ARTICLE
abc.2012.0751
Auteur(s) : Jean-François Lesesve1 jf.lesesve@chu-nancy.fr, Odile
Crepin2, Jean-Pascal Siest3, François Régnier4, Stan Zeltner5
pour le Groupe francophone d’hématologie cellulaire (GFHC)
1 Service d’hématologie biologique, CHU de Nancy,
France ; GFHC, France
2 Service de biologie, Centre hospitalier de Béthune,
France ; Collège des hôpitaux généraux, France
3 Association biologie prospective,
Villers-lès-Nancy, France
4 Académie Lorraine des Sciences,
Nancy, France
5 lidoli.com, Charleval, France
Tirés à part : J. Lesesve
Les schizocytes sont des hématies fragmentées circulantes dans
le sang [1] et leur présence est anormale [2]. Elle doit faire
évoquer en première hypothèse une anémie hémolytique mécanique et,
avant tout, une microangiopathie thrombotique (MAT, plus connue
sous les noms de purpura thrombotique thrombocytopénique ou
syndrome de Moschcowitz et de syndrome hémolytique et urémique)
dont le traitement est urgent et le pronostic mauvais en l’absence
de prise en charge [3, 4]. Or l’identification morphologique
des schizocytes est difficile, et les biologistes sont parfois mal
sensibilisés à l’importance de cette recherche et aux conséquences
de leur réponse pour le diagnostic, puis la prise en charge
thérapeutique du malade [5]. Des enquêtes de pratiques et
recommandations ont été proposées sous l’égide du Groupe français
d’hématologie cellulaire (GFHC) depuis les années 2000 [6-9]. Un
travail proche a été mené en Italie par le Research center for
automated hematology (ReCAMH) [10]. En 2008, une action
internationale dans le cadre de l’International society of
hematology (ISH), plus précisément au sein de
l’International council for standardization in hematology
(ICSH) a été organisée. Elle a abouti à la publication d’un texte
de consensus détaillé en novembre 2011 [11]. Le GFHC a
souhaité faire évaluer ce texte par les professionnels français
a priori directement impliqués dans la recherche des
schizocytes, en proposant un questionnaire via un site internet.
Cet article fait la synthèse des réponses obtenues. Il est en
faveur d’une sensibilisation croissante des biologistes à cette
question, et donc indirectement de l’efficacité de l’information
menée depuis 10 ans.
Matériel et méthodes
Population ciblée
Le but était d’avoir les remarques de professionnels a
priori directement concernés par la recherche de schizocytes.
Trois groupes ont été sollicités : 1) le Groupe francophone
d’hématologie cellulaire (GFHC) qui compte 220 membres avec une
activité quotidienne spécialisée dans les cellules sanguines ;
2) le Collège des hôpitaux généraux (CHG), 201 membres biologistes
des hôpitaux, avec une activité souvent plus polyvalente ; 3)
l’association Biologie prospective, comprenant des biologistes
libéraux (1 176 membres) mais avec 137 d’entre eux inscrits
aux contrôles trimestriels de qualité en cytologie hématologique.
Le panel possible des participants était attendu autour de 500.
Chaque groupe avait préalablement donné son accord pour la
participation de ses adhérents (réunions de bureaux, assemblées
générales (tableau 1).
Tableau 1 Calendrier de l’enquête proposée.
| Groupe |
Approbation |
Envoi aux membres |
Clôture |
| GFHC |
11/01/2012 |
13/02/2012 |
19/03/2012 |
| CHG |
12/01/2012 |
09/02/2012 |
| BP |
12/01/2012 |
17/01/2012 |
Questionnaire
Un courriel émanant des secrétariats respectifs des groupes a
été envoyé en février 2012 aux participants. Outre
l’invitation à participer à l’enquête, il donnait en pièce jointe
le document à analyser, disponible informatiquement depuis
novembre 2011 : Zini G, d’Onofrio G, Briggs C, Erber W,
Jou JM, Lee SH, et al. ICSH recommendations for
identification, diagnostic value, and quantitation of schistocytes.
Int J Lab Hematol 2012 ; 34 : 107-16. Un lien URL
(http://asp.colorvote.com/survey/vote.asp?id_session=1286&id_version_session=2931&id_langue=1)
permettait d’accéder au site « Colorvote » proposant le
questionnaire. Celui-ci était constitué de deux parties, la
première demandant des renseignements sur la nature de l’activité
(clinicien/biologiste/technicien et activité plutôt
polyvalente/spécialisée en hématologie). Dix items suivaient (figure 1) avec
possibilité pour chaque de cliquer sur une case de type
accord/désaccord avec la proposition. La durée du test était
estimée à environ une minute. Le site a été ouvert au vote pendant
au moins 5 semaines.
