ARTICLE
Auteur(s) : Nathalie Guffon
Pédiatre spécialisé en maladies métaboliques, Praticien
hospitalier, Maladies métaboliques, Pavillon S, Hôpital E. Herriot,
5, place d’Arsonval, 69437 Lyon cedex 03
La maladie de Fabry fait partie des maladies de surcharge
lysosomale. Elle est due à un déficit héréditaire en
alpha-galactosidase A (α-gal A), de transmission liée à l’X.
Normalement, l’α-gal A hydrolyse les résidus α-galactosyl des
glycosphingolipides, en particulier du globotriaosylcéramide (GL-3
ou Gb3) en galactose et galactosylcéramide. Ce déficit enzymatique
entraîne l’accumulation intralysosomale progressive des
glycosphingolipides, essentiellement du GL-3 dans les cellules
endothéliales, périthéliales et musculaires lisses des parois
vasculaires. L’atteinte artérielle secondaire à cette accumulation
de GL-3 est responsable du développement de lésions tissulaires
ischémiques, à l’origine des manifestations cliniques.
L’accumulation de GL-3 est également retrouvée dans les cellules
épithéliales de la cornée, dans les neurones des ganglions de la
racine dorsale de la mœlle et du système autonome, dans les
cellules épithéliales des glomérules et des tubules rénaux, dans
les cardiomyocytes et les fibrocytes valvulaires.
Selon les données anciennes classiquement employées, l’incidence
est de 1/40 000 à 1/60 000 naissances [1]. Une étude
récente de dépistagesystématique des maladies lysosomales menée en
Australie montre une prévalence de 1/117 000 [2]. On
estime actuellement la prévalence de 1/80 000 à
1/150 000 naissances totales. Il n’existe aucune
prépondérance ethnique.
Il s’agit d’une maladie héréditaire de transmission récessive
liée à l’X. Les hommes porteurs du gène muté développent une forme
grave de la maladie et la transmettent à toutes les filles qui
seront conductrices ou hétérozygotes. Tous leurs garçons seront
indemnes de la maladie.
Les femmes hétérozygotes transmettent la maladie à la moitié des
hommes et la moitié des filles seront hétérozygotes. Elles peuvent
exprimer des signes cliniques de la maladie, généralement moins
sévères que les hommes. L’expression de la maladie est variable
d’un tissu à l’autre et d’une femme à l’autre [3, 4]. Elle est
imprévisible, pouvant aller de formes sévères à l’absence totale de
signes et n’est pas corrélée au taux d’activité enzymatique
leucocytaire et/ou plasmatique. Cette variabilité de l’expression
de la maladie pourrait s’expliquer par la lyonisation (c’est-à-dire
l’inactivation au hasard) déséquilibrée de l’X [5].
Le gène de l’alpha-galactosidase A est situé sur le bras long du
chromosome X, en Xq22.1. Il contient 7 exons et mesure
12 Kb [6]. Ce gène code pour une glycoprotéine précurseur
(55 kda, 429 AA) aboutissant à l’enzyme mature
(51 kda, 398 AA).
L’étude des mutations géniques montre qu’il existe une grande
variété de mutations quasiment toutes privées c’est-à-dire
survenant dans une seule famille. Ceci limite les possibilités de
corrélation génotype/phénotype. L’identification de la mutation au
sein d’une famille est indispensable pour un dépistage fiable des
femmes conductrices. Il n’existe aucune corrélation entre le
génotype et l’évolution ou la sévérité de la maladie [1].
Présentation clinique
Il s’agit d’une maladie multisystémique et évolutive [1, 7].
Dans la forme classique du garçon, elle débute dès l’enfance
(parfois dès l’âge de 3 à 4 ans) ou à l’adolescence par des
douleurs des mains et/ou des pieds. Dans 80 à 90 % des cas,
elles apparaissent avant l’âge de 10 ans. Ces douleurs ou
acroparesthésies sont déclenchées par l’effort physique, le stress,
les changements rapides de température et d’humidité, les épisodes
infectieux. Il s’agit de douleurs à type de brûlures, de
picotements voire de coups de poignard. Leur durée est variable,
pouvant aller de quelques minutes à plusieurs jours. Elles sont
récurrentes.
