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Existe-t-il un lien entre la maladie artérielle athéromateuse et la maladie veineuse thromboembolique ?


Médecine thérapeutique. Volume 14, Numéro 1, 32-6, Janvier-Février 2008, Point de vue

DOI : 10.1684/met.2008.0145

Résumé  

Auteur(s) : Karine Lacut, Aurélien Deluc, Emmanuelle Le Moigne, Dominique Mottier , Université de Bretagne occidentale, GETBO EA 3878 ; CHU Cavale Blanche, Département de médecine interne et pneumologie, Brest, F-29609 France.

Résumé : La maladie artérielle athéromateuse et la maladie veineuse thromboembolique (MVTE) sont fréquentes et multifactorielles. Elles sont considérées comme deux entités distinctes. L’acteur principal de la complication artérielle aiguë est la plaquette, alors que dans la thrombose veineuse c’est la cascade de la coagulation qui joue un rôle central. Cette dualité apparente explique l’approche thérapeutique de la maladie artérielle athéromateuse par les antiagrégants plaquettaires et de la MVTE par les anticoagulants. Depuis quelques années, des études épidémiologiques convaincantes suggèrent un lien entre maladie athéromateuse et MVTE. S’il y a peu d’arguments pour suggérer que l’athérome non compliqué soit prédictif de MVTE, l’inverse semble plus probable, l’ensemble des études montrant avec une relative constance que les patients qui présentent une MVTE ont ultérieurement un risque accru de développer des complications artérielles liées à l’athérome. Compte tenu de la fréquence et de l’importance de ces deux pathologies vasculaires en terme de morbi-mortalité, il paraît légitime de poursuivre les explorations sur ce thème avec pour objectifs : 1) de préciser l’association entre les deux pathologies, 2) de préciser la nature de l’association en explorant d’une part les facteurs de risque communs potentiels et d’autre part les mécanismes physiopathologiques sous-jacents, 3) d’évaluer des thérapeutiques susceptibles d’influencer favorablement à la fois la MVTE et la maladie athéromateuse, et 4) de parfaitement définir les indications de l’association antiagrégants et anticoagulants à dose curative ou préventive.

Mots-clés : maladie artérielle athéromateuse, maladie veineuse thromboembolique, antiagrégant, anticoagulant, prévention

ARTICLE

Auteur(s) : Karine Lacut, Aurélien Deluc, Emmanuelle Le Moigne, Dominique Mottier

Université de Bretagne occidentale, GETBO EA 3878 ; CHU Cavale Blanche, Département de médecine interne et pneumologie, Brest, F-29609 France

La maladie artérielle athéromateuse et la maladie veineuse thromboembolique (MVTE) sont fréquentes et multifactorielles. Bien que toutes deux maladies « vasculaires », elles sont considérées comme des entités bien distinctes essentiellement en raison de présentations cliniques et de mécanismes physiopathologiques différents. Les syndromes coronariens aigus, l’accident vasculaire cérébral ischémique ou l’ischémie aiguë des membres inférieurs sont les événements aigus de la maladie athéromateuse. Leur survenue est liée à des altérations de la paroi artérielle responsables de la formation d’un thrombus « blanc », riche en plaquettes. Les manifestations cliniques de la MVTE, thrombose veineuse profonde et embolie pulmonaire, sont liées à une rupture de l’équilibre entre coagulation et anticoagulation physiologique au profit de la coagulation responsable de la formation dans les veines de thrombi « rouges », riche en globules rouges et en fibrine. Sur le plan thérapeutique, cette dualité se retrouve également : les accidents thrombotiques veineux sont traités par des anticoagulants, alors que les antiagrégants plaquettaires sont privilégiés dans le traitement des accidents artériels.

