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La rhizarthrose et ses traitements


Médecine. Volume 7, Numéro 9, 429-32, Novembre 2011, Arthroplasties 2011

DOI : 10.1684/med.2011.0765

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Vincent Travers , Clinique St Charles, Lyon .

Résumé : L'arthrose de la première articulation carpo-métacarpienne, ou rhizarthrose, est la localisation la plus fréquente à la main après l'arthrose des articulations interphalangiennes distales. Affection féminine dans 80 % des cas [2], elle répond près de 3 fois sur 4 favorablement au traitement médical (1). Le terme de rhizarthrose a été donné par Forestier en 1937 [3]. Plus récemment, ce terme s'applique à l'arthrose de tous les interlignes péri-trapéziens [4], la rhizarthrose n'atteignant pas seulement la trapézo-métacarpienne. Cette arthrose n'entraîne généralement que peu ou pas de douleurs. Son retentissement fonctionnel est faible. Le traitement médical permet souvent de le limiter. Cependant, il est important pour le médecin généraliste qui suit le patient au quotidien de reconnaître une gêne fonctionnelle devenue invalidante1, ne pas sous-estimer cette gêne et éventuellement orienter son patient vers un chirurgien de la main.

Mots-clés : arthrose, prothèse articulaire

Illustrations

ARTICLE

Articulation trapézo-métacarpienne : la plus importante de la colonne du pouce...

La mobilité de l'articulation trapézo-métacarpienne se fait dans les trois plans, associant flexion-extension, abduction adduction, l'ensemble de ces mouvements formant la circumduction [6]. Elle s'associe à une bonne stabilité, liée à sa configuration en double selle des surfaces articulaires associées à un système capsulo-ligamentaire stabilisateur complexe. C'est l'articulation fonctionnellement la plus importante de la colonne du pouce. Autant un blocage par arthrodèse de l'articulation métacarpo-phalangienne (dont la mobilité est extrêmement variable d'une personne à l'autre) peut n'entraîner aucune gêne fonctionnelle importante, autant celui de l'articulation trapézo-métacarpienne (même si un certain degré de compensation peut être retrouvé dans l'articulation scapho-trapézienne) sera très gênant. Cette articulation travaille en permanence en compression grâce à un système ligamentaire spécifique, le trapèze apparaissant comme une véritable clé de voûte dans la répartition des forces de pression de l'extrémité de la pince au poignet : pour une force de 1 kilo qui s'exerce sur une pression pollici-digitale, la force en compression entraînée sur la trapézo-métacarpienne est de 12 kg [8]. Les contraintes exercées sur cette articulation sont donc majeures avec une résultante orientée en postéro-externe. De plus, la contrainte exercée à la base du pouce est subluxante, tendant à entraîner une luxation du premier métacarpien en dehors.

Il est particulièrement important de distinguer une arthrose isolée de l'articulation trapézo-métacarpienne (souvent appelée première articulation carpo-métacarpienne [5], même si en fait, la base du deuxième métacarpien s'articule aussi avec le trapèze et avec le premier métacarpien) de l'arthrose péri-trapézienne, en évaluant les articulations adjacentes. D'après Swanson [7], l'arthrose trapézo-métacarpienne proprement dite s'accompagne dans 48 % des cas d'une atteinte scapho-trapézo-trapézoïdienne, dans 86 % des cas d'une atteinte entre trapèze et 2e métacarpien et dans 35 % des cas d'une atteinte trapézo-trapézoïdienne. En pratique, c'est surtout l'atteinte associée de l'articulation scapho-trapézo-trapézoïdienne qui doit être prise en compte dans l'évaluation anatomique de la rhizarthrose. Cette dernière peut également être touchée d'une manière isolée (sans atteinte de la trapézo-métacarpienne) mais il s'agit alors d'une entité différente entrant dans le cadre des pathologies intra-carpiennes. Ceci explique d'une part la base de la pathologie trapézo-métacarpienne (répétition de prises fines, ce que les anciens appelaient la « maladie de la couturière ») et, d'autre part, l'évolution radiologique.

Du point de vue radiologique (figure 1) s'associent d'abord de manière simultanée un pincement de l'articulation et une subluxation permanente (d'abord réintégrable, puis de moins en moins), puis apparaissent des ostéophytes internes du trapèze qui vont se pérenniser et augmenter la subluxation du premier métacarpien [9, 10] et, enfin (conséquences musculo-ligamentaires de l'expulsion du premier métacarpien), une hyper-extension compensatoire de l'articulation métacarpo-phalangienne, aboutissant au « pouce en Z ». Cette évolution est accélérée par des facteurs individuels et probablement héréditaires (les formes familiales de rhizarthrose étant fréquentes) consistant en une instabilité constitutionnelle de l'articulation, et/ou une dysplasie trapézienne.