Ces douleurs peuvent être majorées lors de crises aiguës encore
appelées crises de Fabry, associant aux acroparesthésies intenses
irradiant dans les jambes et les bras, de la fièvre, des douleurs
musculaires et/ou articulaires et/ou abdominales.
Elles peuvent être interprétées chez l’enfant comme des crises
de croissance, une maladie de Still, un rhumatisme articulaire
aigu, d’autant plus qu’un syndrome inflammatoire est possible,
d’érythromélalgie, de syndrome abdominal aigu, de troubles
psychologiques et même comme des simulations.
Ces douleurs tendent à diminuer en fréquence et intensité avec
l’âge et peuvent dans certains cas disparaître.
De façon précoce et quasi-constante, les patients souffrent
d’une diminution de la sudation (hypohydrose), voire d’une
anhydrose. Celle-ci s’accompagne d’une intolérance à la chaleur et
à l’effort, responsable de coups de chaleur accompagnés de nausées,
céphalées, dyspnée, malaises pouvant aller dans certains cas
jusqu’à la perte de connaissance.
Les angiokératomes (figure 1) inconstants mais
très fréquents apparaissent généralement à l’adolescence et
augmentent avec l’âge. Ce sont des macules ou des papules
punctiformes rouges foncées planes ou surélevées ne s’effaçant pas
à la vitro-pression. Souvent en grappes, elles se répartissent
préférentiellement au niveau de l’ombilic, des plis inter-fessiers,
des organes génitaux externes avec une répartition en caleçon.
Elles peuvent passer inaperçues ou être très étendues. Les angiomes
muqueux sont possibles mais rares.
Une atteinte ophtalmique caractéristique est mise en évidence
par un examen à la lampe à fente qui permet de visualiser des
opacités cornéennes dont l’aspect le plus typique est la cornée
verticillée. Il s’agit d’opacités floconneuses radiaires
asymptomatiques ressemblant à une méduse étalée, ne gênant pas la
vision. Cette lésion est absente chez les variants cardiaques. Sa
présence chez 70 à 80 % des femmes porteuses permettait un
dépistage des femmes conductrices.
L’existence d’une cataracte antérieure ou postérieure due à des
dépôts cristalliniens est observée chez environ 30 % des
hommes atteints. Au fond d’œil, en l’absence des complications de
l’hypertension artérielle, il n’y a pas d’atteinte de la rétine,
mais des vaisseaux tortueux et dilatés.
Avec l’âge apparaissent les complications viscérales.
Chronologiquement, les premières complications sont rénales.
L’atteinte rénale est très fréquente mais peut être absente. Sa
sévérité est variable d’un patient à l’autre. Les premiers signes
peuvent apparaître chez l’adolescent ou l’adulte jeune :
micro-albuminurie ou protéinurie progressive, isosthénurie, trouble
de la concentration des urines précoce (révélateur parfois),
diminution du taux de filtration glomérulaire qui peut apparaître
entre 20 et 40 ans. Avec l’âge la protéinurie est parfois très
importante (3 à 4 g/l) sans syndrome néphrotique, une
hypertension artérielle d’origine rénale peut apparaître.
L’insuffisance rénale terminale apparaît en moyenne vers
40 ans. Elle est prise en charge par la dialyse ou la greffe
rénale. Il n’y a pas de récidive de la maladie sur le greffon mais
la greffe rénale ne permet pas la prévention des autres
complications vasculaires de la maladie. L’atteinte vasculaire est
la cause principale de morbidité et de mortalité après le
traitement de l’insuffisance rénale par dialyse ou transplantation
rénale. Les formes à prédominance rénale ou « variants
rénaux » ont récemment été identifiées chez des patients en
hémodialyse chronique diagnostiqués à tort comme ayant une
glomérulonéphrite chronique. Ces variants rénaux évoluent vers
l’insuffisance rénale en l’absence de toute autre symptomatologie
ou avec simplement une hypertrophie ventriculaire gauche modérée à
sévère [8].
