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La nébulisation en France en 2005 Réalités et perspectives


Médecine thérapeutique / Pédiatrie. Volume 8, Numéro 2, 115-6, mars-avril 2005, Nouvelles de l’industrie



ARTICLE

Communiqué de presse

Dans le cadre de la sortie prochaine de la réserve hospitalière des bronchodilatateurs nébulisables (β2-mimétiques et anticholinergiques), le Groupe Aérosol-Thérapie (GAT) de la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF) a mené à l’automne 2004, une enquête nationale auprès de 50 000 médecins français (médecins généralistes, pneumologues, pédiatres, ORL) pour réaliser un état des lieux sur la pratique de l’aésosol-thérapie par nébulisation.

Cette enquête appelée NUAGES (Nébulisation, Usages et Avenir en médecine Générale Et Spécialisée) a été réalisée avec le soutien des Laboratoires AstraZeneca et GlaxoSmithKline.

Les répondants

Le nombre (exceptionnellement) élevé de réponses pour ce type d’enquête révèle l’intérêt majeur des professionnels pour la nébulisation avec près de 5 000 questionnaires analysés dont 53 % de médecins généralistes, 14 % de pédiatres, 14 % de pneumologues, 8 % d’urgentistes, 7 % d’ORL, 2 % d’allergologues et 2 % de réanimateurs.

L’activité de prescription

Parmi les répondants, les plus gros prescripteurs de nébulisation sont les pneumologues (98 %), suivis par les ORL (89 %), les médecins généralistes (81 %) et les pédiatres (76 %). La moyenne annuelle des patients traités est de 22 pour les généralistes, de 44 et 47 pour les pédiatres et les ORL, et monte à 98 pour les pneumologues.

Les raisons du recours à la voie nébulisée

Les raisons principales du recours à la nébulisation sont la « recherche d’un gain d’efficacité », une « action locale en amont de la résorption systémique » en particulier pour les ORL, « l’utilisation possible quel que soit l’âge », et enfin, pour les traitements par nébulisation de corticoïdes, le souhait d’une « épargne du nombre de cures de corticothérapie orale ».

Choix de la voie nébulisée : des indications multiples

Les indications sont multiples et concernent essentiellement des pathologies respiratoires basses pour lesquelles il existe un traitement nébulisé ayant l’AMM (poussées aiguës de BPCO, asthme persistant sévère, asthme aigu grave), mais également des pathologies pour lesquelles il n’existe pas de traitement ayant l’AMM (bronchectasie, bronchiolite aiguë du nourrisson, bronchite aiguë). Les pathologies respiratoires hautes (trachéite, laryngite, sinusite) sont également concernées surtout chez les ORL, même s’il n’existe qu’un seul traitement nébulisé ayant l’AMM.

Tous les âges sont concernés

Les patients concernés par la nébulisation sont les sujets adultes et les âges extrêmes : le nourrisson pour les pédiatres et le sujet âgé pour les médecins généralistes et les pneumologues.

De nombreux produits hors AMM sont prescrits

Les produits ayant l’AMM pour la nébulisation les plus utilisés sont les corticoïdes : Pulmicort® et les bronchodilateurs : Bricanyl®, Ventoline® et Atrovent®. Il est à noter que le Goménol® reste encore régulièrement prescrit chez les ORL.

Cependant des formes injectables (antibiotique, corticoïde, mucolytique et bronchodilateur) sont encore très largement prescrites, même s’il existe parfois des équivalents sous forme nébulisée : c’est le cas notamment des corticoïdes injectables qui sont encore prescrits par 57 % des médecins généralistes répondants et par 75 % des ORL, alors qu’une forme nébulisée est disponible avec AMM.

Des combinaisons de produits sont fréquemment retrouvées

Presque tous les médecins prescrivent plusieurs produits à nébuliser durant la même séance. Les combinaisons de classes thérapeutiques sont nombreuses et variables d’une spécialité à une autre et témoignent de la diversité des pratiques. Ces combinaisons n’ont la plupart du temps pas été validées au niveau efficacité et tolérance d’autant plus qu’il s’agit de formes injectables en particulier prescrites par les ORL (corticoïdes, bronchodilatateurs) et les médecins généralistes (corticoïdes, antibiotiques).

Comment le matériel est-il prescrit et qui le délivre  ?

C’est au pharmacien d’officine que les médecins adressent majoritairement les patients pour la délivrance du matériel de nébulisation, exceptés les pneumologues qui sollicitent plus fréquemment les prestataires d’assistance respiratoire à domicile (51 %). La prescription du matériel est souvent imprécise avec par exemple plus de la moitié des médecins généralistes et des ORL qui ne donnent pas de précision concernant l’interface (embout buccal, masque naso-facial).

Un véritable besoin de formation et d’information

La pratique de la nébulisation reste une technique essentiellement acquise sur le terrain. Cela explique probablement la forte demande d’information sur tout ce qui concerne cette pratique : médicaments avec indication AMM validée pour cette voie d’administration, choix du matériel et circuit de distribution. On notera que même les non-prescripteurs veulent (75 à 100 %) en savoir plus sur la pratique nébulisation. Le mode d’information privilégié reste les réunions.

Conclusion

Cette enquête portant sur près de 5 000 médecins répondants est très riche en enseignements. Elle montre une grande disparité dans les pratiques qui trop souvent ne sont pas validées par l’AMM ou les recommandations d’experts. Ces résultats révèlent une formation insuffisante sur cette technique et sur les produits nébulisables. Pourtant l’aérosol-thérapie par nébulisation a une place importante dans le traitement des maladies respiratoires aujourd’hui. La sortie de la réserve hospitalière des bronchodilatateurs nébulisables et leur mise à disposition en ville auront certainement pour effet de développer encore cette approche thérapeutique. Il est donc important de mettre en place des actions pour améliorer la qualité de sa pratique, notamment par le biais de formations auprès de tous les professionnels de santé concernés (médecins généralistes, spécialistes, pharmaciens d’officine, kinésithérapeutes) et de l’actualisation des règles de bonnes pratiques : le GAT s’engage à agir dans cette voie.


 

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