ARTICLE
Auteur(s) :, Anne-Marie
Roguedas-Contios1,2,*, Caridad Garcia-Le
Gal2
1Département de médecine interne et pneumologie (EA
3878), CHU La Cavale Blanche, 29609 Brest Cedex
2Service de dermatologie-vénérologie-allergologie, CHU
Morvan, 29609 Brest Cedex
Les dermocorticoïdes (Dc) constituent la classe des topiques
contenant des corticoïdes. En France, 26 représentants sont
utilisés (tableau 1). Ils sont les dérivés synthétiques d’une
hormone naturelle sécrétée par les glandes surrénales : le
cortisol. Nous évoquerons dans un premier temps leur mode d’action
puis leurs indications et contre-indications. Nous envisagerons
également leurs modalités possibles de prescription ainsi que leurs
effets secondaires.
Mécanismes d’action des dermocorticoïdes, facteurs de
variation
Mécanismes d’action
- • Activité anti-inflammatoire. L’efficacité des Dc tient
principalement à leur activité anti-inflammatoire, inhibitrice sur
les médiateurs de l’inflammation comme les cytokines. L’une de ses
traductions cliniques est l’effet vasoconstricteur classé en quatre
niveaux d’activité : faible, modéré, fort et très fort, selon
leur action sur peau saine. Cette activité est chiffrée de I à IV.
Il existait jusque-là une différence entre la classification
internationale qui considérait la classe I comme la plus faible et
la classe IV comme très forte, et la classification française qui
était inverse. Dans un souci de cohérence, la conférence de
consensus récente sur la prise en charge de la dermatite atopique
(www.sfdermato.org) recommande l’adoption de la classification
internationale, c’est-à-dire classe I faible, classe IV forte.
- • Activité immunosuppressive et anti-proliférative. Leur
mécanisme d’action comporte également une action immunosuppressive
et anti-proliférative qui limite la synthèse de collagène et qui
peut entraîner au long cours des effets secondaires à type
d’atrophie cutanée (vergetures irréversibles).
- • L’activité intrinsèque de ces molécules est en partie
corrélée à leur degré d’affinité pour les récepteurs spécifiques
situés dans les cellules cibles épidermiques (kératinocytes) et
dermiques (fibroblastes) [1], mais également sur les mélanocytes
dont la raréfaction entraîne un effet dépigmentant [2]. L’ensemble
ligand-récepteur va se fixer sur une séquence spécifique de l’ADN
et entraînera selon le gène une activation ou une inhibition
transcriptionnelle et donc traductionnelle. Les protéines
synthétisées sont responsables de l’activité anti-inflammatoire,
anti-proliférative et immunosuppressive de ces molécules.
Facteurs de variation
( Tableau 1 )Ces propriétés varient en
fonction de facteurs qui interviennent sur l’efficacité des Dc.
- • L’état cutané peut faire varier les résultats :
il existe une meilleure diffusion dans un épiderme hydraté, ainsi
que lorsque la couche cornée est peu épaisse, comme au niveau du
scrotum ou des paupières. En cas de dermatose inflammatoire, la
pénétration semble augmentée. Ainsi Turpeinen [3] a étudié les
modifications de concentration d’hydrocortisone plasmatique qui
suivait l’application de Dc sur la peau d’adultes et d’enfants
souffrant de dermatite atopique ( (figure 1) ). Après blocage
de la sécrétion endogène par une injection de dexaméthasone, trois
catégories de patients ont été étudiées (DA sévère, moyenne et en
rémission) : l’application de Dc s’accompagnait d’un pic de
cortisol plus important en cas de maladie active.
- • L’âge intervient également, puisque dans l’expérience
précédente le pic de cortisol était de plus supérieur à sévérité
identique chez un enfant que chez un adulte.
- • La galénique du produit est primordiale : il
existe plusieurs excipients disponibles. Leur action est importante
puisqu’elle peut permettre de modifier le résultat des tests de
vasoconstriction. Ainsi le propylène glycol contenu dans le
Diprolène® permet de rendre plus puissant ce Dc alors
qu’il s’agit du même principe actif que dans le
Diprosone®. En effet cet excipient favorise la
solubilité. De la même façon, l’action de la pommade
Diprosone® est plus forte que la crème en raison de
l’effet occlusif des pommades qui augmente l’hydratation cutanée et
la durée de contact. Certains adjuvants peuvent également
intervenir comme l’acide salicylique contenu dans le
Diprosalic® qui assure un effet kératolytique favorable
à la diffusion.