Le temps du traitement « non chirurgical »

Si l'évolution radiologique de la rhizarthrose apparaît inéluctable, les conséquences cliniques (syndrome douloureux, gêne fonctionnelle, évolution des déformations secondaires capsulo-ligamentaires) peuvent être durablement améliorées ou stabilisées par le traitement médical. Celui-ci est essentiellement basé sur le port d'orthèses stabilisatrices faites sur mesure en thermoformable, à porter toutes les nuits (et seulement la nuit) pendant 3 mois, puis très régulièrement à la demande. Il améliore durablement environ 3 rhizarthroses sur 4. Ces orthèses très légères et pratiques à porter s'usent vite et doivent être refaites environ 1 fois par an, avec un contrôle radiologique tous les 2 ans.

Les autres traitements médicaux doivent être considérés avec prudence et adaptés au cas par cas : infiltrations de corticoïdes sous contrôle radiologique (l'articulation est petite et souvent pincée), d'efficacité souvent partielle et peu durable (si l'efficacité de la première infiltration est brève, il semble préférable de ne pas la renouveler) : visco-supplémentations, pratiquées en général par les rhumatologues sous contrôle radiologique (leur efficacité reste partielle et le recul n'est pas suffisant pour déterminer les meilleures indications : il semble que les formes déjà évoluées avec ostéophytes soient trop tardives pour cette technique).

Le temps chirurgical

Trois possibilités

 L'arthrodèse trapézo-métacarpienne, bloquant totalement la mobilité de l'articulation et entraînant une limitation fonctionnelle notable, n'est utilisée que dans des cas très rares d'arthrose post-traumatique chez un sujet jeune travailleur de force.

­ La trapézectomie est l'intervention la plus ancienne, « de référence » aux USA. Ses résultats sont souvent intermédiaires [11] en douleur, en mobilité et surtout en force, avec l'inconvénient d'un raccourcissement de la colonne du pouce, un retentissement sur la stabilité intra carpienne et le risque d'apparition ou d'aggravation de déformations de la métacarpo-phalangienne du pouce.

­ La mise en place d'un implant ou d'une prothèse trapézo-métacarpienne, idée française, date des années 1970 [12]. La prothèse ressemble à une mini prothèse de hanche avec une quille, dans le 1er métacarpien, un col et une tête, et de l'autre côté une cupule en polyéthylène cimentée dans le trapèze. Actuellement, il peut s'agir soit d'un implant trapézien après trapézectomie (le plus célèbre étant l'implant de Swanson [13]), soit d'implants de resurfaçage couplés à une trapézectomie partielle, soit d'une prothèse trapézo-métacarpienne.

Exérèse plus ou moins totale du trapèze

Ces techniques sont dérivées des anciens modèles de type Swanson. Les matériaux ont changé, car les composés de type silicone ont entraîné des réactions à corps étrangers majeures, nécessitant très souvent leur exérèse. La technique semblant la plus intéressante consiste en la mise en place d'un implant en pyrocarbone. Ce matériau utilisé depuis une dizaine d'années dans la chirurgie de la main [14] a en effet un double avantage : caractéristiques très proches de la structure osseuse, notamment en termes d'élasticité et de densité, meilleure résistance à l'usure que tous les autres biomatériaux.

Les premières séries publiées [15] rapportent des résultats très intéressants, meilleurs que ceux de la trapézectomie simple en termes de raccourcissement de la colonne du pouce et donc en termes de force et de stabilité de celle-ci. Par rapport aux prothèses totales, cette technique est certes moins anatomique, mais le risque de complications est moindre, notamment le risque de descellement prothétique qui n'existe plus puisque l'implant est glissé dans l'espace de la trapézectomie. Deux éléments devront être confirmés : la stabilité de l'implant à long terme, et le comportement local de l'implant vis-à-vis du scaphoïde notamment. En termes de délai de récupération, il semble que ceux-ci soient plus courts que ceux de la trapézectomie (classiquement 6 mois pour retrouver une pleine fonction) mais plus longs que ceux de la prothèse totale (généralement aux alentours de 3 mois).

Au total donc il s'agit d'une technique récente, à considérer avec prudence, en attendant des séries plus importantes et un recul suffisant.

Techniques respectant le trapèze

Prothèse totale trapézo-métacarpienne

C'est la technique la plus pratiquée en France. La pièce métacarpienne est généralement une quille cimentée [16] ou plus souvent impactée [17] ou vissée [18]. Comme pour le fémur dans les prothèses totales de hanche, le problème n'est pas au métacarpien, mais au trapèze : le problème essentiel est le risque à moyen ou à long terme de descellement de la pièce trapézienne. L'intervention se déroule en général sous anesthésie loco régionale. Pratiquée sous garrot pneumatique, la voie d'abord peut être soit antéro-externe, soit postéro-externe. Une hospitalisation en ambulatoire est suffisante.

