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La Baule, 22–23 avril 2004 XXI e Congrès de biologie et pathologie du cœur et des vaisseaux


Médecine thérapeutique Cardiologie. Volume 2, Numéro 4, 223-8, juillet-août 2004, Revue



Auteur(s) : Luc Hittinger , Hôpital Henri Mondor, 51 avenue Maréchal de Lattre de Tassigny, 94000 Créteil.

ARTICLE

Auteur(s) :, Luc Hittinger

Hôpital Henri Mondor, 51 avenue Maréchal de Lattre de Tassigny, 94000 Créteil

Le congrès du groupe de réflexion sur la recherche cardiovasculaire (GRRC) dont le but est de favoriser le développement de la recherche cardiovasculaire dans ses composantes fondamentales, cliniques et thérapeutiques et d’encourager le rapprochement et les échanges entre cliniciens et fondamentalistes de la recherche institutionnelle, universitaire et industrielle s’est tenu les 22 et 23 avril au Palais des congrès de La Baule sous la coordination de Gervaise Loirand*. Il a rassemblé 401 participants dont 164 de moins de 32 ans et 270 communications affichées y ont été présentées. Au cours de ces deux journées, trois conférences ont été données par les Prs H. Le Marec (Nantes, « Génétique cardiovasculaire : des maladies rares aux pathologies les plus fréquentes »), A. Grimaldi (Paris, « Le médecin, le malade et la maladie, réflexions d’un diabétologue ») et I. Juhan-Vague (Marseille, « Insulinorésistance, inflammation et hémostase »). Neuf tables rondes (résumées l’une après l’autre, ci-dessous) sur les sujets les plus innovants de la recherche cardiovasculaire ont donné lieu à d’intéressants débats.Ce congrès a été marqué par une nouvelle session où les grands essais cliniques de l’année 2003 ont été présentés et discutés par des experts cliniciens et fondamentalistes. Cinq bourses de recherche et six prix pour les meilleures communications affichées présentées par de jeunes chercheurs ou cliniciens ont été attribués. Le prochain congrès se déroulera à Strasbourg les 21 et 22 avril 2005 sous la coordination de R. Andriantsitohaina**.

Peptides natriurétiques et insuffisance cardiaque 1

Modérateurs : JJ. Mercadier (Paris) et R. Isnard (Paris)

Les peptides natriurétiques ont été à l’origine depuis 20 ans de plusieurs milliers de publications en pathologie cardiovasculaire. Leur découverte a permis de faire avancer la compréhension des mécanismes de régulation en physiopathologie cardiovasculaire. L’insuffisance cardiaque est la pathologie cardiaque la plus concernée par les peptides natriurétiques, qui ont trouvé là une indication clinique à la fois comme marqueur biologique de la maladie et comme agent thérapeutique. En effet, le nésiritide (BNP recombinant) est actuellement déjà utilisé par voie intraveineuse aux Etats-Unis avec succès dans le traitement de l’insuffisance cardiaque décompensée. JJ. Mercadier (Inserm U 460, Paris) a rapporté quelques données récentes sur les propriétés du BNP et du CNP, les voies de signalisation communes avec le NO, les voies de synthèse et de libération mises en jeu lors de l’étirement mécanique, et le rôle des peptides natriurétiques déterminé à partir de modèles transgéniques. M. Steenmann (Inserm U533, Nantes) a présenté des résultats de puces à ADN appliquées à du myocarde humain retrouvant une activation de certains gènes notamment ceux de l’ANP et du BNP en fonction des étiologies et de la gravité des cardiopathies sous-jacentes.

La partie clinique était consacrée au rôle du BNP comme marqueur de l’insuffisance cardiaque. D. Logeart (Hôpital Beaujon, Clichy) a insisté sur sa valeur diagnostique tout en soulignant ses limites, en particulier lorsque la concentration n’est que modérément augmentée, que le sujet est âgé, qu’il existe une insuffisance rénale, enfin en cas d’embolie pulmonaire sévère.