Pourtant, cette dualité systématique est probablement une façon simplifiée de présenter ces deux maladies vasculaires les plus fréquentes. Depuis quelques années, de nombreuses publications suggèrent un lien entre maladie athéromateuse et MVTE. Certaines maladies susceptibles de se compliquer à la fois d’événements veineux et artériels, comme le syndrome des anticorps antiphospholipides ou les syndromes myéloprolifératifs, supportaient déjà l’idée d’une association entre les deux pathologies. Quelques études récentes renforcent cette idée en suggérant d’une part que la survenue d’un événement veineux semblerait prédictive de celle d’un événement artériel, et d’autre part que les facteurs de risque classiques de la maladie athéromateuse seraient aussi des facteurs de risque de la MVTE.

Quelles sont aujourd’hui les données de la littérature qui permettent d’argumenter une association entre la maladie athéromateuse et la MTEV ?

Les patients qui présentent une maladie veineuse thromboembolique sont-ils plus à risque de présenter aussi une maladie athéromateuse ?

Intrigués par les résultats d’une cohorte prospective s’intéressant au risque de récidive de MVTE et retrouvant une fréquence importante de décès par infarctus du myocarde (IDM) ou accident vasculaire cérébral (AVC) [1], Prandoni et al. ont mené une étude cas-témoin spécialement conçue pour évaluer l’association entre la survenue d’un événement thrombotique veineux et la présence d’athérome carotidien [2]. Une exploration ultrasonographique des axes carotidiens a été réalisée de façon systématique chez 299 patients qui avaient présenté une thrombose veineuse profonde (TVP) et exempts d’athérosclérose symptomatique, ainsi que chez 150 sujets contrôles. Au moins une plaque carotidienne a été détectée chez 72 des 153 patients ayant présenté une TVP « idiopathique » (47,1 %), chez 40 des 146 patients ayant présenté une TVP « secondaire », liée à un facteur de risque transitoire (27,4 %) et chez 48 des 150 sujets contrôles (32 %). Le risque de présenter un athérome carotidien asymptomatique pour les patients ayant présenté une TVP « idiopathique » était multiplié par 2,3 (IC 95 % 1,4-3,7) par rapport aux patients ayant présenté une TVP « secondaire » et par 1,8 (IC 95 % 1,1-2,9) par rapport aux sujets contrôles. Cette association n’était pas modifiée par l’analyse multivariée prenant en compte les facteurs de risque classiques d’athérosclérose. La possibilité d’une association entre MVTE non provoquée et athérosclérose était ainsi évoquée, et les auteurs encourageaient à poursuivre les explorations pour confirmer leurs données, préciser la nature de l’association et évaluer les potentielles implications pratiques.

Par la suite, d’autres études ont évalué le risque de survenue d’événements artériels symptomatiques, et non plus seulement d’athérosclérose asymptomatique, chez des patients ayant présenté un épisode thrombotique veineux.

Becattini et al. ont suivi une cohorte de 209 patients ayant présenté une embolie pulmonaire (EP) « idiopathique » et 151 patients ayant présenté une EP liée à un facteur de risque transitoire [3]. Après une médiane de suivi de 38 mois, un événement artériel était survenu chez 20 des patients avec EP idiopathique (3,2 % patient-année) et chez 2 des patients avec EP secondaire (0,4 % patient-année) (RR 7,2, IC 95 % 1,7-30,5). L’EP idiopathique restait un facteur prédictif d’événement cardiovasculaire après ajustement sur l’âge. Des résultats similaires étaient retrouvés dans une nouvelle étude de Prandoni ayant inclus 1 919 patients avec un premier épisode thrombotique veineux [4]. Les patients qui avaient présenté un événement veineux sans facteur favorisant retrouvé avaient un risque multiplié par 1,6 de développer une maladie athérothrombotique symptomatique par rapport à ceux ayant présenté un événement veineux lié à un facteur de risque transitoire après environ 4 ans de suivi.

Vis-à-vis du risque de maladie athéromateuse, ces études soulignent une différence importante entre la MVTE provoquée, liée à des facteurs de risque majeurs ou transitoires, et la MVTE non provoquée pour laquelle aucun facteur favorisant n’est identifié.

