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Conseil génétique et conduite à tenir avant, pendant et après la grossesse en cas de bloc surrénalien en 21-hydroxylase


Médecine Thérapeutique Endocrinologie & Reproduction. Volume 6, Numéro 5, 281-6, septembre-décembre 2004, Revue


Résumé  

Auteur(s) : Véronique Tardy, Yves Morel , Laboratoire de biochimie endocrinienne et moléculaire, EA3739, hôpital Debrousse, 69322 Lyon cedex 05.

Résumé : RésuméLe déficit en 21-hydroxylase est le déficit de la stéroïdogenèse le plus fréquent puisqu’il est responsable de 95 % des cas d’hyperplasie congénitale des surrénales. Il est dû à des lésions du gène CYP21 situé sur le bras court du chromosome 6. Cette maladie héréditaire autosomique récessive se manifeste par deux formes cliniques : la forme classique et la forme non classique de fréquence encore indéterminée du fait de l’existence de formes asymptomatiques. Il existe une très bonne corrélation entre le phénotype et le génotype. La gravité du phénotype est déterminée par l’allèle qui possède la mutation la moins sévère [1, 2]. Dans la forme non classique, une mutation modérée est présente sur au moins un des deux allèles tandis que dans la forme classique, les deux allèles portent une lésion sévère.

Mots-clés : 21-hydroxylase, hyperplasie congénitale, surrénale

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) :, Véronique Tardy*, Yves Morel

Laboratoire de biochimie endocrinienne et moléculaire, EA3739, hôpital Debrousse, 69322 Lyon cedex 05

Le déficit enzymatique de la stéroïdogenèse ne cesse d’être une maladie phare au fil des progrès de la recherche : elle fut d’abord un modèle physiopathologique pour l’étude de la stéroïdogenèse ; dès 1974, la détermination de la 17OHP dans le liquide amniotique, puis la découverte d’une liaison génétique entre le système HLA et cette maladie ont permis le développement d’un diagnostic prénatal. Elle fut l’une des premières maladies à bénéficier d’un traitement prénatal. Ce traitement par la dexaméthasone (20 μg/kg/j) permet de prévenir la virilisation in utero d’un fœtus féminin et pour être efficace doit être prescrit avant 8 semaines d’aménorrhée (SA) [3]. Néanmoins, l’innocuité fœtale de ce traitement prénatal reste à démontrer par des études prospectives. En France, la pratique courante du génotypage des déficits en 21-hydroxylase, la possibilité de dépister les hétérozygotes dans la population générale et récemment de réaliser un diagnostic de sexe fœtal sur sang maternel dès 6,5 SA, ont modifié la démarche classique de ce diagnostic prénatal.Afin de proposer un conseil génétique dans les familles d’hyperplasie congénitale des surrénales et de poser correctement l’indication du diagnostic prénatal et d’un traitement prénatal, un certain nombre d’étapes sont à respecter lors de la prise en charge des patients et de leur famille.

Critères diagnostiques actuellement retenus

La forme classique, dont l’incidence est environ de une naissance sur 15 000, bénéficie d’un dépistage néonatal actuellement généralisé en France. Elle est caractérisée par l’existence d’une ambiguïté sexuelle chez les petites filles (dans de très rares cas, elle peut ne pas être présente) et par la survenue d’une perte de sel clinique ou biologique dans les deux sexes. Les critères diagnostiques biologiques sont, d’une part, une élévation de la 17-OHP plasmatique de base et, d’autre part, une élevation de la rénine plasmatique, cette dernière étant le reflet de l’atteinte de la voie minéralocorticoïde (( figure 1 )).

La forme non classique, lorsqu’elle est symptomatique, se manifeste par des signes liés à l’hyperandrogénie (pilosité pubienne, pseudo-puberté précoce dans l’enfance ; hirsutisme, dysménorrhée, stérilité chez la femme). Elle est caractérisée par une absence d’ambiguïté sexuelle, seule est parfois notée une hypertrophie clitoridienne qui est alors isolée. Ces signes d’appel, reflets d’une hyperandrogénie, sont peu spécifiques. Par ailleurs, les formes asymptomatiques ne sont pas rares, notamment chez les patients de sexe masculin qui sont concernés pour la moitié d’entre eux.