- • La fréquence d’application est un facteur essentiel
encore mal connu : ainsi le phénomène de tachyphylaxie peut
être résumé en un épuisement de l’action au fur et à mesure de
l’application du Dc, tandis que les effets secondaires ont plutôt
tendance à s’accentuer. L’utilisation d’un Dc fort 2 fois par jour
entraîne un arrêt de la vasoconstriction au bout de 2 jours,
et cette saturation prend fin au bout de 3 jours si l’on
arrête d’appliquer le Dc [4]. Qu’en est-il pour un rythme d’une
seule application par jour ? Ces résultats sont-ils identiques
sur peau inflammatoire ?
- • L’horaire d’application pourrait influencer
l’efficacité : les données récentes de chronopharmacologie [5]
ont ainsi pu mettre en évidence que l’efficacité maximale d’un Dc
appliqué sur peau saine ou irritée était obtenue par application
vespérale, en rapport avec une augmentation physiologique nocturne
de la perméabilité cutanée.
- • L’efficacité ne semble pas proportionnelle à la
quantité appliquée : Barry et Woodford [6] ont ainsi prouvé
qu’il n’y avait pas de différence au test de vasoconstriction entre
l’application d’un Dc à la concentration de 3 ou 8
mg/7 mm2. Ce résultat est-il identique pour tous
les Dc ? La quantité appliquée pour un effet optimum paraît
néanmoins être 4 mg/cm2, ce qui correspond à une fine
couche.
Ainsi, malgré l’ancienneté d’utilisation des Dc, beaucoup de
paramètres restent encore imprécis, ce qui en explique certainement
l’absence de consensus d’utilisation.
Tableau 1 Dermocorticoïdes actuellement disponibles en
France en dehors des associations à d’autres molécules
|
Spécialité
|
DCI
|
Halogénation
|
Présentation
|
%
|
|
Niveau très fort
|
|
Dermoval®
|
Clobétasol propionate
|
Fluor-chlore
|
Crème, gel
|
0,05
|
|
Diprolène®
|
Bétaméthasone dipropionate
|
Fluor
|
Crème, pommade
|
0,05
|
|
Niveau fort
|
|
Betneval®
|
Bétaméthasone valérate
|
Fluor
|
Crème, pommade, lotion
|
0,10
|
|
Célestoderm®
|
Bétaméthasone valérate
|
Fluor
|
Crème, pommade
|
0,10
|
|
Diprosone®
|
Bétaméthasone dipropionate
|
Fluor
|
Crème, pommade, lotion
|
0,05
|
|
Efficort®
|
Acéponate d’hydrocortisone
|
Néant
|
Crème hydrophile, crème lipophile
|
0,127
|
|
Epitopic® 0,05 %
|
Difluprednate
|
Difluoré
|
Crème, gel
|
0,05
|
|
Locatop®
|
Désonide
|
Néant
|
Crème
|
0,10
|
|
Locoïd®
|
Hydrocortisone butyrate
|
Néant
|
Crème, crème épaisse, émulsion fluide, lotion, pommade
|
0,10
|
|
Flixovate®
|
Fluticasone
|
Néant
|
Crème, pommade
|
|
|
Nérisone®
|
Diflucortolone valérate
|
Difluoré
|
Crème, pommade, pommade anhydre
|
0,10
|
|
Niveau modéré
|
|
Aclosone®
|
Alclométasone
|
Chlore
|
Crème, pommade
|
0,05
|
|
Célestoderm® relais
|
Bétaméthasone valérate
|
Fluor
|
Crème
|
0,05
|
|
Epitopic® 0,02 %
|
Difluprednate
|
Difluoré
|
Crème
|
0,02
|
|
Locapred®
|
Désonide
|
Néant
|
Crème
|
0,10
|
|
Tridésonit®
|
Désonide
|
Néant
|
Crème
|
0,05
|
|
Ultralan®
|
Diflucortolone valérate
|
Fluor
|
Pommade
|
0,50
|
|
Niveau faible
|
|
Hydracort®
|
Hydrocortisone
|
Néant
|
Crème
|
0,50
|
|
Dermaspraid® démangeaison
|
Hydrocortisone
|
Néant
|
Crème, solution
|
0,50
|
|
Mitocortyl® démangeaisons
|
Hydrocortisone
|
Néant
|
Crème
|
0,50
|
Indications
- • Les Dc, par leur principe d’action, sont un traitement
symptomatique des inflammations cutanées dites primitives [7]. Ils
sont actuellement considérés comme le meilleur traitement de
l’eczéma (de contact ou/et atopique) ( (figure 1) )[8], du lichen
et des lichénifications, du coup de soleil [9] et désormais de la
pemphigoïde bulleuse [10]( (figure 2) ). Ils font
également partie de l’arsenal thérapeutique du traitement de la
dermite de stase (ou eczéma de stase), du lichen scléroatrophique,
du granulome annulaire, du lupus érythémateux disséminé, du prurit
du mycosis fongoïde et de la pelade. Dans toutes ces situations,
l’activité anti-inflammatoire est la plus utile par le biais de
l’effet des glucocorticoïdes sur les cytokines, médiateurs de
l’inflammation, mais aussi par leur effet vasoconstricteur qui, en
permettant de diminuer localement l’érythème et l’œdème, agit sur
les manifestations cliniques de l’inflammation. L’action
immunosuppressive est également importante puisque les Dc diminuent
le nombre de cellules de Langerhans et leur capacité de
présentation d’antigènes primordiale dans l’eczéma par exemple
[8].
