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Syndrome d’apnées obstructives du sommeil


Médecine thérapeutique. Volume 15, Numéro 2, 111-20, avril-mai-juin 2009, Revue

DOI : 10.1684/met.2009.0196

Résumé  

Auteur(s) : Norbert André , Département de médecine interne et pneumologie, CHU de Brest, Hôpital de la Cavale Blanche, 29609 Brest Cedex.

Résumé : À cause de sa fréquence croissante, de son retentissement dans la vie quotidienne et de ses implications cardiovasculaires, le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) constitue un authentique problème de santé publique. Le diagnostic repose sur l’association de symptomes cliniques dominés par une somnolence diurne sur fond d’obésité et d’indicateurs polysomnographiques. La thérapeutique instrumentale par pression positive continue (PPC) constitue le traitement de référence, sous-tendu par une démarche éducative pour en optimiser l’observance.

Mots-clés : obésité, somnolence diurne, polysomnographie, pression positive continue

ARTICLE

Auteur(s) : Norbert André

Département de médecine interne et pneumologie, CHU de Brest, Hôpital de la Cavale Blanche, 29609 Brest Cedex

Même si les troubles respiratoires du sommeil sont connus depuis l’Antiquité, et si une description du tableau clinique du syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) a été particulièrement bien brossée par Dickens il y a plus de 160 ans, d’ailleurs reprise en 1956 pour définir le syndrome de Pickwick, ce n’est qu’en 1976 que le SAOS a été individualisé à partir d’indices d’apnées (nombre d’apnées par heure de sommeil) [1].

C’est en 1981 que les effets thérapeutiques d’une pression positive continue (PPC) par voie nasale ont été démontrés [2], supplantant la trachéotomie jusqu’alors réservée aux cas sévères. Le traitement moderne du SAOS était né.

Au cours des années 1980, il est apparu indispensable d’inclure dans le syndrome les épisodes d’hypopnées obstructives, déterminant ainsi l’index d’apnées hypopnées (IAH), élément déterminant dans la stratégie de prise en charge des patients.

Le syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHS) peut donc actuellement se définir comme la survenue d’épisodes d’obstruction du pharynx complète (apnée) ou partielle (hypopnée) lors du sommeil, durant au moins 10 secondes, avec persistance de l’effort respiratoire.

Les mécanismes en demeurent mal connus, sa prévalence est croissante, et ses implications sont multiples dans la mesure où le SAHS constitue un facteur de risque indépendant dans la genèse de nombreuses pathologies cardiovasculaires et métaboliques. L’ensemble de ces éléments concourt à faire du SAHS un authentique problème de santé publique.

Épidémiologie

Prévalence

Depuis l’étude de référence réalisée par Young et al. dans le Wisconsin [3], chez 626 adultes âgés de 30 à 60 ans, qui estimait que la prévalence de la présence simultanée d’un IAH ≥ 5 et d’une somnolence diurne était de 4 % chez les hommes et de 2 % chez les femmes, les autres études utilisant la même méthodologie ont obtenu des résultats comparables. La prévalence du SAHS est de l’ordre de 1 à 5 % de la population masculine [4].

Il y a donc dans les pays occidentaux jusqu’à 5 % d’adultes qui ont un SAHS non diagnostiqué, lequel devrait probablement être traité.

Rôle des facteurs ethniques

Les études épidémiologiques ont surtout porté sur des populations occidentales. Toutefois, à Hong Kong, la prévalence du SAHS est comparable à celle des pays occidentaux [5].

Rôle du sexe

Le risque de développer un SAHS est 2 à 3 fois plus important chez l’homme, pour des raisons mal connues. Des dimensions différentes des voies aériennes supérieures et une répartition différente des dépôts graisseux pourraient l’expliquer pour partie.

Influence de l’âge

Chez l’adulte, la prévalence augmente avec l’âge, surtout après 65 ans [6].

La fréquence d’un IAH ≥ 15 est deux fois plus importante dans la tranche d’âge 60-69 ans que dans la tranche 40-60 ans [7].

Toutefois, le SAOS du sujet âgé est moins dépendant de l’obésité, moins bien corrélé à la somnolence, avec des apnées centrales plus fréquentes.

Facteurs de risque

Obésité

Le surpoids est un facteur de risque habituel du SAHS, l’index de masse corporelle moyen étant de l’ordre de 30 à 35, ce qui témoigne d’un surpoids franc. Les études recherchant les conséquences d’une perte de poids ont retrouvé une chute significative de l’IAH, tandis que la prise pondérale entraîne avec le temps une élévation significative de l’IAH. Le rôle de l’obésité est donc indiscutable.

