ARTICLE
Nouvelles statines ou inhibiteurs de l'HMG-CoA
réductase
Parmi les nouveaux inhibiteurs de l'HMG-CoA réductase, les deux
molécules dont le développement clinique est le plus avancé
sont la rosuvastatine (ou ZD4522) et la pitavastatine (ou NK104) (figure
1). La rosuvastatine et la pitavastatine sont deux statines de synthèse
optiquement pures [1], dont la demi-vie d'élimination est longue,
de l'ordre de 20 heures pour la rosuvastatine [2] et de 9 à 13
heures pour la pitavastatine [1]. Ces statines n'ont pas de métabolisme
significatif via le cytochrome P450 3A4 et leur élimination
est essentiellement biliaire.
De nombreuses données d'efficacité biologique sont déjà
disponibles pour la rosuvastatine [3]. L'étude dose-réponse
[4] a montré une réduction du LDL-cholestérol (LDL-C)
allant de - 34 % avec la rosuvastatine 1 mg à - 65 % avec la rosuvastatine
80 mg/j. L'efficacité biologique de la rosuvastatine a été
comparée à celle de diverses autres statines : dans une
étude européenne [5], la rosuvastatine aux doses de 5 et
10 mg/j a diminué le LDL-C de façon significativement plus
importante que la pravastatine 20 mg et la simvastatine 20 mg (figure
2). Dans une autre étude réalisée aux États-Unis
[6], la réduction du LDL-C est significativement plus importante
avec la rosuvastatine 5 et 10 mg (respectivement - 40 et - 43 %) qu'avec
l'atorvastatine 10 mg (- 35 %). D'autres données d'efficacité
biologique sont également disponibles [3] avec la rosuvastatine
dans l'hypercholestérolémie familiale hétérozygote,
dans l'hypertriglycéridémie et en association avec soit
la colestyramine, soit la forme à libération prolongée
de niacine, soit le fénofibrate chez des patients ayant un diabète
de type 2. En raison de l'apparition de rares cas de myopathie (fréquence
de 0,2 % dans les données globales de tolérance des essais
de phase II et de phase III), cas tous observés avec la dose de
80 mg/j, le développement de la rosuvastatine est maintenant limité
à la posologie maximale de 40 mg/j. Les seules données d'efficacité
disponibles pour la pitavastatine proviennent du Japon [7, 8] : la pitavastatine
aux doses de 2 et 4 mg/j réduit les taux de LDL-C respectivement
de 40 et 48 % dans des populations japonaises d'hypercholestérolémie
familiale hétérozygote [7]. La pitavastatine 2 mg abaisse
le LDL-C de façon significativement plus importante (- 37,6%) que
la pravastatine 10 mg (- 18,4 %) [8]. Le développement de la pitavastatine
est limité aux doses de 2 et 4 mg/j, toujours dans le but d'éviter
le risque d'atteinte musculaire.
Nouvelles résines séquestrantes
des acides biliaires
Une nouvelle résine séquestrante des acides biliaires
déjà commercialisée aux États-Unis est en
cours d'enregistrement en Europe, l'hydrochlorure de colesevelam ou cholestagel
dont la structure chimique est indiquée sur la figure
3. Il s'agit d'un polymère non absorbé qui se lie aux
acides biliaires au niveau de la lumière intestinale. La conséquence
est une augmentation de la quantité d'acides biliaires non réabsorbés
par l'intestin, avec un mécanisme d'action identique à celui
de la colestyramine ou du colestipol. L'avantage par rapport à
ces autres résines est une meilleure tolérance digestive
et un mode d'absorption plus aisé sous forme de gélules.
En monothérapie, la diminution du LDL-C est dose-dépendante
avec une réduction de 19,1 % à la dose de 3,75 g/j [9].