L’élément biologique qui permet de poser avec certitude le diagnostic de forme non classique est le pic de 17-OHP plasmatique lors du test ACTH. Dans certains cas, un taux de 17-OHP de base peut suffire, à condition qu’il soit réalisé le matin et en phase folliculaire précoce. Le problème posé est le seuil à retenir : la valeur de 9 nmol/l (3 ng/ml) avait été proposée [4] mais il s’est avéré que des patients atteints de forme non classique peuvent avoir un taux inférieur et à l’inverse qu’un simple stress peut majorer un taux de 17-OHP de base chez des sujets indemnes de tout déficit en 21-hydroxylase. En fait, il semblerait que toute femme qui présente un hirsutisme associé ou non à une dysménorrhée et une stérilité, bénéficie au cours de son existence d’un test à l’ACTH. Nous proposons donc de réaliser d’emblée ce test à l’ACTH pour dosage de la 17-OHP (aux temps 0, 60’ et 90’ après l’injection) et de conseiller à la patiente de conserver ce résultat pour éviter de le refaire. De même, il peut être intéressant de conserver du plasma pour doser dans un second temps le 21-désoxycortisol dans les cas où le pic de 17-OHP est insuffisant pour poser un diagnostic.

D’après les études moléculaires réalisées dans notre laboratoire [5–7], la valeur seuil de 17-OHP sous ACTH au-dessus de laquelle il faut retenir le diagnostic de forme non classique est de 60 nmol/l (20 ng/ml) ; pour les valeurs de 17-OHP entre 36 nmol/l (12 ng/ml) et 60 nmol/l (20 ng/ml), c’est la biologie moléculaire qui permet de distinguer les simples hétérozygotes des formes non classiques. Enfin, si le pic de 17-OHP sous ACTH est inférieur à 36 nmol/l (12 ng/ml), les sujets ne sont pas porteurs d’une forme non classique : il est alors difficile de trancher entre hétérozygotes pour le trait 21-hydroxylase et homozygote sain et c’est dans ces cas que le dosage de 21-désoxycortisol sous ACTH est intéressant.

Les lésions du gène CYP21

Dans la majorité des cas, les lésions du gène CYP21 [1,8,9] sont des mutations ponctuelles (environ 80 % des cas). Une quinzaine de mutations ponctuelles, dont la sévérité a été déterminée par des études in vitro, est décrite dans la littérature (( figure 2 )). Ces mutations sont responsables soit d’une abolition totale de l’activité 21-hydroxylase, soit d’une diminution plus ou moins importante de cette activité (activité résiduelle de 1 % pour la mutation associée à la forme virilisante pure, entre 30 et 50 % pour les mutations modérées associées à la forme non classique). De nouvelles mutations rares sont également identifiées chez les patients au retentissement à préciser in vitro.

À côté de ces mutations ponctuelles existent de larges lésions qui abolissent l’activité 21-hydroxylase (20 % des cas). Ces larges réarrangements se répartissent en délétions du gène CYP21 et conversions du gène CYP21 en son pseudogène CYP21P.

La difficulté d’exploration moléculaire du gène CYP21 repose sur l’existence d’un pseudogène en tandem, homologue à 98 % dans sa séquence nucléotidique et réservoir des lésions identifiées chez les patients. Il a donc été nécessaire de mettre au point une stratégie d’exploration fiable basée sur une amplification spécifique du gène CYP21 par méthode PCR suivie du séquençage du gène. En première intention est réalisée l’exploration des trois quarts du gène avec recherche notamment des mutations les plus fréquentes puis, si nécessaire, l’exploration de la totalité, depuis la région 5’ régulatrice jusqu’à la fin de la partie codante.

Pourquoi l’étude moléculaire est-elle importante dans les familles de déficit en 21-hydroxylase ?

