La synthèse suisse parue fin janvier 2010 insiste sur les
données qui paraissent actuellement « acquises » à l’issue d’une période de «
pandémie » et surtout de… communication pour le moins confuse.
La souche virale est le résultat d’un mélange de gènes provenant d’un virus
H1N1 porcin descendant direct de 1918 et d’un virus porcin ayant intégré des
gènes d’origine humaine et aviaire. À ce jour, aucun de ces gènes ne présente
de caractéristiques connues pour conférer une virulence particulière. Les décès
se concentrent parmi les 20 à 40 ans. L’insuffisance respiratoire liée à une
pneumonie atteint le plus souvent des personnes sans antécédents. L’incidence
du nombre d’admissions en service de soins intensifs est plus basse chez les
plus de 65 ans que dans le reste de la population, mais le risque de décès est
alors augmenté. La grossesse, une affection pulmonaire chronique, un IMC >
35, sont associés à une évolution défavorable. Les données des études observationnelles
convergent : s’il n’y a pas lieu de traiter tous les « grippés » par inhibiteur
de la neuraminidase, l’évolution étant le plus souvent favorable, un traitement
empirique des rares patients « à risque » ou dont les symptômes s’aggravent
(à plus forte raison hospitalisés), même plus de 48 heures après le début des
symptômes, est recommandé. Cette attitude est confortée par l’observation de
l’émergence de virus résistants (le virus « saisonnier » est intrinsèquement
résistant à l’oseltamivir). Les auteurs citent sans commentaire les vaccins
disponibles en Suisse.
Iten A, Kaiser L, Lew D. Grippe A(H1N1). Rev Med Suisse.
2010;6:114-9.
Les questions que se pose la rédaction
• Cet article n’apporte pas de données « nouvelles », mais la pondération Suisse
a quelque chose de reposant dans le maelström d’informations sur le sujet… Les
données que nous avons publiées (inhibiteurs de la neuraminidase en octobre,
vaccins antigrippaux en janvier) restent d’actualité.
• Les auteurs suisses insistent par ailleurs sur les « outils » permettant
le diagnostic : la méthode de référence reste la RT-PCR. Les tests dits « rapides
» ont une sensibilité de l’ordre de 40 à 80 % dans des études de qualité méthodologique
modeste… Un nombre non négligeable de faux positifs existe, notamment en cas
de prélèvement uniquement pharyngé ou si la chaîne du froid (4 °C) n’a pas été
respectée pour le transport. Le laboratoire ne peut en aucun cas vérifier la
qualité du prélèvement. Il faut donc rester très prudent sur l’interprétation,
notamment en dehors de toute période épidémique.
Mots clés : antiviraux, grippe, vaccin
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