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Monitorage médullaire peropératoire


Médecine thérapeutique. Volume 3, Numéro 4, 291-7, Avril 1997, Article spécial


Résumé  

Auteur(s) : Olivier Langeron, Françoise Lille, Département d’anesthésie-réanimation ; F. Lille : Service de neurophysiologie ; Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, 47, boulevard de l’Hôpital, 75651 Paris cedex 13, France..

Résumé : Le monitorage médullaire peropératoire repose sur des techniques électrophysiologiques et a pour but de dépister les atteintes médullaires d’origine traumatique ou ischémique pouvant survenir au cours d’interventions à « risque pour la moelle », en particulier au cours de la chirurgie du rachis, de malformations artério-veineuses médullaires ou d’anévrismes de l’aorte. Les techniques d’exploration électrophysiologique du système nerveux reposent sur l’étude de la conduction des fibres nerveuses sensitives et motrices, tant au niveau périphérique que central. Elles permettent une évaluation quantifiée de l’intégrité des voies testées mais aussi, par l’étagement des points de stimulation et de détection, une évaluation du niveau lésionnel. Toutefois, ces techniques sont sophistiquées et de nombreux facteurs peropératoires, en particulier les agents anesthésiques, peuvent altérer le recueil des signaux. Ainsi, pour optimiser le monitorage médullaire, il est important de connaître et de maîtriser au mieux ces différents facteurs.

Mots-clés : potentiels évoqués, chirurgie, monitorage médullaire, monitorage peropératoire, pathologie medullaire.

Illustrations

 


 


   
  

Figure 1. Potentiels évoqués somesthésiques. Au centre, emplacement des points de stimulation et de recueil étagé. À gauche, stimulation du nerf médian au poignet (A), recueil étagé au niveau du plexus brachial (1), de la septième vertèbre cervicale (2) et de la région pariétale latérale (3). À droite, stimulation du nerf tibial postérieur à la cheville (B), recueil étagé au niveau du creux poplité (4), de la région lombaire (5) et de la région pariétale centrale (6). La dénomination des différentes composantes des réponses correspond à leur polarité (N : négative ; P : positive), suivie de leur latence moyenne (exprimée en millisecondes). Les vitesses de conduction sensitive périphérique sont calculées à partir des réponses 1 et 4, et les temps de conduction centraux par les différences N20 ­ N13, et P40 ­ N22.




   
  

Figure 2. Potentiels évoqués moteurs.

Au centre, emplacement des points de stimulation étagée et de recueil.

À gauche, recueil sur le muscle court abducteur du pouce (A), réponses à la stimulation du nerf médian au poignet (1), de la racine cervicale (2) et de la région rolandique latérale (3).
À droite, recueil sur le muscle jambier antérieur (B), réponses à la stimulation du nerf sciatique poplité externe (4), des racines lombaires (5) et de la région rolandique centrale (6). Les stimulations 1 et 4 permettent de mesurer les latences périphériques (LP),les stimulations 2 et 5 les latences cervicales (LC) et lombaire (LL), et les stimulations 3 et 6 les latences totales (LT). Les différences de latence, LT ­ LC et LT ­ LL, permettent de calculer les temps de conduction centraux.




   
  

Figure 3. Potentiels évoqués somesthésiques (PES)
et moteurs (PEM) recueillis au cours des deux temps
d'une intervention pour scoliose.

En haut, au cours du premier temps, potentiels évoqués somesthésiquesdes membres inférieurs droit (D) et gauche (G), avec abolition transitoiredes potentiels évoqués somesthésiques à droite, avec des potentiels évoqués moteurs absents. Le test de réveil confirme le déficit moteur et le matériel orthopédique est enlevé. En postopératoire, les potentiels évoqués somesthésiques étaient dans la limite de la normale, les potentiels évoqués moteurs absents et des troubles moteurs et vésicaux étaient observés.
En bas, au cours de la reprise, les potentiels évoqués moteurs restent
abolis par stimulation sus-jacente à D9 (A et B) et normaux par stimulation sous-jacente à D9 (C), les potentiels évoqués somesthésiques sont conservés à droite (D) et à gauche (G). Trois mois plus tard, la patiente présentait une vessie neurologique (d'après Lille
et al. [9]).




   
   Figure 4. Technique de monitorage peropératoire invasif (en haut) avec recueil simultané des potentiels évoqués somesthésiqueset des potentiels évoqués moteurs (en bas) 'après Burke et al. [15])




 

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