Pour confirmer le diagnostic de déficit en 21-hydroxylase chez les patients

Patients atteints de forme classique

Même si le plus souvent les arguments cliniques et biologiques suffisent au diagnostic, il est important de le confirmer sur le plan moléculaire. Dans certains cas, le rôle de la biologie moléculaire peut même être primordial dans l’établissement du diagnostic :
  • distinction entre forme classique avec perte de sel clinique et forme virilisante pure, notamment chez les enfants dépistés où la perte de sel est évitée par un traitement précoce ;
  • distinction entre forme classique et non classique, cette dernière ne justifiant pas de traitement tant qu’elle est asymptomatique mais pouvant être prise à tort pour une forme classique, notamment dans les rares cas où le dépistage néonatal est positif.

Patients atteints de forme non classique

Comme les signes d’appel chez la femme sont peu spécifiques et que le déficit en 21-hydroxylase ne représente qu’environ 5 % des étiologies d’un hirsutisme, le diagnostic de forme non classique doit être certain avant de mettre en route un traitement par glucocorticoïdes. Nos études moléculaires réalisées chez plus de 1 000 femmes suspectes de forme non classique ont permis de confirmer qu’une valeur de 17-hydroxyprogestérone égale ou supérieure à 60 nmol/l après stimulation par l’ACTH (20 ng/ml) est suffisante pour confirmer ce diagnostic.

En revanche, comme expliqué précédemment, une étude moléculaire est indispensable pour affirmer une forme non classique lorsque le pic de 17-OHP sous ACTH se situe entre 36 et 60 nmol/l (12 et 20 ng/ml). De plus, la biologie moléculaire conduisant à l’identification d’une mutation modérée sur au moins un des deux allèles permet de démontrer l’existence d’une bonne corrélation entre le génotype (persistance de 30 à 50 % d’activité par la mutation modérée) et le phénotype modéré. Enfin, dans le cadre d’une maladie autosomique récessive, l’étude des parents de patients atteints d’une forme non classique est essentielle afin de confirmer que les deux lésions géniques identifiées chez le patient sont bien portées par deux allèles différents.

Pour apporter un conseil génétique correct dans les familles

Couples avec un enfant atteint de forme classique

Dans ce cas, le risque d’avoir un nouvel enfant atteint de forme classique est de 1 sur 4 et celui d’avoir une fille virilisée à la naissance de 1 sur 8. Les couples sont très demandeurs. Le conseil génétique doit être fait le plus tôt possible avant la mise en route d’une grossesse pour une prise en charge optimisée de la femme enceinte. Ceci nécessite une exploration moléculaire la plus précoce possible de l’enfant atteint et de ses parents afin de gérer toute nouvelle grossesse avec une plus grande sérénité et éviter des investigations dans l’urgence.