Par ailleurs, plusieurs études ont suggéré l’existence d’une relation entre le SAHS et la leptine, une hormone impliquée dans le contrôle du poids et du comportement alimentaire, qui pourrait influencer le contrôle des voies aériennes supérieures et prédisposer au SAHS. Le taux sérique de leptine diminue significativement chez les patients traités efficacement [8].

Alcool

L’ingestion aiguë d’alcool entraîne chez les patients SAHS une augmentation du nombre et de la durée des apnées et des hypopnées. Par contre, il n’y a pas de relation démontrée entre l’alcoolisme chronique et le SAHS.

Tabac

Le tabagisme ne peut être considéré comme un facteur de risque établi du SAHS.

Congestion nasale

Si la rhinite saisonnière est un facteur de risque de SAHS, la congestion nasale sévère favorise le ronflement, surtout chez l’enfant.

Ménopause

La ménopause semble être un facteur de risque de SAHS et l’hormonothérapie pourrait avoir une action protectrice.

Facteurs favorisants

Les facteurs d’ordre mécanique sont les plus importants, dans la mesure où le sommeil est une période de grande vulnérabilité pour les structures aponévrotiques, musculaires et muqueuses du pharynx. En effet, l’activité des muscles dilatateurs diminue, surtout en sommeil paradoxal, d’autre part leur mise en jeu réflexe lors d’une dépression soudaine dans les voies aériennes supérieures est atténuée. Dès lors, les mécanismes les plus importants de la stabilité pharyngée à l’état de veille se trouvent réduits pendant le sommeil.

Chez les patients apnéiques, il existe dès l’état de veille une réduction de la surface de section pharyngée par excès de tissus mous (hypertrophie du palais mou, des amygdales et/ou de la langue, dépôts graisseux) ou déficit de développement du contenant osseux. Dès lors, la réduction physiologique de la surface pharyngée pendant le sommeil peut atteindre chez ces patients une valeur critique interdisant une ventilation suffisante (hypopnée) ou en aboutissant à une occlusion complète (apnée).

Des troubles du métabolisme cérébral au niveau de la substance blanche frontale pourraient également être incriminés.

Mortalité

Bien que considéré comme un facteur de risque vis-à-vis de l’hypertension artérielle, des coronaropathies et des accidents vasculaires cérébraux, le SAHS traité n’engendre pas une surmortalité, avec un taux de mortalité de l’ordre de 2 à 3 %, ce qui est comparable à la population générale [9].

Circonstances de diagnostic

Principaux tableaux cliniques

Le SAHS peut être révélé devant un tableau clinique stéréotypé associant des signes nocturnes dominés par les ronflements et des signes diurnes marqués par une somnolence excessive chez un patient obèse. Parfois les signes cliniques sont moins évocateurs lorsqu’ils sont révélés à l’occasion d’une complication d’ordre cardiovasculaire, neurologique ou endocrinienne, confirmant le caractère systémique de cette pathologie [10].

Tableau clinique stéréotype

Manifestations nocturnes

Les symptômes nocturnes du SAHS sont dominés par la présence de ronflements, qui sont passés du statut de simple nuisance sociale et conjugale à celui de véritable symptôme. Présents chez 90 % des patients, ils sont souvent anciens et intenses, leur association à un surpoids étant très évocatrice.

Toutefois, dans certains cas, les ronflements peuvent s’accompagner d’une hypersomnie diurne importante sans surcharge pondérale, ce qui est davantage en faveur d’un syndrome de haute résistance des voies aériennes avec anomalies buccofaciales et IAH < 5.

Individualisée en 1999 par Guilleminault [11], cette pathologie partage avec le SAHS les mêmes complications cardiovasculaires et neuropsychologiques.

D’autres manifestations nocturnes sont souvent décrites, notamment sommeil agité ponctué de nombreux éveils, transpiration, polyurie, et surtout impression d’arrêt respiratoire suivie d’une reprise inspiratoire bruyante, ce qui souligne l’importance du conjoint lors de la consultation, en tant que principal témoin des manifestations cliniques.

Manifestations diurnes

La somnolence diurne excessive est le maître symptôme de la pathologie, générée par la répétition des éveils nocturnes et des épisodes d’hypoxémie nocturne.

La conséquence majeure en est le risque d’endormissement en situation dangereuse.

Cette somnolence diurne excessive constitue souvent le motif de la consultation initiale, ce qui confère à l’interrogatoire du patient et de son conjoint une importance capitale, pour rechercher des éléments évocateurs du SAHS, mais aussi d’un diagnostic alternatif éventuel.

La recherche d’une dette de sommeil, de prises médicamenteuses, d’emploi d’échelles d’évaluation de la somnolence dont la plus utilisée est l’échelle d’Epworth, mais aussi la constitution d’un véritable agenda de sommeil, sont autant d’éléments informatifs dans la stratégie diagnostique d’une somnolence diurne.

