ARTICLE
Auteur(s) : Juan Felipe Velez de la
Calle
Président de la SMR
A l’occasion de nos XIes Journées Nationales de la
Société de Médecine de la Reproduction (SMR) et grâce au travail
acharné des « locaux de l’étape », notre secrétaire, A. Audebert et
notre vice-président, B. Broussin, nous avons choisi la ville
d’Arcachon pour nous réunir cette année.
Cette ville a la particularité de présenter une palette de
couleurs de cieux extraordinaires au cours de la journée. Cette
originalité est à l’image des changements qui auront lieu cette
année, dans le domaine de la bioéthique en France et
particulièrement, dans le domaine de la Médecine de la
Reproduction. Nous devrons donc aborder des sujets particulièrement
intéressants sur le plan scientifique et sociétal.
Tout d’abord, je voudrais souligner l’importance du débat sur la
grossesse pour autrui (GPA) qui fait partie des modifications
prévues par cette loi de bioéthique. A cette occasion, nous
avons voulu organiser un débat faisant intervenir des personnalités
très charismatiques dans le domaine de la gynécologie obstétricale.
Ainsi, R. Frydman, I. Nisand, J.L. Pouly et C. Sureau
animeront un débat de choix sur les aspects épidémiologiques,
médicaux et éthiques de la GPA, sans oublier bien entendu, les
problèmes liés à la société. Il est en effet malheureux, de la
part du législateur, de vouloir régler des problèmes dits de «
société », en écartant souvent les praticiens qui en font partie
intégrale pour leur imposer des règles de bonne conduite dans le
cadre de leur exercice. N’oublions pas, que ce sont ces praticiens
qui donnent la possibilité aux patients de pouvoir bénéficier d’une
pratique ou d’une avance médicale, qui peut parfois poser des
problèmes et/ou des interrogations d’ordre éthique (cf. la
GPA).
Tout aussi intéressante, est l’approche du Groupe d’intérêt (GI)
des sages-femmes coordonné par V. Banchet, sur le don d’ovocytes en
France et hors de nos frontières (Espagne) avec la participation de
notre ami O. Coll, qui dirige l’un de centres de référence
européens en la matière à Barcelone.
En amont de ce contexte, nous avons voulu établir un consensus
en matière de prise en charge féminine de l’aide médicale à la
procréation (AMP) par rapport aux facteurs influençant de manière
non négligeable les attitudes thérapeutiques et leurs résultats
(tabagisme, poids et âge).
En parallèle, J. Pfeffer a voulu faire une saine provocation en
proposant une controverse sur l’insémination artificielle
intra-utérine (IAIU) qui nous permettrait d’analyser l’intérêt de
cette technique en matière de résultats versus la FIV, polémique
constante pour notre regretté Jean Cohen. A noter sur cette
séance, l’excellent débat qui doit avoir lieu concernant la prise
en charge pluridisciplinaire au sein de l’équipe clinico-biologique
pour bien fixer les limites de cette technique.
Quant à l’AMP et ses différentes techniques, j’ai voulu, avec la
participation de l’un de nos fidèles partenaires, évaluer la
pratique de l’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes
(ICSI). En effet, il est indispensable à mes yeux de faire le point
sur le nombre croissant de FIV-ICSI en France. Quel est leur
pourcentage parmi la totalité d’actes dans notre pays ? Sont-elles
toutes justifiées ? La peur de l’échec peut-elle inciter les
praticiens à en prescrire davantage ? Avec le temps, comme l’avait
déjà constaté et prédit en 1992 N. Skakeabek, assistons-nous à une
dégradation de la qualité spermatique nous incitant à pratiquer
autant d’ICSI de manière justifiée ? Faut-il changer en 2009,
l’ICSI conventionnelle par l’IMSI (micro-injection
intracytoplasmique de spermatozoïdes sélectionnés*) ?
Il est connu de tous, que l’avènement de l’ICSI en 1992 a eu un
effet délétère sur l’étude de la fonction de reproduction
masculine, car la simple injection d’un spermatozoïde à l’intérieur
de l’ovocyte permettait, du jour au lendemain, de pallier
ponctuellement à des problèmes de la spermatogenèse, non élucidés
jusque là. C. Pineau et C. Jimenez ont envisagé d’actualiser nos
connaissances sur le rôle majeur que joue la vitamine A sur la
spermatogenèse et les possibilités qui s’offrent à nous en 2009
pour réaliser ce phénomène physiologique in vitro. R. Mieusset
en tant qu’andrologue, fera le lien entre les troubles de la
spermatogenèse et leur rôle dans l’infertilité.
Sans vouloir être trop exhaustif en citant toutes les
interventions passionnantes de notre programme, je vous invite à
suivre très particulièrement la séance concoctée par J.M. Mayenga
sur la maladie abortive, affection, ô combien déroutante pour les
praticiens et les patients !
Enfin, deux de plus prestigieux endocrinologues au niveau
international, P. Bouchard et A. Genazzani, nous régaleront très
certainement avec leur vision de l’endocrinologie du futur.
Il me reste à féliciter D. Dewailly, notre vice-président et
rédacteur en chef, pour sa ténacité et pugnacité permettant d’avoir
en même temps que ces journées, cette belle revue résumant la
plupart des interventions de notre congrès.
Finalement un mot de remerciements à tous nos partenaires de
l’industrie pharmaceutique et du matériel médical sans lesquels ces
journées n’auraient pas pu avoir lieu.
Bienvenue à Arcachon. Amicalement.* IMSI :
Intracytoplasmic morphological sperm injection.
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