Récemment, une large étude de cohorte danoise a évalué le risque d’hospitalisation pour un IDM ou un AVC dans les suites d’un épisode thrombotique veineux [5]. Après avoir exclu les patients aux antécédents de maladie cardiovasculaire, 25 199 patients ayant présenté une TVP, 16 925 patients ayant présenté une EP et 163 566 sujets contrôles ont été suivis. Pour les patients avec TVP, le risque de présenter un IDM ou un AVC dans l’année qui suivait la TVP était multiplié par 1,6 (IC 95 % 1,35-1,81) et 2,19 (IC 95 % 1,85-2,60) respectivement. Pour les patients avec EP ces risques étaient eux multipliés par 2,6 (IC 95 % 2,14-3,14) et 2,93 (IC 95 % 2,34-3,66). Chez les patients de plus de 70 ans, le risque de présenter un IDM ou un AVC dans la première année atteignait 3,96 % contre 1,59 % dans la population contrôle du même âge. Au-delà de la première année de suivi, un risque plus élevé de présenter un accident artériel lorsqu’on avait présenté un événement veineux persistait mais à un niveau moins élevé. Dans cette étude, contrairement aux études précédentes, le risque d’événements cardiovasculaires était identique que l’épisode veineux ait été provoqué ou non.

Les patients avec une MVTE sont manifestement plus à risque de présenter dans les suites un accident artériel. La survenue d’un événement thrombotique veineux est ainsi peut-être l’occasion de faire le point sur l’ensemble des facteurs de risque d’athérothrombose et de mettre en place ou de maintenir les traitements préventifs cardiovasculaires s’ils sont justifiés. Les raisons de ce sur-risque artériel ne sont pas claires, d’autant que les patients reçoivent une anticoagulation à dose curative pour leur MVTE. Une explication pourrait être la non-reprise d’un traitement antiagrégant plaquettaire qui avait été arrêté lors de l’initiation du traitement anticoagulant. Si l’association antiagrégant et anticoagulant à dose curative ne se discute pas chez un malade porteur d’un stent coronarien et qui présente une MVTE, cette association est par contre discutée et discutable chez les patients qui ont dans leurs antécédents un IDM ou un AVC ischémique cérébral et qui présentent une MVTE.

Les patients qui présentent une maladie artérielle athéromateuse sont-ils plus à risque de présenter une maladie veineuse thromboembolique ?

Deux études de cohorte américaines relativement similaires ont évalué l’association entre la présence d’un athérome asymptomatique et la survenue ultérieure d’un événement thrombotique veineux [6, 7]. Dans la Cardiovascular Health Study, 4 108 patients de 65 ans et plus, sans maladie athéromateuse symptomatique, sans traitement anticoagulant et sans antécédent de MVTE ont eu à l’entrée dans l’étude une évaluation systématique des axes carotidiens par ultrasonographie permettant de mesurer l’épaisseur intima-media et de détecter des plaques carotidiennes [6]. Au terme d’un suivi médian de près de 12 ans, la présence d’un athérome carotidien était inversement associée à la survenue d’un événement thrombotique veineux (HR = 0,60, IC95 % : 0,39-0,91). L’étude ARIC (Atherosclerosis Risk In Communities) a suivi 13 081 patients âgés de 45 à 64 ans pendant plus de 12 ans [7]. Aucune association significative n’a été retrouvée entre la présence d’un athérome carotidien asymptomatique et la survenue ultérieure d’un événement thrombotique veineux. Par contre, chez les patients qui ont présenté au cours du suivi un événement artériel (syndrome coronarien aigu ou AVC) le risque ultérieur de survenue d’un épisode veineux était multiplié par 1,5 (IC 95 % 1,01-2,25).

