responsable d’une diminution de la PCO2 entraîne une vasoconstriction artériolaire et, de ce fait, une diminution du débit sanguin cérébral et des vitesses. L’hypoventilation, par le biais de l’hypercapnie, induit une augmentation de la vitesse de l’ACM. Le sommeil, par le biais de l’hypercapnie, entraîne une discrète augmentation des vitesses. A contrario, les cris entraînent par le biais de l’hypocapnie une petite diminution des vitesses.

On recherche par Doppler une accélération du flux qui fait suspecter une sténose ou une perturbation rhéologique lorsque la vitesse est supérieure à 200 cm/s ou une occlusion lorsque l’artère n’est pas vue en imagerie couleur alors que le parenchyme et en particulier les pédoncules cérébraux apparaissent [35]. En cas d’occlusion de l’ACM, on peut enregistrer au niveau des noyaux gris centraux sur le trajet de l’ACM, un flux démodulé, lent avec une vitesse inférieure à 50 cm/s, repéré par des petits spots colorés, correspondant à un réseau collatéral (figure 2). L’enregistrement d’un flux lent au niveau de l’ACM est un facteur de risque d’AVC et doit inciter à compléter par une IRM/ARM à la recherche d’un moya-moya [36, 37].

Le DTC permet de dépister les sténoses des principales artères de la base du crâne chez les enfants drépanocytaires ayant eu un AVC avec une sensibilité de 90 % et une spécificité de 100 % [38-40], mais aussi de prédire la survenue d’AVC chez les enfants drépanocytaires sans antécédent neurologique, en enregistrant une accélération de la vitesse d’une ou plusieurs artères intracrâniennes, en rapport avec une sténose constituée ou une perturbation rhéologique précédant la sténose. Les études américaines [41, 42] ont retrouvé un risque d’AVC de 10 % par an chez les enfants drépanocytaires ayant une vitesse moyenne dans la CI terminale ou l’ACM supérieure ou égale à 2 mètres par seconde, alors que le risque n’est que de 0,5 à 1 % si les vitesses sont normales. En cas de vitesses limites entre 1,70 et 1,99 m/s, le risque est intermédiaire de 2 à 5 %. Le risque d’AVC est aussi augmenté en cas de vitesse pathologique dans les ACA, isolément ou associée à une accélération dans les ACM/CI [34, 43]. Le DTC détecte l’artériopathie à un stade plus précoce que l’ARM. Dans l’étude STOP [44], l’ARM initiale était normale chez 75 % des patients sans antécédent d’AVC avec DTC pathologique, montrait une sténose modérée dans 4 % et sévère dans 21 % des cas. Dans la série de Créteil, l’ARM était anormale chez 8/23 patients avec DTC pathologique, soit une fréquence de 34 % [45]. Chez deux patients, l’ARM initiale faite en raison d’un DTC pathologique était normale et est devenue anormale secondairement malgré la mise en route du programme transfusionnel.

