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Surveillance rénale au cours de la drépanocytose


Médecine thérapeutique / Pédiatrie. Volume 11, Numéro 1, 47-51, janvier-février 2008, Dossier

DOI : 10.1684/mtp.2008.0147

Résumé  

Auteur(s) : Corinne Pondarré , Institut d’hématologie et d’oncologie pédiatrique, CHU de Lyon, 1 place Joseph Renaut, 69373 Lyon Cedex 08.

Résumé : Des anomalies rénales, tubulaires et glomérulaires sont fréquemment rencontrées au cours des syndromes drépanocytaires majeurs (SDM). L’atteinte glomérulaire est observée chez 40 % des jeunes adultes avec dans la moitié des cas une évolution rapide vers une insuffisance rénale terminale, facteur de risque majeur de mortalité. En dehors de l’âge et d’un taux bas d’hémoglobine, aucun paramètre clinique ou biologique n’est reconnu comme facteur associé au risque d’atteinte rénale. La microalbuminurie apparaît dès la première décennie, et précède l’apparition d’une protéinurie et de l’insuffisance rénale. Elle devrait être recherchée systématiquement chez le jeune enfant, puisqu’elle constitue non seulement le marqueur, mais également le facteur aggravant de la pathologie rénale. Sa mise en évidence doit conduire à demander un avis spécialisé en néphrologie, notamment pour la mise en route rapide de mesures thérapeutiques.

Mots-clés : drépanocytose, rein, surveillance

ARTICLE

Auteur(s) : Corinne Pondarré

Institut d’hématologie et d’oncologie pédiatrique, CHU de Lyon, 1 place Joseph Renaut, 69373 Lyon Cedex 08

L’atteinte rénale chez les patients atteints de syndromes drépanocytaires majeurs (SDM) est fréquente, précoce et invalidante.

Elle apparaît dès la première décennie, sa prévalence globale étant estimée à 25 % chez l’enfant de 2 à 18 ans. Chez les jeunes adultes drépanocytaires, la prévalence de l’atteinte rénale atteint 40 % avec dans la moitié des cas une évolution rapide vers l’insuffisance rénale terminale (IRT).

Anomalies rénales rencontrées au cours des syndromes drépanocytaires majeurs

Hématurie

Une hématurie (HU) asymptomatique est fréquemment retrouvée, quel que soit l’âge, à la fois chez les patients atteints de SDM et chez les hétérozygotes AS. Elle résulte d’infarctus microthrombotiques dans les vasa recta et les capillaires péritubulaires de la médullaire rénale, avec extravasation de sang dans les tubes collecteurs [1, 2].

L’origine du saignement peut être bilatérale, mais le rein gauche est le plus souvent concerné. Cette prédominance est attribuée à une différence anatomique, la veine rénale gauche étant plus longue que la droite, ce qui induit une augmentation des pressions veineuses à gauche.

Une hématurie doit faire systématiquement rechercher une infection urinaire, et/ou une nécrose papillaire (NP).

Les nécroses papillaires peuvent survenir chez les patients atteints de SDM comme chez les hétérozygotes sains. Dans la série de Vaamonde, la prévalence de la nécrose papillaire chez 334 patients drépanocytaires homozygotes est de 39 %, l’âge moyen de découverte est de 21 ans, les extrêmes allant de 4 à 68 ans [3]. Le plus souvent, l’HU est microscopique, mais dans certains cas, la NP se manifeste par une HU macroscopique douloureuse, le tableau pouvant être celui d’une colique néphrétique voire d’une pyélonéphrite aiguë. Le diagnostic est orienté par l’échographie rénale avec Doppler qui visualise une zone dévascularisée. Le scanner avec injection de produit de contraste ou l’imagerie par résonance magnétique permettent d’affirmer le diagnostic.

La survenue d’une hématurie macroscopique doit aussi faire évoquer un carcinome médullaire rénal. Ce cancer se développe à partir de l’épithélium tubulaire proche de la papille. Il s’agit d’un carcinome agressif, de pronostic particulièrement péjoratif, rare, et dont le diagnostic est presque exclusivement associé au trait drépanocytaire, plus rarement à un SDM [4]. Il a été décrit chez l’enfant, dès l’âge de 6 ans [5]. Le diagnostic est orienté par l’échographie rénale et confirmé par les études anatomopathologiques.