Les résultats de ces deux études contrastent avec les précédents, et il apparaît donc que l’athérome asymptomatique ne serait pas prédictif d’événements thrombotiques veineux. Des différences méthodologiques et des différences concernant les populations étudiées ont été évoquées pour expliquer ces divergences. Au-delà, peut-on imaginer que la survenue d’un événement artériel thrombotique soit responsable de l’activation d’un processus thrombotique général et induise par voie de conséquence des événements veineux, l’athérome asymptomatique ne suffisant pas à déclencher ce processus d’activation ? On peut également imaginer que la survenue d’un événement thrombotique veineux induise une majoration des mécanismes thrombotiques à l’origine d’accidents artériels sur des artères athéromateuses. (L’accident artériel aigu « starter » de l’accident thrombotique veineux, l’accident veineux « starter » de l’accident artériel ?)

La maladie artérielle athéromateuse et la maladie veineuse thromboembolique partagent-elles des facteurs de risque communs ?

Si la maladie athéromateuse et la MVTE partageaient les mêmes facteurs de risque, cela renforcerait l’idée d’un lien entre les deux maladies et permettrait de penser que les événements veineux et les événements artériels sont des manifestations cliniques différentes d’une même pathologie.

L’âge est un facteur de risque majeur d’athérosclérose, et est également un facteur de risque indépendant de MVTE, mais c’est un facteur peu discriminant, de nombreuses autres pathologies étant également liées à l’âge.

Certains facteurs ou certaines conditions semblent à la fois associés à une augmentation des événements veineux et à une augmentation des événements artériels de façon synchrone. Ce sont par exemple le syndrome des anticorps antiphospholipides ou les syndromes myéloprolifératifs. Cependant, ces syndromes étant rares, ils ne semblent pas pouvoir expliquer une association entre MVTE et athérosclérose retrouvée sur des populations peu sélectionnées.

Les traitements hormonaux, pilule et traitement hormonal substitutif de la ménopause, sont des facteurs de risque de MVTE bien connus. Certains d’entre eux sont aussi des facteurs de risque d’accidents artériels. Dans le contexte d’un possible lien entre athérosclérose et MVTE, le parallélisme entre la survenue de MVTE et la survenue d’AVC constatées sous traitement hormonal substitutif est assez marquant [8].

L’hyperhomocystéinémie est aussi décrite comme un facteur de risque à la fois de MVTE et d’athérosclérose. Néanmoins, les grands essais évaluant la normalisation de l’homocystéinémie sur la survenue des événements cliniques artériels ou veineux n’ayant pas montré de bénéfice [9, 10], se pose alors la question de la validité même de l’hyperhomocystéinémie comme facteur de risque.

Les facteurs de risque classiques de la maladie athéromateuse, obésité, tabagisme, dyslipidémie, hypertension et diabète, sont-ils des facteurs de risque de MVTE ? Une méta-analyse publiée récemment suggère que le diabète multiplierait par 1,42 le risque de MVTE, l’obésité par 2,33, et l’hypertension par 1,5 [11]. Il n’y aurait pas d’association significative entre le risque de MVTE et le tabagisme ou le cholestérol total. Par contre, les patients avec une MVTE auraient un taux de triglycérides plus élevé que les sujets contrôles, ainsi qu’un taux d’HDL-cholestérol plus bas. Les résultats de cette analyse sont toutefois à modérer. En effet, les études incluses étaient assez hétérogènes ; chaque facteur de risque a été analysé indépendamment des autres ; et enfin, l’influence des thérapeutiques susceptibles de modifier ces facteurs, comme par exemple les traitements hypolipémiants ou les traitements antihypertenseurs, n’a pas été prise en compte.

Le syndrome métabolique, regroupant plusieurs facteurs liés à l’athérosclérose, a été retrouvé associé à un risque de MVTE multiplié par 2 [12, 13]. Parmi les divers composants du syndrome métabolique, les triglycérides et le rapport taille sur hanche apparaissaient comme étant les facteurs les plus associés au risque de MVTE.

Aucun lien de causalité ne peut être affirmé, mais ces études d’observation suggèrent que quelques grands facteurs de risque d’athérosclérose pourraient être associés à un risque accru et non négligeable de MVTE.

