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Brèves de pharmacovigilance


Médecine. Volume 6, Numéro 6, 258-9, Juin 2010, Thérapeutiques

DOI : 10.1684/med.2010.0572


Auteur(s) : Samy Babai, Hélène Brocvielle, Hervé Le Louet, Laure Thomas, CRPV Henri Mondor.

ARTICLE

Cancer et gel de bécaplermine

La bécaplermine (Regranex®) est un facteur de croissance humain recombinant. Elle stimule la prolifération cellulaire et la cicatrisation des plaies. Elle est indiquée, en association avec d'autres soins adaptés de la plaie, pour traiter les ulcères diabétiques chroniques profonds d'origine neuropathique et de surface inférieure ou égale à 5 cm2.

Une étude observationnelle rétrospective, réalisée auprès de 1 622 patients traités par bécaplermine et de 2 809 patients du bras comparateur, a montré une augmentation du risque de mortalité par cancer chez les patients ayant utilisé au moins 3 tubes de bécaplermine. Par ailleurs, il a été constaté la survenue de tumeurs malignes à distance du site d'application du gel, aussi bien au cours des études cliniques que depuis sa commercialisation.

La bécaplermine est donc désormais contre-indiquée chez les patients présentant une tumeur maligne connue. Le RCP de Regranex® a été modifié en conséquence.

Mots clés : cancer, diabète

Référence :

  1. Laboratoires Ethicon. Regranex est contre-indiqué chez les patients présentant un cancer. Information importante de sécurité d'emploi. Mars 2010.

Rotarix® : contamination virale du vaccin

Le Rotarix® est un vaccin oral indiqué à partir de l'âge de 6 semaines pour la prévention des gastroentérites du nourrisson dues à une infection à rotavirus. Il a reçu une autorisation de mise sur le marché européenne en février 2006. En raison de la présence de fragments d'ADN viral dans des lots de Rotarix® distribués aux États-Unis et possiblement en Europe, il est recommandé, à titre de précaution, de lui préférer l'autre vaccin (Rotateq®) disponible.

L'ADN viral retrouvé est un circovirus porcin de type 1, non pathogène, fréquemment retrouvé dans certaines viandes et autres produits alimentaires. Il ne présenterait pas de risque pour la santé publique. Un complément d'information a été demandé au laboratoire et a donné lieu à une nouvelle évaluation, par les autorités de santé, fin avril 2010. Même si les autorités européennes ne préconisent pas de précaution particulière, l'Afssaps maintient sa recommandation jusqu'en juillet « à titre de précaution ».

Mots clés : rotavirus, vaccin

Référence :

  1. http://www.afssaps.fr/Infos-de-securite/Communiques-Points-presse/Information-de-securite-concernant-Rotarix-R-Communique


Traitement de la toxicomanie ou de l'alcoolo-dépendance : il faut choisir

La naltrexone (Revia®) est un antagoniste des opiacés, indiqué en traitement de soutien dans le maintien de l'abstinence chez les patients alcoolo-dépendants ; la buprénorphine est un agoniste-antagoniste des récepteurs morphiniques, indiqué dans le traitement substitutif des pharmacodépendances majeures aux opiacés.

En raison de l'effet antagoniste de la naltrexone sur les récepteurs morphiniques, 31 cas de syndrome de sevrage après l'instauration de ce traitement ont été rapportés en France, chez des patients traités concomitamment par buprénorphine ou méthadone [1]. Parmi ces 31 observations, 18 concernaient des patients sous buprénorphine et 13 des patients sous méthadone. Les patients ont présenté une symptomatologie de sevrage comprenant une agitation, des douleurs abdominales, des frissons, une somnolence, une sudation, des crampes et des malaises. Dans 22 cas, l'hospitalisation ou la prolongation d'une hospitalisation a été nécessaire. Aucun décès n'a été signalé. L'évolution a toujours été favorable.

L'utilisation concomitante de naltrexone au cours d'un traitement substitutif des pharmacodépendances majeures aux opiacés est donc déconseillée [2].

