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Endocrinologie et gravidité : des questions spécifiques


Médecine Thérapeutique Endocrinologie & Reproduction. Volume 6, Numéro 5, septembre-décembre 2004, Éditorial



Auteur(s) : Patrick Fénichel , Service d’Endocrinologie et médecine de la Reproduction, hôpital de l’Archet, CHU de Nice.

ARTICLE

Auteur(s) :, Patrick Fénichel

Service d’Endocrinologie et médecine de la Reproduction, hôpital de l’Archet, CHU de Nice

Les endocrinopathies sont des situations privilégiées, complexes et spécifiques chez la femme enceinte. Elles font appel à une connaissance physiologique particulière. En effet, le fonctionnement des glandes endocrines se modifie considérablement chez la mère tandis que chez le fœtus, les glandes endocrines se mettent en place progressivement et il est très sensible au cours de son développement à toute variation de l’homéostasie. Enfin, il faut tenir compte de l’apparition d’une entité endocrinienne nouvelle, transitoire et spécifique, le placenta, qui, bien plus qu’un filtre sélectif, représente une glande endocrine sophistiquée capable de remplacer entre autres le corps jaune et l’hypophyse. Sur le plan physiopathologique, l’aggravation possible chez la mère, du fait de la gestation et les risques potentiels pour l’enfant d’insuffisance ou d’excès de sécrétion maternelle et/ou placentaire confèrent à chaque situation sa spécificité, qu’il conviendra de prendre en charge, en collaboration avec les différents spécialistes concernés, endocrinologues, gynécologues obstétriciens et pédiatres. Un des exemples le plus frappant est celui de la grossesse diabétique, comme le rappelle Sylvie Hiéronimus, à la fois endocrinologue et gynécologue, qui s’appuie sur une longue expérience, dans notre service, de la mise en place d’une prise en charge multidisciplinaire de cette grossesse à haut risque où le fœtus est menacé par l’embryofœtopathie diabétique. Les modifications chez la mère sont bien illustrées par l’hypophyse gravide et les difficultés qu’elles peuvent entraîner, comme l’explique Jean-Louis Sadoul, dans la prise en charge des adénomes à prolactine au cours de la grossesse. L’insuffisance endocrinienne et/ou métabolique maternelle, même modérée, peut avoir des conséquences graves chez le fœtus, comme l’illustre de façon démonstrative Françoise Brucker-Davis, dans le cadre d’une étude systématique que nous avons réalisée en collaboration avec la maternité du CHU de Nice. Cela confirme, si cela était encore nécessaire, que même dans notre pays, plus de 50 % des femmes enceintes sont carencées en iode ; une simple mesure de supplémentation pourrait prévenir les troubles du développement neurologique chez l’enfant. La prise en charge d’un couple désirant un enfant, dont la mère est porteuse d’une hyperplasie congénitale des surrénales, rassemble toutes les difficultés de cette situation et illustre de façon historique comment se sont développées les connaissances physiopathologiques et la prise en charge multidisciplinaire à l’aide de la génétique moléculaire, du diagnostic prénatal et des traitements in utero. Personne, mieux que Yves Morel, Véronique Tardy et l’expérience lyonnaise n’auraient pu clarifier cette situation et proposer une conduite à tenir simple, précise et efficace. Enfin, les fausses couches spontanées à répétition, idiopathiques, sont une situation irritante depuis de nombreuses années. Les causes immunologiques ont eu le vent en poupe. Aujourd’hui, les conséquences du syndrome inflammatoire et les troubles de la coagulation sont sous les feux de l’actualité. Pierre Marès nous fait part des travaux passionnants de l’équipe nîmoise, impliquant l’homocystéine, qui ouvre de nouvelles perspectives pour de nouveaux traitements.


 

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