Sujets porteurs d’une mutation sévère

L’identification d’une mutation sévère du gène CYP21 chez tout sujet doit s’accompagner d’un conseil génétique car le risque d’avoir un enfant atteint d’une forme classique de déficit en 21-hydroxylase n’est pas négligeable. Ce risque peut être calculé en se basant sur la fréquence des hétérozygotes pour une lésion sévère dans la population générale qui est environ de 1/50 (fréquence calculée d’après l’incidence de la forme classique).
  • Patients atteints de forme non classiqueDepuis longtemps, l’importance de l’exploration moléculaire des formes non classiques a été soulignée par notre équipe [5, 6]. L’étude actuellement réalisée chez environ 800 patients, a révélé que près 60 % d’entre eux portent une lésion sévère sur un allèle, avec donc 1 risque sur 2 de la transmettre à un enfant. L’étude des parents de forme non classique, garantie d’une étude génétique correcte et incontournable, est nécessaire pour identifier l’origine parentale en vue d’études familiales ultérieures. Elle est d’autant plus importante si le patient a un profil homozygote pour une mutation modérée : en effet, il n’est pas possible à partir de sa seule étude, de trancher entre un état homozygote (mutation modérée sur les deux allèles) et un état hémizygote (mutation modérée sur un allèle et large lésion sur l’autre) pour la mutation modérée.Les études familiales permettent aussi de détecter des patients asymptomatiques dans ces familles.
  • Apparentés à une famille de déficit en 21-hydroxylaseSont concernés les frères et sœurs des patients atteints de forme classique ou non classique mais aussi les apparentés plus éloignés (cousins…). De plus en plus, existe une demande de leur part à connaître leur statut à condition qu’ils aient été correctement informés de l’existence d’un cas dans la famille : il est indispensable que le statut de ces apparentés soit déterminé avant la situation d’urgence occasionnée par une grossesse. L’importance de l’étude des parents de cas index est à nouveau soulignée pour déterminer dans quelles familles ségrégent les lésions sévères. Seule est justifiée l’exploration des apparentés à risque d’avoir hérité d’une lésion sévère, les mutations modérées ne justifiant pas de conseil génétique particulier puisque seul existe a priori le risque de forme non classique. Rappelons que l’étude moléculaire chez les apparentés repose uniquement sur la recherche ciblée des mutations identifiées chez le cas index. En cas de recherche négative, le risque d’être porteur d’une autre mutation n’est pas nul, mais il est considérablement diminué.
  • Hétérozygotes par le trait 21-hydroxylase avec une symptomatologie évocatrice de forme non classiqueLe plus souvent, il s’agit de femmes consultant pour hirsutisme, dysménorrhée, stérilité. Certaines femmes sont même suspectes de forme non classique et se révèlent en fait n’être qu’hétérozygotes pour le trait HCS. Le même raisonnement peut être fait chez l’enfant devant la découverte d’une prémature pubarche, une avance de l’âge osseux. Le test à l’ACTH permet d’exclure le diagnostic de forme non classique (pic de 17-OHP inférieur à 36 nmol/l (12 ng/ml) mais c’est la biologie moléculaire qui tranche formellement en n’identifiant qu’une seule lésion du gène CYP21 après exploration de sa totalité depuis la région 5’ régulatrice jusqu’à la fin de la partie codante.

Dépistage des hétérozygotes et diagnostic prénatal chez un couple dont l’un des membres est atteint ou hétérozygote

Avant l’étude de leur conjoint, le risque d’avoir un enfant atteint de forme classique est de :
  • 1 sur 100 pour les patients atteints de forme classique donc porteurs de deux mutations sévères ;
  • 1 sur 200 pour les patients atteints de forme non classique avec une mutation sévère sur un des deux allèles ;
  • 1 sur 200 pour tous les sujets hétérozygotes pour une mutation sévère. En général, il s’agit d’apparentés à une famille de déficit en 21-hydroxylase ou d’un sujet détecté lors d’un test à l’ACTH fait pour une pathologie liée à une hyperandrogénie.

La recherche d’une hétérozygotie pour le trait 21-hydroxylase chez leur conjoint s’effectue en deux temps :

  • dépistage biologique par dosage du 21-désoxycortisol après stimulation par l’ACTH (temps 0’, 60’ et 90’) [10, 11] ;
  • séquençage du gène CYP21 si le pic est supérieur à 500 pg/ml.

C’est seulement dans l’éventualité d’une lésion sévère identifiée chez le conjoint que le couple aura un risque de 1 sur 4 d’avoir un enfant atteint d’une forme classique. Dans le cas particulier où l’un de deux parents est atteint d’une forme classique le risque est plus élevé (1 sur 2).

La conduite à tenir est résumée dans la ( figure 3 ).

