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Dépistage du cancer de la prostate : le risque médico-légal de la « vraie vie »


Médecine. Volume 8, Numéro 3, 118-22, Mars 2012, Référentiels

DOI : 10.1684/med.2012.0812

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Jean-Pierre Vallée, Éric Drahi, Pierre Gallois, Yves Le Noc , Société Française de Documentation et de Recherche en Médecine Générale (SFDRMG) .

Résumé : Il n'est pas acceptable que des opérations promotionnelles « bruyantes » ne tiennent compte ni des définitions et données scientifiques actuelles, ni des avis de la majorité des sociétés scientifiques ou institutions sanitaires mondiales. Il n'est pas acceptable que l'opinion de quelques « experts » convaincus de l'utilité d'un dépistage en dépit de son évidente dangerosité soit la seule qui s'exprime dans les prétoires. Il n'est pas acceptable qu'un médecin généraliste se retrouve accusé de faute ou au mieux d'incompétence lorsqu'il n'a pas proposé à un patient chez qui l'on découvre un cancer métastasé un dépistage par PSA quelques années auparavant. Ces préalables s'appuient sur des travaux tous concordants. Il est utile de rappeler brièvement les conclusions des différents groupes de travail multidisciplinaires français sur ce sujet dans le cadre de l'ANAES, puis de la HAS.

Mots-clés : antigène spécifique de la prostate, détection précoce de cancer, tumeurs de la prostate

ARTICLE

ANAES, décembre 1998 : « il n'y a pas d'indication à proposer un dosage sérique du PSA... »

­ « Dans le diagnostic d'une pathologie prostatique autre que cancéreuse : il n'y a pas d'indication à proposer un dosage sérique du PSA pour le diagnostic d'une pathologie non cancéreuse de la prostate (Accord professionnel).

­ Dans le dépistage du cancer de la prostate : Le dépistage du cancer de la prostate (qu'il soit de masse, dirigé vers l'ensemble de la population intéressée, ou qu'il soit opportuniste, au cas par cas) n'étant pas recommandé dans l'état actuel des connaissances, il n'y a pas d'indication à proposer un dosage du PSA dans ce cadre » [1].

Cette « non-indication » conclut l'analyse de la littérature internationale disponible à cette date par un groupe multidisciplinaire réunissant des biologistes, épidémiologistes, généralistes, gériatres, oncologues et urologues, sous la présidence de Paul Schaffer, épidémiologiste de Strasbourg. Elle a été validée par un groupe de professionnels lui aussi multidisciplinaire beaucoup plus large, puis par le conseil scientifique de l'ANAES avant d'être proposée à l'ensemble du corps médical. Il ne s'agit pas d'une « interdiction » de doser le PSA, mais continuer à dire que « depuis 1998 environ, le dépistage systématique par cet examen était recommandé » est une allégation mensongère.

Cette recommandation complétait un texte de mai 1998 argumentant l'inopportunité d'un dépistage systématique, texte répondant à la préoccupation des autorités sanitaires de voir s'instaurer à grande échelle un dépistage « sauvage » prenant une allure systématique [2].

Certes, il y avait à l'époque différentes positions sur le sujet. Ainsi l'Association française d'urologie (AFU) « recommandait » en 2002 un dépistage annuel à partir de 50 ans, 45 chez les hommes « à risque » (familial ou ethnique), tout en insistant sur l'information préalable de ces patients [3]. Ainsi, une commission de l'Académie de médecine commentait et validait en 2003 la prise de position antérieure de l'ANAES contre l'opportunité d'un dépistage organisé systématique, mais recommandait... un dosage de PSA systématique chez tout homme de plus de 50 ans sur l'argument curieux que « l'acceptabilité du test est bonne au plan individuel et économiquement acceptable pour la collectivité ». Elle admettait cependant dans l'alinéa précédent que « la prostatectomie radicale considérée comme le traitement le plus efficace allonge notablement la survie sans récidive du cancer, mais son effet sur la survie globale, bien que très probable, n'est pas définitivement établi » [4]. Dans ces deux exemples parmi d'autres, il faut rappeler que, contrairement aux recommandations de l'ANAES, émises selon les règles définies plus haut, et conçues comme des « guides » (et non des injonctions) destinés à aider la décision du praticien dans son exercice quotidien, il ne s'agit que d'opinions d'experts réunis par cooptation à cet effet. Ils peuvent guider dans le choix des questions du moment, proposer des pistes de recherche, en aucun cas être opposables en soi à toute une profession.