R. Isnard (Hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris) a résumé les nombreux travaux qui rapportent la valeur pronostique du BNP dans l’insuffisance cardiaque aiguë et chronique mais également au cours des syndromes coronariens aigus et même dans la population générale.

Néanmoins, P. Jourdain (CH Dubos, Pontoise) a montré que certains facteurs comme la fibrillation auriculaire pouvaient retarder la baisse du BNP en réponse au traitement chez les patients décompensés. Enfin, F. Zannad (CHU Brabois, Vandoeuvre les Nancy) a souligné le fardeau que représente l’insuffisance cardiaque aiguë pour la santé publique : hospitalisations deux fois plus fréquentes que pour l’infarctus du myocarde, mortalité plus élevée, durée d’hospitalisation plus longue, taux de réadmissions plus élevé. Paradoxalement, peu de recommandations existent dans la prise en charge de cette affection. Le nésiritide (BNP recombinant) utilisé par voie intraveineuse est un agent très prometteur de part ses propriétés natriurétiques et vasodilatatrices dans le traitement de l’insuffisance cardiaque aiguë.

Compartimentalisation cellulaire : impact des microdomaines en physiopathologie cardiovasculaire 

Modérateurs : P. Pacaud (Nantes) et J.-L. Samuel (Paris)

La session a débuté par une mise au point de P. Pacaud (Inserm U533, Nantes) rappelant l’importance des structures de types « lipid raft » et cavéoles au niveau des cellules vasculaires, il a ainsi précisé leurs rôles « pivot » dans de nombreuses voies de signalisation, en particulier celles impliquant Rho A, un des carrefours fonctionnels des cellules musculaires lisses. Il a souligné qu’un des modes d’action des statines était la modification de ces microdomaines, mettant ainsi en exergue la frontière étroite entre biologie cellulaire et thérapeutique cardiovasculaire. X. Loyer (Inserm U572, Paris) a montré qu’au niveau endothélial, le taux d’expression des cavéolines, protéines de structures des cavéoles pourrait être un des éléments de la dysfonction endothéliale, et a souligné les différences selon le genre. H. Lahouaria (Inserm U446, Châtenay) a démontré au niveau endothélial, que le contrôle de l’activité de la NO synthase impliquait, outre la cavéoline, une des isoformes de la Ca2+ ATPase du RS (SERCA3a). De plus, elle a montré que la transcription du gène SERCA 3 implique différentes voies de signalisation mettant en jeu le Ca2+. J. Abichar (Inserm U460, Paris) a, au moyen de très élégantes techniques, mis en évidence le rôle de la protéine d’ancrage SAP97 dans l’immobilisation des canaux Kv1.5 potassiques au niveau des microdomaines de la membrane plasmique. F. Vincent (Inserm U400, Créteil), soulignant les interactions entre la calcineurine (cible de la cyclosporine), et la PKCε a suggéré que des voies de signalisation au niveau des cardiomyocytes dépendraient des microdomaines. F. Rochais (Inserm U446, Châtenay) a, quand à elle, identifié 2 profils de récepteurs membranaires des cardiomyocytes: ceux dont l’activation entraîne une production d’AMPc sous-membranaire détectable (récepteurs β-adrénergiques et du glucagon) et ceux pour lesquels le blocage simultané des phosphodiestérases (PDE3 et PDE4) est nécessaire pour démasquer le signal AMPc (récepteurs β2-adrénergiques et de la PGE-1). Finalement, L. Baradon (Inserm U441, Bordeaux) en élargissant le débat à une autre voie de signalisation (Wnt/Frizzled) a démontré que l’inactivation de cette dernière, due à la surexpression cardiaque de son antagoniste (sécrété) FrzA, abolissait le bénéfice fonctionnel du préconditionnement à l’ischémie.

Ainsi cette session, a mis en exergue la richesse nationale des recherches sur le sujet de la compartimentation cellulaire et l’attention que porte la communauté scientifique envers la physiologie moléculaire dans le domaine cardiovasculaire.