En dehors du SAHS, on se doit d’évoquer une narcolepsie, de diagnostic simple lorsqu’elle est associée à une cataplexie, plus délicat sinon, reposant sur un enregistrement polysomnographique et un test interactif de latence d’endormissement (TiLE).

Le syndrome des jambes sans repos est bien plus fréquent et doit être évoqué devant l’association d’une hypersomnolence diurne et d’impatiences des membres inférieurs. Le diagnostic repose sur la polysomnographie révélant une élévation de l’index de mouvements périodiques des jambiers et de l’index de micro-éveils.

La somnolence diurne chez le dépressif est souvent difficile à appréhender, la polysomnographie montrant parfois des modifications de structure du sommeil évocatrices de dépression endogène.

La vérification des hormones thyroïdiennes ne doit pas être oubliée.

Autres manifestations

Manifestations respiratoires

Indépendamment de toute insuffisance respiratoire chronique associée, il peut exister une hypoxémie diurne pour partie liée à l’obésité favorisant une majoration des irrégularités de rapport ventilation-perfusion.

Un syndrome d’obésité-hypoventilation (SOH) caractérisé par une hypoxémie et une hypercapnie chez des sujets obèses s’accompagne de profondes désaturations liées à l’hypoventilation alvéolaire pouvant être associées à des apnées et des hypopnées [12].

De même, le SAHS peut être associé à une véritable bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sous le terme d’overlap syndrom ou syndrome de recouvrement. La présence d’un trouble ventilatoire obstructif chez un patient SAHS constitue un des facteurs de mortalité les plus importants [13].

Manifestations neuropsychologiques

Troubles cognitifs

Outre le risque d’endormissement en situation dangereuse, la somnolence diurne excessive s’accompagne souvent de troubles cognitifs, parfois au premier plan à l’interrogatoire.

Il peut s’agir de troubles de l’attention, de la mémoire, d’un ralentissement idéomoteur et de la vitesse d’exécution. On souligne la possibilité d’une insomnie paradoxale et d’authentiques syndromes dépressifs d’évolution favorable sous PPC [14].

Si le développement d’une neuropathie périphérique ou d’une névrite optique rétrobulbaire est rarement décrit, bon nombre de patients rapportent des céphalées matinales habituellement régressives sous PPC [15].

Accident vasculaire cérébral (AVC)

Les principaux mécanismes incriminés sont d’ordre hémodynamique avec modifications de la pression artérielle, diminution du débit cardiaque et du débit sanguin cérébral, élévation de la pression intracrânienne associée à une baisse de la pression de perfusion cérébrale ainsi qu’une éventuelle hypocapnie paradoxale induisant une vasoconstriction artérielle cérébrale.

Le SAHS représente un facteur de risque important et indépendant vis-à-vis des AVC de type ischémique ou hémorragique, sans notion d’horaire d’apparition ou de topographie préférentielle [16, 17].

Lors des contrôles à distance de l’accident aigu, les troubles respiratoires sont de type obstructif, confirmant leur participation dans la genèse des AVC [16].

Manifestations cardiovasculaires

Modifications des patients SAHS cardiovasculaires au cours du sommeil

La pression négative intrathoracique entraîne une baisse du volume télédiastolique du ventricule gauche et une augmentation de la postcharge du ventricule gauche, générant une baisse du volume d’éjection et du débit cardiaque et une augmentation cyclique de la pression artérielle systémique.

Le SAHS constitue un stress cardiovasculaire majeur, l’hypoxémie entraînant une augmentation du tonus vasoconstricteur sympathique et un effet chronotrope expliquant une augmentation des besoins en oxygène du myocarde alors même que l’effort est réduit.

À plus long terme, une augmentation chronique du tonus sympathique, des effets vasculaires et endothéliaux, un retentissement sur la coagulation ont pu être établis.

Le SAHS est associé à un remodelage vasculaire de type athéromateux, corrélé à l’importance de l’hypoxémie nocturne.

Les hypoxémies répétées génèrent une dysfonction diastolique du ventricule gauche.

Hypertension artérielle

L’utilisation d’un modèle animal soumis à des obstructions itératives des voies aériennes supérieures a permis d’établir que la répétition d’événements apnéiques pouvait induire une hypertension artérielle (HTA) permanente [18].

SAHS et ronflements sont considérés comme des facteurs de risque indépendants dans le développement d’une HTA [19].

Des études plus récentes ont confirmé le rôle du SAHS dans le développement d’une HTA réfractaire [20] et le retour à un profil nycthéméral normal de la tension artérielle sous PPC.

Insuffisance coronarienne

La prévalence du SAHS est d’environ 30 % chez les coronariens, et celui-ci constitue un facteur de risque indépendant vis-à-vis de la pathologie coronarienne. On retrouve par ailleurs une augmentation du taux de récidive d’infarctus du myocarde chez les patients SAHS, associée à une surmortalité cardiovasculaire significativement plus élevée.