Des données plus récentes infirment-elles cette recommandation ?

En septembre 2004, l'ANAES proposait aux professionnels de santé une réflexion sur l'information à transmettre aux patients souhaitant un dépistage du cancer de la prostate [5]. En voici les conclusions : « Le bénéfice en termes de réduction de mortalité globale d'un dépistage systématique du cancer de la prostate par le dosage du PSA sérique total n'est pas démontré. Les résultats des études portant sur le dépistage systématique ne permettent pas de conclure sur l'opportunité d'un dépistage individuel [...]. Lorsque la démarche est envisagée, la décision doit être partagée avec la personne qui consulte. Elle relève de son appréciation individuelle en fonction notamment de son anxiété et de son aversion pour le risque. Cette décision doit être éclairée par une information claire, objective et hiérarchisée non seulement sur les bénéfices potentiels escomptés mais également les risques auxquels pourrait l'exposer ce choix, notamment en termes d'effets indésirables et de qualité de vie. »

Là encore, il n'y a pas incitation au dépistage...

En juin 2010, la HAS, succédant à l'ANAES, publie un rapport d'orientation à la suite des deux grands essais randomisés sur un dépistage systématique du cancer de la prostate aux USA (étude PLCO) et dans plusieurs pays d'Europe (étude ERSPC) [6]. En voici les conclusions :

« La HAS

­ considère qu'aucun élément scientifique nouveau n'est de nature à justifier la réévaluation de l'opportunité de la mise en place d'un programme de dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA ;

­ rappelle, dans ces conditions, les recommandations publiées par l'ANAES en 1999 et 2004 considérant que les connaissances actuelles ne permettent pas de recommander un dépistage de masse du cancer de la prostate par dosage du PSA et propose que soit étudiée l'inscription au programme de travail de la HAS de l'élaboration de recommandations professionnelles afin de préciser les indications du dosage du PSA dans le cadre de la démarche diagnostique ;

­ relève l'existence d'éléments concordants tendant à démontrer l'importance des inconvénients du dépistage et insiste sur la nécessité de mieux apprécier les effets délétères des pratiques actuelles de prescription des dosages de PSA, au moyen de la mise en place d'une étude de pratiques ;

­ insiste enfin sur l'importance de l'information à apporter aux hommes envisageant la réalisation d'un dépistage individuel du cancer de la prostate et rappelle l'existence d'un guide d'information publié par l'ANAES en 2004, dont la mise à jour devra être réalisée conformément aux recommandations de la HAS sur l'élaboration de l'information à destination des patients et en fonction des données acquises de la science, par la HAS en collaboration avec l'INCa. »

Le moins que l'on puisse dire est qu'il ne s'agit toujours pas davantage d'une incitation à prescrire un dosage du PSA à titre « systématique » sur le seul critère de l'âge !

À côté de ces documents nationaux, la méta-analyse de Chou et al. réalisée en 2011 pour l'Agence américaine USPSTF doit être signalée parce qu'elle reprend l'ensemble des données les plus récentes de la littérature scientifique sur ce sujet [7]. En voici la conclusion :

« Le dépistage du cancer de la prostate basé sur le dosage du PSA ne réduit pas ou peu la mortalité spécifique liée à ce cancer. La démarche diagnostique et les traitements qui suivent la découverte d'un PSA anormal sont associés à des effets adverses importants, dont certains peuvent être inutiles. »

À partir de cette analyse, le groupe de travail de la Task Force américaine envisageait même dans son texte provisoire de recommander de ne pas prescrire de PSA en dépistage du cancer de la prostate, du fait d'une balance bénéfices/risques lourdement défavorable. Ce projet a ouvert un débat contradictoire énorme aux États-Unis et nous en attendons la version définitive.