Le bénéfice thérapeutique du dépistage des sténoses par DTC a été démontré par une vaste étude américaine, multicentrique [33, 37] randomisant un programme transfusionnel mensuel versus la simple observation chez 130 enfants drépanocytaires ayant un DTC pathologique avec une vitesse supérieure à 2 mètres par seconde, sélectionnés parmi les 1 934 enfants HbSS ou HbSB0 âgés de 2 à 16 ans testés. Le programme transfusionnel visant à maintenir le taux d’hémoglobine S en dessous de 30 % a permis de réduire le risque d’AVC très significativement de 92 % (p < 0,001). Après 24 mois d’observation, dix AVC et un hématome intracérébral sont survenus chez les 67 patients non transfusés contre un seul AVC chez les 63 transfusés. La différence était très significative et a conduit à l’interruption prématurée de l’étude. Parmi les enfants ayant un DTC pathologique, le risque d’AVC était d’autant plus grand que l’ARM initiale était pathologique [44]. L’ARM initiale avait d’autant plus de chance de montrer une sténose sévère que les vitesses étaient plus élevées : 276 ± 34 cm/s vs 215 ± 15. À l’inverse si l’ARM était normale ou montrait une sténose modérée lors du premier DTC pathologique, le DTC avait plus de chance de se normaliser sous transfusions. En randomisant 79 enfants traités par programme transfusionnel pour DTC pathologique avec normalisation du DTC après 30 à 91 mois de programme transfusionnel et ARM normale, l’étude STOP II a montré qu’il était nécessaire de poursuivre les transfusions même si les vitesses s’étaient normalisées sous transfusions, 2 AVC et 14 récidives de DTC pathologiques ayant été observés parmi les 41 enfants après arrêt des transfusions versus aucun dans le groupe des transfusés [35]. D’autres études cependant ont montré qu’il était possible d’arrêter le programme transfusionnel chez certains patients dont le DTC s’était normalisé et ayant une ARM normale sans survenue d’AVC ni récidives de DTC pathologique avec un recul de plus de 2 ans pour Minitti [36] et avec un switch vers l’Hydrea® pour Bernaudin [45]. L’efficacité du protocole de prévention par DTC et intensification du traitement a été confirmée par la chute spectaculaire du nombre des AVC en Californie [46] et dans la cohorte de Créteil parmi les enfants en ayant bénéficié [47]. L’étude de Créteil est la première étude de cohorte d’enfants dépistés drépanocytaires en néonatal et explorés systématiquement par DTC dès l’âge de 12-18 mois. Parmi les 242 enfants drépanocytaires dépistés à la naissance et suivis depuis 1988, seuls 2 AVC ont été observés. Le premier est survenu à l’âge de 19 mois chez une fillette dont le premier DTC fait un mois auparavant à l’âge de 18 mois avait montré des vitesses pathologiques mais l’AVC est survenu juste avant le contrôle du DTC préconisé à ce moment là indispensable avant la mise en route du programme transfusionnel. Depuis ce cas malheureux, nous avons décidé de transfuser dès la mise en évidence d’un DTC pathologique. L’autre AVC est survenu chez une fillette de 4,4 ans chez laquelle le DTC montrait des vitesses normales à gauche mais chez qui l’absence de fenêtre temporale à droite n’avait pas permis l’exploration. L’AVC est survenu avant la réalisation de l’IRM qu’il convient donc de faire en absence de fenêtre adéquate. Cette surveillance étroite et précoce par DTC a ainsi permis de réduire le risque attendu de 11,5 % à 18 ans dans la population SS/Sb0 [5, 48] à celui de 1,6 % seulement [47]. Les nouvelles consignes de surveillance devraient permettre d’espérer la disparition complète de ce risque.

La fréquence des examens DTC pathologiques parmi les enfants SS est de 10 à 23 % [49, 45]. Dans la série de Créteil des enfants drépanocytaires suivis depuis la naissance à la suite d’un dépistage néonatal, le risque de DTC pathologique n’a concerné que les patients SS/Sb0. L’incidence cumulative de ce risque a été de 15,7 % à 5 ans et 22,7 % à 10 ans. Le plus jeune âge de mise en évidence d’un DTC pathologique a été de 18 mois (figure 6). L’association d’infarctus silencieux à l’IRM à un DTC pathologique est fréquente et retrouvée dans 29 à 44 % des cas [50, 35, 45]. Cependant, le fait d’avoir un DTC normal ne protège pas forcément des lésions ischémiques à l’IRM [47] qui restent très fréquentes (figure 7).