Troubles du rythme cardiaque

Les troubles du rythme survenant au cours des apnées et des hypopnées sont essentiellement représentés par une alternance de bradycardie-tachycardie. Des manifestations plus sévères peuvent être mises en évidence chez 15 à 20 % des patients. Ces dysrythmies sont réversibles sous l’effet d’un traitement par PPC [21].

Manifestations endocriniennes et métaboliques

Pathologies pouvant s’associer au SAHS

L’acromégalie et l’hypothyroïdie sont les affections le plus souvent associées au SAHS du fait de la macroglossie et des malformations craniofaciales associées à l’acromégalie. Diabète et syndrome de Cushing ont également été décrits en association avec le SAHS [22].

Pathologies secondaires au SAHS

Les pathologies secondaires sont les suivantes : polyurie nocturne liée à une sécrétion accrue de facteur atrial natriurétique, troubles de la libido, augmentation de la sécrétion d’érythropoïétine et de l’activité rénine angiotensine, insulino-résistance, réduction de l’activité fibrinolytique.

Autres manifestations

La grossesse peut s’accompagner de troubles respiratoires au cours du sommeil. L’apparition de ronflements au cours du dernier trimestre est décrite chez 25 % des femmes. L’incidence du SAHS est peu connue, et il existerait plutôt un syndrome de haute résistance des voies aériennes supérieures, fréquemment associé au développement des complications fœtomaternelles, surtout l’hypertension gravidique, la prééclampsie et le retard de croissance intra-utérin [23].

Diagnostic du SAHS

Analyse des événements respiratoires

La polysomnographie désigne l’enregistrement simultané de plusieurs variables permettant la définition de stades de sommeil. La polysomnographie respiratoire y associe d’autres variables permettant de caractériser la respiration au cours des différents stades de sommeil [24].

Les outils à utiliser dépendent de la nature du problème posé. Ainsi, dans un SAHS comportant une majorité d’événements apnéiques et des efforts de lutte, une polygraphie ventilatoire évaluant la ventilation et les efforts respiratoires, couplée à une oxymétrie de pouls, peut être suffisante. En revanche, ces outils grossiers s’avèrent insuffisants dès lors qu’il s’agit de faire un diagnostic de syndrome de résistance des voies aériennes supérieures, ou un diagnostic différentiel avec une dyspnée de Cheyne-Stokes.

Outils de mesure

Analyse de la ventilation

La pneumotachographie constitue la méthode de référence [24] dans la mesure où c’est la seule méthode de mesure quantitative, mais l’inconfort généré par le port d’un masque nasobuccal et les perturbations de la qualité de sommeil qui en découlent la rendent peu utilisable en pratique quotidienne.

En l’absence de pneumotachographie, deux techniques indépendantes doivent être utilisées pour la mesure des hypopnées pour pallier d’éventuelle défaillance d’un capteur.

La pléthysmographie d’inductance, qui permet la mesure du volume courant par la somme des mouvements thoraciques et abdominaux après étalonnage, est une méthode semi-quantitative acceptable.

Les lunettes nasales couplées à la mesure et la pression sus-sternale permettent la mesure des variations de la pression nasale pendant l’inspiration et l’expiration avec toutefois une limite en cas d’obstruction nasale ou de respiration buccale. Il s’agit de la méthode semi-quantitative la plus utilisée.

Évaluation des efforts respiratoires

La mesure de la pression œsophagienne est la méthode de référence, reflétant la pression pleurale, pression motrice des échanges d’air au cours de l’inspiration et de l’expiration [25]. Toutefois, cet outil de mesure est peu utilisé du fait de son inconfort, des perturbations de la qualité de sommeil qui en résultent, et de son manque de disponibilité.

L’enregistrement de la motilité thoracoabdominale pour évaluer l’effort respiratoire repose sur le principe que l’expansion du volume thoracoabdominal reflète l’activité des muscles respiratoires et donc l’intensité de l’effort respiratoire [24]. Les outils les plus utilisés sont les sangles thoraciques et abdominales. Au cours d’une apnée obstructive, lorsque la voie aérienne supérieure est fermée, l’expansion de l’abdomen ne peut se faire qu’aux dépens d’une diminution du volume thoracique. Cette opposition de phase entre motilité thoracique et abdominale est utilisée comme indicateur d’obstruction des voies aériennes supérieures.

Le temps de transit du pouls est le temps qui sépare l’ouverture de la valve aortique de l’arrivée de l’onde de pouls en périphérie. Il s’agit de la transmission d’une onde de pression par les parois artérielles [24].

Au cours d’une apnée obstructive, il augmente à mesure que diminuent les pressions dans la cage thoracique avec l’augmentation de l’effort respiratoire.

