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De la consommation d’antibiotiques aux résistances bactériennes : l’exemple de la résistance d’ Escherichia coli aux quinolones


Médecine thérapeutique. Volume 17, Numéro 4, 294-301, Octobre-Décembre 2011, Revue

Article gratuit  

Auteur(s) : Eric Batard, Emmanuel Montassier, Françoise Ballereau, Gilles Potel

Résumé : Le taux de résistance d’ Escherichia coli aux quinolones a connu une croissance inquiétante au cours des dernières années, passant de moins de 5 % en 1996 à plus de 15 % en 2007. La consommation de quinolones n’a pas diminué en France au cours des dernières années, contrairement à la consommation totale d’antibiotiques et d’autres grandes classes d’antibiotiques. En France, environ 80 % des quinolones sont consommées en secteur de ville, et 20 % en secteur hospitalier. Il est maintenant établi que la résistance d’ E. coli aux quinolones est corrélée à la consommation ambulatoire de quinolones, à l’échelle des états, des hôpitaux, des cabinets de médecine générale et de la communauté en général. En revanche, il n’a pas été démontré de relation entre la consommation hospitalière de quinolones et la résistance d’ E. coli à cette classe d’antibiotiques parmi les souches hospitalières. Le respect strict et l’interprétation écologiquement responsable des recommandations d’antibiothérapie des infections courantes doivent permettre de limiter drastiquement l’utilisation des fluoroquinolones dans les infections urinaires, respiratoires basses et hautes, en limitant les indications et les durées de traitement, et en pratiquant une désescalade thérapeutique quand l’antibiogramme le permet. Une modification majeure des pratiques de prescription est rapidement nécessaire, afin de sauvegarder l’efficacité de cette classe thérapeutique très utile en pratique courante.

Mots-clés : quinolones, consommation, résistance, Escherichia coli

 

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