Atteinte tubulaire rénale

Une atteinte tubulaire distale avec diminution de la capacité de concentration maximale des urines (hyposthénurie) est constante dès l’âge de 10 ans chez les enfants drépanocytaires homozygotes. Ce défaut est attribué à l’occlusion des vasa recta par les globules rouges falciformés, la falciformation étant favorisée par l’hypertonicité de la médullaire rénale. Le ralentissement circulatoire qui en résulte perturbe le fonctionnement normal du système à contre-courant, limitant la fonction de concentration.

Chez les jeunes enfants, il a été montré que cette anomalie était réversible par les transfusions, mais elle devient irréversible après l’âge de 15 ans. Ainsi, après restriction hydrique, l’osmolalité urinaire maximale ne dépasse pas 400 à 450 mOsm/kg chez les adultes drépanocytaires [1, 2].

Au plan clinique, ce défaut de concentration est habituellement non symptomatique. Il peut cependant favoriser l’énurésie chez l’enfant, voire la déshydratation lors d’épisodes de diarrhée ou de vomissements importants.

En plus du défaut de concentration des urines, d’autres fonctions rénales tubulaires distales telles que l’acidification des urines et la sécrétion de potassium sont altérées chez le patient drépanocytaire.

Dans les conditions physiologiques, les patients drépanocytaires ne présentent pas d’acidose métabolique [1]. En revanche, lorsqu’apparaît une insuffisance rénale même modérée, le défaut d’acidification peut alors se manifester par un tableau d’acidose tubulaire distale, celle-ci est alors incomplète et ne s’accompagne pas d’hypokaliémie [1].

Le défaut de sécrétion de potassium n’a de retentissement clinique qu’en présence d’une insuffisance rénale associée, ou lors d’une crise vaso-occlusive drépanocytaire. L’équipe de De Fronzo a montré que ce défaut n’était pas lié à une anomalie de l’axe rénine-angiotensine. Il semble plutôt être la conséquence directe des lésions tubulaires distales [1, 6].

À l’inverse des anomalies tubulaires distales, les fonctions tubulaires proximales semblent préservées voire anormalement augmentées chez le sujet drépanocytaire. Il a été effectivement montré que la réabsorption de phosphore et de la β2 microglobuline, comme la sécrétion de créatinine et d’acide urique étaient augmentés chez le sujet drépanocytaire [1].

Atteinte glomérulaire

L’atteinte glomérulaire débute chez l’enfant et se traduit par une protéinurie (PU). La microalbuminurie (MA) précéderait l’apparition d’une protéinurie définitive et de l’atteinte rénale et pourrait être un marqueur précoce et sensible d’atteinte rénale chez le drépanocytaire. Elle apparaît dans la première décade.

Dharnidharka, dans une étude publiée en 1998, rapporte une prévalence de 26 % chez 102 enfants drépanocytaires SS âgés de 2 à 18 ans, et 46 % chez les enfants âgés de 10 et 18 ans (MA définie par un rapport MA/créatininurie > 20 mg/g sur une miction). Aucun des enfants de moins de 7 ans ne présente de MA [7].

McBurney, dans une autre étude publiée en 2002, retrouve une MA (définie cette fois par un rapport MA/créatininurie > 30 mg/g) chez 19 % des 142 enfants drépanocytaires homozygotes âgés de 2 à 20 ans. L’âge moyen au diagnostic est de 13 ans. Cette étude confirme l’augmentation de la prévalence avec l’âge (nulle chez les enfants de moins de 7 ans, 24 % de 7 à 14 ans, 29 % au-dessus de 15 ans). Elle montre une corrélation significative entre MA et un taux bas d’hémoglobine (Hb). Le taux moyen d’Hb est de 76 g/l chez les enfants présentant une MA, versus 82,2 g/l dans le groupe des enfants sans MA [8].