Cette technique offre une sensibilité de 91 à 94 % et une spécificité de 95 à 97 % dans la classification des événements respiratoires. Toutefois, elle nécessite une analyse visuelle et peut être parasitée par des artefacts liés aux mouvements ou par le caractère instable du sommeil paradoxal.

Mesure des ronflements

L’outil de mesure habituel est un microphone, le critère d’intensité du ronflement étant le plus utilisé.

Analyse des conséquences gazométriques des apnées

Simple et fiable, l’oxymétrie transcutanée repose sur le principe que le spectre d’absorption de l’hémoglobine oxydée et l’hémoglobine réduite sont différents dans le rouge et le proche infrarouge.

La variable mesurée, la saturation oxyhémoglobinée (Sa02) est différente de la PO2 et la relation qui lie ces deux paramètres n’est pas linéaire.

La période d’enregistrement polysomnographique au domicile des patients s’est largement répandue.

Les enregistrements ambulatoires sont des enregistrements allégés, ne comportant pas le plus souvent d’identification des stades de sommeil. Néanmoins, l’équipement minimal pour pouvoir dépister les événements respiratoires pendant le sommeil doit comporter un oxymètre, un capteur de débit, un microphone, un outil d’analyse de la ventilation, des indicateurs de micro-éveils en l’absence d’électroencéphalogramme.

Définition des événements dépistés

Apnée

C’est un arrêt complet des débits aériens nasobuccaux durant au moins 10 secondes.

L’apnée est :

  • obstructive lorsqu’il persiste un effort respiratoire ;
  • centrale en l’absence d’effort respiratoire ;
  • mixte à début central et fin obstructive.

Hypopnée

C’est une diminution d’au moins 50 % d’un signal de débit aérien ou une baisse significative mais inférieure à 50 % d’un signal de débit aérien, s’accompagnant d’une désaturation supérieure à 3 % ou d’un micro-éveil.

Les apnées mixtes font partie du SAHS, et en pratique il n’est pas nécessaire de distinguer les apnées et les hypopnées.

Diagnostic de SAHS

Le diagnostic repose sur l’association de symptômes et la constatation d’un index d’apnées-hypopnées (IAH) supérieur à 10 par heure de sommeil.

Le critère clinique majeur est une somnolence diurne non expliquée par d’autres facteurs. À défaut, la présence de deux des critères suivants est nécessaire : ronflements sévères, pauses respiratoires nocturnes, éveils répétés, sommeil non réparateur, fatigue diurne, altération de concentration.

Selon le niveau de l’IAH, le SAHS est :

  • modéré avec IAH entre 10 et 15 ;
  • moyen avec IAH entre 15 et 30 ;
  • sévère avec IAH à 30 et au-delà.

Le syndrome de haute résistance des voies aériennes, caractérisé par une somnolence diurne et des ronflements avec un IAH inférieur à 5 n’est pas en pratique considéré comme une entité distincte du SAHS [26]. Il est en rapport avec des épisodes de dépression œsophagienne progressivement croissante responsables de micro-éveils. Les événements caractéristiques en soi les RERA (respiratory effort releved acousals) rapportés à des micro-éveils liés à des efforts respiratoires.

Le diagnostic de SAHS doit par ailleurs être complété par un bilan ORL à la recherche d’éventuelles malformations anatomiques et par un bilan nutritionnel et métabolique, soulignant l’importance d’une prise en charge multidisciplinaire de ces patients.

Principes thérapeutiques

La pression positive continue par voie nasale (PPC) constitue le traitement de référence du SAHS.

Bien qu’associée à une observance globale assez remarquable pour un traitement chronique, elle est néanmoins abandonnée par 30 à 35 % des patients. Ce sont en règle les patients les moins sévères, donc les moins symptomatiques, qui adhèrent le moins aux contraintes inhérentes à ce traitement au long cours.

Dès lors, il est indispensable de disposer de thérapeutiques alternatives à la PPC. En l’absence de traitement médical, une solution chirurgicale est envisageable. La chirurgie vélaire n’est plus proposée qu’à de rares patients, tandis que la chirurgie d’avancée bimaxillaire est réservée à des patients sévères, refusant la PPC et informés des modifications morphologiques et des complications possibles liées à cette chirurgie [27].

L’orthèse d’avancée mandibulaire est une approche mécanique, moins contraignante que la PPC, qui pourrait être proposée aux patients refusant la PPC et aux patients peu sévères [27].

Enfin, la relation étroite entre obésité et SAHS rend nécessaire une prise en charge de l’obésité, au mieux par une équipe multidisciplinaire.

Prise en charge de l’obésité

Les bases du traitement reposent sur l’existence d’un déséquilibre entre les apports énergétiques et les dépenses énergétiques [28].