Le problème est le même, qu'il y ait ou non troubles fonctionnels urinaires

Des difficultés mictionnelles même avec « prostate légèrement augmentée de volume » n'augmentent pas le risque de cancer de la prostate

Là encore, retour à la recommandation de mai 1998 de l'ANAES [1] :

« Le cancer de la prostate et l'hypertrophie bénigne de la prostate sont deux pathologies du même organe, dont l'incidence augmente avec l'âge et qui peuvent être associées chez le même patient. Chez des patients cliniquement non suspects, le cancer de la prostate n'est pas plus fréquent lorsqu'il existe des troubles mictionnels par rapport à une population sans trouble mictionnel. Dans la mesure où l'hypertrophie bénigne de la prostate n'est pas un facteur de risque du cancer de la prostate, mesurer la concentration sérique du PSA chez un patient symptomatique non-demandeur revient à faire un dépistage opportuniste. »

Donc, retour à la question 1 : il n'y a pas dans ce cas d'indication à un dosage du PSA... Aucune donnée nouvelle n'est venue infirmer cette recommandation de ne pas faire. Il est même précisé dans une analyse de la littérature en 2003 que l'hypertrophie bénigne de la prostate « n'augmente pas le risque de cancer prostatique. Le dosage du PSA n'a pas d'intérêt pour le diagnostic, le bilan ni le suivi [et] ne fait pas partie du bilan systématique pour un patient consultant pour une hypertrophie bénigne de la prostate. Il est proposé aux patients chez qui la découverte d'un cancer prostatique associé entraînerait une modification de la prise en charge thérapeutique, et après information du patient sur les perspectives évolutives et thérapeutiques du cancer prostatique » [8].

Qu'implique le suivi d'un tel tableau clinique ?

Il n'existait pas en 2003 (et toujours pas en 2012) d'arguments scientifiques valides permettant de recommander la place relative de la surveillance, du traitement médical et du traitement chirurgical, dans une situation clinique n'évoquant ni aggravation ni complication, les souhaits du patient étant dans ce cas un facteur décisionnel majeur. Aucune pratique de dépistage de cancer de la prostate, qu'il s'agisse de toucher rectal ou de dosage du PSA, n'a de justification dans cette situation. Le toucher rectal est justifié au moment du diagnostic initial [8] pour affirmer l'hypertrophie de la prostate et juger de sa consistance ferme ou dure ou de la présence d'un éventuel nodule, mais il ne permet pas une évaluation précise de son volume et ne peut donc être utile au suivi (cf. paragraphe précédent). La littérature a souligné à de nombreuses reprises, notamment dans les études de dépistage menées dans les pays nordiques, que, non seulement il ne réduisait pas la mortalité par cancer de la prostate, mais qu'il était, comme le dosage du PSA, responsable de surdiagnostics et de surtraitements. Sauf inquiétude particulière du médecin et/ou du malade, notamment en cas d'aggravation des difficultés mictionnelles, ce geste n'a aucun intérêt au cours du suivi habituel de troubles mictionnels [9].

La découverte d'un cancer métastasé témoigne-t-elle d'une « perte de chances » pour le patient ?

C'est évidemment sur ce point majeur que porte le médico-légal. « Et si le diagnostic avait été fait plus tôt ? Et si une prostatectomie radicale quelques années auparavant avait donné de meilleures chances de guérison ? Et si un dosage de PSA... »

Il est toujours triste et terrifiant que la relation de confiance entre un malade et son médecin s'achève devant les juges, à qui l'on demande de répondre à des questions qui traduisent surtout l'impression du patient que son médecin aurait pu et dû faire différemment et mieux. Tout médecin ne peut que comprendre et souhaiter aider des patients engagés dans le difficile et douloureux chemin de vie qui succède au diagnostic de cancer engageant le pronostic vital. Mais dans l'état actuel des connaissances, cette impression n'est pas justifiée, malgré les affirmations hasardeuses de certains. L'augmentation quasi épidémique du nombre de cancers de la prostate dans tous les pays industrialisés est une grave préoccupation de santé publique, essentiellement en rapport avec un dépistage de plus en plus répandu malgré un bénéfice incertain et des conséquences souvent dramatiques. Si, pour trouver le plus tôt possible tous les cancers à haut risque, il faut dépister tous les hommes du seul fait de leur âge, cela signifie qu'un grand nombre d'hommes qui n'ont besoin de rien et n'ont rien demandé souffriront et parfois mourront de l'interventionnisme médical ; et ce n'est pas pour autant que les quelques-uns chez qui l'on aura diagnostiqué un peu plus tôt une forme agressive en bénéficieront : là est le dilemme. Il est erroné et dangereux pour la population de laisser croire à cet argument d'efficacité d'un dépistage qui restera contestable tant que nous ne disposerons pas de « marqueurs » réellement spécifiques des cancers « tueurs ».

Quels sont les avantages et inconvénients de la prostatectomie totale « précoce » ?

