ARTICLE
Dès le début de l'utilisation d'analogues nucléosidiques
pour inhiber la réplication du VIH-1, leur possible toxicité
a été crainte. La mise en évidence d'atteintes musculaires
chez des patients traités par de l'AZT pendant plusieurs mois en
a été une première confirmation. Cette découverte
n'a pas eu un très grand retentissement car l'obtention de médicaments
antiviraux efficaces paraissait alors plus importante que leur éventuelle
toxicité. Le mécanisme de cette toxicité a rapidement
été suggéré par l'aspect histologique des
fibres musculaires des patients, car il était très proche
de celui observé lors d'anomalies génétiques de la
chaîne respiratoire mitochondriale. Ce n'était d'ailleurs
pas le premier exemple d'anomalie de fonctionnement de la mitochondrie
liée à une molécule toxique. Dès le début
des années 80, le syndrome parkinsonien survenu chez des jeunes
gens ayant utilisé comme drogue du MPTP (méthyl-4-phényl-1,2,3,6-tétrahydropyridine)
s'est révélé secondaire à l'action de cette
molécule sur le complexe I de la chaîne respiratoire mitochondriale.
Plus récemment, la fluoro-iodoarauracil, un inhibiteur de la transcriptase
inverse utilisé dans le traitement de l'hépatite B, a provoqué
chez certains patients une acidose lactique sévère, des
atteintes cérébrales et musculaires, associées à
une insuffisance hépatique mortelle [1]. La preuve de l'anomalie
mitochondriale a, là aussi, été apportée et
son mécanisme sera discuté plus loin.
Plusieurs observations récentes tant chez des patients adultes
sous traitement par analogues nucléosidiques que chez des nourrissons
dont la mère avait reçu ces molécules pour empêcher
la transmission du virus à leur nouveau-né suggèrent
que les effets toxiques des analogues nucléosidiques sont relativement
fréquents et d'aspect clinique varié selon l'âge et
la combinaison de molécules reçue. Cependant, apporter la
preuve de la toxicité et expliquer ses différents mécanismes
est difficile tant à l'échelon individuel qu'en étude
de pharmacovigilance. Pour mettre cette difficulté en perspective,
il est bon de revoir la diversité d'expression des atteintes du
fonctionnement de la mitochondrie d'origine génétique, ainsi
que les modalités techniques de leur dépistage puis de leur
diagnostic.
Cytopathies mitochondriales et leur diagnostic
clinique
Le terme de cytopathie mitochondriale est un peu ambigu. Il désigne
habituellement un ensemble d'affections cliniques d'origine génétique
secondaires à une anomalie de fonctionnement de la chaîne
respiratoire mitochondriale. Cette chaîne respiratoire est une série
de réactions biochimiques (rassemblées en 5 ensembles dits
complexes I à V) agissant en cascade et se déroulant de
part et d'autre de la membrane interne de la mitochondrie. L'effet final
est un transfert d'électrons à travers la membrane grâce
auquel de l'ADP peut être transformé en ATP. La chaîne
respiratoire mitochondriale est alimentée par des substrats dérivés
du pyruvate, après pénétration de ce dernier dans
la mitochondrie, et sa transformation dans le cycle de Krebs qui se déroule
à l'intérieur même de la mitochondrie (figure
1). La mitochondrie est ainsi un composant essentiel de l'utilisation
de l'énergie par la cellule, ce d'autant que d'autres cycles biochimiques
comme la beta oxydation des acides gras s'y déroulent aussi. Elle
a cependant bien d'autres rôles, en particulier, la régulation
d'une des voies d'apoptose cellulaire et la production des radicaux libres
potentiellement cytotoxiques fortement dépendante du bon fonctionnement
de la chaîne respiratoire. Les nombreuses protéines qui constituent
les complexes de la chaîne respiratoire sont codées par l'ADN
nucléaire pour la très grande majorité d'entre elles,
ou par de l'ADN présent dans la mitochondrie pour certaines. L'ADN
mitochondrial, qui est d'origine maternelle exclusive, se réplique
grâce à une polymérase placée sous le contrôle
de gènes nucléaires. Cette polymérase est la cible
de la toxicité de la fluoro-iodoarauracil, qui induit ainsi une
déplétion de l'ADN mitochondrial. Les mutations causes de
cytopathies mitochondriales peuvent être présentes dans l'ADN
mitochondrial (les mieux connues) ou dans l'ADN nucléaire (de loin
les plus nombreuses mais encore mal connues). Ces mutations ont une expression
clinique très variée. Une première raison en est
la variation dans la demande énergétique des différents
organes. Une autre raison est propre aux mutations d'origine mitochondriale.