Mot clé : sevrage

Références :

  1. Bulletin de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé. Mars 2010
  2. RCP du Naltrexone

Cosmétovigilance 2009 : bilan national

Si la moitié des effets indésirables déclarés en 2009 sont considérées comme « non graves », il faut souligner que plus de 10 % ont entraîné une hospitalisation, un arrêt de travail, une mise en jeu du pronostic vital ou une inaptitude professionnelle. Il s'agissait pour 65 % de réactions allergiques retardées, 8 % de réactions allergiques immédiates, 3 % de photoallergies retardées et 17 % de réactions d'irritation. Les manifestations ne relevant pas de mécanisme allergique ou d'irritation cutanée ont été observées dans 7 % des cas (gêne respiratoire, acnés, ochronoses exogènes, érosion cornéenne...). Les enfants sont concernés dans 16 % des cas déclarés.

Les principales catégories de produits cosmétiques impliquées étaient par ordre décroissant :

­ les produits de maquillage et démaquillage du visage et des yeux,

­ les produits d'hygiène corporelle rincés,

­ les crèmes pour le visage,

­ les teintures capillaires et/ou pour cils,

­ les produits solaires,

­ les tatouages éphémères noirs et les produits de blanchiment de la peau,

­ les parfums et eaux de toilette,

­ les produits pour les soins et le maquillage des ongles,

­ les déodorants/antiperspirants et les lingettes cosmétiques.

Les professionnels de santé semblent plus sensibilisés à la déclaration des effets indésirables susceptibles d'être liés aux cosmétiques puisqu'une augmentation de 20 % des déclarations des effets indésirables a été constatée en 2009 par rapport à 2008.

Mots clés : allergie, cosmétovigilance

Référence :

  1. Informations de sécurité-AFSSAPS- 11/03/2010


Maladie de Parkinson et prostate

Une étude internationale multicentrique, randomisée, en double aveugle a évalué entre septembre 2004 et novembre 2008 le délai de survenue des complications motrices ­ notamment des dyskinésies ­ des patients parkinsoniens traités par carbidopa-lévodopa (Sinemet® ; n = 276) ou carbidopa/levodopa/entacapone (Stalevo® ; n = 265). La durée moyenne de traitement était de 2,7 ans [2,6-4 ans] et la moyenne d'âge de 60 ans. Parmi les 467 hommes traités, le pourcentage de cancer de la prostate a été significativement plus élevé parmi les patients traités par Stalevo® (3,7 % ; 1,69-6,86) que par Sinemet® (0,9 %). La durée moyenne de traitement par Stalevo® lors de la découverte du cancer de la prostate était de 1,8 an [0,4-2,6 ans]. En attendant la réévaluation des données disponibles, la FDA recommande une surveillance de la prostate des patients traités par Stalevo®.

Mots clés : antiparkinsonien, cancer de la prostate

Référence :

  1. http://www.fda.gov/Drugs/DrugSafety/PostmarketDrugSafetyInformationforPatientsandProviders/ucm206363.htm


Retrait d'AMM du bufexamac

En raison d'un risque important d'allergies de contact, qui peuvent parfois être graves, le rapport bénéfice/risque du bufexamac est désormais considéré comme défavorable. De ce fait, l'Agence européenne du médicament a recommandé à la Commission européenne le retrait du marché de tous les médicaments contenant du bufexamac. En France, une seule spécialité (Parfenac®) est concernée par ce retrait. Cet anti-inflammatoire non stéroïdien était indiqué dans le traitement symptomatique du prurit provoqué par des manifestations inflammatoires cutanées. Il est donc recommandé aux prescripteurs, dans l'attente de la décision de la Commission européenne, de ne plus instaurer ou renouveler de traitement par Parfenac®.

Les patients actuellement traités par ce médicament sont invités à consulter leur médecin afin de reconsidérer leur traitement ou à prendre conseil auprès de leur pharmacien.

Mot clé : allergie

Référence :

  1. Point d'information sur la recommandation de l'EMA de retrait de l'autorisation de mise sur le marché de Parfenac® (bufexamac) ­ avril 2010 ­ http://www.afssaps.fr


 

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