À l’inverse, les facteurs de risque classiques de MVTE sont-ils des facteurs de risque d’athérosclérose ? Les facteurs de risque majeurs de la MVTE comme la chirurgie, la grossesse, le post-partum, ou l’immobilisation prolongée ne sont pas des facteurs de risque d’athérosclérose. Les thrombophilies biologiques génétiques identifiées (mutation du gène du Facteur V, mutation du gène de la prothrombine, déficit en protéine S, protéine C et antithrombine) ne sont pas non plus des facteurs de risque de la maladie artérielle. Alors comment expliquer l’éventuelle association entre pathologie veineuse et artérielle ? Dans environ 50 % des cas de MVTE, les facteurs de risque acquis ou constitutionnels ne sont pas retrouvés. Ces patients présentent peut-être des facteurs de risque non encore identifiés susceptibles à la fois d’expliquer l’événement veineux et aussi le sur-risque d’événements artériels ultérieur. Ceci expliquerait ainsi pourquoi, dans les études italiennes, le risque de survenue d’un événement cardiovasculaire est plus important chez les patients qui présentent une MVTE non provoquée par rapport à ceux qui présentent une MVTE provoquée.

Quelles implications pratiques s’il existe un lien entre maladie artérielle athéromateuse et maladie veineuse thromboembolique ?

Malgré les nombreuses publications sur ce thème, le lien entre l’athérosclérose et la MVTE ne peut être formellement affirmé, et la nature de l’association, si elle existe, reste incertaine. Néanmoins, s’il y a peu d’arguments pour suggérer que l’athérome non compliqué soit prédictif de MVTE, l’inverse semble plus probable, l’ensemble des études montrant avec une relative constance que les patients qui présentent une MVTE ont ultérieurement un risque accru de développer des complications artérielles liées à l’athérome.

Si un lien existe entre athérosclérose et MVTE, trois mesures pratiques pourraient être proposées :

  • La première concerne les études d’intervention évaluant la prise en charge au long cours de la MVTE où des critères de jugement composites (incluant à la fois la survenue d’événements veineux et la survenue d’événements artériels) devraient être utilisés. Des traitements susceptibles d’améliorer à la fois l’évolution de la MVTE et de la maladie artérielle seraient particulièrement séduisants.
  • La deuxième mesure concerne l’évaluation du profil de risque cardiovasculaire dont pourraient bénéficier les patients qui présentent une MVTE au moment de l’événement veineux ainsi qu’au moment de l’interruption du traitement anticoagulant.
  • La troisième mesure concerne, dans le cadre de la MVTE, l’évaluation des thérapeutiques susceptibles de modifier favorablement le profil de risque cardiovasculaire et approuvées dans la prévention des complications artérielles de l’athérosclérose. Parmi ces mesures, l’aspirine et les statines pourraient avoir une influence favorable sur la MVTE [14-17]. Deux grandes études évaluant l’aspirine en prévention secondaire de la MVTE sont d’ailleurs en cours [18]. L’une d’elle, Warfasa, intègre la survenue d’AVC, d’IDM et de mort subite dans le critère de jugement principal.

Conclusion

Le lien entre maladie athéromateuse et maladie thromboembolique veineuse ne peut à l’heure actuelle être définitivement confirmé. Des études épidémiologiques convaincantes suggèrent que la survenue d’une MVTE est prédictive de complications artérielles ultérieures.

Compte tenu de la fréquence et de l’importance de ces deux pathologies vasculaires en terme de morbi-mortalité, il paraît légitime de poursuivre les explorations sur ce thème avec pour objectifs 1) de préciser l’association entre les deux pathologies, 2) de préciser la nature de l’association en explorant d’une part les facteurs de risque communs potentiels et d’autre part les mécanismes physiopathologiques sous-jacents, 3) d’évaluer des thérapeutiques susceptibles d’influencer favorablement à la fois la MTEV et la maladie athéromateuse, et 4) de parfaitement définir les indications de l’association antiagrégants et anticoagulants à dose curative ou préventive.

Références

1 Prandoni P, Lensing AW, Cogo A, et al. The long-term clinical course of acute deep venous thrombosis. Ann Intern Med 1996 ; 125 : 1-7.

