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Microchimérisme d’origine fœtale probable dans des échantillons de thyroïde chez des femmes : une étude cas-témoin |
Publiée dans la revue :
Médecine Thérapeutique Endocrinologie & Reproduction. Janvier - Février 2002. Volume 4Numéro 1,
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Auteur(s) : Pierre Bougnères, Philippe Chanson |
Certaines maladies auto-immunes, chez la femme, pourraient en fait être allo-immunes et représenteraient une réponse chronique type « greffon contre l'hôte » attribuable à des cellules fœtales acquises par voie trans-placentaire durant la grossesse. Des arguments comme le fait que les maladies thyroïdiennes soient plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes ainsi que l'exacerbation, dans le post-partum, des pathologies thyroïdiennes auto-immunes pourraient aller dans ce sens.\rAfin de rechercher s'il y avait une association entre un microchimérisme par les cellules fœtales et des maladies thyroïdiennes chez la femme, des échantillons thyroïdiens obtenus au moment d'un geste chirurgical chez 29 femmes ont été analysés et comparés à des spécimens-témoins obtenus à partir de thyroïdes normales cliniquement et histologiquement (obtenues post mortem). Des analyses en hybridation in situ en fluorescence ont été faites avec des sondes spécifiques pour le X et le Y afin de détecter la présence de cellules masculines (avec un X et un Y dans le noyau) au sein de cellules maternelles (contenant 2 X). Si aucune des thyroïdes contrôles ne présentait de cellules XY, celles-ci ont été trouvées dans les coupes de thyroïde de 16 des 29 patientes étudiées ayant une maladie auto-immune (p = 0,01). Les cellules masculines (1-165 par coupes) étaient vues de façon individuelle ou en cluster dans toutes les pathologies thyroïdiennes et n'étaient pas restreintes aux maladies thyroïdiennes inflammatoires. Chez un patient présentant un goitre progressivement croissant, des follicules thyroïdiens XY bien différenciés, nettement liés et indistingables du reste de la thyroïde ont été observés. Une relation entre un microchimérisme par des cellules fœtales et des maladies thyroïdiennes est donc fortement suggérée par cette étude. De plus, des cellules souches fœtales semblent capables de différenciation en follicule thyroïdien mature chez leurs mères en présence de facteurs favorables, qu'il s'agisse de facteurs environnementaux ou de développement.
Srivatsa B., et al. Microchimerism of presumed fetal origin in thyroid specimens from women : a case-control study. Lancet 358 : 2034-8.
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