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Thérapeutiques des maladies mitochondriales


Médecine thérapeutique / Pédiatrie. Volume 2, Numéro 6, 434-7, Novembre-décembre 1999, REVUE : Maladies mitochondriales - II

Article gratuit  

Auteur(s) : Patrick Aubourg

Résumé : Le traitement des maladies mitochondriales représente un formidable défi en raison de leur diversité et de leur expression clinique et biochimique extrêmement variable. Les approches thérapeutiques utilisées aujourd’hui, qui visent à « contourner » les effets du ou des blocs métaboliques ont une efficacité très limitée. La majorité des protéines mitochondriales étant codées par le génome nucléaire, la plupart des approches de thérapie génique actuellement élaborées visent à faire exprimer un gène « thérapeutique » dans le noyau ou le cytoplasme des cellules, la protéine produite étant ensuite naturellement ciblée vers la mitochondrie. Les approches thérapeutiques des mutations du génome mitochondrial sont plus complexes, et nécessitent le ciblage direct de gènes ou de molécules antisens dans la mitochondrie et/ou le transfert de mitochondries normales ou génétiquement corrigées dans les cellules des tissus affectés. Le développement conjoint de modèles animaux satisfaisants permettra de tester la faisabilité et l’efficacité de ces nouvelles approches.Quels que soient les progrès réalisés dans ces approches de thérapie génique, leur faisabilité devra être testée dans des modèles animaux. Des souris « hétéroplasmiques » ont été récemment obtenues par électrofusion du cytoplaste d’un zygote donné avec une cellule embryonnaire d’un zygote d’un autre type [27]. Il devrait ainsi être possible de créer des souris avec une mutation particulière de l’ADN mitochondrial. Une alternative pourrait être plus simplement la greffe de myoblastes humains présentant une anomalie d’un type donné de l’ADN mitochondrial à des souris ayant un déficit immunitaire sévère (SCID). Le chemin sera encore probablement long avant qu’une approche thérapeutique visant à faire exprimer un acide nucléique dans la cellule ou à introduire des mitochondries normales dans des cellules pathologiques n’ait fait la preuve de son efficacité chez l’animal. L’absence d’efficacité des thérapeutiques utilisées actuellement justifie cependant de poursuivre activement un tel effort.

Mots-clés : mitochondrie, maladies mitochondriales, coenzyme Q, thérapie génique, dichloroacétate

 

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