Lors de la division cellulaire (en particulier lors des divisions initiales
de l'uf), la répartition des mitochondries normales et pathologiques
se fait le plus souvent de façon inégale : toutes les cellules
de l'organisme ne reçoivent pas le même contingent de mitochondries
pathologiques et n'expriment donc pas de façon identique l'anomalie
biochimique. Une même cellule peut contenir des mitochondries saines
et pathologiques ce qui, selon leur fréquence respective, peut
modifier le métabolisme ou le rythme de division de la cellule.
Il est probable que d'autres raisons encore inconnues existent, en particulier
lorsque les mutations sont nucléaires.
Ce rôle central de la mitochondrie dans l'utilisation cellulaire
des substrats énergétiques et la régulation de la
mort cellulaire, indique que l'expression clinique est souvent paroxystique
et associée à une nécrose cellulaire lors de «
crises énergétiques », c'est-à-dire d'une décompensation
métabolique secondaire à une demande énergétique
supplémentaire liée, par exemple, à une infection
intercurrente. L'expression est plus fréquente dans les muscles
ou dans le système nerveux central qui ont une demande énergétique
intense, mais tous les organes peuvent être touchés, associant
de façon très variable des insuffisances hépatiques,
des atteintes pancréatiques, digestives, rénales, hématopoïétiques,
etc. Ces affections peuvent être dépistées à
tous les âges, bien que celles de début dans l'enfance soient
probablement plus fréquentes. L'expression de l'atteinte neurologique
dépend du type de cellules intra-cérébrales lésées
et de leur localisation, ce qui varie selon la mutation. L'imagerie cérébrale
par résonance magnétique visualise souvent des nécroses
des noyaux gris centraux ou du tronc cérébral et des atteintes
de la substance blanche.
Lorsqu'un ensemble de symptômes évoque la possibilité
d'un défaut de fonctionnement de la chaîne respiratoire,
des examens biochimiques sont nécessaires pour affirmer l'anomalie.
Certains ont pour but de démontrer l'extension de l'atteinte biochimique
(dosages des transaminases, des CK, de l'amylase, de la lipase, etc.).
D'autres mettent en évidence l'utilisation anormale du pyruvate
par la cellule, en particulier son impossibilité à être
transformé par le cycle de Krebs puis par la chaîne respiratoire.
Le pyruvate, dont le métabolisme habituel est bloqué, est
alors transformé en lactate et suit une autre voie métabolique.
Ainsi, les principaux moyens de dépistage sont l'existence d'une
augmentation anormale du lactate par rapport au pyruvate dans le sang
et le LCR, d'un profil anormal de la répartition des acides aminés
et des acides organiques sur les chromatographies dans les urines (et
dans le sang pour les acides aminés). La mauvaise utilisation du
pyruvate peut être rendue plus patente en l'étudiant en fonction
de l'apport nutritionnel. En pratique clinique, le meilleur examen de
dépistage est l'étude du taux de lactate (normale ¾
2 mmol/l) et surtout du rapport lactate/pyruvate (normale ¾ 20) dans
le sang avant et après les principaux repas de la journée.
En cas de maladie à expression neurologique, l'étude du
rapport lactate/pyruvate dans le LCR est un test très sensible.
Le niveau suivant de preuve diagnostique nécessite l'étude
d'un tissu (ou dans certains cas des fibroblastes ou des lymphocytes).
La morphologie tissulaire peut donner une première indication.