Les plus récentes données sont celles de la méta-analyse de l'USPSTF en 2011 [7] : la prostatectomie radicale diminue la mortalité spécifique par cancer de la prostate chez les hommes de moins de 65 ans, au prix de dysfonctions érectiles (augmentation évaluée à 36 % dans les études de bonne qualité) et d'incontinence urinaire (augmentation de 28 %). Mais le risque de décès par biopsie avant diagnostic est évalué à 2 pour 1 000 [10] et celui de l'intervention elle-même à 5 pour 1000 [11], le risque de complications cardiovasculaires étant de 6 à 30 pour 1 000 [7]. On ne peut parler du gain d'années de vie ­ pour quelques-uns ­ dû à la chaîne dépistage-thérapeutique qu'à la condition de parler aussi de la perte d'années de vie ­ pour d'autres ­ que suppose ce même enchaînement. Dans les conditions actuelles, la balance paraît largement déficitaire [12]. Faudra-t-il des procès pour « perte de chance » à cause du dépistage pour prendre réellement conscience de ce problème ?

Un cancer très évolutif au moment du diagnostic est-il précédé par une forme moins agressive à meilleur pronostic en cas d'intervention précoce ?

Une synthèse publiée en 2003 dans le Lancet rappelait à partir des rares travaux publiés que, « sur une période dépassant 2 à 3 ans, le grade du cancer n'a pas tendance à changer [...]. Au-delà, cela reste à démontrer » [13].

Un cancer découvert comme de forte agressivité au moment du diagnostic était très probablement très agressif dès le début, peut-être même avec, d'emblée, des métastases dites « dormantes », prêtes à disséminer pour de nombreuses causes. Cette hypothèse, de plus en plus admise par différents auteurs, cancérologues ou non, est confirmée par de nombreuses observations contraires à l'opinion couramment émise que tout cancer évolue de façon linéaire d'une forme purement locale à une forme plus étendue, puis métastatique, donc que plus tôt on intervient et plus il y a de chances de guérison [14].

On peut conclure des données de la méta-analyse de Chou et al. [7] que l'intervention chirurgicale précoce est parfois bénéfique pour un petit nombre d'hommes ayant des cancers de faible évolutivité, notamment avec des scores de Gleason inférieurs à 7. Elle ne l'est qu'au prix d'inconvénients (qui peuvent aller jusqu'à la mort dans un nombre de cas qui ne peut être tenu pour négligeable), parfois inutilement pour des cancers qui n'auraient jamais évolué de toute la vie de l'homme qui en est atteint.

On peut aussi en conclure que cette intervention précoce ne peut en aucun cas suffire en cas de découverte d'un cancer à haut risque. Des thérapeutiques complémentaires, par exemple la radiothérapie, sont recommandées. Il est donc admis, plus ou moins implicitement, qu'il est possible, voire probable, même si nos moyens diagnostiques ne permettent pas de les mettre en évidence, qu'il existe déjà un envahissement et des métastases. Dit autrement, il y a consensus sur le fait que la découverte d'un cancer « localisé » à la prostate mais à haut potentiel évolutif n'est en rien la découverte « tardive » d'un cancer de faible évolutivité encore curable par prostatectomie.

Conclusion

La balance bénéfice/risque du dépistage du cancer de la prostate est aujourd'hui telle que tout médecin conscient de ses responsabilités à la fois vis-à-vis de ses malades et de la société entière peut, à juste titre, être convaincu que proposer ce dépistage est faire courir un risque inutile. Certains pensent encore que le risque élevé de quelques individus mérite de faire partager les inconvénients du dépistage à tous. Pourtant, le faisceau concordant de preuves inverses, l'absence constante de preuve que la « traque du plus petit cancer » est bénéfique pour qui que ce soit, démontre largement que ne pas proposer de dépistage à des hommes qui ne demandent rien est conforme à l'éthique du serment d'Hippocrate et en aucun cas signe d'inconscience ou d'incompétence. Il n'y a pas lieu de proposer de dépistage à un homme qui ne demande rien, au seul prétexte qu'il a plus de 50 ans. Il n'y a pas lieu non plus de refuser ce dépistage à quelqu'un qui le demande, mais il faut alors l'informer pleinement de l'engrenage infernal dans lequel il va peut-être se trouver engagé. Nous ne pouvons actuellement savoir à qui nous rendrions service en faisant un diagnostic plus précoce, faute d'indicateurs convenables : mais il n'y a pas lieu de mettre en cause notre compétence professionnelle tant que n'existeront pas ces indicateurs. C'est aussi à la puissance publique de l'affirmer et de le défendre auprès de nos patients, pour éviter que la « vraie vie » ne broie ici ou là un médecin dont le seul tort était d'être là au mauvais moment.