Trois types d’approche peuvent être proposés : la prise en charte diététique et comportementale, le traitement médicamenteux, le traitement chirurgical [29].

Prise en charge diététique et comportementale

L’approche nutritionnelle est la première étape. Après avoir analysé l’historique du poids et dépisté des troubles du comportement alimentaire, il importe de fixer avec le patient un objectif pondéral raisonnable. Il est habituel de proposer une réduction calorique d’un quart ou d’un tiers des apports sans descendre en dessous de 1 200 calories, en insistant sur la régularité des repas.

L’activité physique, toujours bénéfique sur le poids, n’est toutefois efficace que si elle est associée à une restriction des apports en graisse. C’est le seul facteur prédictif du maintien de la perte de poids à long terme. Le minimum est d’obtenir une activité d’intensité modérée, régulière, comme une marche quotidienne.

Traitement médicamenteux

Envisagé après échec des autres thérapeutiques, il pourrait être proposé s’il existe un risque de morbidité élevé, en association avec des modifications du mode de vie. L’objectif est de participer au maintien de la balance énergétique en augmentant les dépenses ou en réduisant les apports.

La sibutramine augmente la sensation de satiété par récepteur de la noradrénaline. Ses effets secondaires sont une accélération de la fréquence cardiaque, une sécheresse buccale et une élévation de la pression artérielle.

L’orlistat diminue l’absorption des graisses par inhibition de la lipase pancréatique. Les effets secondaires sont des stéatorrhées et une possible malabsorption des vitamines liposolubles.

La chirurgie bariatrique

Proposée du fait de l’échec fréquent du traitement conventionnel, ses indications sont essentiellement l’obésité massive avec un index de masse corporelle (IMC) supérieur à 40 et l’existence de comorbidités associées [30].

Ses contre-indications sont l’existence de troubles psychiatriques graves, de troubles alimentaires graves, d’un alcoolisme ou d’une toxicomanie, enfin d’une volumineuse hernie hiatale.

La mise en place d’anneaux de gastroplastie ajustables sous cœlioscopie permet de réduire la capacité gastrique et d’obtenir une perte pondérale de 20 à 50 kg en un an. Le risque en est la dilatation de la poche proximale.

Les by-pass consistent à adjoindre à la réduction gastrique une dérivation intestinale. Ils permettent une perte pondérale de 50 à 70 kg en un an et peuvent se compliquer rarement d’une sténose de l’anastomose duodéno-jéjunale, plus fréquemment de carences par malabsorption induite.

Le traitement chirurgical de l’obésité a des indications et des contre-indications bien codifiées et nécessite une prise en charge et un suivi par une équipe médicale spécialisée.

Effets de la perte de poids sur le SAHS

La relation entre perte de poids et amélioration de l’IAH n’est pas linéaire [31]. On observe en moyenne une diminution de 50 % de l’IAH pour une perte pondérale de 10 %. Il est toutefois difficile de prédire quel patient sera significativement amélioré par la perte de poids.

Au-delà se pose le problème du maintien du poids à long terme, qui reste difficile pour bon nombre de patients.

Même difficile, la prise en charge de l’obésité fait partie intégrante du traitement du SAHS. Toute perte pondérale, même modérée, a un effet bénéfique. Dans certains cas, elle permet un arrêt de l’aide ventilatoire ou une réévaluation du choix thérapeutique [28].

Traitement instrumental

La pression positive continue par voie nasale (PPC) constitue le traitement de référence du SAHS. Si la tolérance et l’efficacité en ont été validées, l’acceptation et l’observance peuvent en être aléatoires malgré d’importants progrès technologiques.

Principe général

Le principe du traitement par PPC a été décrit par Sullivan en 1981 [2]. Grâce à un effet d’attelle pneumatique, l’application d’une pression positive constante dans les voies aériennes supérieures permet d’éviter le collapsus inspiratoire du pharynx.

Le niveau de pression nécessaire pour prévenir les événements respiratoires anormaux doit être déterminé individuellement en début de traitement, c’est la titration de la PPC efficace qui se situe en règle entre 7 et 13 en H20.

Le débit d’air est transmis au patient par l’intermédiaire d’un tuyau souple relié à un masque nasal appliqué de façon étanche sur le visage par un système de harnais réglable. Pour prévenir la réinhalation du C02 expiré, le masque comporte une fuite intentionnelle de l’ordre de 10 à 15 L/mn [32].

Bénéfices attendus

À court terme, l’effet sur les troubles respiratoires nocturnes est constant et immédiat. L’effet sur le sommeil est également instantané avec réapparition ou voire rebond de sommeil lent profond et de sommeil paradoxal, ainsi qu’une diminution de la fragmentation du sommeil.