Dans le muscle en particulier, l'accumulation de mitochondries anormales
induit un aspect caractéristique de fibres musculaires rouges déchiquetées,
qui est cependant loin d'être présent dans tous les cas (figure
2). D'autres anomalies musculaires comme l'accumulation de lipides
sont fréquentes, mais ne sont pas pathognomoniques. L'étude
biochimique directe de la chaîne respiratoire en polarographie et
spectrophotométrie sur tissu frais de préférence,
permet une investigation plus poussée. Il est fréquent que
le déficit biochimique s'exprime sur plusieurs complexes de la
chaîne respiratoire et ne soit que partiel. L'interprétation
des résultats nécessite ainsi une grande expérience.
Il est en général préférable d'établir
des ratios entre les différentes activités des complexes
de la chaîne respiratoire ou entre l'activité d'un complexe
donné et celle de la citrate-synthase, puis de comparer ces ratios
à des normes du laboratoire. La difficulté technique de
ces examens associée à celle d'interprétation des
résultats d'un déficit parfois partiel explique à
la fois la relative rareté des laboratoires capables de faire ces
tests et la divergence possible dans l'interprétation des résultats.
Le dernier niveau de preuve est génétique, avec la mise
en évidence d'une mutation soit dans l'ADN mitochondrial (plusieurs
localisations dont l'atteinte est fréquente sont systématiquement
testées mais un séquençage complet est aussi possible),
soit dans l'ADN nucléaire (mais le nombre des gènes connus
est encore très faible). Seule une minorité des pathologies
génétiques de la chaîne respiratoire arrive à
ce niveau de preuve actuellement. Il est ainsi difficile d'établir
leur fréquence, vraisemblablement de l'ordre de 1/10 000 à
15 000 naissances.
Une première indication de la toxicité
mitochondriale des analogues nucléosidiques : les myopathies secondaires
à la prise d'AZT
Une atteinte musculaire au cours de traitement au long cours par l'AZT
a été décrite à partir de 1988 mais n'est
plus que rarement observée actuellement, du fait des changements
de combinaisons thérapeutiques [2-6]. Dans les descriptions de
cette époque, la myopathie se développe en moyenne 10 mois
(écart 6 à 24 mois) après le début du traitement
par AZT à haute dose. Les signes initiaux sont souvent précédés
d'une importante perte de poids. Ils consistent en un déficit de
la force musculaire proximale avec atrophie musculaire, associés
parfois à des douleurs succédant à un gonflement
musculaire initial. Le taux de créatine kinase sérique n'est
pas toujours très élevé (dans une série de
31 cas, la médiane du taux de CK était à 478 avec
un écart de 70 à 14 000). Après l'arrêt du
traitement, les patients s'améliorent dans les 4 semaines [6].
L'aspect neuropathologique habituel est celui d'une nécrose des
fibres avec présence de vésicules et accumulation de glycogène.
L'aspect typique de fibres rouges déchiquetées peut être
observé ; il est associé en microscopie électronique
à des aspects morphologiques très anormaux des mitochondries
qui contiennent des inclusions paracristallines. Cet aspect avait fait
soupçonner très rapidement l'atteinte mitochondriale et
suggérer que le mécanisme de la toxicité soit analogue
à celui de la fluoro-iodoarauracil, c'est-à-dire une inhibition
de l'ADN polymérase mitochondriale par l'AZT, induisant une déplétion
mitochondriale. De plus il avait été montré un déficit
partiel en cytochrome C oxydase sur ces échantillons musculaires
[4]. À l'époque, une polémique scientifique avait
eu lieu sur l'existence même de cette toxicité du fait de
la ressemblance entre les myopathies liées à l'AZT et les
myosites décrites au cours de l'infection par le VIH-1 [7], et
de la relativement faible connaissance que l'on avait alors des atteintes
mitochondriales génétiques d'expression partielle. L'atteinte
musculaire observée sous AZT était, par exemple, beaucoup
moins marquée que celle observée dans l'une des premières
atteintes génétiques mise en évidence, la maladie
de Kearn-Sayre associée à une délétion dans
l'ADN mitochondrial. On connaît bien maintenant l'expression musculaire
parfois très modérée de certaines pathologies de
la chaîne respiratoire d'origine génétique avec mutation.
