Synthèse canadienne bien argumentée des données scientifiques actuelles.
Le paludisme reste parfois mortel, notamment lorsqu’il s’agit du Plasmodium
falciparum. Chez les femmes enceintes non immunisées, il augmente le risque
de fausse-couche (jusqu'à 60 % pour le falciparum), d’atteintes du foetus (faible
poids de naissance, décès) et de mortalité maternelle (de 10 % à 50 %). Aucun
traitement prophylactique ne protégeant complètement, il leur est donc recommandé
d'éviter de voyager en zone d'endémie palustre ; ou, si ce voyage est inévitable,
de : – Tenter d’éviter les piqûres de moustiques : éviter les zones à risque
surtout entre le crépuscule et l'aube (proximité de l’eau), utiliser moustiquaires
(de préférence imprégnées d'insecticide) et insecticides en spray (pyréthrinoïde)
dans les lieux de vie le soir ou la nuit, porter des vêtements imprégnés (perméthrine)
très couvrants, de couleur claire, et appliquer sur la peau un insectifuge efficace
contenant du DEET (diéthyltoluamide). – Utiliser une chimioprophylaxie efficace
: il existe des données suffisantes pour recommander l’usage de la chloroquine
ou de l’hydroxychloroquine durant toute la grossesse, ainsi que de la méfloquine
en zones de paludisme résistant à la chloroquine ; des données plus limitées
montrent que la combinaison atovaquone/ proguanil ne serait pas dommageable
pour le foetus (elle n’est actuellement pas recommandée durant la grossesse
et les données sont limitées en ce qui concerne le 1er trimestre de grossesse).
En revanche, la doxycycline et la primaquine ne sont pas recommandées durant
la grossesse, bien que théoriquement, la doxycycline puisse être utilisée durant
les 4 premiers mois.
Irvine MH, Einarson A, Bozzo P. Prophylactic use of antimalarials during
pregnancy. Can Fam Phys. 2011;57:1279-81.
Que retenir pour notre pratique ?
• Insister sur l’intérêt d’éviter ou reporter ce voyage lorsque c’est possible…
• Quelques arguments utiles pour conseiller nos patients « voyageuses ».
Mots clés : Grossesse ; Paludisme [Malaria; Pregnancy]
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