Conduite à tenir en cas de grossesse*

La situation idéale

Le risque de forme classique a été établi avant la grossesse et les parents désirent garder l’enfant atteint d’une forme classique ; ils sont d’accord pour un traitement précoce par la dexaméthasone. Le génotypage du cas index et l’étude familiale ont été faits avant la grossesse. La possibilité de déterminer le sexe fœtal dès la 6,5 SA afin de ne pas traiter inutilement un fœtus masculin par la dexaméthasone a été expliquée aux parents. Dès le début d’une nouvelle grossesse, la mère doit prévenir le pédiatre endocrinologiste qui suit son enfant atteint, ou son généticien ou son gynécologue. Ceci n’est concevable que s’il existe un véritable réseau et une collaboration entre ces médecins, le couple et les biologistes spécialisés. Il faut tout d’abord dater la grossesse par une échographie vers la 6.5 SA et faire une détermination du sexe fœtal sur sang maternel dont le résultat est normalement disponible dans les 48 heures ouvrables (Dr Jean-Marc Costa, Hôpital américain). Le jour du prélèvement pour sexe fœtal, une prescription de dexaméthasone à la posologie de 20 μg/kg/jour en 2 à 3 prises est remise à la femme enceinte.

La détermination de sexe fœtal avant 8 SA est en faveur d’un fœtus de sexe féminin (recherche d’une séquence du gène SRY par PCR négative)

La femme enceinte est informée le plus rapidement possible du résultat afin de débuter le traitement à la dexaméthasone avant la 8e SA, condition de son efficacité sur la prévention de l’ambiguïté sexuelle.

Un deuxième contrôle de la négativité de SRY sur sérum maternel doit être réalisé vers la 10e SA. Le résultat du sexe fœtal étant confirmé, le diagnostic prénatal est en général réalisé vers 11-12 SA par ponction de villosités choriales afin d’arrêter le plus tôt possible le traitement par dexaméthasone. Dans de rares cas où les parents préfèrent la réalisation d’une amniocentèse vers 14-16 SA, les dosages hormonaux dans le liquide amniotique (17-OHP, testostérone et Δ4androstènedione) ne sont pas informatifs sur le statut du fœtus, ils sont seulement le reflet de la bonne freination surrénalienne par la dexaméthasone. L’étude moléculaire du gène CYP21 est réalisée sur cultures d’amniocytes, cultures obtenues en général 2 à 3 semaines après la ponction. Si aucun problème technique n’est rencontré, ce qui est le cas le plus souvent, le résultat de l’étude moléculaire fœtale est disponible 3 à 4 jours après réception du matériel fœtal (villosités choriales ou cultures d’amniocytes).

En cas de fœtus féminins atteints d’après l’étude moléculaire avec poursuite de la dexaméthasone jusqu’à l’accouchement, il est indispensable que la femme enceinte respecte les consignes données à tout sujet sous corticothérapie (régime hyposodé et hypocalorique) afin d’éviter d’éventuels effets secondaires (surpoids, hypertension). De tels effets secondaires pourraient conduire à l’arrêt du traitement. Le contrôle de la bonne compliance maternelle repose sur le dosage chez la femme enceinte du cortisol et de la DHAS. Quant à l’efficacité du traitement sur la freination surrénalienne fœtale, elle est évaluée par le dosage de l’œstriol chez la femme enceinte, dosage à réaliser dans un laboratoire de référence ayant établi des normes au cours de la grossesse. Ces contrôles sont réalisés lors de la consultation pour l’échographie morphologique puis vers 32 SA.

La détermination de sexe fœtal avant 8 SA confirme un fœtus masculin (recherche d’une séquence du gène SRY par PCR positive)

Si la détermination de SRY est positive, il est inutile de mettre en route un traitement freinateur. L’indication d’un diagnostic prénatal doit être discutée avec le couple : une interruption thérapeutique n’est pas justifiée en cas de fœtus masculins atteints mais la réalisation du diagnostic prénatal permet d’une part de rassurer les parents en cas de fœtus indemnes et d’optimiser la prise en charge à la naissance d’un enfant atteint. Il est recommandé de faire une amniocentèse vers 14-16 SA pour, d’une part, dosage informatif des hormones stéroïdes en l’absence de traitement freinateur et, d’autre part, génotypage du fœtus à partir de cultures d’amniocytes.

Ainsi le protocole en place depuis 2002 en collaboration avec le Dr Jean-Marc Costa est résumé sur la ( figure 4 ).