Les atteintes extramusculaires au cours des traitements
utilisant des analogues nucléosidiques
La mise en évidence d'une toxicité mitochondriale extramusculaire
au cours des traitements par analogues nucléosidiques (associés
ou non à des antiprotéases) a été beaucoup
plus tardive, probablement parce que c'est lors d'associations de ces
analogues entre eux ou lors de l'utilisation de produits d'introduction
plus récente comme le d4T qu'elle est plus fréquente.
Il est encore difficile d'établir une liste de toutes les expressions
cliniques possibles et de leurs fréquences respectives. L'origine
toxique de ces symptômes est d'ailleurs encore en discussion pour
certains d'entre eux. Elle est hautement probable pour les neuropathies
sensitives distales caractérisées par la survenue d'engourdissements,
de dysesthésies, de douleurs parfois importantes dans les membres
inférieurs ou les quatre membres, habituellement régressives
à l'arrêt du traitement. L'aspect neuropathologique est celui
d'une atteinte axonale avec infiltration importante par des macrophages
activés. Le risque de survenue de ces neuropathies est augmenté
en fonction de l'âge, du taux de lymphocytes CD4 circulants, de
la charge virale circulante et de la présence d'autres facteurs
de risques de neuropathies (diabète, alcool, dénutrition,
etc.). Un article récent a montré qu'à taux de CD4
constant, le risque relatif de neuropathie des patients sous d4T était
de 1,39 comparé aux patients sous ddI, ce risque relatif montant
jusqu'à 7,8 chez les parents recevant l'association ddI + d4T +
hydroxyurée [8]. Le mécanisme de cette toxicité,
sa relation même avec une atteinte mitochondriale, n'est pas établi
avec certitude.
La liaison entre la survenue de lipodystrophies chez les patients recevant
au long cours des analogues nucléosidiques, et une toxicité
mitochondriale de ces molécules paraît très probable
[9-11]. Le premier argument est l'association fréquente à
la liposdystrophie d'une acidose lactique et de symptômes proches
de ceux que l'on observe dans les cytopathies mitochondriales d'origine
génétique [9, 10]. La démonstration récente,
chez un patient souffrant d'une lipodystrophie sans signe musculaire clinique,
d'une anomalie de fonctionnement de la chaîne respiratoire de mitochondries
issues du muscle et surtout de délétions multiples dans
l'ADN mitochondrial apporte un argument plus direct [11]. Cette observation
initiale est en cours de confirmation sur un plus grand nombre de patients.
Cependant il existe plusieurs syndromes de lipodystrophies, et il est
tout à fait possible que certains aient d'autres mécanismes.
Plus récemment encore, des atteintes rapidement progressives
liées à une acidose lactique ont été mises
en évidence. L'expression clinique habituelle est dominée
par une asthénie, des signes musculaires et des céphalées.
Les signes sont cependant parfois aigus, voire dramatiques, associant
des nausées, des douleurs abdominales, des malaises et une dyspnée.
Plusieurs décès ont été signalés, mais
ces formes aiguës sont probablement beaucoup moins fréquentes
que les atteintes au long cours [12, 13]. Leur diagnostic repose sur la
mise en évidence d'une acidose lactique parfois très intense,
associée à des signes d'atteintes de différents organes
(élévation des transaminases, de la lipase, de l'amylase,
atteintes hématologiques, etc.). Le fonctionnement de la chaîne
respiratoire chez ces patients a encore été peu étudié,
mais un article récent montre la fréquence d'un déficit
du complexe IV de la chaîne respiratoire [13].
Ces accidents ont très récemment conduit à l'étude
systématique du taux d'acide lactique dans le sang et du rapport
lactate/pyruvate chez des patients sous traitement sans plainte clinique.
L'étude de plusieurs séries de patients, encore non publiées,
suggère qu'une forte proportion de patients sous traitement ont
des taux de lactates dans le plasma supérieurs aux normes. La découverte
d'une hyperlactatémie paraît liée à l'utilisation
du d4T, à l'âge des patients, au temps total sous analogues
nucléosidiques.
L'effet sur le nourrisson des analogues nucléosidiques
donnés au cours de la grossesse
L'AZT combiné à d'autres antiviraux, administré
lors des grossesses des femmes infectées par le VIH, réduit
la transmission du virus de environ 20 % à moins de 2 % actuellement.