L’exploitation des résultats du sondage a été aidée par
l’obtention de matrices colorées, fondées sur le principe de
l’abaque de Régnier®. Il a été développé par le
docteur François Régnier à partir de 1973 [12, 13]. Il permet
d’établir, à partir de réponses non discontinues en base 5
suffisamment discriminantes, des matrices, ceci étant facilité par
l’utilisation de l’informatique (couplage au logiciel internet
« Colorvote »). L’exploitation de ces matrices permet
elle-même de visualiser les tendances aux consensus et dissensus
associés à des critères de transparence et d’opacité. Un consensus
fondé sur l’unanimité étant improbable, le critère recherché est
une tendance au consensus, défini par une majorité dans une couleur
(vert ou rouge). L’opacité est définie par plus de 5 % des
réponses « blanc/noir » (catégorie « Je ne sais
pas/Je ne veux pas répondre »). Les notions de dissensus
(variance élevée) et de transparence sont l’opposé des critères
consensus et opacité indiqués ci avant.
Exercices de qualité
Deux exercices de qualité ont été proposés aux adhérents de BP
en 2002, puis 2012 en concomitance avec l’enquête. Ils consistaient
en l’envoi d’un frottis sanguin coloré avec quelques renseignements
cliniques et les valeurs essentielles de l’hémogramme du patient.
Il s’agissait de cas réels de MAT (mais le diagnostic n’était pas
fourni). Il était demandé de noter les anomalies morphologiques des
cellules et de proposer un diagnostic. Ces tests font partie d’un
service proposé par BP aux adhérents, permettant aux laboratoires
de disposer d’un contrôle de qualité externe, comme requis par la
norme NF EN ISO 15189.
Résultats
Participation
Cent soixante-neuf réponses ont été obtenues. Rapporté à environ
500 professionnels concernés, le taux de réponses est d’environ
34 %. Les biologistes représentaient 162 personnes, les
cliniciens 4, les techniciens 3. On ne peut donc pas interpréter
les réponses suivant l’appartenance à ces différentes
catégories ; 116 participants ont une activité plutôt
spécialisée en hématologie, 53 une activité plutôt polyvalente.
L’analyse des réponses aux 10 items ne montre aucune différence
significative entre ces deux dernières catégories. En conséquence
les réponses seront analysées dans leur globalité.
Matrices
La matrice des items (figure 2) permet de
travailler sur la problématique. L’observation de la diagonale des
items permet de distinguer les zones de consensus favorables (les
items du haut), les zones de consensus défavorables (les items du
bas) et les zones de dissensus. On déduit de la représentation
graphique les items à perception favorables (no 1,
2, 6, 7, 9), les items à perception défavorables
(no 3) et les items dissensuels
(no 4, 5, 10). Les pourcentages d’accords sont
donnés sur la figure 2. Pour les
biologistes spécifiquement, les items no 1, 2, 3,
4, 6, 7, 9 sont des items de consensus et de transparence, le
no 10 est un item de dissensus, les
no 5, 8 sont des items d’opacité. La matrice des
participants (figure 3) permet de
travailler sur la population. Elle confirme l’indépendance des
participants pour leurs réponses au test. L’observation de la
diagonale des participants permet de distinguer les groupes
consensuels favorablement (participants de gauche), les groupes
consensuels défavorablement (participants de droite) et les groupes
dissensuels. On déduit de la représentation graphique les
participants avec consensus favorables (n = 134, 80 %), ceux
avec consensus défavorables (n = 6, 3 %) et les votes
dispersés (n = 29, 17 %).
Commentaires libres
Les remarques des participants peuvent être regroupées en 2
catégories, celles qui portent sur la technique (critiques ou
commentaires du texte à analyser) et celles qui portent sur la
qualité (propositions allant au-delà du texte). Ces remarques étant
non obligatoires, on ne devra tenir compte des chiffres de
participants qu’à titre indicatif.
Concernant les aspects techniques, malgré une bonne adhésion au
texte, il existe des difficultés pour considérer les petits
sphérocytes comme des schizocytes et les inclure dans le comptage.