L'intérêt du cholestagel est toutefois essentiellement en
association avec une statine avec un effet additif sur l'évolution
du LDL-C. Dans une étude comparant l'efficacité du colesevelam
et de la simvastatine en monothérapie et en association (figure
4), les associations simvastatine 20 mg et colesevelam 2,3 g ou simvastatine
10 mg et colesevelam 3,8 g ont eu une efficacité équivalente
sur la baisse du LDL-C (- 42 %) [10]. Comme les autres résines,
le colesevelam en monothérapie augmente les triglycérides
de 11 % en moyenne dans cette étude aux deux doses de 2,3 et 3,8
g/j. En revanche, en association avec la simvastatine, il existe une réduction
modérée des triglycérides (- 12 % dans les deux associations
étudiées) [10]. Dans une autre étude [11] l'association
atorvastatine 10 mg + colesevelam 3,8 g a induit une réduction
du LDL-C de 48 % non statistiquement différente de celle observée
avec atorvastatine 80 mg en monothérapie.
Inhibiteurs de l'absorption intestinale du cholestérol
Les inhibiteurs de l'absorption intestinale du cholestérol sont
une nouvelle famille d'hypolipémiants dont le premier représentant
est l'ezetimibe (ou SCH 58235) (figure
5). L'ezetimibe inhibe de façon sélective l'absorption
intestinale du cholestérol et des phytostérols apparentés.
Ce dérivé agit en réduisant le transport du cholestérol
à la fois alimentaire et biliaire à travers le mur intestinal
[12, 13]. En revanche, l'ezetimibe n'affecte pas l'absorption des triglycérides,
des acides gras et des vitamines liposolubles. L'ezetimibe est rapidement
transformé au niveau intestinal en son dérivé glucuronidé
(ou SCH 60663) (figure 5).
Ce métabolite principal glucuronidé est au moins aussi actif
que la molécule mère. L'ezetimibe et/ou son glucuronide
circulent par voie entérohépatique permettant une action
répétée de la drogue au site primaire d'action, c'est-à-dire
au niveau de la bordure en brosse des cellules intestinales, limitant
ainsi l'exposition périphérique du médicament [14,
15]. Le mécanisme précis de l'action de l'ezetimibe reste
à élucider et l'hypothèse actuelle est une action
spécifique sur un transporteur du cholestérol localisé
au niveau intestinal.
Les propriétés hypolipémiantes et anti-athéromateuses
de l'ezetimibe ont été évaluées sur divers
modèles animaux : chez des singes rhésus nourris avec un
régime enrichi en cholestérol, l'ezetimibe réduit
de façon dose-dépendante les taux de cholestérol
total et de LDL-C plasmatiques [16]. Chez des souris déficientes
en apoE, modèle d'athérosclérose prématurée,
l'ezetimibe diminue les concentrations de cholestérol plasmatique
de plus de 50 % à la fois par réduction des LDL et des VLDL
et parallèlement l'ezetimibe inhibe le développement de
l'athérosclérose carotidienne et aortique [17].
Dans une étude réalisée chez 18 patients hypercholestérolémiques
[18], l'ezetimibe 10 mg inhibe l'absorption intestinale du cholestérol
de 54 % comparativement à un placebo, mais induit une augmentation
compensatrice de la synthèse du cholestérol, l'effet global
résultant étant toutefois une réduction des concentrations
plasmatiques de cholestérol total, de LDL-C et également
de campestérol et de sitostérol [18]. Cet effet sur l'absorption
du sitostérol est confirmé dans une étude réalisée
chez 37 patients ayant une sitostérolémie homozygote [19]
: les premiers résultats obtenus après 8 semaines de traitement
montrent une réduction significative de l'ordre de 25 % des concentrations
de sitostérol, réduction qui apparaît progressivement
dans le temps et qui est en cours d'évaluation sur une plus longue
durée de traitement.