Arythmies : nouveaux acteurs, nouvelles cibles thérapeutiques 

Modérateurs : P. Jais (Bordeaux) et S. Hatem (Paris)

JY. Le Heuzey (HEGP, Paris) a montré que le traitement des troubles du rythme cardiaque était arrivé à un tournant marqué par la fin des stratégies anciennes consistant à moduler de façon plus ou moins spécifique par des agents pharmacologiques les canaux ioniques et par le développement de nouvelles approches agissant sur le substrat des arythmies : système neurohormonal, fibrose etc... C’est dans ce contexte que les travaux de recherche visant à identifier de nouvelles bases moléculaires et cellulaires des arythmies prennent toute leur importance. JS. Rougier et al. (Lausanne) ont découvert deux nouvelles mutations dans le gène codant pour le canal sodique (SNC5) chez des patients porteurs d’un syndrome de Brugada qui se déclare lors d’épisode fébrile. Le canal muté est moins bien adressé à la membrane plasmique. Chez un patient ressuscité d’une fibrillation ventriculaire idiopathique et présentant un QT court sur l’ECG post critique, C. Bellock (Inserm U 533, Nantes) a trouvé une mutation dans le gène codant pour le canal KvLQT1. Cette mutation est responsable d’un déplacement de la courbe d’activation du courant en fonction du potentiel de membrane aboutissant à une augmentation de courant repolarisant et au raccourcissement de la durée du potentiel d’action. On sait que de faibles variations du potentiel diastolique des myocytes cardiaques sont un facteur arythmogène important. J. Fauconnier (Inserm U637, Montpellier) a montré que le courant IK1 qui clampe le potentiel de membrane à -90 mV est inhibé par le calcium libéré par le réticulum sarcoplasmique. Un tel couplage pourrait contribuer aux fréquentes arythmies de l’insuffisance cardiaque, une pathologie qui s’accompagne d’une augmentation du calcium intracellulaire.

I. Plaisance (UMR CNRS 6187, Poitiers) a montré que le couplage cellulaire assuré par les connexines dépend de l’intégrité du cytosquelette d’actine qui est régulé par la teneur en ATP des cellules. La désorganisation des jonctions communicantes et la délocalisation des connexines sont des composantes majeures du substrat de la fibrillation auriculaire. Chez l’homme et dans un modèle de remodelage auriculaire chez le rat insuffisant cardiaque, S. Tan (Inserm U 621, Paris) a montré que ces anomalies du couplage cellulaire étaient liées au remaniement de la matrice extracellulaire et au défaut d’adressage des connexines.

Cette table ronde s’est close avec l’exposé de P. Jaïs (CHU Bordeaux) sur les nouvelles méthodes d’ablation des foyers d’arythmies. En présentant différents cas cliniques, P. Jaïs a montré comment une meilleure connaissance des bases moléculaires et cellulaires du substrat des arythmies est nécessaire pour améliorer la prise en charge des patients.

Blocage du SRAA dans l’insuffisance cardiaque : place des antagonistes AT12

Modérateurs : A. Cohen-Solal (Clichy) et L. Hittinger (Créteil)

Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) constituent la pierre angulaire du traitement de l’insuffisance cardiaque (IC) ; la place des antagonistes AT1 soulève quant à elle un certain nombre de questions. Cette table ronde a eu pour but de faire le point sur les effets du blocage du SRAA dans l’IC et dans les conditions pathologiques y conduisant.

L. Hittinger (Inserm U 400, Créteil) a résumé les bases fondamentales et pharmacologiques du blocage du SRAA dans l’IC et indiqué qu’expérimentalement, le blocage par un IEC ou par AT1 produit des effets similaires (hémodynamique et remodelage ventriculaire) et que le blocage mixte (IEC + antagoniste AT1) fait mieux que l’administration de l’une ou l’autre molécule.

S. Hatem (Inserm U 621, Paris) a fait état du rôle du SRAA dans le remodelage auriculaire et indiqué que les stratégies visant à limiter ce remodelage réduisent les troubles du rythme auriculaire comme l’indiquent plusieurs études expérimentales et notamment celles réalisées avec le candesartan.

