Accueil > Revues > Médecine > Médecine thérapeutique / Endocrinologie > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Médecine Thérapeutique Endocrinologie & Reproduction
- Numéro en cours
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Biologie et recherche
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable

Masse cervicale d’apparition brutale chez une adolescente


Médecine Thérapeutique Endocrinologie & Reproduction. Volume 2, Numéro 2, 161-3, Mars-Avril 2000, Cas clinique


Résumé  

Auteur(s) : Frédérique Gastaud, .

Résumé : Anita T, une adolescente de 13 ans est adressée dans le service pour bilan d'une masse cervicale apparue une semaine auparavant. Anita est d'origine cambodgienne. Elle est née et vit en France. Elle ne présente pas d'antécédent particulier. Elle est réglée depuis deux ans avec des cycles réguliers. On ne retrouve pas d'antécédent familial de pathologie thyroïdienne. Sa scolarité se déroule bien et Anita rentre en quatrième.

Mots-clés : nodule liquidien, thyroïde

Illustrations

ARTICLE

Anita T, une adolescente de 13 ans est adressée dans le service pour bilan d'une masse cervicale apparue une semaine auparavant. Anita est d'origine cambodgienne. Elle est née et vit en France. Elle ne présente pas d'antécédent particulier. Elle est réglée depuis deux ans avec des cycles réguliers. On ne retrouve pas d'antécédent familial de pathologie thyroïdienne. Sa scolarité se déroule bien et Anita rentre en quatrième.

L'histoire de la maladie débute de façon brutale avec l'apparition d'une masse cervicale antérieure sensible et d'une sensation de gêne à la déglutition sans réelle dysphagie.

Anita consulte aux urgences pédiatriques le lendemain. Elle présente un fébricule à 37,9 °C qui durera 24 heures ; la fréquence cardiaque est de 83/min., la pression artérielle est de 112 mmHg/ 57 mm Hg.

Il n'y a pas d'altération de l'état général, ni de perte de poids. L'examen trouve une masse latérocervicale droite, un peu rénitente d'au moins 6 cm de grand axe. La peau en regard est discrètement érythémateuse (figure 1). On ne trouve pas d'adénopathie cervicale. L'examen clinique est normal par ailleurs.

Devant l'apparition brutale du tableau, l'aspect un peu inflammatoire de la peau en regard de la lésion et du fébricule, une origine infectieuse doit être éliminée. La NFS retrouve 9400 globules blancs par mm3 dont 7430 polynucléaires neutrophiles, la CRP est à 6 mg par litre, ce qui est peu en faveur de cette étiologie.

La localisation de la masse doit ensuite être précisée : elle est latéro-cervicale, mobile à la déglutition, ce qui est très évocateur d'une origine thyroïdienne. Une première échographie montre un lobe thyroïdien droit augmenté de taille, mesurant 40 mm de largeur, 26 mm d'épaisseur et 47 mm de hauteur. Il apparaît totalement occupé par un macro-nodule hypoéchogène mesurant 28 mm de largeur, 20 mm d'épaisseur, et 29 mm de hauteur. Ce nodule est arrondi, cerné par un halo hypoéchogène. En mode doppler vasculaire, il apparaît hypovascularisé, avec une circulation périphérique. L'isthme et le lobe gauche sont sans anomalies et l'échographie ne retrouve pas d'adénopathie périphérique ni jugulo-carotidienne.

Il s'agit donc d'un nodule thyroïdien isolé.

La question qui se pose alors est de savoir si ce nodule est fonctionnel et de connaître la fonctionnalité du tissu thyroïdien adjacent.

La scintigraphie thyroïdienne à l'iode 123 met en évidence un volumineux nodule froid intéressant les 3/4 inférieurs du lobe droit (figure 2). La fixation du reste du parenchyme thyroïdien est normale.

Par ailleurs, le dosage des hormones thyroïdiennes est normal (T4 libre : 17,3 pmol/l et TSH : 0,75 microUI/ml) et le dosage des anticorps antithyroïdiens est négatif.

Un contrôle échographique réalisé trois jours plus tard met en évidence un contenu très hétérogène avec une part liquidienne.

Devant ces différents éléments (nodule thyroïdien isolé d'apparition brutale hétérogène avec un fort contingent liquidien à l'échographie et ne fixant pas l'iode 123), deux hypothèses sont alors évoquées :

- kyste (éventuellement hémorragique) avec présence de liquide épaissi (ou de caillots) qui donne à l'échographie un aspect plus échogène par endroits ;

- nodule solide d'origine bénigne ou maligne ayant subi un phénomène de dégénérescence kystique (cas le plus fréquent).

Une cytoponction est donc réalisée, permettant d'évacuer 12 ml de liquide colloïde, discrètement hématique.

L'examen cytologique du liquide de ponction montre sur un fond hémorragique et riche en matériel colloïde, de nombreuses cellules spumeuses et quelques rares thyréocytes normaux.

L'échographie après ponction montre un volumineux nodule lobaire droit, hypoéchogène, hétérogène de 3,5 x 3 x 2 cm, d'échostructure non purement liquidienne (solide ou liquide épais ?)

