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Communiqué de presse
Dans le cadre de la sortie prochaine de la réserve
hospitalière des bronchodilatateurs nébulisables (β2-mimétiques et
anticholinergiques), le Groupe Aérosol-Thérapie (GAT) de la Société
de Pneumologie de Langue Française (SPLF) a mené à l’automne 2004,
une enquête nationale auprès de 50 000 médecins français
(médecins généralistes, pneumologues, pédiatres, ORL) pour réaliser
un état des lieux sur la pratique de l’aésosol-thérapie par
nébulisation.
Cette enquête appelée NUAGES (Nébulisation, Usages et Avenir en
médecine Générale Et Spécialisée) a été réalisée avec le soutien
des Laboratoires AstraZeneca et GlaxoSmithKline.
Les répondants
Le nombre (exceptionnellement) élevé de réponses pour ce type
d’enquête révèle l’intérêt majeur des professionnels pour la
nébulisation avec près de 5 000 questionnaires analysés
dont 53 % de médecins généralistes, 14 % de pédiatres,
14 % de pneumologues, 8 % d’urgentistes, 7 % d’ORL,
2 % d’allergologues et 2 % de réanimateurs.
L’activité de prescription
Parmi les répondants, les plus gros prescripteurs de
nébulisation sont les pneumologues (98 %), suivis par les ORL
(89 %), les médecins généralistes (81 %) et les pédiatres
(76 %). La moyenne annuelle des patients traités est de 22
pour les généralistes, de 44 et 47 pour les pédiatres et les ORL,
et monte à 98 pour les pneumologues.
Les raisons du recours à la voie nébulisée
Les raisons principales du recours à la nébulisation sont la
« recherche d’un gain d’efficacité », une « action
locale en amont de la résorption systémique » en particulier
pour les ORL, « l’utilisation possible quel que soit
l’âge », et enfin, pour les traitements par nébulisation de
corticoïdes, le souhait d’une « épargne du nombre de cures de
corticothérapie orale ».
Choix de la voie nébulisée : des indications
multiples
Les indications sont multiples et concernent essentiellement des
pathologies respiratoires basses pour lesquelles il existe un
traitement nébulisé ayant l’AMM (poussées aiguës de BPCO, asthme
persistant sévère, asthme aigu grave), mais également des
pathologies pour lesquelles il n’existe pas de traitement ayant
l’AMM (bronchectasie, bronchiolite aiguë du nourrisson, bronchite
aiguë). Les pathologies respiratoires hautes (trachéite, laryngite,
sinusite) sont également concernées surtout chez les ORL, même s’il
n’existe qu’un seul traitement nébulisé ayant l’AMM.
Tous les âges sont concernés
Les patients concernés par la nébulisation sont les sujets
adultes et les âges extrêmes : le nourrisson pour les
pédiatres et le sujet âgé pour les médecins généralistes et les
pneumologues.
De nombreux produits hors AMM sont prescrits
Les produits ayant l’AMM pour la nébulisation les plus utilisés
sont les corticoïdes : Pulmicort® et les
bronchodilateurs : Bricanyl®, Ventoline®
et Atrovent®. Il est à noter que le Goménol®
reste encore régulièrement prescrit chez les ORL.
Cependant des formes injectables (antibiotique, corticoïde,
mucolytique et bronchodilateur) sont encore très largement
prescrites, même s’il existe parfois des équivalents sous forme
nébulisée : c’est le cas notamment des corticoïdes injectables
qui sont encore prescrits par 57 % des médecins généralistes
répondants et par 75 % des ORL, alors qu’une forme nébulisée
est disponible avec AMM.
Des combinaisons de produits sont fréquemment retrouvées
Presque tous les médecins prescrivent plusieurs produits à
nébuliser durant la même séance. Les combinaisons de classes
thérapeutiques sont nombreuses et variables d’une spécialité à une
autre et témoignent de la diversité des pratiques. Ces combinaisons
n’ont la plupart du temps pas été validées au niveau efficacité et
tolérance d’autant plus qu’il s’agit de formes injectables en
particulier prescrites par les ORL (corticoïdes,
bronchodilatateurs) et les médecins généralistes (corticoïdes,
antibiotiques).
Comment le matériel est-il prescrit et qui le
délivre ?
C’est au pharmacien d’officine que les médecins adressent
majoritairement les patients pour la délivrance du matériel de
nébulisation, exceptés les pneumologues qui sollicitent plus
fréquemment les prestataires d’assistance respiratoire à domicile
(51 %). La prescription du matériel est souvent imprécise avec
par exemple plus de la moitié des médecins généralistes et des ORL
qui ne donnent pas de précision concernant l’interface (embout
buccal, masque naso-facial).
Un véritable besoin de formation et d’information
La pratique de la nébulisation reste une technique
essentiellement acquise sur le terrain. Cela explique probablement
la forte demande d’information sur tout ce qui concerne cette
pratique : médicaments avec indication AMM validée pour cette
voie d’administration, choix du matériel et circuit de
distribution. On notera que même les non-prescripteurs veulent (75
à 100 %) en savoir plus sur la pratique nébulisation. Le mode
d’information privilégié reste les réunions.
Conclusion
Cette enquête portant sur près de 5 000 médecins
répondants est très riche en enseignements. Elle montre une grande
disparité dans les pratiques qui trop souvent ne sont pas validées
par l’AMM ou les recommandations d’experts. Ces résultats révèlent
une formation insuffisante sur cette technique et sur les produits
nébulisables. Pourtant l’aérosol-thérapie par nébulisation a une
place importante dans le traitement des maladies respiratoires
aujourd’hui. La sortie de la réserve hospitalière des
bronchodilatateurs nébulisables et leur mise à disposition en ville
auront certainement pour effet de développer encore cette approche
thérapeutique. Il est donc important de mettre en place des actions
pour améliorer la qualité de sa pratique, notamment par le biais de
formations auprès de tous les professionnels de santé concernés
(médecins généralistes, spécialistes, pharmaciens d’officine,
kinésithérapeutes) et de l’actualisation des règles de bonnes
pratiques : le GAT s’engage à agir dans cette voie.
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