La fréquence des DTC limites (vitesses de 170 à 199 cm/s) est de 9 % à 17 % selon les publications [49, 45, 51]. Le risque de conversion d’une vitesse normale ou limite en vitesse pathologique est plus élevé chez le jeune enfant de moins de 3 ans et en cas de vitesse limite. Le risque de conversion est de 97 % si 2 DTC successifs sont limites chez un très jeune enfant, de 13 % chez un jeune vu pour la première fois à 14 ans [49]. Dans la série de Créteil [51], les facteurs de risque d’évolution d’un DTC limite vers un DTC pathologique sont l’âge au premier DTC limite de moins de 3 ans, avec un risque de 64 % d’évolution vers un DTC pathologique à cet âge, un taux basal d’hémoglobine inférieur à 7 g/dl, un volume globulaire moyen VGM de base supérieur à 80 fl.

La tomodensitométrie

Devant un tableau clinique évocateur d’un accident neurologique aigu, l’examen tomodensitométrique est l’examen d’imagerie le plus accessible en urgence, le plus rapide et n’ayant pas les contre-indications de l’IRM (claustrophobie, implants métalliques). Il est réalisé sans injection de produit de contraste. Il recherche un accident hémorragique pouvant nécessiter un geste neurochirurgical sous forme d’une plage spontanément hyperdense et peut détecter un accident ischémique, mais le scanner peut être normal à la phase initiale dans les 6 premières heures d’un accident ischémique. L’accident ischémique apparaît sous forme d’une hypodensité systématisée dans un territoire vasculaire le plus souvent de l’artère cérébrale moyenne, avec un effacement du noyau lenticulaire, un effacement des sillons corticaux, une perte de la différenciation substance blanche/substance grise, notamment au niveau du ruban insulaire.

L’imagerie en résonance magnétique

Séquence de diffusion

À la différence des séquences conventionnelles, la séquence de diffusion permet le diagnostic d’ischémie dès les premières minutes. Sa sensibilité est supérieure à 90 % dans la première heure et est positive pendant une semaine environ. Les lésions ischémiques au stade aigu apparaissent en hypersignal sur les images pondérées en diffusion et présentent un coefficient apparent de diffusion (ADC des Anglo-Saxons) abaissé. Dès les premières minutes de l’ischémie, un arrêt de la pompe Na+/K+ piège les molécules d’eau dans le milieu intracellulaire, entraînant un œdème cytotoxique et une diminution de la diffusion de l’eau dans l’espace extracellulaire, à l’origine de l’hypersignal observé sur les images de diffusion. La séquence de diffusion permet également de distinguer les lésions ischémiques anciennes en hyposignal en diffusion avec augmentation du coefficient de diffusion apparent des lésions ischémiques récentes qui apparaissent toutes deux en hypersignal sur les séquences T2 et FLAIR.

Séquences conventionnelles

La séquence FLAIR est très sensible à la détection des zones ischémiées qui apparaissent dès la 6e heure sous forme d’un hypersignal à limites nettes intéressant à la fois la substance blanche et la substance grise. Lorsque les lésions ischémiques sont corticales, l’hypersignal est gyriforme, avec effacement des sillons. La séquence pondérée en T1 est moins sensible au stade précoce que la séquence FLAIR. L’infarctus apparaît en hyposignal. La séquence en écho de gradient T2 dit T2* est très sensible aux produits de dégradation de l’hémoglobine et permet le diagnostic des lésions hémorragiques en hyposignal franc. L’injection de gadolinium n’est pas nécessaire au stade aigu sauf s’il existe un doute diagnostique. Lorsqu’elle est réalisée, elle peut montrer une prise de contraste parenchymateuse gyriforme en cas d’ischémie corticale, nodulaire dans les ischémies de la substance blanche, par rupture de la barrière hématoencéphalique. Cette prise de contraste apparaît le deuxième jour et dure environ 3 semaines.