L'efficacité et la sécurité d'emploi de l'ezetimibe
en monothérapie ont été évaluées dans
de larges études en double aveugle contrôlées contre
placebo. Dans l'analyse poolée des études de phase II [20],
l'ezetimibe à la dose de 10 mg/j réduit de façon
significative le LDL-C (- 18,5 %) et augmente le taux du HDL-cholestérol
(HDL-C) de 3,5 %. Ces effets sont confirmés dans une étude
de phase III [21] dont les résultats sont résumés
sur la figure 6 : l'ezetimibe
10 mg/j réduit le LDL-C de l'ordre de 17 % avec parallèlement
effet favorable significatif sur les triglycérides et le HDL-C.
Plusieurs études ont évalué l'interaction entre
l'ezetimibe et diverses statines. Globalement, l'ezetimibe n'affecte pas
de façon significative les propriétés pharmacocinétiques
des statines étudiées [22]. Plusieurs essais contrôlés
contre placebo ont précisé l'efficacité de l'ezetimibe
10 mg administré avec l'atorvastatine, la lovastatine, la pravastatine
ou la simvastatine à divers dosages chez des patients ayant une
hypercholestérolémie primaire. De façon constante,
l'ajout de l'ezetimibe induit une réduction complémentaire
du LDL-C allant de - 12 à - 18 % en fonction des différents
sous-groupes de patients étudiés [23]. Chez des patients
hypercholestérolémiques en cours de traitement par statine
et n'ayant pas pour la grande majorité d'entre eux atteint les
objectifs thérapeutiques recommandés, l'effet de la co-administration
de l'ezetimibe 10 mg a été comparé à un placebo
(figure 7) [24] : en moyenne,
l'effet additif a été une réduction du LDL-C de l'ordre
de 21 %. De plus, le nombre de patients traités par statine + placebo
ayant atteint les objectifs recommandés par le NCEP ATP II n'était
que de 18,9 % alors que pour les patients recevant une statine associée
à l'ezetimibe 10 mg, le pourcentage d'atteinte des objectifs thérapeutiques
a été significativement plus élevé (71,5 %)
[24]. Par ailleurs l'ezetimibe induit une réduction significative
du LDL-C chez des patients ayant une hypercholestérolémie
familiale homozygote traitée par une forte dose de simvastatine
ou d'atorvastatine [25], fournissant ainsi une nouvelle approche thérapeutique
complémentaire à celle des LDL-aphérèses et
des statines chez ces patients à très haut risque cardiovasculaire.
Enfin, un autre intérêt potentiel pour l'ezetimibe est l'association
à un fibrate chez des patients ayant une hyperlipidémie
combinée ou un diabète de type 2. Une étude préliminaire
a montré que l'ezetimibe et le fénofibrate n'affectent pas
leurs pharmacocinétiques respectives lorsqu'ils sont utilisés
en association [26].
Activateurs des PPARs
Les peroxisome proliferator-activated receptor ou PPARs sont
des récepteurs nucléaires de la même famille que les
récepteurs des hormones stéroïdiennes. L'activation
de PPARs par divers ligands conduit à des effets multiples à
la fois sur les métabolismes glucidique et lipidique et également
sur la réponse inflammatoire et la différenciation adipocytaire
en modulant l'expression de divers gènes [27-29]. Plusieurs isotypes
de PAARs ont été identifiés, en particulier les PPARalpha,
delta, et gamma qui se distinguent par leur distribution
tissulaire, leur possibilité de moduler l'expression de gènes
différents et par la nature des ligands qui les activent. Des médicaments
activateurs de PPARs sont ainsi des candidats potentiels pour le traitement
des dyslipidémies et du diabète de type 2. Les fibrates
sont essentiellement des agonistes des PPARalpha alors que les
thiazolidinediones sont principalement des activateurs des PPARgamma.