À plus long terme, la PPC améliore la qualité de vie et la vigilance diurne [33], les performances de conduite sur simulateur [34] et s’accompagne d’une diminution de la pression artérielle et du risque vasculaire [35].

Les bénéfices sont surtout importants dans les SAHS sévères ou chez les patients à IAH faible mais avec une somnolence diurne importante [36], suggérant l’importance de ce symptôme vis-à-vis de l’indication du traitement par PPC.

Contraintes et effets indésirables

Le taux d’acceptabilité initial se situe entre 70 et 80 % [37]. Les facteurs prédictifs d’abandon ultérieur de la PPC les plus importants sont la faible sévérité du SAHS et la mauvaise observance lors du premier trimestre d’utilisation [38].

La compliance effective se situerait entre 4 et 7 heures [39], le pourcentage d’utilisateurs réguliers (au moins 2 nuits sur 3 à plus de 4 heures) variant de 46 à 80 % [39].

Les effets secondaires graves à type de pneumothorax sont rares. Par contre, les effets secondaires locaux concernant près de 50 % des patients, pouvant compromettre l’utilisation régulière de l’appareillage. Il peut s’agir de lésions cutanées au contact du masque et surtout de phénomènes inflammatoires à type de rhinite ou d’obstruction nasale.

Indications du traitement par PPC

En France, le traitement par PPC est pris en charge par les caisses d’assurance-maladie sur la base de critères cliniques et polysomnographiques. Le patient doit présenter une somnolence diurne et 3 des 6 signes cliniques suivants : ronflements, céphalées matinales, vigilance réduite, troubles de la libido, hypertension artérielle et nycturie. Ces signes doivent être associés à un IAH ≥ 30 ou d’un IAH compris entre 10 et 30 associé à au moins 10 micro-éveils par heure de sommeil en rapport avec une augmentation de l’effort respiratoire. Ce deuxième cas de figure impose une polysomnographie complète pour évaluer la fragmentation du sommeil, quantifier les efforts respiratoires et rechercher d’éventuels diagnostics différentiels ou associés de somnolence diurne.

L’indication de la PPC ne se discute plus si l’IAH est ≥ 30. Lorsque l’IAH se situe entre 10 et 30, l’indication doit tenir compte de la symptomatologie diurne, des antécédents et facteurs de risque cardiovasculaire.

Mise en route et surveillance

La première étape consiste à déterminer la pression efficace, c’est la titration. La méthode de référence, la titration manuelle n’est réalisable qu’en laboratoire de sommeil. Plusieurs solutions alternatives ont été proposées, telles que la titration en nuit partagée ou « split night » [40], l’estimation de la PPC efficace à partir de la formule d’Hoffstein intégrant index de masse corporelle, périmètre cervical et IAH [41] ou d’utilisation des PPC autopilotées en tant qu’outil de titration [42].

Le patient doit recevoir une information sur la maladie, le principe et la justification du traitement et sur les possibles effets secondaires locaux de la PPC.

Le choix et l’adaptation du masque sont primordiaux pour la tolérance. S’il est logique de proposer un masque nasal en première intention, le recours à un masque nasobuccal se justifie en cas de respiration buccale.

L’adjonction d’un système d’humidification chauffante diminue les symptômes locaux et améliore l’observance [43].

Un suivi attentif est préconisé au cours des 3 premiers mois, qui sont déterminants pour la suite du traitement. Au-delà, le suivi médical peut être espacé à une consultation annuelle pour contrôle d’efficacité clinique et d’observance.

Techniques particulières

La ventilation nasale à deux niveaux de pression ou Bipap n’est pas justifiée en première intention, mais peut être proposée en cas de mauvaise tolérance de la PPC à l’expiration ou en cas d’hypoventilation alvéolaire associée aux phénomènes obstructifs, dans le cadre d’un overlap syndrome ou d’une obésité importante.

La PPC autopilotée permet une autotitration efficace. Son utilisation au long cours permet souvent d’obtenir une meilleure tolérance car la pression délivrée est souvent plus basse.

Par contre, aucune étude ne permet de conclure à une supériorité d’efficacité de la PPC autopilotée par rapport au traitement conventionnel.

L’utilisation de la PPC autopilotée est déconseillée en cas d’obésité, de BPCO, et d’insuffisance cardiaque compliquée d’apnées centrales [32].

Chirurgie

Le traitement chirurgical vise essentiellement à corriger les anomalies cervico-crânio-faciales pouvant être observées dans les SAHS [44].

L’utilisation d’analyses céphalométriques dynamiques montre un nombre important de patients avec une rétroposition mandibulaire favorisant le recul vélopharyngé et lingual. Des déformations de l’appareil hyolingual sont également souvent présentes. L’obstruction de la voie aérienne nasale par déviation septale et/ou hypertrophie turbinale contribue également à aggraver le SAHS.