Six participants indiquent explicitement qu’ils ne les comptaient
pas, 2 contestent la prise en compte de ces éléments. Six
participants font remarquer que la langue anglaise est un obstacle
à la compréhension des formes à prendre en considération. Il s’agit
en effet de descriptions techniques, précises et une traduction
optimiserait l’adhésion aux critères proposés par l’ICLS. De même,
5 participants remarquent qu’une description photographique des
formes à ne pas prendre en compte aiderait le lecteur pour
sélectionner les formes validées. Enfin, 2 participants insistent
sur le seuil (1 %) à considérer pour affirmer une MAT, car ils
utilisent des valeurs de référence plus faibles
(> 0,5 %).
Concernant la « qualité », plusieurs participants
indiquent une confusion possible entre les textes de
recommandations français (GFHC) et ceux de l’ICLS. Quatre
participants indiquent suivre déjà les textes du GFHC (semblant
signifier le non-intérêt du texte « supplémentaire » de
l’ICLS). Certains estiment qu’il ne permet que
d’« améliorer » les référentiels du GFHC. La nécessité
d’une quantification est abordée par 5 participants comme une
nouveauté (résultats semi-quantitatifs auparavant). Des remarques
plus ponctuelles (3 participants) concernent la validation de
l’analyse. Elles sont très importantes néanmoins : 1) pas de
commentaires donnés sur l’étape pré-analytique (conservation de
l’échantillon…) ; 2) absence de contrôle de qualité externe
disponible ; 3) absence de méthodologie pour accréditer cette
analyse. À ce sujet, un participant propose la constitution
« d’un comité de revue des lames de MAT dans le cadre du
centre de référence des MAT (Profeseur Paul Coppo) ».
Concernant l’utilisation des alarmes et le compte de globules
rouges fragmentés fournis par les appareils, 8 participants
expriment leur réserve. Certains sont en cours d’expertise dans
leur propre laboratoire de ces nouveaux paramètres.
Exercice de qualité
Dix années ont séparé la réalisation des deux exercices, avec
augmentation du nombre des participants. Les résultats sont donnés
dans le tableau 2. On note une
augmentation marquée (25 %) des taux de réponses et de la
pertinence de la détection des anomalies des hématies, et une
augmentation plus modérée (20 %) de la détection spécifique
des schizocytes et de l’hypothèse diagnostique.
Tableau 2 Résultats des exercices de qualité BP 2002 et
2012.
| Test |
Participants |
Réponse |
Anomalies morphologiques des hématies |
Schizocytes |
Diagnostic final |
| 2002 |
45 |
Non rendue : 11 |
|
| |
| SHU enfant |
| Rendue : 34 (75 %) |
Absence : 5 |
| |
|
|
|
| Présence : 29 (85 %) |
Absence : 10 |
|
|
|
|
|
| Présence : 19 (65 %) |
Pas de diagnostic : 10 |
|
|
|
|
|
| Microangiopathie thrombotique : 1 |
|
|
|
|
|
| Purpura thrombotique thrombocytopénique : 1
(47 %) |
|
|
|
|
|
| Syndrome hémolytique et urémique : 7 |
| 2012 |
128 |
Non rendue : 0 |
|
| |
| MAT post cancer |
| Rendue : 128 (100 %) |
Absence : 0 |
| |
|
|
|
| Présence : 128 (100 %) |
Non mentionnés : 16 |
|
|
|
|
|
| Présence : 112 (87 %) |
Pas de diagnostic : 7 |
|
|
|
|
| Compte estimé : 87 |
Microangiopathie thrombotique : 74
(66 %) |
|
|
|
|
|
| Post cancer : 31 |
|
|
|
|
|
| CIVD (+/-) : 25 |
Discussion
Notre enquête a utilisé un site internet comme vecteur, et un
système de sondage nuancé utilisant l’abaque de Régnier. Ces moyens
restent encore sous-utilisés et le système de vote coloré est une
première. Les avantages des sessions Colorvote sont entre
autres : 1) l’absence de limitation pratique du nombre maximum
de participants (configuration internet). Dans la configuration
plus connue “réunion physique + boîtiers de votes”, le nombre
maximum de participants est de 50 à 100 maximum. Notre
participation d’un tiers des professionnels concernés est un bon
chiffre car la numération des schizocytes reste marginale dans la
pratique quotidienne d’un laboratoire ; 2) le respect de
l’opinion de chacun. Nous l’avons vérifié par l’aspect de la
matrice des participants. Dans un système de sondage, l’utilisation
de moyennes écrase l’expression individuelle qui avait été
exprimée. La notion d’individu n’existe pas. ColorVote permet de
conserver, de représenter et d’exploiter une expression
individuelle qui n’est jamais une moyenne. De plus chaque
participant pouvait modifier son vote, ce qui n’est pas le mode de
fonctionnement habituel d’un système de sondage ; 3) une
méthodologie originale. L’abaque de Régnier permet de construire
des cartes colorées représentant les perceptions de chaque
participant [14]. C’est un outil interactif d’animation et non pas
une méthode de sondage ou de statistiques [15, 16]. Les
participants ne savent pas ce que votent les autres au moment où
ils s’expriment : les idées exprimées sont réellement
personnelles. Nous pensons que la diffusion de méthodes auprès des
confrères habitués à d’autres choix de réflexion pourrait permettre
la réalisation de textes de synthèse ou de consensus réellement
démocratiques et représentatifs, en particulier sur des points
précis ou techniques.