L'activation simultanée de plusieurs variétés
de PPARs et en particulier de PPARalpha et de PPARgamma
doit permettre d'obtenir un double effet métabolique en agissant
conjointement sur les métabolismes glucidique et lipidique, ce
qui en ferait des médicaments de choix pour le traitement du diabète
de type 2 et des hyperlipidémies combinées. La recherche
d'agonistes mixtes des PPARalpha et PPARgamma est particulièrement
active avec de nombreuses molécules au stade pré-clinique
ou clinique. Parmi les composés dont le développement est
le plus avancé, il faut citer la thiazolidinedione, KRP297 (ou
L410198 ou MK767) [30, 31] et le AZ242 de structure chimique différente
des thiazolidinediones [32].
Inhibiteurs de la CETP
La Cholesteryl Ester Transfer Protein ou CETP est une protéine
plasmatique qui a un rôle important dans le transport inverse du
cholestérol et dans le métabolisme des HDL. La CETP facilite
en effet le transfert d'esters de cholestérol des HDL vers les
lipoprotéines contenant l'apoB et ceci en échange de triglycérides
[33]. Un déficit génétique en CETP induit classiquement
une augmentation du taux de HDL-C et l'inhibition de l'activité
de la CETP doit permettre d'obtenir une augmentation des concentrations
de HDL-C. Toutefois l'impact réel de cet effet sur la prévention
de l'athérosclérose est loin d'être parfaitement élucidé,
les relations entre élévation du HDL-C et prévention
des maladies cardiovasculaires étant complexes et discutées
[34]. L'hypothèse selon laquelle un inhibiteur de la CETP pourrait
permettre d'augmenter le HDL-C avec bénéfice clinique est
étayée par plusieurs données : tout d'abord les patients
avec déficit génétique en CETP ont des élévations
franches des taux de HDL-C et d'apoA1 [35]. Par ailleurs, des études
sur de larges populations ont montré des associations significatives
entre présence de mutations du gène de la CETP, réduction
de l'activité de cette CETP et augmentation des taux de HDL-C [36,
37]. Les patients de l'étude VA-HIT porteurs du génotype
B1/B1 de la CETP ont ainsi eu une réponse plus importante au traitement
par gemfibrozil. À noter enfin que dans l'étude REGRESS
[38], le bénéfice angiographique du traitement par pravastatine
était limité aux hommes ayant ce génotype B1/B1 de
la CETP.
Les inhibiteurs de la CETP sont de ce fait des candidats potentiels
pour réduire le risque cardiovasculaire chez des patients avec
déficit des HDL et divers résultats sont déjà
disponibles avec l'un de ces inhibiteurs, le JTT705. Ce dérivé
inhibe l'activité de la CETP en formant un pont disulfure avec
cette protéine. Chez le lapin nourri par un régime enrichi
en cholestérol, le JTT705 augmente de façon importante les
concentrations de HDL-C et diminue les taux de non-HDL-cholestérol
avec, de plus, réduction de 70 % des lésions athéromateuses
aortiques [39]. Par ailleurs, les HDL de lapins traités par le
JTT705 augmentent l'efflux de cholestérol estérifié
accumulé dans les macrophages [40]. Enfin, chez des patients ayant
un HDL-C moyen de base de l'ordre de 0,45 g/l, le JTT705 utilisé
à trois doses de 300, 600 et 900 mg/j entraîne après
4 semaines de traitement une réduction dose-dépendante de
l'activité CETP avec parallèlement une augmentation également
dose-dépendante du taux de HDL-C. À la plus forte posologie
de 900 mg/j, la réduction de l'activité CETP atteint 37
% avec augmentation du taux de HDL-C de 34 % [41]. Des études cliniques
complémentaires avec des inhibiteurs de la CETP doivent préciser
non seulement l'effet sur le profil des lipoprotéines mais également
si cet effet est corrélé avec une réduction du risque
d'athérosclérose.
