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Faut-il maintenir en France l’obligation vaccinale ?


Médecine thérapeutique / Pédiatrie. Volume 6, Numéro 2, 57-8, Mars 2003, Éditorial



Auteur(s) : Philippe Reinert Rédacteur en chef , .

ARTICLE

Auteur(s) : Philippe Reinert
Rédacteur en chef

La France est l’un des derniers pays européens industrialisés à maintenir encore l’obligation vaccinale. 4 vaccins sont obligatoires : le BCG, les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite ; le vaccin contre l’hépatite B n’est exigé que pour le personnel des établissements de prévention et de soins. Actuellement 12 pays européens n’imposent plus aucune vaccination, estimant, pour des raisons éthiques, que l’acte vaccinal doit résulter d’une démarche volontaire. Dans beaucoup de ces pays, la couverture vaccinale est souvent supérieure à celle de la France ! La situation française est illogique et mal comprise par les familles : le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons non obligatoire, est pour elles sans intérêt alors qu’il a fait disparaître la rougeole dans de nombreux pays.

Le vaccin contre l’Haemophilus b (avant 1990, 1ère cause de méningites bactériennes chez l’enfant de moins de 5 ans) a éradiqué de France méningites, et épiglottites provoquées par ce germe.

Responsabiliser le citoyen nous semble une sage mesure en proposant par exemple une hiérarchisation des vaccins :
• vaccins indispensables : tétanos, diphtérie, poliomyélite, rougeole, haemophilus b
• vaccins vivement recommandés : hépatite b, coqueluche, oreillons, rubéole
• vaccins utiles : grippe, varicelle, etc…

Nous découvrons qu’une proposition de loi présentée par Madame C. Boutin sur ce sujet, avance des arguments qui laissent sans voix ! « L’élévation du niveau de vie (et non la vaccination) a fait reculer ou disparaître la tuberculose, la diphtérie, la poliomyélite et le tétanos ». Il est vrai que la tuberculose est la maladie de la misère et que le BCG n’est efficace que sur certaines formes aiguës de tuberculose (méningite, miliaire). La diphtérie est en revanche toujours une menace : l’arrêt de la vaccination dans l’ex-URSS a rapidement provoqué une épidémie de plus de 40 000 cas. La même remarque peut être faite pour la poliomyélite : les Pays-Bas, modèle de niveau socio-économique et médical, viennent de vivre une épidémie dans une communauté « anti-vaccins ».

Quant au tétanos, nous nous permettons de rappeler à Madame Boutin qu’il ne s’agit pas d’une maladie contagieuse mais que les spores du bacille tétanique sont retrouvées dans toutes les terres du monde !

Parmi les autres arguments avancés, nous retrouvons :
– les vaccins diminuent les défenses immunitaires,
– les immunités artificielles entravent les crises de nettoyage organique qui s’effectuent par l’office des maladies aiguës.

Il est bien démontré que le système immunitaire du nourrisson est tout à fait capable de répondre aux stimulations antigéniques vaccinales souvent mieux que l’adulte. Mis à part un article du New England Journal of Medicine de janvier 1984, de nombreuses autres études ont montré que les vaccins n’avaient aucun effet immunodépresseur.

Quant aux crises de nettoyage organique, cela veut-il dire qu’il faut revenir au « bon vieux temps » où rougeole et diphtérie éliminaient les enfants les plus fragiles pour ne faire survivre qu’un petit nombre : cela ressemble fort à la sélection naturelle !

Espérons que notre ministre de la santé éclairé saura faire en sorte que cette proposition de loi soit revue et corrigée.


 

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