L’étude de Wigfall, publiée en 2000, confirme sur une cohorte plus large comportant 442 enfants drépanocytaires âgés de 2 à 21 ans la corrélation entre taux bas d’Hb et protéinurie (la PU est étudiée par une méthode semi-quantitative, et définie par une PU ≥ à 1 croix sur la bandelette urinaire, retrouvée à plusieurs reprises pendant au moins 6 mois). Le taux moyen d’Hb chez les enfants avec PU est significativement plus bas (80 g/l) que chez les enfants sans PU (94 g/l, p = 0,02). Cette étude confirme elle aussi l’augmentation de la prévalence de l’atteinte rénale avec l’âge chez les enfants drépanocytaires SS (PU absente de 2 à 6 ans, 7 % de 7 à 12 ans, 10 % de 13 à 17 ans et 12 % de 18 à 21 %). Elle fournit une indication de la prévalence selon le phénotype hémoglobinique : 6,2 % chez les homozygotes SS, 7,8 % chez les thalasso-drépanocytaires, 0,9 % chez les drépanocytaires SC [9].

La prévalence de l’atteinte glomérulaire s’accroît encore chez l’adulte, puisque 20 à 30 % des adultes drépanocytaires présentent une PU, voire 40 à 68 % si on inclut ceux qui présentent une MA [10, 11].

En dehors de l’âge, aucun autre paramètre clinique (sexe, antécédent de STA, AVC, CVO, priapisme) n’est significativement associé à l’apparition d’une MA ou d’une PU. En ce qui concerne les paramètres biologiques, seul le taux bas d’Hb a été trouvé associé à une MA ou une PU. L’étude de Wigfall rapporte une corrélation entre PU et taux élevé de globules blancs, mais cette corrélation n’est pas retrouvée dans l’étude de McBurney [7-9].

Il n’existe pas d’étude pédiatrique rapportant la prévalence du syndrome néphrotique (SN) ou de l’insuffisance rénale (IR) chez l’enfant. Ces complications sont surtout décrites chez l’adulte drépanocytaire, leur prévalence augmentant significativement avec l’âge. L’âge médian au diagnostic d’IR est de 23 ans chez les drépanocytaires SS et de 50 ans chez les SC dans la série prospective de Powars, comportant 725 patients enfants et adultes. Dans cette étude, la prévalence de l’insuffisance rénale chronique (IRC) chez le drépanocytaire homozygote est de 4,2 % versus 2,4 % chez le drépanocytaire SC [12]. Guash, dans une étude plus récente ne comportant que des adultes (300 patients), rapporte une prévalence plus élevée de 21 %, et identique quel que soit le phénotype hémoglobinique (homozygote SS versus autres SDM). Le degré d’IR est cependant plus avancé chez les patients homozygotes [11].

Dans l’étude de Powars, la survie moyenne après le diagnostic d’IR est de 4 ans, et l’âge médian du décès, en dépit des techniques de suppléance rénale est de 27 ans [12]. Les données du registre national des États-Unis montrent que le stade d’insuffisance rénale terminale (IRT) est en général atteint un peu plus tard, entre 30 et 50 ans, et constitue alors un facteur de risque majeur de mortalité chez le patient drépanocytaire, en l’absence de transplantation rénale [13]. Dans l’étude de cohorte récente de Darbari, 23 % des décès sont attribués à l’IR [14].

Dans l’étude prospective longitudinale de Powars, l’analyse cas témoins du groupe IR identifie l’HTA, la PU, l’HU et le SN comme facteurs prédictifs d’évolution vers l’insuffisance rénale [12]. Dans l’étude de Guasch, le rapport albuminurie/créatininurie est inversement corrélé à la clairance de la créatinine [11].

Régulation de la pression artérielle

De façon surprenante, la prévalence de l’hypertension artérielle (HTA) chez les sujets homozygotes SS (2 à 6 %) est en dessous de celle observée dans la population noire américaine (28 %). On note par ailleurs une résistance au développement de l’HTA lorsqu’apparaît une PU ou une IR. Chez les patients qui développent une PU, la TA n’augmente que modérément et seulement après l’âge de 40 ans. Seuls les patients présentant une IR avancée (clairance créatinine < 30 ml/mn) augmentent leurs valeurs de TA.