Inhibiteurs de l'ACAT
L'AcylCoenzymeA-Cholestérol-Acyl-Transférase ou
ACAT est une protéine localisée dans le réticulum
endoplasmique qui catalyse la formation d'esters de cholestérol
intracellulaire à partir du cholestérol libre. L'ACAT est
présente dans de nombreux tissus et deux sous-types ont été
décrits : l'ACAT 1 est surtout localisée dans les cellules
de la paroi vasculaire et dans les macrophages alors que l'ACAT 2 est
surtout présente dans la muqueuse intestinale et l'hépatocyte
[42, 43]. En fait, dans les hépatocytes, les deux formes ACAT 1
et ACAT 2 pourraient jouer un rôle dans la synthèse et l'assemblage
des VLDL alors que c'est essentiellement l'ACAT 2 qui intervient dans
la synthèse des chylomicrons au niveau intestinal. L'ACAT 1 joue
également un rôle majeur dans la formation des cellules spumeuses
au niveau des macrophages. En fonction des parts respectives d'inhibition
des deux formes ACAT 1 et ACAT 2, il est possible d'envisager avec un
inhibiteur de l'ACAT non seulement une diminution de la formation des
chylomicrons au niveau intestinal mais également une augmentation
de l'excrétion du cholestérol hépatocytaire par la
bile et une inhibition de l'accumulation du cholestérol estérifié
au niveau artériel. Divers inhibiteurs de l'ACAT comme l'avasimibe
(ou CI-1011), le F1394 ou le F12511 ont induit chez l'animal des effets
hypolipémiants [44] et anti-athéromateux [45-47]. De plus,
l'association d'un inhibiteur de l'ACAT et d'une statine a des effets
complémentaires sur l'évolution de l'athérosclérose
dans divers modèles animaux [48-50].
Chez l'homme, seuls des résultats sont disponibles avec l'avasimibe
dans une étude réalisée chez les patients avec hyperlipidémie
combinée associée à un HDL-C bas [51]. Dans cette
étude, l'effet principal de l'avasimibe a été une
réduction de la concentration de triglycérides plasmatiques
de l'ordre de 20 % aux diverses doses étudiées, avec réduction
parallèle du VLDL-cholestérol, ce qui suggère un
effet chez l'homme surtout sur les lipoprotéines riches en triglycérides
alors que chez l'animal, l'avasimibe réduit à la fois les
concentrations d'apoB des LDL et des VLDL [44]. L'évaluation clinique
des inhibiteurs de l'ACAT est rendue difficile par le fait que ces inhibiteurs
peuvent potentiellement avoir des effets anti-athéromateux directs
sans effet hypolipémiant majeur. Le développement clinique
de ces dérivés doit donc se faire dès un stade précoce
par des études d'évolution de l'athérosclérose
clinique chez l'homme et non prioritairement par des études d'efficacité
biologique.
Inhibiteurs de la MTP
La Microsomal Triglyceride Transfer Protein ou MTP est une protéine
microsomiale qui catalyse la formation des chylomicrons dans l'intestin
et des VLDL dans le foie en facilitant le transfert des triglycérides
du réticulum endoplasmique vers l'apolipoprotéine B. Des
mutations dans le gène de la MTP peuvent induire une abêtalipoprotéinémie,
maladie génétique rare dans laquelle la production des VLDL
et des chylomicrons est très réduite avec pour ces patients
présence de taux extrêmement bas de cholestérol et
de triglycérides plasmatiques. De ce fait, des inhibiteurs de la
MTP sont des agents hypolipémiants potentiellement très
intéressants, susceptibles d'inhiber la production de toutes les
lipoprotéines contenant l'apolipoprotéine B, chylomicrons
au niveau intestinal, VLDL et LDL au niveau hépatique. Dans différents
modèles animaux, des inhibiteurs de la MTP sont susceptibles de
réduire les concentrations plasmatiques de cholestérol et
des triglycérides ainsi que le développement de l'athérosclérose
[52-54]. Chez l'homme, quelques résultats sont disponibles avec
le CP-346,086 [55] et avec l'implitapide ou BAY13-9952 [56, 57]. Ainsi,
après deux semaines de traitement à la dose de 30 mg/j,
le CP-346,086 réduit les concentrations de cholestérol total,
LDL-C et triglycérides respectivement par 70, 55 et 71 % [55].