Les lésions ischémiques anciennes apparaissent en hyposignal T1 et hypersignal T2 et FLAIR. L’infarctus peut être territorial se situant le plus souvent dans le territoire de l’artère cérébrale moyenne ou de l’artère cérébrale antérieure. Caractéristiques de la drépanocytose sont les infarctus jonctionnels, siégeant dans les territoires frontières entre deux artères cérébrales. Ils apparaissent sous forme d’une bande ou un triangle à base corticale situé entre les territoires des artères cérébrales antérieure et moyenne pour les infarctus jonctionnels antérieurs et entre les territoires des artères cérébrales moyenne et postérieure pour les infarctus jonctionnels postérieurs. Il est fréquent de noter la présence de lésions ischémiques plus anciennes homo- et controlatérales, généralement de type lacunaire dans la substance blanche périventriculaire et du centre ovale. Des signes d’atrophie localisée ou généralisée peuvent aussi être retrouvés. Les infarctus lacunaires sont des lésions ischémiques de petite taille, inférieure à 15 mm de diamètre, en hypersignal en FLAIR, ce qui les distingue des dilatations des espaces de Virchow-Robin de signal hypo-intense en FLAIR. Les infarctus responsables d’une symptomatologie clinique sont souvent de grande taille et touchent le cortex et/ou les noyaux de la base et la capsule interne (figure 3).

Les AVC hémorragiques sont rares chez l’enfant. Ils sont généralement secondaires à la rupture d’une artériole perforante dilatée fonctionnant comme collatérale. L’hématome récent est hyperdense au scanner. La sémiologie de l’hématome en IRM varie selon le délai entre l’AVC et l’IRM. Il est iso ou hyperintense en T1, hyperintense entouré d’une couronne en hyposignal en T2 et T2* au stade précoce puis hyperintense en T1 et hypo-intense en T2* au stade tardif. L’hémorragie sous-arachnoïdienne est une complication rare de la drépanocytose à l’âge pédiatrique. Elle peut être secondaire à la rupture d’un vaisseau collatéral dilaté mais le plus souvent résulte de la rupture d’un anévrisme. Les anévrismes sont plus fréquents dans la drépanocytose et parfois multiples. L’ARM peut détecter les anévrismes de plus de 3 mm, mais l’artériographie conventionnelle est indiquée si l’origine du saignement n’est pas retrouvée ou si un traitement chirurgical ou endovasculaire est envisagé.

Les infarctus silencieux ou muets sont définis comme des infarctus le plus souvent lacunaires, apparaissant comme des petits hypersignaux IRM en séquences T2 et FLAIR, de la substance blanche périventriculaire et des centres semi-ovales, et/ou des noyaux gris centraux, parfois plus étendus de type jonctionnel, touchant le plus souvent les lobes frontaux, chez des enfants sans antécédent d’accident neurologique aigu et ayant un examen neurologique normal [52, 53]. Ils sont retrouvés chez 15 % à 21,8 % des patients SS avant 14 ans [22, 47, 52] et apparaissent précocement, vraisemblablement lors des épisodes d’anémie aiguë par séquestration splénique ou érythroblastopénie de la petite enfance, ou encore lors des épisodes d’hypoxie lors des syndromes thoraciques par exemple. Dans la série des 242 syndromes drépanocytaires majeurs dépistés en néonatal et suivis à Créteil depuis 1988 (figures 5 et 7), seuls les SS/Sb0 ont présenté des infarctus silencieux avec un risque estimé en Kaplan-Meier de 9 % à 5 ans, 21,4 % à 10 ans et 38,4 % à 10 ans [47]. L’examen neurologique est habituellement normal. Ils s’accompagnent d’un risque accru de déficit cognitif et d’AVC cliniques dont la fréquence est multipliée par un facteur 14 par rapport aux drépanocytaires ayant un parenchyme cérébral normal, et est de 8,1 % dans les 5,2 ± 2,2 années suivantes [52, 54]. Dans l’étude STOP, 7 des 10 patients ayant eu au cours du suivi un AVC dans le groupe non-transfusés avaient des infarctus silencieux à l’inclusion. Ces infarctus sont associés ou non à une artériopathie des gros troncs. Dans cette même étude [44], 47 patients avaient à la fois un DTC et une IRM pathologique, et les infarctus silencieux étaient associés aux vitesses les plus élevées. Les facteurs de risque d’infarctus silencieux sont un antécédent de convulsions, peu de crises douloureuses vaso-occlusives, un taux bas d’hémoglobine, une hyperleucocytose, le génotype bêta S Sénegal [55].