2 Prandoni P, Bilora F, Marchiori A, et al. An association between atherosclerosis and venous thrombosis. N Engl J Med 2003 ; 348 : 1435-41.

3 Becattini C, Agnelli G, Prandoni P, et al. A prospective study on cardiovascular events after acute pulmonary embolism. Eur Heart J 2005 ; 26 : 77-83.

4 Prandoni P, Ghirarduzzi A, Prins MH, et al. Venous thromboembolism and the risk of subsequent symptomatic atherosclerosis. J Thromb Haemost 2006 ; 4 : 1891-6.

5 Sørensen HT, Horvath-Puho E, Pedersen L, Baron JA, Prandoni P. Venous thromboembolism and subsequent hospitalisation due to acute arterial cardiovascular events : a 20-year cohort study. Lancet 2007 ; 370 : 1773-9.

6 van der Hagen PB, Folsom AR, Jenny NS, et al. Subclinical atherosclerosis and the risk of future venous thrombosis in the Cardiovascular Health Study. J Thromb Haemost 2006 ; 4 : 1903-8.

7 Reich LM, Folsom AR, Key NS, et al. Prospective study of subclinical atherosclerosis as a risk factor for venous thromboembolism. J Thromb Haemost 2006 ; 4 : 1909-13.

8 Rossouw JE, Anderson GL, Prentice RL, et al., Writing Group for the Women’s Health Initiative Investigators. Risks and benefits of estrogen plus progestin in healthy postmenopausal women : principal results From the Women’s Health Initiative randomized controlled trial. JAMA 2002 ; 288 : 321-33.

9 den Heijer M, Willems HP, Blom HJ, et al. Homocysteine lowering by B vitamins and the secondary prevention of deep vein thrombosis and pulmonary embolism : A randomized, placebo-controlled, double-blind trial. Blood 2007 ; 109 : 139-44.

10 Lonn E, Yusuf S, Arnold MJ, et al. Heart Outcomes Prevention Evaluation (HOPE) 2 Investigators. Homocysteine lowering with folic acid and B vitamins in vascular disease. N Engl J Med 2006 ; 354 : 1567-77.

11 Ageno W, Becattini C, Brighton T, Selby R, Kamphuisen PW. Cardiovascular risk factors and venous thromboembolism : a meta-analysis. Circulation 2008 ; 117 : 93-102.

12 Ay C, Tengler T, Vormittag R, et al. Venous thromboembolism--a manifestation of the metabolic syndrome. Haematologica 2007 ; 92 : 374-80.

13 Ageno W, Prandoni P, Romualdi E, et al. The metabolic syndrome and the risk of venous thrombosis : a case-control study. J Thromb Haemost 2006 ; 4 : 1914-8.

14 Collaborative overview of randomised trials of antiplatelet therapy – III : Reduction in venous thrombosis and pulmonary embolism by antiplatelet prophylaxis among surgical and medical patients. Antiplatelet Trialists’ Collaboration. BMJ 1994 ; 308 : 235-46.

15 Prevention of pulmonary embolism and deep vein thrombosis with low dose aspirin : Pulmonary Embolism Prevention (PEP) trial. Lancet 2000 ; 355 : 1295-302.

16 Ray JG, Mamdani M, Tsuyuki RT, Anderson DR, Yeo EL, Laupacis A. Use of statins and the subsequent development of deep vein thrombosis. Arch Intern Med 2001 ; 161 : 1405-10.

17 Lacut K, Oger E, LeGal G, et al. Statins but not fibrates are associated with a reduced risk of venous thromboembolism : a hospital-based case-control study. Fundam Clin Pharmacol 2004 ; 18 : 477-82.

18 Brighton T, Eikelboom J, Gallus A, et al. Low dose aspirin for secondary prophylaxis of vein thrombosis – a prospectively planned meta-analysis. J Thromb Haemost 2005 ; 3(Suppl. 1) : 2202 ; (Abstract).


 

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