Il existe une majorité d’items consensuels et transparents pour
le groupe des biologistes. Cela sous-tend un accord franc et en
toute clarté sur les propositions 1, 2, 3, 4, 6, 7, 9 (document
nécessaire et utile pour l’accréditation, en grande partie déjà
appliqué). Les biologistes paraissent avoir une grande cohérence
pour l’ensemble des items sauf le 10 (utilité des alarmes des
automates de numération sanguine) qui est dissensuel. Ceci semble
justifié en l’absence de document consensuel [17]. L’opacité des
items 5 et 8 est liée à des réponses de type « Je ne sais
pas » ou « Je ne peux pas me prononcer », uniquement
présentes pour ces deux items changement des pratiques préalables
et application des valeurs de référence).
Les commentaires étant libres, il convient de retenir une grande
attention à chacun d’eux. Certaines difficultés s’expliquent par
des différences (mineures) entre les textes du GFHC et celui de
l’ICLS. Les initiatives du GFHC ont précédé d’environ 10 ans celles
de l’ICLS et un effort important de la communauté a été effectué
pendant ce temps en France. Le GFHC recommandait d’exclure les
petits sphérocytes du compte. L’ICLS semble indiquer l’inverse (tableau 3). En réalité, les
microsphérocytes correspondent à des schizocytes roulés lors de la
confection du frottis [18]. Ils sont majoritairement présents à son
extrémité, où l’on ne doit pas rechercher ni compter les
schizocytes (GFHC et ICLS). Seuls les rares sphérocytes présents
dans la zone optimale de mesure doivent être comptés (ICLS). Ceci
augmente en réalité très peu le pourcentage des schizocytes, très
majoritairement obtenu à partir des formes typiques avec zone de
fragmentation membranaire bien visible. La confusion entre les
textes GFHC et l’ICLS est possiblement majorée par l’appartenance
du coordonnateur (JFL) aux deux groupes, aboutissant à des
« guidelines » très proches, mais avec quelques nuances
(tableau 4). La contradiction des
« valeurs normales » entre GFHC et ICLS est un point
important. Le GFHC a proposé des valeurs de référence
(< 0,5 %) obtenues à partir de cohortes de témoins
rigoureusement contrôlées [19]. L’ICLS ne propose en revanche
qu’une valeur seuil en faveur du diagnostic de MAT
(> 1 %). La discordance entre les membres du groupe de
travail de l’ICLS n’a pas permis l’obtention d’un consensus. Une
hypothèse est la quasi-absence de séries nationales ou
internationales équivalentes au travail français, et obtenues dans
les conditions actuelles [20, 21]. Seul le ReCAMH a proposé
des valeurs de référence, proches de cellules du GFHC [10].
L’utilisation des mesures et des alarmes relatives aux GRF fournies
par les appareils doit rester prudente. Il n’existe en effet que
deux constructeurs proposant ce paramètre, et les technologies pour
le détecter sont différentes [22], avec des valeurs de référence
différentes et encore mal établies [23]. Il n’existe pas de
documentation proposée par les fabricants concernant ce nouveau
paramètre. Les études publiées sont très rares, seul existe un
travail de synthèse récent [17]. Cet état des lieux impose la
méthode microscopique comme étant, et devant rester, le
« gold-standard » pour la détermination des
schizocytes.