T. Ebrahimian (Inserm U 541, Paris) a présenté des données comparant les effets d’un IEC et d’un antagoniste AT1 chez des souris diabétiques ayant une ischémie du membre inférieur et montré qu’au niveau du membre inférieur ischémique un IEC exerce des effets proangiogéniques (via la bradykinine) ce que ne fait pas un antagoniste AT1. En revanche, au niveau de la rétine, IEC et antagoniste AT1 exercent des effets anti-angiogéniques suggérant à ce niveau l’activation d’un SRAA local. JB. Su (Inserm U 400, Créteil) a ensuite montré qu’il était difficile dans l’IC expérimentale de déterminer, a priori, le niveau d’activation du SRAA bien que celui-ci détermine les réponses à un IEC ou un antagoniste AT1. Les dosages plasmatiques d’angiotensine II et à terme l’étude des profils génétiques devraient permettre de mieux appréhender ces réponses.

D. You (Inserm U541, Paris) a montré qu’à côté des récepteurs AT1, les récepteurs AT2 jouent un rôle au niveau des artères de résistances dans l’hypertension artérielle. Ses résultats montrent en effet qu’en présence d’une pression artérielle élevée, la vasodilation induite par la stimulation des récepteurs AT2 est remplacée par une vasoconstriction du fait d’une diminution de la densité des récepteurs AT2. Cette dernière est corrigée par la normalisation de la pression artérielle.

A. Cohen-Solal (Clichy) a enfin présenté les résultats des derniers essais cliniques consacrés aux antagonistes AT1 dans l’insuffisance cardiaque et le post-infarctus et indiqué que sur la base de l’étude CHARM l’addition d’un antagoniste AT1 au traitement de l’IC (IEC-diurétique-digoxine-β-bloquant), réduit la mortalité à 1 an, de façon aussi importante que les réductions obtenues par les additions successives au traitement digitalo-diurétiques d’un IEC, au début des années 1990, et d’un β-bloquant à la fin des années 1990.

Stress oxydatif : épiphénomène ou réalité physiopathologique ?

Modérateurs : L. Rochette (Dijon) et R. Andriantsitohaina (Strasbourg)

Le stress oxydatif n’est pas seulement un symptôme accessoire qui se surajoute aux symptômes essentiels. Celui-ci correspond également à une réponse aux facteurs d’agressions physiologiques nécessitant une adaptation au cours de l’ischémie cardiaque ou du remodelage de la paroi artérielle lors du vieillissement (L. Rochette, LPPCE, Dijon). Le stress oxydatif est associé à la production des radicaux libres oxygénés (RLO) que la cellule utilise comme molécules de signalisation pour certaines réponses physiologiques.

M. Zureik (Inserm U 508, Lille) a montré une absence d’effet bénéfique marquant d’une supplémentation à long terme en vitamines et sels minéraux antioxydants sur l’athérosclérose carotidienne et sur la rigidité artérielle chez des sujets âgés. L’hypercholestérolémie chez le lapin entraîne un stress oxydatif vasculaire lié essentiellement à la production d’anions superoxydes (D. Busseuil, LPPCE, Dijon) associée à une augmentation d’expression de la sous-unité p67phox de la NAD(P)H oxidase et de la métalloprotéinase 2 vasculaires. L’utilisation de souris transgéniques surexprimant l’isoforme 1 des protéines découplantes mitochondriales (UCP1) a permis de montrer que sa surexpression n’induit pas d’altération de métabolisme énergétique dans le cœur et protège des dommages fonctionnels post-ischémiques associés à une diminution de la production de RLO (J. Hoerter, Inserm U446, Châtenay). En cardiologie fœtale, l’ouverture des canaux potassiques mitochondriaux sensibles à l’ATP améliore la récupération post-anoxique de la conduction auriculo-ventriculaire et du couplage excitation-contraction ventriculaire par un mécanisme mettant en jeu la production de RLO et la protéine kinase C (A Sarre, Lausanne). Le peroxyde d’hydrogène est capable, au niveau de la cellule musculaire lisse vasculaire, de moduler l’expression et l’activité de la petite protéine monomérique G (RhoA) (M Rolli-Derkinderen, Inserm U533, Nantes). RhoA représente une cible qui transmet les effets des RLO dans les phénomènes de prolifération et contraction des cellules musculaires lisses vasculaires. La délétion de l’isoforme 210 de la kinase de la chaîne légère de la myosine (MLCK210) ou son inhibition pharmacologique protège contre les effets délétères post-ischémiques, et les complications létales liées à la production exagérée de monoxyde d’azote dans un modèle expérimental de choc septique (P. Ohlmann, UMR CNRS 7034, Strasbourg). La MLCK210 est une cible thérapeutique potentielle contre le stress oxydatif cardiaque et systémique.