L'intervention comprend successivement une préparation des deux surfaces (coupe à la scie oscillante de la base du premier métacarpien et exérèse de l'ostéophyte interne trapézien) puis la mise en place des deux implants. Plusieurs diamètres de quille métacarpienne, plusieurs longueurs de longueur de col et de taille de trapèze permettent une adaptation aussi anatomique que possible de l'implant.

Après l'intervention, une orthèse stabilisatrice est généralement justifiée pour une période de 3 semaines, avant de débuter une auto-rééducation (après contrôle clinique et radiologique) par reprise progressive des activités du quotidien. Une rééducation peut être donnée en complément, soit pour limiter une inflammation résiduelle par une physiothérapie adaptée, soit pour aider le patient à récupérer l'ensemble de sa mobilité. Il faut environ 3 mois pour une bonne récupération.

Le contrôle clinique et surtout radiologique fait ensuite tous les deux ans a pour but de dépister des signes précurseurs de mobilisation de la prothèse.

Complications et risques : ceux de toute chirurgie prothétique

 Risque infectieux (très rare au niveau de la main) primaire ou secondaire, justifiant une antibioprophylaxie préventive et, à distance, la prise en charge adaptée de tout foyer infectieux, notamment dentaire ou urinaire, puisqu'une infection à distance peut, même plusieurs années après la pose de la prothèse, se localiser sur celle-ci.

­ Risque de luxation de la prothèse, très rare, lié à un problème technique ou à un traumatisme. Une réduction immédiate est nécessaire, hélas souvent suivie de la nécessité d'une reprise.

­ Descellement ou mobilisation ultérieurs de la prothèse, objectivés par radiologie et scintigraphie. C'est le risque le plus important, surtout pour la composante trapézienne [19]. Cela impose une reprise chirurgicale (rarement une nouvelle prothèse, le plus souvent, par sécurité, une trapézectomie). Le taux de descellement trapézien varie entre 5 et 30 % selon les séries, la moyenne de vie d'une telle prothèse pouvant être estimée à 10 ans. Cependant, nombre d'implants restent parfaits à plus de 15 ans, alors que d'autres peuvent « bouger » à 5 ans.

Il est donc fondamental de poser justement les indications. L'utilisation excessive de la prothèse est un des facteurs clé de la limitation de sa durée de vie [20]. Les conditions locales et notamment l'appréciation per opératoire de la valeur du trapèze sont un autre facteur important : il n'est pas rare, « partant » pour une prothèse, de devoir en per opératoire renoncer à celle-ci au profit d'une trapézectomie. L'information préopératoire est donc fondamentale pour permettre au patient de choisir soit la « sécurité » (la trapézectomie), mais avec un résultat moins bon, soit la prothèse mais avec le risque de durée de vie limitée. Quand ces règles sont respectées, les résultats à attendre sont le plus souvent excellents. Il est habituel que le patient retrouve un pouce « oublié », c'est-à-dire une totale récupération de l'indolence, de la mobilité, de la force et de la fonction (figure 2).

Conclusion

La rhizarthrose est une affection fréquente. Il ne faut pas en sous-estimer les conséquences fonctionnelles chez des sujets âgés souvent seuls. Le premier (souvent le seul) traitement est le port nocturne d'une orthèse thermoformable moulée. En cas d'échec de ce traitement, l'indication chirurgicale doit être proposée, avec, en fonction de la radiologie, de l'âge du patient et de sa gêne fonctionnelle, une alternative entre deux gestes chirurgicaux : soit une trapézectomie (pouvant être associée à la mise en place d'un implant trapézien), soit la mise en place d'une prothèse trapézométacarpienne. L'évolution des techniques d'anesthésie, l'amélioration des matériaux prothétiques et de la technicité liée à la spécialisation des chirurgiens de la main, permettent des résultats le plus souvent excellents avec la récupération d'une fonction normale ou subnormale [21].

Conflits d'intérêts : aucun.