Tableau 3 Critères ICSH de définition des schizocytes
(d’après [11]). Les schizocytes correspondent aux fragments
suivants.
| 1 |
Petits fragments de taille variable, parfois avec
des angulations ou des spicules (typiquement
« triangles »), avec parfois un côté convexe
(« croissants »), souvent déformés, denses à la
coloration MGG mais parfois ayant subi une déshémoglobinisation et
alors pâles
Ne pas confondre certains « croissants » avec des
drépanocytes |
| 2 |
Globules rouges ayant perdu une partie de leur
surface avec zone rectiligne de cassure visible
(« casques »). Parfois cette zone est double sur une même
cellule |
| 3 |
Casques dont la périphérie est prolongée par des
spicules (« kératocytes », cellules avec
« cornes »). Le nombre de spicules varie de 1 à 3
À distinguer des cellules « mordues » (présentes dans un
contexte d’anomalie du stress oxydatif, le plus souvent déficit en
G6PD) |
| 4 |
Très petits globules rouges hyperdenses,
conséquence de la resphérisation des schizocytes
(« microsphérocytes » ou
« sphéroschizocytes »). Ils sont particulièrement
visibles dans les franges du frottis
À distinguer des schizocytes présents dans le contexte d’une anémie
hémolytique ou d’une sphérocytose héréditaire |
Tableau 4 Recommandations de l’ICSH pour la numération
des schizocytes (d’après [11]).
| 1 |
Les schizocytes doivent être recherchés : au
microscope optique, sur un frottis sanguin coloré, à un
grossissement moyen
Ils seront comptés (en pourcentage) à partir de l’analyse d’au
moins 1 000 globules rouges |
| 2 |
Une numération (%) sera effectuée lorsque le
diagnostic de microangiopathie thrombotique est suspecté (hémolyse
mécanique). Il existe le plus souvent une thrombopénie
associée |
| 3 |
Les schizocytes seront identifiés à partir de
critères précis. Ils sont toujours plus petits que les globules
rouges et possèdent des formes anguleuses avec des zones de
cassures variées (« croissants », « casques »,
« kératocytes »). Des microsphérocytes sont évocateurs en
présence des autres formes caractéristiques |
| 4 |
La présence de schizocytes est une information
pertinente pour le diagnostic clinique s’ils représentent
l’anomalie principale des globules rouges (en dehors des stigmates
d’une régénération) |
| 5 |
La numération est très évocatrice d’une
microangiopathie thrombotique si les schizocytes sont supérieurs à
1 % |
| 6 |
Le compte automatisé des globules rouges
fragmentés est une information valable pour exclure la présence de
schizocytes (excellente valeur prédictive négative). Le compte sur
frottis reste nécessaire pour établir le pourcentage de schizocytes
et permettra de vérifier leur absence en cas de macrocytose (risque
de faux négatifs) |
L’augmentation du nombre de biologistes ayant perçu sur le
frottis sanguin d’un patient les schizocytes comme une anomalie
significative a été multipliée par 1,34 entre les exercices BP 2002
et 2012. De même, la mention du diagnostic possible (MAT) s’est
accrue de 19 %. Il est vraisemblable que les nombreuses
actions de sensibilisation du GFHC durant ce temps avec
4 publications récurrentes [7-9, 24] aient eu un impact
positif. Ceci constituerait un atout pour une publication en langue
anglaise internationalement diffusée [11]. Cependant, les
difficultés à partager l’anglais sont compréhensibles et mal
quantifiables à l’échelon d’une population de professionnels de
santé. Une traduction française des points clés du texte ICLS est
souhaitée par la communauté nationale (en cours pour l’Encyclopédie
médico-chirurgicale (EMC) [25]. Dans le contexte actuel
d’accréditation de l’ensemble des laboratoires (norme 15189), ceci
confirme la pertinence d’actions éducationnelles menées par les
sociétés savantes et les associations proposant des EEQ.
Conclusion
Cette enquête, certes courte et limitée, a permis d’évaluer
l’impact d’un texte de « guidelines » sur la
communauté biologique. L’adhésion semble presque étonnamment forte.
La volonté d’appliquer les recommandations à l’échelon de chaque
laboratoire est très forte, ce qui témoigne d’une prise de
conscience très importante des biologistes à la qualité et la
standardisation des pratiques. On ne peut que s’en féliciter en
cette période d’accréditation européenne à échéance 2016.
Conflits d’intérêts: aucun.
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