Protéolyse dans le cœur et les vaisseaux : quel impact réel ?

Modérateurs : C. Bauters (Lille) et L. Carrier (Paris)

C. Bauters (CHU Lille) a fait une synthèse sur l’association entre des polymorphismes des métalloprotéases et a montré une association entre le génotype 5A/5A du promoteur MMP-3 ou le génotype TT du promoteur MMP-9 et l’augmentation de la mortalité dans les cardiomyopathies non-ischémiques et la survenue d’anévrysmes de l’aorte abdominale. Z. Touat (Inserm U460, Paris) a montré chez l’homme que les neutrophiles (PMN) situés au pôle luminal du thrombus empêchent la cicatrisation cellulaire par sécrétion d’élastase et participent activement à la croissance luminale du thrombus. P. Ratajczak (Inserm U508, Lille) a mis en évidence que les LDL natifs ou oxydés modifient le phénotype des cellules musculaires lisses vasculaires humaines qui est alors plus secrétoire que contractile et altèrent l’activité de la MMP-9 de façon opposée, laquelle diminue en présence de LDL oxydés et augmente en présence de LDL natifs. A. Dupont (Inserm U 508, Lille) a présenté une approche protéomique permettant de cribler simultanément des centaines de protéines dont l’implication dans la genèse et l’évolution des lésions athéromateuses n’est pas connue. Cette approche révèle des spots polypeptidiques différentiellement exprimés dans les macrophages humains en réponse aux LDL oxydées ou au TNFα qui restent à identifier.

B. Friguet (Université Paris 7) a montré une diminution de l’expression et de l’activité du protéasome dans le cœur avec l’âge et au cours de l’ischémie-reperfusion. Ceci résulterait d’une augmentation des protéines oxydées capables de modifier l’activité de certaines sous-unités du protéasome par le produit de peroxydation lipidique, le 4-hydroxy-2-nonenal. A. Guellich (Inserm U 572, Paris) a montré que certains stimuli (isoprénaline et staurosporine) activent la caspase-3 et clivent la troponine T dans des cardiomyocytes de rats alors que H2O2 résulte en la perte de troponine T et en la formation de complexe protéique. Ceci suggère que le clivage de la troponine T passe par l’activation des caspases alors que la perte de troponine T passe par une autre voie, qui reste à découvrir.

L. Carrier (Inserm U582, Paris) a présenté la contribution du protéasome dans la pathogenèse de la cardiomyopathie hypertrophique familiale. Elle a montré que les protéines C cardiaques tronquées résultant de mutations rencontrées chez l’homme sont des substrats tout comme des inhibiteurs du protéasome. Ceci pourrait rendre compte de l’apparition tardive de la maladie associée aux mutations de la protéine C cardiaque.