- • Ils représentent le traitement habituel du psoriasis,
à l’exception des cas généralisés. En effet, les mécanismes
d’action des corticoïdes entraînent une inhibition de la synthèse
d’ADN des kératinocytes, ce qui limite l’hyperkératose typique de
cette maladie, mais aussi la prolifération des fibroblastes et des
lymphocytes T.
- • Une indication reste discutée dans la dermite
séborrhéique ( (figure
3) ) : peu d’études randomisées ont objectivé leur
efficacité et seul l’hydrocortisone crème a l’AMM aujourd’hui en
France. Le problème principal reste la compréhension du mécanisme
physiopathologique de cette dermatose. Certains la considèrent
comme étant la conséquence d’une colonisation excessive par des
levures de type malazezia, justifiant alors une attitude
thérapeutique par kétoconazole et autres molécules spécifiques.
D’autres la considèrent principalement comme une eczématisation,
nécessitant alors essentiellement un traitement par Dc. En 1986,
Faergemann et al. [11] réalisaient une étude randomisée en double
aveugle comparant un traitement par miconazole 2 %,
hydrocortisone 1 % et l’association des deux. Celle-ci se
révélait plus efficace avec l’obtention d’une disparition complète
des lésions après quatre semaines de traitement dans 90 % des
cas (19/21) contre 68 % (15/22) avec le miconazole et 70
(17/24) avec l’hydrocortisone. En 1992 [12], Ortonne et al. dans
une étude en simple aveugle comparait le kétoconazole gel moussant
2 % à une lotion de dipropionate de bêtaméthasone 0,05 %.
Après 4 mois de traitement, le kétoconazole s’avérait
significativement supérieur au Dc avec une meilleure tolérance.
Ceci n’a pas été confirmé par tous les auteurs. Le risque principal
reste l’auto-utilisation répétée et prolongée avec
corticodépendance et les effets secondaires classiques de la
corticothérapie sur le visage.
Contre-indications et effets secondaires
Les contre-indications sont les infections primitives bactériennes,
virales, fongiques et mycosiques, en raison de leur action
immunosuppressive qui favoriserait alors la dissémination des
agents infectieux. En pratique, en cas de doute diagnostique, un
prélèvement bactériologique, viral ou mycologique avec mise en
culture éventuelle, est demandé devant toute suspicion clinique
d’infection (figures 4-6).
Effets secondaires
Dans tous les cas, la connaissance de la dose totale appliquée est
importante et permet au clinicien de vérifier que le traitement est
bien conduit et qu’une éventuelle résistance au traitement n’est
pas simplement due à une corticophobie. Les effets secondaires de
la corticothérapie locale sont surtout marqués par une
hyperpilosité, une atrophie cutanée, l’apparition de vergetures, de
télangiectasies et d’hypopigmentation, d’éventuelles surinfections
virales, bactériennes ou mycosiques [13] ainsi que la dermite
cortico-induite, l’eczéma de contact aux corticoïdes. Les effets
systémiques seraient rares et comprendraient l’hypercortisme et
l’insuffisance surrénalienne haute par inhibition de l’axe
hypothalamo-hypophysaire [14].