Cette forte réduction de la transmission du virus a représenté
une très grande victoire remportée contre l'extension de
la maladie. Dans les différents protocoles utilisés, les
analogues nucléosidiques (de l'AZT seul, les premières années,
une association d'analogues nucléosidiques et parfois d'antiprotéases
désormais) sont donnés durant la fin de la grossesse (souvent
à partir de la 24e semaine), par perfusion à
la mère lors de l'accouchement et au nouveau-né pendant
les premières semaines de vie. Des toxicités modérées
sous forme d'atteintes hématologiques chez le bébé
avaient été observées très rapidement, durant
la phase de traitement de l'enfant, ce qui motivait parfois un arrêt
prématuré du traitement de l'enfant. Ces toxicités
étaient attendues et correspondaient à ce que l'on savait
déjà de ces molécules. Beaucoup plus troublante a
été la mise en évidence de signes cliniques graves
survenus chez des enfants non infectés par le virus, mais qui avaient
reçu, en anté-natal et durant la période périnatale,
de l'AZT ou une combinaison d'analogues nucléosidiques. Le point
particulier par rapport à ce qui a été discuté
ci-dessus est que l'enfant ne reçoit plus d'analogues nucléosidiques
depuis plusieurs mois lors du début des signes cliniques. Nous
avions publié initialement l'histoire de 8 enfants avec signes
cliniques ou radiologiques d'atteintes neurologiques centrales, et démontré
l'existence chez ces enfants d'anomalies de la chaîne respiratoire
mitochondriale [14]. Aucun enfant n'avait de mutation ou de déplétion
de l'ADNmt. Nous avons depuis poursuivi de façon exhaustive l'analyse
de plus de 4 000 enfants suivis au moins un an (exposés et non
exposés aux antiviraux) appartenant à l'Enquête périnatale
française en utilisant un algorithme de symptômes cliniques
et biologiques. Sans pouvoir détailler ici des résultats
encore en cours d'élaboration, il paraît bien établi
que, s'il n'existe pas de différence de mortalité entre
le groupe des enfants ayant reçu des analogues nucléosidiques
et ceux n'en ayant pas reçu, il existe une différence très
significative de fréquence de symptômes [15]. Ces symptômes
sont essentiellement neurologiques avec des atteintes du tronc cérébral
(donnant une expression de syndrôme de Leigh chez un enfant), des
nécroses corticales, des crises convulsives, des retards cognitifs.
Des anomalies morphologiques visibles en imagerie par résonance
magnétique sont fréquentes chez les enfants ayant reçu
des analogues nucléosidiques. Nous avons pu démontrer une
anomalie de fonctionnement de la chaîne respiratoire dans le muscle
dans la grande majorité des cas ayant des signes cliniques et radiologiques,
et évaluer, encore de façon approximative, la fréquence
de la toxicité à environ 5/1 000 traitements.
Cette possible toxicité a été contestée,
en particulier aux États-Unis [16]. L'approche utilisée
a cependant été très différente puisqu'elle
s'est appuyée sur l'évaluation rétrospective des
causes de décès dans des registres de patients ayant reçu
de l'AZT durant la grossesse. La difficulté de l'établissement
du diagnostic d'atteinte de la chaîne respiratoire discutée
ci-dessus rend probablement compte de la différence d'évaluation
des effets secondaires des analogues nucléosidiques donnés
durant la grossesse.
Le mécanisme de la toxicité n'est pas établi. Il
ne semble pas s'agir d'une déplétion franche de l'ADNmt
comme c'est le cas chez les patients sous traitement. Des études
faites chez l'animal ont démontré une intégration
de l'AZT dans l'ADNmt et des effets analogues chez le singe nouveau-né
lorsque des analogues nucléosidiques avaient été
donnés durant la grossesse [17, 18].
Conclusion
Les analogues nucléosidiques combinés aux antiprotéases
ont transformé l'évolution de l'infection par le VIH-1 et
ont presque aboli le risque de transmission de la mère à
l'enfant. Il existe cependant des effets secondaires qui peuvent être
graves. Ce risque retentit désormais sur le choix des molécules
données aux patients.
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Ce numéro a été
coordonné par Yves Lévy et Jean-François Delfraissy
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