L’ARM intracrânienne 3D en temps de vol

L’angiographie en résonance magnétique (ARM) intracrânienne 3D en temps de vol (TOF : time of flight) permet une analyse très satisfaisante des carotides internes, du cercle de Willis et du segment initial des artères intracrâniennes avec une bonne corrélation avec l’artériographie conventionnelle [40, 56, 57]. L’artériographie conventionnelle numérisée par voie artérielle devrait être réservée aux patients ayant une hémorragie intracrânienne. Elle sera faite après transfusion chez un patient bien hydraté, avec un agent à basse osmolarité. L’ARM recherche une sténose ou une occlusion des carotides internes supraclinoïdiennes, du segment proximal des artères cérébrales moyennes et des cérébrales antérieures. Elle analyse la circulation collatérale [39, 58, 59]. La circulation postérieure, de même que les artères cervicales, sont rarement touchées. Les artères lenticulostriées et thalamoperforantes sont dilatées pour compenser la réduction luminale des artères principales. L’ARM dans la drépanocytose a surtout été étudiée chez les enfants ayant eu un AVC, chez qui elle permet l’étude anatomique des artères et l’estimation de la sévérité des lésions et chez ceux ayant un DTC pathologique. Parmi les patients sans antécédent d’AVC ayant un DTC pathologique, l’ARM identifie un groupe à risque accru d’AVC avec sténoses visibles à l’ARM, corrélées avec des vitesses supérieures au DTC [39, 44]. L’ARM est aussi indiquée quand le DTC n’est pas informatif, lorsque les fenêtres temporales ne sont pas perméables ou que le flux de l’ACM n’est pas retrouvé, faisant suspecter une occlusion.

Protocole d’imagerie

L’examen comportera au minimum une séquence FLAIR (fluid attenuated inversion-recovery) dans le plan axial bicommissural, en raison de sa grande sensibilité pour la détection des zones ischémiées, une séquence pondérée en T1 3D ou dans le plan sagittal ou axial pour détecter un hématome, une atrophie, une séquence en diffusion axiale pour détecter un accident ischémique récent, une ARM en 3D temps de vol (TOF) des artères intracrâniennes englobant les carotides intracrâniennes intrapétreuses et les branches corticales des artères intracrâniennes avec étude en reconstruction MIP (maximum intensity projection) et segmentation. L’ARM cervicale n’est pas utile. En cas d’accident clinique récent, une séquence en écho de gradient T2 axial permet la détection des hémorragies.

Chez l’enfant de moins de 5 ans, une sédation est souvent nécessaire pour la réalisation de l’IRM. Dans ce cas, il est important de porter une attention particulière à l’oxygénation, qu’il faut monitorer par mesure de la saturation partielle en oxygène grâce à un appareillage adéquat compatible avec la proximité de l’aimant. La déshydratation, facteur d’hyperviscosité et de falciformation, doit être prévenue par un apport liquidien adéquat. Au mieux l’examen sera fait après une transfusion afin de diminuer le pourcentage d’hémoglobine S.

Indications des différentes techniques d’imagerie

En cas d’AVC clinique

Devant un tableau clinique évocateur d’un accident neurologique aigu, l’examen tomodensitométrique est l’examen d’imagerie le plus accessible en urgence. L’IRM, si elle est disponible en urgence, sera substituée à la tomodensitométrie. Elle permet un diagnostic plus précoce et fait le bilan des lésions artérielles. Sinon elle sera faite dans les jours suivants, de même que le Doppler transcrânien.