Les manifestations cardiaques [9] comportent un raccourcissement
de l’espace PR même chez le sujet jeune, des troubles de la
conduction auriculo-ventriculaire pouvant aller jusqu’à
l’indication de la pose d’un pace-maker, des troubles du rythme à
type de tachycardie supraventriculaire ou d’extrasystoles
ventriculaires.
L’échocardiographie met en évidence une atteinte valvulaire avec
le plus souvent un prolapsus de la valve mitrale, un épaississement
du septum interventriculaire parfois dès l’enfance puis une
hypertrophie ventriculaire gauche habituellement non associée à un
réduction significative de la fonction systolique ou
diastolique.
Les autres complications cardiaques sont l’angine de poitrine et
l’infarctus du myocarde. L’insuffisance cardiaque congestive et
l’insuffisance mitrale sévère sont tardives. Il existe des formes
cardiaques pures « variants cardiaques », qui n’ont aucun
autre signe et qui ont une activité enzymatique résiduelle
inférieure à 10 %. Ces formes sont révélées par une
hypertrophie ventriculaire gauche apparemment isolée ou associée à
une discrète protéinurie vers l’âge de 40 ans. Des études chez
des patients souffrant d’hypertrophie ventriculaire gauche
inexpliquée ont permis de trouver une incidence de 3 à 6 % de
maladie de Fabry [10, 11].
Les manifestations cérébro-vasculaires sont dues avant tout à
l’atteinte multifocale des petits vaisseaux. Elles peuvent conduire
à des syndromes lacunaires avec troubles cognitifs, amnésie et au
maximum démence. Elles peuvent également comporter des AVC ou des
AIT : hémiparésie, dysarthrie, nystagmus, diplopie. Ces
atteintes cérébro-vasculaires peuvent survenir dès l’âge de
20-30 ans (âge moyen de 33,8 ans) [12] et se traduire par
des AVC/AIT récidivants.
L’incidence des céphalées est importante [7].
Le pronostic sombre de la maladie, l’intensité des douleurs, le
retentissement de la maladie sur la vie sociale et professionnelle
conduisent parfois certains patients à des états dépressifs avec
risque suicidaire.
Les atteintes cochléo-vestibulaires (expérience personnelle) se
traduisent par une baisse de l’audition du sujet jeune,
progressives ou brusques. Elles sont à traiter comme les surdités
vasculaires. Des épisodes aigus de vertiges d’origine vestibulaire
peuvent être itératifs avec récupération complète ou partielle
pouvant aboutir à une instabilité permanente. La proportion
d’acouphènes est importante et peut justifier une prise en charge
spécifique à type d’appareillage.
On décrit également une importante proportion de signes
digestifs avec des douleurs postprandiales, des nausées, des
vomissements et des diarrhées apparaissant chez des sujets jeunes.
Ces signes digestifs peuvent être corrélés à la prise
d’alimentation grasse ou de lactose. Ces manifestations peuvent
avoir un retentissement lourd sur la vie sociale. Une alimentation
excluant le lactose et les graisses peut apporter une amélioration
(expérience personnelle). Ces manifestations répondent bien au
traitement enzymatique.
Certains malades ont une atteinte respiratoire obstructive en
dehors de tout tabagisme. Ils se plaignent de dyspnée ou d’une
bronchite chronique. Ces manifestations sont rarement invalidantes.
Plusieurs cas de pathologies veineuses avec lymphoœdème des membres
inférieurs et parfois supérieurs ont été décrits.
Diagnostic
La ponction biopsie rénale (PBR) n’a pas d’indication
diagnostique dans la maladie de Fabry. Cependant, la PBR peut
permettre d’étiqueter une néphropathie inexpliquée et isolée.
L’examen histologique (importance de la microscopie électronique)
d’une biopsie rénale permet essentiellement d’observer une
accumulation de glycosphingolipides dans les cellules épithéliales,
les cellules endothéliales du glomérule et de la capsule de Bowman
et dans l’épithélium des anses de Henlé et des tubes proximaux.