Références

  1. Foucher G, Lanzetta M, Van Overstraeten L. Comparaison des techniques de traitement de la rhizarthrose du pouce. Chirurgie. 1993;119:586-91.
  2. Lawrence JS, Bremner JL, Bier F. Osteo arthritis. Prevalence in the population and relationship between symptoms and X ray changes. Ann Rheum Dis. 1966;25(1):1-24.
  3. Forestier J. L'ostéoarthrite sèche trapézo-métacarpienne. Presse Méd. 1937;315:7.
  4. Allieu Y. Les lésions arthrosiques péri trapéziennes. Ann Chir Main. 1983;544:456-71.
  5. Duparc J, De la Caffinière JY, Pineau H. Approche biomécanique et cotations des mouvements du premier métacarpien. Rev Chir orthop. 1971;57:3-12.
  6. Kapandji A. Biomechanics of the thumb. In: Tubiana R. Ed. The hand. Philadelphia: WB Sainders Company; 1981 (pp. 404-22).
  7. Swanson A. Disabling Arthritis at the base of the thumb. Treatment by resection of the trapezium and flexible implant arthroplasty. J Bone Joint Surg. 1972;54A:456-71.
  8. Cooney WP, Chao EY. Biomechanical analysis of static forces in the thumb during hand function. J Bone Joint Surg. 1977;59(A):36-127.
  9. Kapandji A. Nouvelles données radiologiques sur la trapézo-métacarpienne : résultats sur 330 dossiers. Ann Chir Main. 1993;4:263-74.
  10. Eaton RG, Littler JW. Ligament reconstruction for the painfull thumb carpometacarpal joint. J Bone Joint Surg. 1973;55A:1655-66.
  11. Gray KV, Meals RA. Hematoma and distraction arthroplasty for thumb basal osteoarthritis. J Hand Surg Am. 2007;32(1):23.
  12. De La Caffinière JY. Prothèse totale trapézométacarpienne. Rev Chir orthop. 1973;59:299-308.
  13. Pequignot JP. Lussiez B, Allieu Y. Implant adaptatif du scaphoïde proximal. Chir Main. 2000;19:276-85.
  14. Martinez de Aragon JS, Moran SL, Rizzo M. Early outcomes of pyrolytic carbon hemiarthroplasty for the treatment of trapezial-metacarpal arthritis. J Hand Surg. 2009;34a:205-12.
  15. Bellemere P, Chaise F. L'implant d'interposition Pi2 : résultats préliminaires de 41 implants à 2 ans de recul (communication orale). XVIIIo congrès de la société française de chirurgie de la main. Paris, 15 décembre 2007.
  16. Nicolas RM, Calserwood JW. De la Caffinière arthroplasty for basal thumb joint osteoarthritis. J Bone Joint Surg. 1992;74(2):309-12.
  17. Jacoulet P. Résultats de la prothèse trapézométacarpienne ARPE : a propos de 37 implantations. Chir Main. 2005;24:24-8.
  18. Regnard PJ. Elektra trapeziometacarpal prosthesis : results of the first 100 cases. J Hand Surg. 2006;31B:621-8.
  19. Sondegaard L, Konradsen L, Rechnagel K. Long term follow up of the Caffinière prothesis for trapeziometacarpal arthroplasty. J Hand Surg br. 1991;16(4):428-30.
  20. De La Caffinière JY. Facteurs de longévité des prothèses trapézométacarpiennes. Chir Main. 2001;20:63-7.
  21. Gaisne E, Lussiez B, Obert L, Raimbeau G. Rhizarthrose : trapézectomie ou prothèse ? Face à face GEM 2007. In: Prothèses et implants de la trapézo-métacarpienne. Paris: Sauramps; 2009 (pp. 225-30).

 

En résumé : Quelles indications poser devant une rhizarthrose douloureuse ?
Toujours commencer par un traitement médical de 3 mois (orthèse de nuit ; éventuellement infiltration).
En cas d'échec, indication chirurgicale possible, fonction de l'âge et de l'activité du patient, selon le type radiologique d'arthrose :

Péri-trapézienne (ne se limite pas à l'articulation trapézométacarpienne) :

­ Prothèse contrindiquée

­ Donc trapézectomie simple ± implant trapézien.

Trapézo-métacarpienne isolée chez un sujet de moins de 60 ans :

Indication très prudente de prothèse du fait du risque de descellement à moyen ou long terme. Plutôt privilégier la sécurité à long terme.

Trapézo-métacarpienne chez un sujet de plus de 60 ans très actif utilisant beaucoup ses mains :

Risque de descellement à moyen terme conséquent chez un patient pratiquant une activité répétitive (musique et notamment piano, activités de couture ou de patchwork).

Trapézo-métacarpienne chez un sujet de plus de 60 ans avec une vie « habituelle » :

Meilleure indication de chirurgie prothétique, surtout si l'arthrose n'est pas radiologiquement majeure et l'épaisseur de trapèze encore conservée.

Notes :

  1. Le retentissement fonctionnel peut devenir très important, chez des sujets souvent âgés, dans l'incapacité de procéder à des gestes simples du quotidien, tel ouvrir une bouteille ou un bocal, effectuer une prise fine pollici-digitale (le pouce avec un autre doigt) pour saisir quelque chose, tourner une clé.
  2. Les orthèses semi-rigides du commerce entraînent une position non anatomique qui suffit à expliquer des échecs thérapeutiques.
  3. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens n'ont qu'une action éphémère et partielle.
  4. Et depuis environ 30 ans en chirurgie valvulaire cardiaque...


 

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