Protocole de prévention des AVC

Le dépistage néonatal de la drépanocytose permet le dépistage précoce de la vasculopathie cérébrale, avant la survenue des AVC pourvoyeurs de séquelles, à condition d’explorer tous les enfants SS et SB0 par Doppler transcrânien annuellement dès l’âge de 12-18 mois [47, 60]. La détection de vitesses anormalement élevées (≥ 200 cm/s) impose la mise en route immédiate d’un programme transfusionnel selon le schéma recommandé suivant qui vise à abaisser progressivement le taux d’HbS en dessous de 30 %, en limitant l’hyperviscosité et en visant le maintien d’un taux d’Hb entre 9 et 11 g/dl (tableau 1).

Notre expérience montre qu’un taux prétransfusionnel < 30 % est obtenu dès la 3e transfusion. Les échanges ne sont indiqués que dans un second temps. Ils servent à limiter la surcharge en fer et à mieux abaisser le taux d’HbS si nécessaire. En effet, lors des échanges, le temps initial de saignée peut être dangereux chez les patients très anémiques et présentant des sténoses artérielles.

L’IRM avec séquence d’ARM ainsi qu’un DTC de contrôle seront faits après 3 mois de programme transfusionnel. Les patients ayant une sténose à l’ARM et ceux gardant des vitesses pathologiques ou limites seront mis sur un programme transfusionnel à long terme, et un donneur familial géno-identique sera recherché, l’allogreffe permettant d’interrompre le programme transfusionnel et d’offrir le maximum de chances de stabilisation de la vasculopathie cérébrale [61]. Le DTC sera contrôlé tous les ans, tant que le programme transfusionnel est maintenu.

Pour ceux dont les vitesses se seront normalisées et qui n’ont pas de sténose à l’ARM, le programme transfusionnel sera poursuivi au moins 1 an puis un arrêt ou un switch éventuel vers l’Hydréa® pourra être discuté selon le taux d’Hb de base, le niveau des vitesses et l’âge de l’enfant. Un protocole national est en cours d’élaboration afin d’homogénéiser la prise en charge. De toute façon, tout enfant ayant eu un DTC pathologique et non maintenu sous programme transfusionnel mensuel devra être surveillé par DTC tous les 3 mois de façon à être replacé immédiatement sous programme en cas de récidive de vitesses pathologiques.

Tant que le DTC reste normal, il doit être répété annuellement jusqu’à l’âge de 15 ans (l’âge le plus tardif de survenue de DTC pathologique ayant été dans notre expérience à Créteil l’âge de 13,5 ans).

En cas d’apparition de « vitesses limites », le DTC doit être répété tous les 3 mois.

Tableau 1 Protocole des premières transfusions

Hb (g/dL)

Volume à transfuser

< 9

15 ml/kg

9-9,5

12 ml/kg

9,5-10

10 ml/kg

> 10

Repousser la transfusion d’une semaine ou échanger

Conclusion

En cas d’accident neurologique aigu, le meilleur examen d’imagerie est l’IRM avec séquence de diffusion. Le Doppler transcrânien permet d’identifier les enfants drépanocytaires ayant un risque élevé d’AVC. Il est plus sensible que l’ARM dans la détermination du risque et surtout détecte les anomalies artérielles plus précocement que l’ARM. Le DTC est donc l’examen de choix à faire impérativement dès l’âge de 12-18 mois. L’adjonction de l’ARM en cas de DTC pathologique permet de sélectionner un sous-groupe de patients au risque supérieur d’AVC.

L’existence de lésions parenchymateuses à l’IRM traduit une atteinte de la microvascularisation responsable des lésions ischémiques. Celles-ci sont liées à l’hyperviscosité et au phénomène de falciformation. Elles surviennent aussi chez les patients à DTC normal. Les lésions ischémiques ou AVC « silencieux » sont un marqueur de sévérité de la maladie et doivent inciter à poser l’indication d’une intensification de traitement.

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