Techniques chirurgicales

Le but est d’élargir la voie aérienne oropharyngée, soit au niveau de l’étage vélo-amygdalien, soit au niveau de l’étage rétrobasilingual par modification du contenu ou du contenant.

Étage oropharyngé supérieur

La chirurgie de l’oropharynx supérieur avec résection vélo-amygdalienne de type uvulo-pharyngoplastie (UPP), la première utilisée, a donné des résultats insuffisants conduisant à en limiter les indications au seul SAHS modéré, en dehors de l’existence d’une hypertrophie amygdalienne majeure.

La radiofréquence pour rigidifier le voile du palais est davantage utilisée.

Étage oropharyngé inférieur

La chirurgie de l’oropharynx rétrobasilingual vise à modifier la position de la langue ou à en réduire le volume.

La chirurgie du contenant osseux consiste à avancer la totalité du secteur denté de la mandibule souvent en association avec le maxillaire.

Traitement de la perméabilité nasale

Turbinoplastie par laser ou radiofréquence, ou turbinectomie inférieure permettent souvent d’obtenir une meilleure compliance au traitement par PPC ou orthèse dentaire.

Quels patients traiter ?

En cas de SAHS modéré, un traitement chirurgical ou instrumental du voile du palais peut être proposé.

Dans les SAHS sévères, la chirurgie n’est proposée qu’en cas d’échec ou de refus de la PPC et de l’orthèse.

En cas d’anomalie squelettique craniofaciale, une chirurgie d’avancée maxillomandibulaire peut être proposée.

En l’absence d’anomalie squelettique avec déformation de l’appareil hyolingual, un traitement de réduction basilingual peut être proposé.

Orthèse d’avancée mandibulaire (OAM)

Constituant une approche mécanique virant à antérioriser la mandibule, l’OAM a une efficacité variable mais réelle [27].

Moins souvent efficace que la PPC, l’OAM peut néanmoins être efficace même chez des patients sévères et la majorité des patients préfèrent le traitement par OAM à celui par PPC [45].

Il s’agit d’une méthode simple, au coût adapté, avec mise en place rapide, dont la mise en bouche et la surveillance doivent être assurées par un odontologue.

Lors du bilan initial, il importe de recueillir des informations d’ordre stomatognothique, par réalisation d’une téléradiographie et d’un panoramique dentaire renseignant sur la situation musculo-articulaire et buccodentaire du patient.

Le bilan permet de recherche des contre-indications locales d’ordre dentaire, parodontal ou musculo-articulaire.

Lors de la conception de l’orthèse, il est important de pouvoir réaliser une procédure de titration permettant d’optimaliser l’efficacité et le confort ultérieurs.

Les effets secondaires sont dominés par la crainte de léser l’articulation temporo-mandibulaire ou de déplacer certaines dents, ce qui rend indispensable l’évaluation de l’état dentaire et de l’articulation temporo-mandibulaire par un spécialiste lors des visites au moins annuelles.

L’OAM est un traitement efficace du SAHS qui peut être proposé en première intention en cas de SAHS modéré et en cas de refus de la PPC dans les SAHS sévères. L’efficacité doit en être évaluée par une polysomnographie au terme d’une procédure de titration.

Conclusion

Eu égard à sa prévalence croissante et à ses multiples implications, notamment d’ordre cardiovasculaire, le SAHS constitue un authentique problème de santé publique.

Une bonne connaissance des signes d’appel est le meilleur garant d’un diagnostic précoce.

Cependant, compte tenu du caractère instrumental du traitement de référence et des problèmes d’acceptabilité qui en découlent, les indications thérapeutiques doivent être soigneusement pesées.

Si l’indication de la PPC ne se discute guère dans les SAHS sévères, la prise en compte des symptômes (notamment de la somnolence diurne) et du risque cardiovasculaire est déterminante pour poser l’indication de la PPC dans le SAHS avec IAH entre 15 et 30.

Le traitement des SAHS peu sévères avec IAH inférieur à 15 est plus discutable, en l’absence de somnolence diurne excessive, d’autant que les patients les moins symptomatiques sont les moins adhérents à la thérapeutique.

Dans tous les cas, les mesures hygiéno-diététiques font partie intégrante de la prise en charge.

L’éducation thérapeutique peut permettre une meilleure adhérence à la thérapeutique instrumentale.

En cas de refus ou d’échec de la PPC, le choix d’une thérapeutique alternative, notamment d’une orthèse d’avancée mandibulaire, se pose avec acuité.

Les indications de chirurgie bimaxillaire sont réservées à des patients sévères ne tolérant pas la PPC.

La radiofréquence pour rigidifier le voile du palais ou traiter la perméabilité nasale s’adresse souvent à des patients peu sévères.

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