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Discussion épidémiologique des nouveaux
critères de diabète |
Médecine Thérapeutique Endocrinologie & Reproduction. Volume 2, Numéro 3, 229-34, Mai - Juin 2000, Diagnostic
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Article gratuit
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Auteur(s) : Beverly Balkau |
Résumé : Le diabète sucré est constitué par un groupe de maladies métaboliques caractérisées par une hyperglycémie chronique résultant d’un défaut de sécrétion et/ou d’action de l’insuline [1].
Les deux classes principales de diabète sont :
• le diabète de type 1 qui correspond à la destruction de la cellule bêta pancréatique aboutissant à une carence absolue en insuline, d’origine immunologique ou idiopathique ;
• le diabète de type 2 qui associe un déficit insulinosécrétoire relatif à une insulinorésistance dominante [1].
Les critères diagnostiques de diabète sucré reposent sur :
• des symptômes de diabète (polyurie, polydipsie, amaigrissement inexpliqué, somnolence, voire coma) et une glycémie mesurée au hasard Ž 11,1 mmol/l (200 mg/dl) ;
• une glycémie à jeun Ž 7,0 mmol/l (126 mg/dl) mesurée sur plasma de sang veineux ;
• une glycémie 2 heures après une charge orale en glucose de 75 g Ž 11,1 mmol/l (200 mg/dl) (mesurée sur plasma de sang veineux).
En l’absence d’hyperglycémie évidente, ces critères doivent êtres confirmés par une deuxième mesure.
Ces critères ont été recommandés en 1997 par l’Association américaine du diabète (ADA) [2], et ensuite adoptés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Association de la langue française pour l’étude du diabète et des maladies métaboliques (ALFEDIAM) et le European policy group de la Fédération internationale du diabète (IDF) [1, 3, 4].
Comparés aux critères de l’Organisation mondiale de la santé de 1985 [5], les critères de 1997 se caractérisent par l’abaissement de 7,8 mmol/l (140 mg/dl) à 7,0 mmol/l (126 mg/dl) du seuil de la glycémie à jeun définissant le diabète. Si tous les groupes d’experts sont d’accord sur les seuils glycémiques, les recommandations sur l’utilisation de la mesure de la glycémie deux heures après une charge orale de 75 g de glucose diffèrent. Pour la pratique de routine, l’Association américaine de diabète déconseille cette mesure [2], l’Organisation mondiale de la santé est plus nuancée sur ce point [3]. Pour les études épidémiologiques, les recommandations diffèrent également.
Doit-on dépister les sujets diabétiques ? Le centre pour le contrôle des maladies aux Etats-Unis (National center for chronic disease prevention and health promotion / CDC) a répondu oui [25] et a estimé à 237 000 dollars en total le coût par année de vie gagnée : chez les sujets diagnostiqués diabétiques précocement, les complications sont retardées et la qualité de vie est améliorée. Le nouveau seuil d’une glycémie à jeun de 7,0 mmol/l (126 mg/dl) est bien justifié pour le diagnostic de diabète, mais laisse pour compte les sujets avec hyperglycémie post-charge isolée, qui sont tout autant à risque de mort précoce. Les causes de ces décès précoces n’ont cependant pas encore été étudiées, ainsi que le risque des complications micro- et macrovasculaires ; ceci est indispensable pour définir une démarche de dépistage. |
Mots-clés : épidémiologie, diabète, critères diagnostiques. |
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