Simultanément, les vaisseaux rénaux sont progressivement atteints
de façon extensive. A des stades plus tardifs et à un degré
moindre, il existe une accumulation lipidique au niveau des tubes
proximaux. Tardivement existent des lésions histologiques non
spécifiques : sclérose artériolaire importante, glomérules
fibreux et atrophiques, atrophie tubulaire et fibrose
interstitielle diffuse.
Le dosage de l’activité de l’alpha galactosidase A leucocytaire
ou plasmatique représente le principal test diagnostique. Il est
très fiable (100 %) pour le diagnostic des hommes hémizygotes
(valeur effondrée ou indétectable). Les variants cardiaques et
rénaux peuvent avoir une activité enzymatique résiduelle allant
jusqu’à 10 % de la normale. Sa fiabilité est faible pour le
dépistage des femmes hétérozygotes qui peuvent garder une activité
enzymatique normale du fait de l’inactivation au hasard du
chromosome X.
Dans une famille, l’étude génique (séquençage du gène pour
rechercher la mutation chez le sujet souffrant de la maladie)
permet une recherche fiable de cette mutation chez toutes les
femmes à risque. Un diagnostic prénatal sera proposé à toutes les
femmes conductrices.
Le diagnostic anténatal se fait par ponction de villosité
choriale à onze semaines d’aménorrhée. Sur ce prélèvement on
effectue un dosage enzymatique et une étude du sexe. Ce dosage
permet un résultat fiable et rapide. Ce dosage ne se fait que si
les parents envisagent une interruption de grossesse en cas de
garçon atteint. Pour des raisons éthiques, les résultats concernant
une fille ne seront pas donnés aux parents et ne sont rendus à
l’enfant qu’à sa majorité, à sa demande, après contrôle sur un
prélèvement sanguin.
Les possibilités thérapeutiques
Les traitements sont symptomatiques et enzymatiques
substitutifs.
Les traitements symptomatiques
Pour soulager les douleurs, les antalgiques classiques sont
souvent inefficaces. L’administration de Tegretol®, de
Dihydan®, de Neurontin® soit en continu à
faible dose soit en début de crise permet de réduire la fréquence
et l’intensité des crises. La posologie est progressivement adaptée
en fonction des besoins mais reste généralement très inférieure aux
doses administrées au cours de l’épilepsie. Dans ce cas, le
contrôle du taux sanguin des médicaments n’a pas d’intérêt.
Les analgésiques narcotiques comme la morphine sont efficaces
mais peuvent parfois entraîner une exacerbation des douleurs.
Il est conseillé de ne pas rajouter de facteurs de risque
vasculaire (tabac, hypercholestérolémie, HTA…). L’administration
prophylactique d’anticoagulants est recommandée en cas d’accident
vasculaire récidivant.
Les traitements des manifestations cardiovasculaires et
vasculaires cérébrales sont non spécifiques. Les vertiges d’origine
vestibulaire seront traités de façon classique. On pourra adjoindre
une prise en charge spécifique à type de rééducation vestibulaire.
Les surdités brusques seront traitées par caisson hyperbare, les
surdités confirmées et les acouphènes seront appareillés.
Les angiokératomes lorsqu’ils sont gênants peuvent être traités
par laser, des récidives sont néanmoins fréquentes.
L’insuffisance rénale terminale est traitée par dialyse et
transplantation rénale.
Après transplantation rénale, la survie du greffon rénal est
comparable à celle des autres néphropathies. Il n’y a pas de
récidive de la maladie sur le greffon. Cependant, la greffe à
partir d’un donneur hétérozygote doit être évitée (possibilité de
récidive sur le greffon).
En revanche, la transplantation rénale n’a aucun effet
protecteur vis-à-vis des autres complications de la maladie.
Les traitements enzymatiques substitutifs
Les premiers résultats encourageants d’essais de traitement de
la maladie de Fabry par l’alpha-galactosidase A ont eu lieu dans
les années 1970 [13, 14]. Cependant, la principale difficulté était
l’impossibilité d’obtenir des quantités suffisantes
d’alpha-galactosidase humaine purifiée pour traiter les
patients.