Conflits d'intérêts : aucun.

Références

  1. ANAES. Indications du dosage sérique de l'antigène prostatique spécifique (PSA). Décembre 1998.
  2. ANAES. Opportunité d'un dépistage systématique du cancer de la prostate par le dosage de l'antigène spécifique de la prostate. Mai 1998.
  3. Rebillard X, Villers A, Ruffion A, Beuzeboc B, Soulié A, Richaud P, et al. Cancer de la prostate. Progrès en Urologie. 2002;12(Supp 2):29-67.
  4. Bourel M, Ardaillou R. Sur le dépistage du cancer de la prostate par le dosage de l'antigène spécifique de la prostate (PSA) dans le plasma. Académie Nationale de Médecine. 2003.
  5. ANAES. Éléments d'information des hommes envisageant la réalisation d'un dépistage individuel du cancer de la prostate. Septembre 2004.
  6. HAS. Dépistage du cancer de la prostate. Analyse critique des articles issus des études ERSPC et PLCO publiés en mars 2009. Juin 2010.
  7. Chou R, Croswell JM, Dana T, Bougatsos C, Blazina I, Fu R, et al. Screening for Prostate Cancer: A Review of the Evidence for the U.S. Preventive Services Task Force. Ann Intern Med. 2011;155:762-71.
  8. ANAES. Prise en charge diagnostique et thérapeutique de l'hypertrophie bénigne de la prostate. Mars 2003.
  9. Spence D. Bad medicine : digital rectal examination. BMJ. 2011;342:d3421.
  10. Gallina A, Suardi N, Montorsi F, Capitanio U, Jeldres C, Saad F, et al. Mortality at 120 days after prostatic biopsy: A population-based study of 22,175 men. Int J Cancer. 2008;123:647-52.
  11. Walz J, Montorsi F, Jeldres C, Suardi N, Shariat SF. The effect of surgical volume, age and comorbidities on 30-day mortality after radical prostatectomy: a population-based analysis of 9 208 consecutive cases. BJUI. 2008;101:826-32.
  12. Boniol M, Perrin P, Ruffion A, Autier P, Brawley O, Boyle P. Dépistage du cancer de la prostate : une évaluation du nombre d'années de vie gagnées et perdues. Présentation au 9e Congrès (2010) de l'AFU. Sur http://www.urofrance.org/science-et-recherche/base-congres-afu/diaporama.html?tx_chgallery_pi1%5bpath%5d=fileadmin%2Fpresentations%2Fdata%2F2010%2FC13%2FP_PERRIN_1
  13. DeMarzo AM, Nelson WG, Isaacs WB, Epstein JI. Pathological and molecular aspects of prostate cancer. Lancet. 2003;361:955-64.
  14. Welch HG (trad Turcotte). Dois-je me faire tester pour le cancer ? Peut-être pas et voici pourquoi. Laval: Presse de l'Université; 2008.

Dépistage du cancer de la prostate : le risque médico-légal de la « vraie vie »

­ L'ANAES puis la HAS ont constamment souligné depuis 1998 que le dosage du PSA n'a pas d'indication dans le dépistage du cancer de la prostate ou le diagnostic d'une pathologie prostatique autre que cancéreuse. Le dépistage ne réduit pas ou peu la mortalité spécifique du cancer de la prostate. La démarche diagnostique et les traitements qui en découlent sont associés à des effets adverses importants, dont certains peuvent être inutiles.

­ Le cancer de la prostate n'est pas plus fréquent lorsqu'il existe des troubles mictionnels modérés et non évolutifs chez un homme de plus de 50 ans. Le dosage du PSA chez un patient symptomatique non-demandeur est donc un dépistage opportuniste.

­ Il est peu probable qu'un cancer très évolutif au moment du diagnostic soit précédé par une forme moins agressive à meilleur pronostic en cas d'intervention précoce.

­ Il n'y a pas lieu de proposer de dépistage à un homme qui ne demande rien, au seul prétexte qu'il a plus de 50 ans. Il n'y a pas lieu non plus de refuser ce dépistage à quelqu'un qui le demande, mais il faut alors l'informer pleinement de ce qui suivrait un dépistage positif.


 

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