Actualités

Modérateurs : F. Pinet (Lille) et D. Babuty (Tours)

De nouvelles approches diagnostiques de l’athérosclérose ont été présentées au cours de cette session. O. Meilhac (Inserm U460, Paris) a utilisé une approche protéomique différentielle sur des prélèvements d’artères carotidiennes humaines. Il a constaté que la sécrétion de la protéine HPSP27 par la paroi artérielle était significativement diminuée en cas d’athérosclérose ainsi que le taux circulant d’HPSP27 chez ces patients. F. Hyafil (Inserm U460, Paris) a utilisé la résonance magnétique pour identifier les plaques d’athérosclérose vulnérables riches en macrophages. Après création d’une lésion de l’aorte abdominale chez le lapin, les macrophages sont marqués par de fines particules d’oxyde de fer. L’IRM a objectivé un artéfact de résonance statistiquement lié à l’épaisseur de l’intima et son degré d’envahissement par les macrophages. J. Day (UMR CNRS 7054, Créteil) a montré que l’on pouvait stabiliser la formation d’anévrysme de l’aorte chez le cochon d’Inde par injection de cellules musculaires lisses. Les travaux de M. Dupuis (Inserm U 460, Paris) ont montré un remodelage artériel important chez le rat Fisher 344 hypertendu et inexistant chez le rat Brown Norway par l’étude de leur transcriptome différentiel.

Z. Li (Université Paris 7) a démontré que l’absence de SRF (facteur de réponse au sérum) chez l’embryon de souris entraînait une diminution de la masse cardiaque et que le rôle de SRF se maintenait chez l’adulte puisque la souris invalidée pour le SRF développait une cardiopathie dilatée avec insuffisance cardiaque. W. Barillot (Inserm U 441, Pessac) a démontré sur des cellules pluripotentes, l’induction du phénotype musculaire lisse par le facteur de croissance bFGF, effet inducteur potentialisé par des facteurs de type BMPs. B. Chazaud (Inserm EMI 00-11, Créteil) a montré à l’aide de cocultures que la présence de macrophages favorisait la prolifération ainsi que la survie des myoblastes. Ces résultats ont été confirmés sur un modèle expérimental d’infarctus du myocarde chez le porc montrant une amélioration de la survie et de la prolifération des cellules injectées ainsi que leur migration dans la zone infarcie. Enfin, la prescription des statines en cardiologie ne cesse de croître mais justifie une surveillance régulière du fait de leur toxicité musculaire. Dans ce cadre, P. Sirvent (Inserm U637, Montpellier) a montré sur des biopsies musculaires humaines que l’application de statines induisait une augmentation importante du calcium intracellulaire impliquant les mitochondries par un effet direct sur les mitochondries dont elles altèrent le potentiel de membrane et la chaîne respiratoire.

Angiogenèse au cours du développement et dans l’ischémie 

Modérateurs : B. Levy (Paris) et P. Lacolley (Paris)

Au cours de la conférence inaugurale, A Eichmann (Collège de France, Paris) a montré le rôle primordial des interactions entre les facteurs de différenciation artério-veineuse (ephrines et neuropillines) et les facteurs de croissance (VEGF) dans le développement des vaisseaux. On sait aujourd’hui que ces molécules pourraient être impliquées dans la néo-vascularisation chez l’adulte, notamment au cours de certaines maladies cardiovasculaires comme l’HTA. Lors de la deuxième conférence, B. Levy (Inserm U541, Paris) a rappelé que l’angiogenèse ischémique était un processus complexe régulé par de nombreux facteurs dont l’angiotensine II. En se liant à des récepteurs AT1, l’angiotensine II augmente l’expression des HIFs (hypoxia-inducible transcription factor), du VEGF et la NO synthase endothéliale dans les tissus ischémiques. Les récepteurs AT2, plus difficiles à étudier, pourraient contribuer à diminuer les effets pro-angiogéniques de l’angiotensine II. Plusieurs communications originales ont ensuite été présentées.