Plus récemment, grâce aux récents progrès du génie génétique, la
production en quantité importante de l’enzyme sur cellules CHO [15,
16] ou sur fibroblastes humains [17] a permis la réalisation
d’essais cliniques conduits respectivement par le laboratoire
Genzyme [18, 19] et le laboratoire TKT [17, 20].
A ce jour deux enzymes ont obtenu une autorisation de mise sur
le marché en Europe avec un statut de « médicaments
orphelins ». Seul l’enzyme du laboratoire Genzyme a reçu l’AMM
aux États-Unis. Les études comparatives récentes ont montré que les
deux protéines étaient fonctionnellement et structurellement
comparables [20, 21].
Le Fabrazyme® produit par le laboratoire Genzyme est
produit par génie génétique sur cellule CHO par un processus bien
validé. La posologie conseillée est de 1 mg/kg/15 jours.
Administré en perfusion IV lente au début (3 à 4 heures), elle
peut être accélérée progressivement en fonction de la tolérance
pour être administrée en deux heures. Son obtention et son
administration sont actuellement hospitalières. Une demande de
passage à domicile est en cours. L’essai multicentrique de phase
III, menée en double aveugle versus placebo a débuté en
1999. Il a porté sur 58 patients. La rareté de la maladie,
l’absence de critères objectifs simples de suivi de l’efficacité,
la présence de complications irréversibles ont rendu l’évaluation
compliquée, nécessitant l’utilisation d’échelles subjectives de
quantification de la douleur et de qualité de vie. Des biopsies
multiples pratiquées avant, à 6 mois et à 1 an (cœur,
rein, peau) ont permis d’évaluer le retentissement du traitement
enzymatique sur la surcharge en GL-3. Ces biopsies ont été scorées
en double aveugle (3 anatomopathologistes) et les scores
obtenus ont été reproductibles sous placebo. Ces biopsies ont
montré une clairance du GL-3 avec un score à zéro au niveau des
cellules endothéliales vasculaires du rein (98 %), de la peau
(96 %) et du cœur (82 %).
Sur le plan du confort du patient, l’effet placebo a été majeur
sur les 6 premiers mois. Après 4 ans de traitement, la
réponse sur la douleur est présente mais variable d’un malade à
l’autre en fonction du stade d’évolution de la maladie puisque la
réponse est d’autant meilleure que le sujet traité est jeune. La
réponse sur les troubles gastro-intestinaux est souvent
spectaculaire.
Enfin le traitement n’a pas eu d’influence sur les
angiokératomes.
Aucune détérioration de la fonction rénale n’a été déplorée sous
traitement enzymatique lorsqu’elle ne préexistait pas. Les rares
aggravations concernent des patients ayant une protéinurie massive
avant le début du traitement et/ou une fibrose très importante.
Le traitement enzymatique a également démontré une efficacité
sur les lésions cardiaques avec la diminution lente et progressive
de l’hypertrophie ventriculaire gauche.
Les réactions de perfusion sont faciles à gérer : elles
surviennent entre la cinquième et la dixième perfusion. Elles sont
à type de tremblements, de sensation de chaleur, de frissons et
cèdent à l’administration d’antihistaminiques et au ralentissement
de la perfusion. Il existe une tolérisation dans le temps.
Le second traitement à avoir reçu une autorisation de mise sur
le marché en Europe est le Replagal®. Cette enzyme
humaine recombinante a été mise au point parla société TKT. La
posologie conseillée est de 0,2 mg/kg/15 jours
administrée en 40 minutes.
L’essai mené aux Etats-Unis a été monocentrique, randomisé en
double aveugle contre placebo et a comporté 26 patients.
L’efficacité a été jugée essentiellement sur la douleur. Les
auteurs rapportent une amélioration significative dans le groupe
traité par rapport au groupe placebo. La clairance de la créatinine
reste stable dans le groupe traité alors qu’elle se détériore chez
un patient du groupe placebo. Les biopsies rénales ont mis en
évidence une augmentation du nombre de gloméruli normaux et, une
diminution des inclusions de glycolipides dans l’endothélium
vasculaire rénal. Comme avec le Fabrazyme®, la tolérance
est bonne avec des réactions de perfusion facilement
contrôlées.
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