L'implitapide utilisé aux doses de 20 à 160 mg/j induit
une réduction dose-dépendante du LDL-C atteignant 55,5 %
à 160 mg/j [56]. Cet inhibiteur a également un effet important
sur la lipémie post-prandiale [57]. Toutefois, les effets secondaires
digestifs et les élévations des transaminases constatées
avec les fortes posologies d'implitapide limitent son intérêt
potentiel. Son développement est uniquement envisagé à
faible dose surtout en association avec d'autres hypolipémiants.
Les autres classes potentielles
Parmi les autres classes susceptibles de se développer, il faut
citer les inhibiteurs du transporteur des acides biliaires ou Ileal
Bile Acid Transporter (IBAT), médicaments à action intestinale
[58]. En effet, les transporteurs des acides biliaires sont présents
à la surface des entérocytes au niveau de l'iléon
et leur inhibition induit une réduction de la réabsorption
active des acides biliaires et par voie de conséquence une activation
de la cholestérol 7alpha-hydroxylase, une diminution du cholestérol
hépatique intracellulaire, une augmentation du nombre des récepteurs
aux LDL et une diminution du LDL-C plasmatique. Les quelques résultats
préliminaires disponibles avec les inhibiteurs SD5613 et 256W94
[58] ne montrent toutefois qu'une efficacité hypolipémiante
modeste et l'intérêt clinique de ces dérivés
reste à confirmer. D'autres possibilités pour augmenter
l'activité de la cholestérol 7alpha-hydroxylase, et par
voie de conséquence l'excrétion des acides biliaires, sont
des agonistes du Liver X Receptor (LXR) ou des antagonistes du
Farnesyl X Receptor (FXR) [59]. Des agonistes du LXR sont de plus
potentiellement très intéressants depuis qu'il a été
montré que l'activation de LXR augmente l'expression des récepteurs
ABC-A1. Des activateurs du LXR sont donc d'autres agents potentiels pour
augmenter les taux de HDL-C et de façon globale le transport inverse
du cholestérol.
CONCLUSION De
nombreux nouveaux médicaments hypolipémiants sont en cours
de développement et le traitement des dyslipidémies va vraisemblablement
subir des évolutions importantes dans les années futures.
Toutefois compte-tenu du niveau de preuves cliniques apporté avec
les statines en prévention cardiovasculaire, cette famille de médicaments
restera encore longtemps le traitement de choix en première intention.
De ce fait, le développement de nouveaux hypolipémiants va
surtout se réaliser dans le cadre d'associations médicamenteuses
et ces associations d'hypolipémiants vont prendre une place de plus
en plus importante dans l'arsenal thérapeutique. C'est surtout le
type de dyslipidémie et d'anomalie métabolique qui va guider
le choix de l'association d'hypolipémiants. Ainsi, dans les hypercholestérolémies
pures, outre les associations statine-résine déjà utilisées,
c'est sans aucun doute l'association statine-ezetimibe qui paraît
la plus prometteuse. Dans les hypercholestérolémies mixtes
ou combinées, surtout en présence d'un diabète de type
2 et/ou d'un syndrome métabolique, les activateurs mixtes des PPARalpha
et gamma ouvrent de grands espoirs thérapeutiques en association
avec une statine. Des actions plus spécifiques sur le transport inverse
du cholestérol et sur les HDL peuvent maintenant être envisagées
non seulement avec les activateurs des PPARalpha mais également
grâce aux inhibiteurs de la CETP, voire aux activateurs du LXR. Toutefois,
toutes ces nouvelles approches thérapeutiques devront non seulement
faire la preuve de leur intérêt sur le plan de l'efficacité
biologique mais également être validées sur le plan
de l'efficacité clinique et de la prévention de l'athérosclérose.
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