Cette énorme analyse épidémiologique (plus de 5 millions de patients,
près de 200 pays) montre qu’en moyenne, la pression artérielle systolique a
baissé depuis 1980, mais avec des variations importantes entre pays [1].
Les auteurs se sont focalisés sur la pression artérielle systolique (PAS) plutôt
que la diastolique, les études prospectives suggérant qu’elle prédit mieux le
risque cardiovasculaire, surtout après 55 ans. La PAS moyenne a baissé de 3,5
mmHg ou plus par décade entre 1980 et 2008 chez les femmes d’Europe de l’ouest
et d’Australasie, de 2,8 mmHg par décade chez les hommes d’Amérique du Nord,
2 mmHg chez ceux d’Europe de l’ouest et d’Australasie. Elle a augmenté d’environ
1 mmHg par décade chez les hommes et femmes d’Océanie, Afrique de l’Est, Asie
du Sud et du Sud-Est, et chez les femmes de l’Afrique de l’Ouest. La PAS féminine
moyenne la plus élevée était relevée dans quelques pays d’Afrique de l’Est et
de l’Ouest (135 mmHg ou plus), la PAS masculine moyenne dans les mêmes pays
et sur le pourtour de la Baltique (138 mmHg ou plus). Hommes et femmes d’Europe
occidentale avaient la PAS moyenne la plus élevée des pays à hauts revenus.
1. Danaei G, Finucane MM, Lin JK, Singh GM, Paciarek CJ, Cowan MJ et al.
National, regional, and global trends in systolic blood pressure since 1980:
systematic analysis of health examination surveys and epidemiological studies
with 786 country-years and 5.4 million participants. Lancet. 2011;377:568-77.
Les questions que se pose la rédaction
• Il est difficile de « conclure » d’une telle masse de données, qui englobent
de multiples facteurs peu ou pas étudiés tels que l’apport de sel, l’indice
de masse corporelle (qui a augmenté dans de nombreux pays), l’usage des antihypertenseurs,
très variable notamment entre les pays industrialisés et les pays émergents…
• Une telle étude de « tendances » devrait déboucher sur des études plus précises
sur les effets sur la mortalité cardiovasculaire (on attend de ces baisses «
moyenne » qu’elles diminuent le nombre d’événements cardiovasculaires graves),
les déterminants comportementaux, nutritionnels, culturels, sanitaires…
• En gardant à l’esprit que de petites baisses concernant l’ensemble de la population
ont des effets de prévention primaire importants.
Mots clés : épidémiologie ; prévention primaire [epidemiology
; primary prevention]
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