Donc malgré une cytologie rassurante, les caractéristiques échographiques ne permettent pas de trancher entre la présence d'un contingent tissulaire et l'existence d'une composante hématique au sein du kyste.

Anita est revue en consultation trois semaines plus tard : l'examen retrouve la persistance du nodule thyroïdien médio-lobaire droit qui reste toujours isolé cliniquement et échographiquement. Par ailleurs, l'échographie montre la persistance du contenu liquidien. Une nouvelle cytoponction est réalisée, ramenant 2 ml de vieux sang épais. L'examen cytologique retrouve sur un fond hémorragique de nombreux thyréocytes spongiocytaires ; on ne retrouve pas de cellules suspectes.

Compte tenu de l'aspect clinique, échographique et de la cytologie des deux cytoponctions, une simple surveillance est décidée avec contrôles cliniques et échogaphiques réguliers.

Le nodule thyroïdien à composante liquidienne chez l'enfant (abcès mis à part)

La prévalence du nodule thyroïdien chez l'enfant est estimée à 1,8 % ; parmi eux la proportion de nodules solitaires d'origine maligne est comprise entre 20 et 50 % [3]. Ils sont plus fréquents chez les filles que chez les garçons (sex ratio 2,8/1) ; les facteurs de risque sont l'irradiation cervicale externe (comme la radiothérapie des teignes du cuir chevelu et des angiomes de la tête et du cou) et l'exposition aux retombées radioactives de Tchernobyl chez les enfants âgés de moins de dix ans lors de l'accident.

L'aspect liquidien d'un nodule est le plus souvent en rapport avec une dégénérescence kystique ou hémorragique d'un nodule plein, qu'avec un nodule kystique pur.

L'échographie permet de rechercher d'autres nodules et d'indiquer la nature solide ou liquide du nodule [2]. De plus, certains critères échographiques orientent vers la malignité, comme le caractère solide, hypoéchogène, l'aspect mal limité du nodule, l'existence d'une vascularisation pénétrante au doppler. L'association de ces critères renforce la valeur prédictive de l'échographie. En cas de nodule mixte, il est classique de retrouver un rapport de vraisemblance significativement diminué. Toutefois, chez l'enfant, l'association d'une composante solide à la composante liquidienne doit faire douter de la nature bénigne d'un nodule. Dans une étude réalisée par le Centre for Hormone Research et le Department of Pediatrics de l'Université de Melbourne, chez 8 patients (enfants et adolescents) présentant un nodule d'origine maligne et ayant subi une échographie avant intervention, 6 présentaient un nodule solide et 2 présentaient un nodule d'échostructure mixte. L'un était un carcinome papillaire et l'autre un carcinome folliculaire [1].

Lors de la scintigraphie thyroïdienne, les nodules essentiellement liquidiens (> 80 %) sont hypofixants ; toutefois des zones autonomes peuvent être associées à d'authentiques nodules liquidiens, et de nombreux adénomes toxiques sont partiellement nécrosés.

En ce qui concerne la cytoponction à l'aiguille fine, les résultats peuvent être classés en quatre catégories :

- les cytologies malignes (carcinomes papillaires, médullaires, vésiculaires et anaplasiques) 5 à 10 %.

- les cytologies bénignes (nodules colloïdes, adénomes macrovésiculaires, lésions de thyroïdite) : 65 à 75 %.

- les cytologies intermédiaires ou douteuses (lésions denses en cellules, pauvres en colloïde) : 10 à 30 %.

- les cytologies non significatives : 5 à 15 %.

En cas de lésion à dominante kystique la cytologie est souvent non significative (20 à 50 %), faites de colloïde plus ou moins hémorragique et de macrophages. De plus s'agissant souvent de nodules solides ayant subi une dégénérescence kystique et hémorragique la fréquence du cancer peut y atteindre des pourcentages comparables à ceux rencontrés dans les nodules solides [2].

La prise en charge après ponction dépend du type cytologique :

- dans le cas des cytologies malignes ou douteuses une exérèse chirurgicale est recommandée

- dans le cas des cytologies bénignes, une surveillance régulière avec répétition des cytoponctions est préconisée sous réserve que le nodule n'augmente pas de taille et ne dépasse pas 35 mm.

- dans le cas d'une cytoponction non significative d'une lésion kystique qui récidive, la plupart des auteurs préconisent une exérèse chirurgicale de principe.

REFERENCES

1. Lafferty A.R., Batch J.A. 1997. Thyroid nodules in childhood and adolescence - Thirty years of experience. J Ped Endocrinol & Metab 10 : 479-486.

2. Agence nationale pour le développement de l'évaluation médicale (ANDEM). 1995. La prise en charge diagnostique du nodule thyroïdien. Décembre.

3. Raab S.S., Silverman J.F., Alsheikh T.M., Thomas P.A., Wakely P.E. 1995. Pediatric thyroid nodule : disease demographics and clinical management as determined by fine-needle aspiration biopsy. Pediatrics 95 : 46-49.

4. Kirland R.T., Kirland J.L., Rosenberg H.S., Harberg F.J., Librik L., Clayton G.W. 1973. Solitary thyroid nodules in 30 children and report of a child with a thyroid abscess. Pediatrics 51 : 85-89.


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]