Chez les sujets atteints de SDM autres que SS, les valeurs de TA restent identiques à celles de la population noire américaine, et augmentent avec le développement d’une PU ou d’une IR [11].

Aspects étiologiques des anomalies rénales

Constatations anatomiques

Les anomalies histologiques rencontrées au cours de l’IR du patient drépanocytaire sont de trois types : la nécrose papillaire, la glomérulosclérose segmentaire et focale, et la glomérulonéphrite membranoproliférative.

La nécrose papillaire est une complication fréquente, retrouvée chez 15 à 40 % des patients explorés par urographie intraveineuse (UIV) à la suite d’une HU. La prévalence de la nécrose papillaire chez les patients asymptomatiques explorés par UIV systématique est de 25 % dans la série de McCall [15]. Lorsqu’elle est découverte de façon fortuite, elle n’est pas associée à une diminution de la filtration glomérulaire, mais certains auteurs l’associent au développement ultérieur de l’IR [16].

La plupart des études histologiques après biopsie rénale ou au cours d’autopsie ont été faites chez des patients ayant des formes de néphropathie avancée. Elles montrent que la glomérulosclérose segmentaire et focale est la cause la plus commune d’IR chez le patient drépanocytaire. Celle-ci est le plus souvent associée à des lésions d’hypertrophie glomérulaire qui précéderaient et conduiraient au développement progressif de la glomérulosclérose segmentaire et focale [1, 2, 16].

Physiopathologie

La physiopathologie des lésions rénales reste mal comprise.

La nécrose papillaire est la conséquence d’une occlusion, par les globules rouges falciformés, des vasa recta, entraînant un infarctus et une nécrose du tissu papillaire. Dans la médullaire rénale, et particulièrement dans la papille, cette falciformation est favorisée par l’hypertonicité, l’hypoxie et le pH acide régnant localement [1, 16].

L’hyperfiltration glomérulaire est une anomalie précocement retrouvée dans l’atteinte rénale du sujet drépanocytaire. Elle est rapportée dès l’âge de 2 ans, augmente au cours des quinze premières années de vie, pour diminuer dès la fin de la seconde décade. L’hyperfiltration est liée à une augmentation du flux plasmatique rénal et du coefficient d’ultrafiltration glomérulaire (augmentation de la filtration glomérulaire pour un niveau de pression identique). Elle pourrait être la conséquence d’une réduction néphronique par destruction des néphrons juxta-médullaires secondaire à la nécrose papillaire, et/ou d’une sécrétion de cytokines vasodilatatrices, elle-même secondaire aux lésions vasculaires endothéliales, et à l’activation leucocytaire.

L’hyperfiltration glomérulaire est un des facteurs contribuant au développement des lésions de glomérulosclérose segmentaire et focale. Deux autres facteurs y participent : la production d’espèces réactives de l’oxygène et l’exposition chronique des cellules épithéliales tubulaires à des taux élevés de protéines plasmatiques [1, 16].

Surveillance et traitement de l’atteinte rénale chez les enfants drépanocytaires

En dehors du dosage de la créatininémie avec ionogramme sanguin et de l’échographie abdo-rénale lors du bilan annuel systématique, il n’existe pas de recommandation concernant la surveillance de l’atteinte rénale chez l’enfant drépanocytaire.

Hyposthénurie

L’hyposthénurie peut se manifester chez l’enfant par une énurésie. Aucun traitement ne peut être recommandé, la desmopressine est inefficace. La restriction hydrique est contre-indiquée, puisqu’elle est susceptible d’entraîner une déshydratation, ce qui peut favoriser la survenue d’une crise vaso-occlusive. Les enfants drépanocytaires doivent être encouragés à boire abondamment.

Hématurie

Le traitement de l’hématurie liée à une nécrose papillaire comprend le repos au lit, le maintien d’une hydratation élevée voire la transfusion en cas d’hématurie importante.

Une hématurie prolongée doit faire demander un avis chirurgical.