Autres situations encore trop fréquemment rencontrées

Malheureusement, il arrive trop souvent qu’une grossesse ait débuté avant que le statut des deux parents ne soit connu. Plusieurs questions se posent alors : quel est le risque de forme classique ? Est-il encore temps et justifié de proposer un traitement à la dexaméthasone ?

La détermination du sexe fœtal sur sang maternel (test SRY) peut être intéressante car l’urgence est levée en cas de test SRY positif. Dans le cas contraire, la conduite à tenir dépendra des situations (formes non classiques ou apparentés non explorés, conjoint de porteur d’une lésion sévère qui n’a pas été dépistée) mais aussi de la date de la grossesse (avant ou après 8 SA).

En conclusion, l’importance d’une étude moléculaire chez tout patient atteint de déficit en 21-hydroxylase (forme classique ou non classique) ne peut être que soulignée, le but étant de détecter les sujets porteurs d’une lésion sévère. Un conseil génétique doit être apporté avant toute grossesse aux parents ayant un enfant déjà atteint mais aussi aux autres membres de la famille afin de pouvoir déterminer pour chacun le risque de forme classique. Le bon déroulement du protocole proposé nécessite une grande disponibilité et donc une étroite collaboration entre la famille, les équipes soignantes et les laboratoires.

Références

1 Morel Y, Tardy V, Costa JM, Forest MG, David M. Déficit en 21-hydroxylase : nouvelles démarches déduites des études moléculaires. Ann Endocrinol (Paris) 2003 ; 64 : 456-70.

2 White PC, Speiser PW. Congenital adrenal hyperplasia due to 21-hydroxylase deficiency. Endocr Rev 2000 ; 21 : 245-91.

3 Forest MG, Morel Y, David M. Prenatal treatment of congenital hyperplasia. TEM 1998 ; 9 : 284-9.

4 Dewailly D, Vantyghem-Haudiquet MC, Sainsard C, et al. Clinical and biological phenotypes in late-onset 21-hydroxylase deficiency. J clin Endocrinol Metab 1986 ; 63 : 418-23.

5 Tardy V, Carel JC, Forest MG, et al. Nonclassical forms of 21-hydroxylase deficiency revisited by molecular biology (186 patients, French collaborative studies). Horm Res 1996 ; 46(suppl 2) : 9.

6 Morel Y, Tardy V. Molecular genetics of 21-hydroxylase deficient adrenal hyperplasia. In : Azziz R, Nestler JE, Dewailly D, eds. Androgen Excess Disorders in Women. Lippincott-Raven, 1997 : 159-72.

7 Deneux C, Tardy V, Dib A, et al. Phenotype-genotype correlation in 56 women with nonclassical congenital adrenal hyperplasia due to 21-hydroxylase deficiency. J Clin Endocrinol Metab 2001 ; 86 : 207-13.

8 White PC, Tusieluna MT, New MI, Speiser PW. Mutations in steroid 21-Hydroxylase (CYP21). Hum Mutat 1994 ; 3 : 373-8.

9 Wedell A. An update on the molecular genetics of congenital adrenal hyperplasia : diagnostic and therapeutic aspects. J Pediatr Endocrinol Metab 1998 ; 11 : 581-9.

10 Gourmelen M, Gueux B, Pham Huu Trung MT, Fiet J, Raux-Demay MC, Girard F. Detection of heterozygous carriers for 21-hydroxylase deficiency by plasma 21-deoxycortisol measurement. Acta Endocrinol (Copenh) 1987 ; 116 : 507-12.

11 Forest MG, Pugeat M, Monneret MP, Rigaud C, David M, Morel Y. Normative data for the response of plasma 21-deoxycortisol to ACTH stimulation : efficient screening test for heterozygocy of 21-hydroxylase deficiency in the general population. Hormone Res 1994 ; 41 : 110.

12 New MI. Prenatal treatment of congenital adrenal hyperplasia. The United States experience. Endocrinol Metab Clin North Am 2001 ; 30 : 1-13.

* Voir revues pour plus de détails [1, 12]


 

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