- • Nous utiliserons dans ce chapitre la classification
française de l’activité des dermocorticoïdes, même si celle-ci doit
bientôt être substituée par l’internationale. Il est difficile de
retrouver des informations précises sur les doses toxiques. Il
semblerait que la dose de Dc de classe II à ne pas dépasser pour un
adulte par semaine serait de 50 g en moyenne afin d’éviter
tout risque d’effet systémique [15] et pour une période ne
dépassant pas 2 mois, il serait même possible de prescrire
100 g par semaine d’un Dc de classe 3 ou 2 sans danger
[25].
- • Le risque de développer des effets secondaires locaux
est infime pour des cures courtes de Dc de classe II ou III [25].
Dans une étude récente concernant 1 271 patients [13] suivis sur
une période de 6 mois, les doses totales utilisées étaient de
moins de 89,5 g pour les nourrissons, 135 g chez les
enfants et 304 g chez les adultes. De façon générale, le type
de Dc utilisé était une classe IV pour le visage et une classe II
sur le corps. L’analyse des résultats met en évidence une
augmentation de l’incidence des télangiectasies à partir d’une
quantité de 20 g appliquée sur le visage pendant 6 mois.
Ces effets restaient rares et ne concernaient que des grands
enfants ou des adultes ayant une consommation chronique de Dc.
L’atrophie cutanée mesurée au pli du coude est plus fréquente chez
les hommes que chez les femmes et son incidence est plus élevée
au-delà d’une dose totale sur 6 mois de 500 g de Dc, soit
20 tubes de 30 g environ. L’eczéma de contact aux Dc est à
suspecter en cas de résistance au traitement d’une dermatose
classiquement « corticosensible ». L’action
anti-inflammatoire de ces molécules peut égarer le diagnostic qui
est confirmé par des patchs-tests aux différentes classes de Dc,
lus à 7 jours (contre 2 à 3 jours pour toutes les autres
molécules non anti-inflammatoires).
Protocoles d’applications des dermocorticoïdes
- • Les Dc modérés (classe II) paraissent les plus
prescrits. Les Dc forts sont traditionnellement utilisés en cas de
lésion ayant résisté aux Dc modérés ou d’emblée en cas d’atteinte
lichénifiée [16]. Les pommades et les crèmes épaisses sont adaptées
aux lésions sèches, fissuraires ou hyperkératosiques, en général
sur la convexité des membres. Les crèmes conviennent de plus aux
atteintes suintantes. Les solutions alcooliques sont réservées à
l’emploi sur le cuir chevelu et évitées chez l’enfant.
- • La posologie d’application est le domaine le plus
empirique. Nous allons nous intéresser à deux exemples courants
l’eczéma atopique et la pemphigoïde bulleuse :
- – Eczéma atopique : les prescriptions varient selon
les auteurs : 1) certains recommandent l’application
biquotidienne en couche épaisse pour une durée de 10 jours sur
le corps, 2) d’autres favorisent une application par jour [16], 3)
d’autres encore [17] recommandent l’application sur tout le corps,
sauf le visage, tous les soirs après la douche, sur la peau encore
humide, de 10 grammes (2 à 3 grammes chez le nourrisson) d’une
préparation hydratante contenant le premier mois 50 % de
corticoïdes locaux de classe adaptée, les trois mois suivants
20 % de corticoïdes locaux, les trois mois suivants 10 %
de corticoïdes locaux et permet un contrôle complet de l’affection
au long cours avec une utilisation mensuelle de dermocorticoïdes ne
dépassant pas 15 g de corticoïde de classe 2. Ces quelques exemples
illustrent bien la disparité de prescription des Dc :
concernant le rythme d’application, l’application biquotidienne
classiquement prescrite en phase aiguë est actuellement discutée
[18]. Ceci repose sur l’étude de Bleehen [19] concernant un Dc de
classe II : fluticasone (Flixovate®). Cette
molécule posséderait une affinité plus grande que les autres pour
le récepteur aux stéroïdes et une absorption percutanée ralentie,
ce qui faisait émettre l’hypothèse qu’une seule application par
jour suffisait. Cet essai unique, à portée limitée, ne montre pas
de différence significative entre une application par jour versus
deux applications. Néanmoins l’impression clinique de nombreux
cliniciens est que le traitement bijournalier apporterait un
soulagement plus rapide au patient. Peut-on alors imaginer qu’en
phase aiguë la spongiose tissulaire modifierait l’effet
réservoir ? Peut-on d’autre part proposer un traitement