Au plan fondamental, H. Laurell (Inserm U589, Toulouse) a présenté ses travaux montrant qu’un mutant du facteur angiogénique FGF-2, le Nb1a2, pouvait favoriser la différenciation des cellules endothéliales sans stimuler leur prolifération (intérêt en post-angioplastie). JS. Silvestre (Inserm U541, Paris) a fait état des études révélant que les cellules progénitrices contenues dans le tissu adipeux avaient la potentialité de se différencier en cellules endothéliales et de s’incorporer dans de nouveaux vaisseaux dans un modèle de souris. Les présentations de L. Jost (Lab. de Biologie du Développement, Liège) et de J. Gaudric (Inserm-Espri, Lille) ont porté sur l’intérêt de deux nouveaux modèles d’étude de la néo-vascularisation : celui de la membrane choroïdienne induite par laser pour caractériser les effets de précurseurs des cellules endothéliales et celui d’une matrice biologique decellularisée et recolonisée in vivo par des cellules vasculaires. Chez des patients atteints d’artérite sévère des membres inférieurs, la communication de S. Germain (Inserm U36, Paris) faisait état d’une hyperexpression de la thrombospondine 1 corrélée avec une diminution de la densité capillaire suggérant que ce facteur pourrait inhiber l’activité du VEGF. Enfin, concernant des approches de thérapie génique, D. Stephan (Faculté de médecine, Strasbourg) a montré l’efficacité et la faisabilité d’une transfection endocavitaire du VEGF humain vectorisé par le polyethylenimine dans un modèle d’ischémie de la patte chez le lapin. Ces présentations ont permis de faire le point sur les mécanismes modulant le développement des vaisseaux et les processus d’angiogenèse ischémique et ont mis en exergue les possibilités actuelles de thérapies géniques et cellulaires.

Aspects nutritionnels des pathologies cardiovasculaires

Modérateurs : M. Lagarde (Villeurbanne) et A. Grynberg (Châtenay-Malabry)

Cette session était fortement focalisée sur certains acides gras polyinsaturés d’intérêt nutritionnel, notamment la famille n-3, ainsi que sur les nutriments connus pour leur activité antioxydante. Après une introduction mettant en exergue le rôle ambivalent des acides gras d’origine marine (M. Lagarde, INSA, Villeurbanne), en particulier l’acide docosahexaénoïque (DHA), sur l’état redox de la plaquette, deux communications ont rapporté le rôle potentiel du DHA dans la fonction cardiaque.

La première (N. Gutowski, IUP, Poitiers) a mis en avant la déficience érythrocytaire en DHA dans la fibrillation auriculaire. L’autre (D. Rousseau, INRA UMR1154, Châtenay-Malabry) a montré qu’un apport alimentaire en DHA prévient l’augmentation de la pression artérielle chez le rat SHR et diminue le QT, alors que l’acide eicosapentaénoïque (EPA) n’a pas d’effet préventif.

Trois communications ont ensuite porté sur la prévention nutritionnelle du stress oxydant, l’inhibition par la vitamine C du stress oxydant associé au développement de l’hypertension chez le rat SHR via l’inhibition des NADPH oxydases (P. Sicard, LPPCE, Dijon), l’inhibition par des extraits de vin de l’hypertension artérielle et de la taille de l’infarctus chez le rat via un mécanisme impliquant les NO synthases (R. Andriantsitohaina, CNRS UMR 7034, Strasbourg), et l’inhibition par des extraits de thé vert de l’expression des métalloprotéases de la matrice MMP2 tant au niveau du précurseur pro-MMP2 qu’au niveau de son clivage en protéase active (J. El Bedoui, CNRS UMR 7034, Strasbourg). La dernière communication (N. Villeneuve, IRS, Suresnes) a rapporté qu’une hyperhomocystéinémie modérée réduit la formation basale de NO au niveau de l’aorte, sans toutefois affecter les vaisseaux de résistance (artère mésentérique) ni induire d’élévation de la pression sanguine.

Au cours du congrès, cinq bourses de recherche ont été attribuées (B. Gellen : Bourse BMS, F. Jaffre : Bourse Abbott, C. Louault : Bourse FFC, M. Rolli-Derkinderen : Bourse Pfizer, F. Vincent : Bourse SFC) ainsi que quatre prix de posters (C. Adamy, C. Bellocq, F. Hyafil, I. Plaisance).2 Table ronde avec le soutien des laboratoires Takeda.* gervaise.loirand@nantes.inserm.fr** nain@aspirine.u-strasbg.fr1 Table ronde avec le soutien des laboratoires GlaxoSmithKline.


 

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