Anomalies glomérulaires

Il n’existe aucun consensus ni aucune recommandation concernant le dépistage de l’atteinte glomérulaire chez l’enfant drépanocytaire. Néanmoins, l’atteinte rénale débute chez l’enfant par une PU, qui représente un facteur de risque élevé d’évolution vers l’IR. À l’inverse de la PU, dont on sait qu’elle traduit une glomérulopathie, il n’a pas été démontré que la MA traduisait une atteinte glomérulaire précoce. Les études de prévalence suggèrent cependant que la MA précède la PU, et la recherche d’une MA pourrait être utilisée comme marqueur précoce et sensible d’atteinte rénale chez le drépanocytaire.

En pratique, on recommande à partir de 5 ans, la recherche systématique au moins deux fois par an, d’une PU à la bandelette urinaire, et d’une MA. Celle-ci peut être réalisée soit à partir d’un recueil des urines de 24 heures (difficile chez l’enfant drépanocytaire souvent énurétique), soit en utilisant le rapport MA/créatininurie sur 1 miction.

La valeur seuil de ce rapport n’a cependant jamais été validée chez le drépanocytaire, mais chez le diabétique. Une validation de ce rapport est d’autant plus justifiée que la sécrétion tubulaire de créatinine est augmentée de 20 à 30 % chez le drépanocytaire [1]. La MA dépistée par l’étude ce rapport (entre 30 et 300 mg/g, ou 2,65 et 26,5 mg/μmol) devrait être confirmée par plusieurs dosages dans les urines de 24 h (une MA correspond à une albuminurie dans les urines de 24 h entre 30 et 300 mg/24 h).

La constatation d’une MA ou d’une PU persistantes doit conduire à demander un avis spécialisé en néphrologie, notamment pour discuter l’introduction d’un traitement par inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC). Une exploration fonctionnelle rénale peut être réalisée. La ponction-biopsie rénale doit être discutée en cas de PU élevée pour éliminer une néphropathie d’origine non drépanocytaire associée.

En l’absence de MA ou de PU, il ne semble pas justifié de proposer la réalisation systématique d’exploration fonctionnelle rénale chez l’enfant jeune. Celle-ci pourrait être réalisée vers l’âge de 15 ans, pour l’évaluation systématique du retentissement de la maladie drépanocytaire sur la fonction rénale.

Au plan thérapeutique, quelques rares études semblent montrer une efficacité des IEC sur la réduction de la PU [10] ou de la MA [17] chez les adultes drépanocytaires, mais leur intérêt à plus long terme pour ralentir la progression de la néphropathie drépanocytaire n’a pas été démontré. Ces données invitent à élargir les indications des IEC dans la prévention de la néphropathie drépanocytaire, y compris au stade de la MA. Elles permettent d’espérer, comme ceci a été montré dans la néphropathie diabétique, que le traitement précoce de la MA par les IEC retarde la dégradation de la fonction rénale. On ne peut cependant qu’encourager l’utilisation des IEC dans le cadre d’essais cliniques.

Il n’existe pas d’étude démontrant l’efficacité des transfusions régulières sur la néphropathie drépanocytaire, mais un effet protecteur est suggéré par l’étude de Alvarez [18]. Dans cette cohorte de 120 enfants âgés de 4 à 20 ans, 19 présentent une MA pathologique et 23 reçoivent des transfusions régulières depuis une durée moyenne de 3,8 années. Chez les enfants transfusés, l’âge moyen au début du programme transfusionnel est significativement plus élevé (12,2 ans) chez les enfants présentant une MA, que chez les enfants sans MA (7,8 ans).

Il n’y a pas d’étude prospective rapportée permettant de conforter l’hypothèse d’une efficacité de l’hydroxyurée dans la prévention ou pour le traitement de la néphropathie drépanocytaire, mais une action bénéfique est possible. Fitzhugh a traité 3 adolescents présentant une PU par un IEC, puis une association IEC hydroxyurée. Chez ces 3 patients, la PU qui avait été réduite par le traitement par IEC, s’est normalisée après addition d’hydroxyurée [19].

Enfin, on ne dispose pas de données permettant d’évaluer l’effet de la transplantation de cellules souches hématopoïétiques sur la progression de la néphropathie drépanocytaire. En revanche, il n’a pas été observé d’IR chez les patients drépanocytaires greffés ce qui suggère que la greffe permettrait de prévenir les complications rénales de la maladie drépanocytaire.

Références

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