biquotidien initial, relayé au bout de 5 jours par une
application unique ?Un deuxième type d’imprécision reste la
quantité à appliquer. Une étude réalisée en 1996 en Australie [20]
avait en effet mis en évidence que 40 % des parents pensaient
que les Dc étaient dangereux et 20 % les trouvaient même
inutilisables chez leurs enfants. Il est clair que des données
précises auraient le mérite de dédramatiser leur prescription. La
question du mois proposée dans les Annales de dermatologie [21]
permettait d’ailleurs de se rendre compte que tout le monde
s’accordait sur la nécessité de précisions et la difficulté de les
obtenir.Il semble courant de réaliser une première période de
prescription libre avec une évaluation du nombre de tubes utilisés
à 1 mois avec bien-sûr une évaluation concomitante de leur
efficacité. Un outil a néanmoins été proposé en 1998 qui peut
permettre de préciser les prescriptions. Il s’agit de
« l’unité phalangette » qui est définie par la quantité
de crème ou de pommade sortie d’un tube dont le diamètre de
l’orifice est de 5 mm déposée sur toute la longueur de la
phalange distale de l’index : 0,5 g [22]. On sait que
chez l’enfant, une UP (unité phalangette) permet de recouvrir une
main entière (face palmaire et plantaire), que 2,5 UP suffisent
pour la tête et le cou et que 6 UP permettent de traiter tout un
membre inférieur ( (figure 7) ).La durée du
traitement reste variable et certains auteurs proposent même un
traitement d’entretien par Dc dans le cadre de l’eczéma [23]. Le
protocole de ce traitement d’entretien consiste, après obtention de
la guérison, à poursuivre une application hebdomadaire du
fluticasone durant 2 jours consécutifs aux endroits habituels
des poussées. Le temps moyen de rechute est alors de
6 semaines dans le groupe de patients utilisant un émollient
seul contre 4 mois dans le groupe traité.
- – Pemphigoïde bulleuse (PB), traditionnellement traitée
par corticoïdes oraux, il a pu être mis en évidence que le
traitement par Dc était plus efficace et notamment en termes de
survie [10]. Ainsi 341 patients ayant une pemphigoïde bulleuse ont
été inclus dans un essai randomisé, avec distinction préliminaire
en pemphigoïde bulleuse diffuse ou localisée. Le nombre moyen de
nouvelles bulles à apparaître sur 3 jours était pris en
compte : une atteinte modérée était définie par un chiffre
inférieur ou égal à 10 nouvelles bulles. Dans les autres cas il
s’agissait d’une atteinte sévère. Les patients recevaient soit du
propionate de clobétasol en crème (Dermoval® crème à
0,05 %) (40 g/j) soit de la prednisone orale
(Cortancyl®) à la dose de 0,5 mg/kg/j en cas de
forme modérée, 1 mg/kg/j en cas de forme sévère poursuivie
15 jours après la guérison, puis progressivement diminué sur
une période de 12 mois, à raison d’une diminution de 15 %
toutes les 3 semaines.Le traitement par Dc ne tenait pas
compte de la gravité, le patient recevait 20 g (2 tubes de
Dermoval®) deux fois par jour sur tout le corps qui
était poursuivi 15 jours après la guérison, les doses étaient
alors progressivement diminuées à 20 g par jour pendant
1 mois, 10 g par jour pendant 2 mois jusqu’à obtenir
10 g deux fois par semaine pendant 4 mois. Il a pu être
montré que le traitement par Dc était efficace à la fois pour la PB
localisée ou disséminée, et dans le cas de la forme disséminée, la
corticothérapie locale était même supérieure. Des effets
secondaires graves étaient observés dans 51 des 95 patients avec
atteinte étendue traitée par corticoïde oral (soit 54 %) et
chez 27 des 93 patients traités par Dc (29 %, p = 0,006). En
termes de survie, les résultats étaient également en faveur des Dc,
puisque la survie à 1 an était de 76 % dans le groupe Dc
versus 58 % dans le groupe traité par corticothérapie orale.
De plus, la moyenne cumulée de jours d’hospitalisation (comprenant
le délai d’obtention de la rémission et les hospitalisations
éventuelles pour effets secondaires ou rechutes) était de
11 jours dans le groupe traité par Dc contre 17 jours
dans le groupe traité par corticothérapie orale.
Conclusion
Les effets thérapeutiques des Dc sont indéniables. De nombreux
paramètres restent mal connus, expliquant la difficulté de les
prescrire avec précision. Les effets secondaires semblent néanmoins
rares.
Références
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