Accueil > Revues > Médecine > Médecine > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Médecine
- Numéro en cours
- Index thématique
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Biologie et recherche
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable
  Version PDF

Ménopause à travers les temps et les cultures Deuxième partie : un bon indicateur de la place de la femme dans la société...


Médecine. Volume 6, Numéro 2, 91-4, Février 2010, Vie professionnelle

DOI : 10.1684/med.2010.0523

Résumé  

Auteur(s) : Bruno Lepoutre, Khadija El Amrani , .

Résumé : Les cinq « dimensions » de la ménopause mises en évidence dans l'enquête française de Delanoë, dans la première partie de cet article, sont retrouvées un peu partout dans le monde. Il semble bien exister un cadre universel des représentations de la ménopause. Mais si l'association entre ménopause et bouffées de chaleur est constante, la proportion de femmes qui s'en plaignent varie d'un pays à l'autre et d'un groupe de femmes à l'autre. De nombreux facteurs culturels et religieux interfèrent.

Mots-clés : culture, ménopause, religion, représentation

ARTICLE

Europe du sud : échec et vieillesse...

Les femmes italiennes émigrées aux États-Unis ont conservé les attitudes traditionnelles de l'Italie du Sud : la « cellule » familiale a une grande importance, la mère est le symbole de la fécondité et doit servir son mari qui lui offre en retour protection et sécurité. La ménopause a des implications dévastatrices sur son image et sa santé mentale. L'arrêt de sa fécondité est vécu comme un échec dans son rôle de femme et la rend très vulnérable aux stress émotionnels [1].

La ménopause est perçue comme un phénomène négatif par les femmes grecques. Elles tendent à limiter leur nombre de maternités en réponse aux temps difficiles que la communauté a vécu durant les années de guerre. L'âge fait gagner aux femmes un meilleur statut dans la communauté. Pourtant, les femmes associent la ménopause à la vieillesse, au fait de devenir moins désirable, d'avoir moins d'énergie et généralement à l'impression d'être « en déperdition ». Les femmes en préménopause rapportent être anxieuses et ont une attitude négative vis-à-vis de la ménopause. Parmi les femmes en ménopause et post-ménopause, 72 % rapportent avoir expérimenté les bouffées de chaleur et les considèrent comme une part normale de la ménopause [2]. Dans un petit village grec rural, la menstruation est une « impureté » qui exclut les femmes des cérémonies religieuses, des tâches de la cuisine et de bien d'autres préoccupations ménagères et les femmes considèrent la ménopause comme une levée des restrictions auxquelles elles étaient soumises. Cependant, la ménopause est assimilée à la vieillesse et n'est donc pas désirée. Elle peut de plus d'après certaines croyances, apporter des maladies car « le sang n'est pas lavé » [3].

Maroc : fatalité honorable

La ménopause est certes synonyme de perte de la fécondité, du début du vieillissement et de la perte de la séduction, mais la femme ménopausée marocaine voit une certaine amélioration de son statut [4] et peut donc vivre la ménopause à la fois négativement et positivement.

Dans la mentalité marocaine, une femme ménopausée « n'est bonne à rien ». La ménopause est entourée d'un halo de préjugés et d'idées fausses, comme l'appellation arabe de la ménopause : sine al yaass (âge du désespoir). La femme doit plier l'échine et voit sa féminité se rétrécir comme une peau de chagrin. La majorité des hommes et même des femmes voient ainsi dans la ménopause un handicap majeur. La ménopause reste un tabou et la plupart des femmes marocaines la subissent comme une fatalité [5].

Pourtant, la femme musulmane acquiert généralement plus de dignité et de vie autonome à partir de la ménopause. Elle est enfin plus indépendante, moins soumise aux caprices de l'homme et investie de plus d'autorité sur les autres femmes. C'est pour elle l'accession à une position honorable et la fin des tabous attachés à la fonction féminine, le droit de sortir dévoilée, l'accès au culte, aux rites et aux objets sacrés [4].

Une étude réalisée à Rabat en 1998 constatait que 13 % des femmes ménopausées continuaient de prendre une contraception orale, ce qui peut avoir plusieurs explications : continuer à prendre la pilule évite de les rendre « vieilles » aux yeux de leurs époux qui pensent ainsi qu'une grossesse est toujours possible [6] ; les oestrogènes de la pilule soulagent les symptômes de la ménopause ; la pilule est distribuée gratuitement au Maroc dans les dispensaires alors que le traitement hormonal substitutif coûte cher et n'est pas remboursé [6].

Afrique noire : grande variabilité

Les conséquences individuelles et sociales de la ménopause sont différentes d'une ethnie à une autre. Le ressenti peut être aussi bien positif que négatif en fonction des traditions et du statut de la femme.

Chez les Mashona, tribu rurale du Sud du Zimbabwe, la ménopause est un événement grave car il survient dans un contexte de polygamie. La femme, en perdant sa fertilité, encourt le risque que son mari la répudie pour prendre une autre femme. Elle est alors menacée de perdre toute existence sociale jusqu'à ce qu'un de ses enfants puisse la prendre sous sa protection [7].

Les femmes appartenant à la tribu Gisu ont également une expérience négative de la ménopause car, à cette occasion, elles perdent leur rôle social de mère et sont rejetées du groupe. Il existe un pic de suicide élevé à l'âge de la ménopause dans cette tribu.

Dans d'autres cultures africaines, la ménopause est au contraire une expérience positive.

­ Dans la tribu Lugbara d'Ouganda, la femme ménopausée devient socialement l'égale de l'homme et peut exercer son autorité sur tous les enfants de la tribu [8].

­ Chez les Qemant, population hébraïque d'Éthiopie, les femmes peuvent, après la ménopause, entrer dans les sites sacrés et toucher les aliments rituels, alors que ceci leur est interdit auparavant du fait de leur impureté.

­ Les Bantous d'Afrique du Sud permettent aux femmes ménopausées de mettre leurs habits à sécher aux fenêtres car ils ne sont plus contaminés. Elles peuvent également purifier le village en cas d'épidémie et bénir les armes avant la bataille [9].

­ Les femmes zouloues ont peu de raisons de se plaindre de leur ménopause car elles deviennent socialement importantes à cette occasion [10].

Pour beaucoup de femmes africaines, la ménopause marque la fin de la fertilité. Les perceptions de la ménopause en Afrique varient selon la culture et le nombre d'enfants. Pour les femmes ayant de nombreux enfants, la ménopause est susceptible d'être la bienvenue et accueillie comme un moyen d'arrêter d'enfanter. Par contre, pour les femmes sans enfant, la ménopause marque une période de dépression. Pour certaines femmes, la cessation des règles peut être associée à la maladie [11].

Israël : phénomène naturel et positif

La ménopause représente la fin d'une souillure. Les valeurs religieuses, très ancrées dans l'esprit populaire, font que l'une des pires insultes en hébreu est mansour ben niddah (fils de menstruée). On constate cependant que les femmes juives récemment ménopausées continuent leurs visites régulières au Miqveh (bain public de purification) afin de sauvegarder les apparences [12].

Les représentations varient selon la culture originelle. Une étude comparative de 1997 entre les femmes juives et arabes vivant dans le nord d'Israël a permis d'évaluer les différences dans leur connaissance et leur perception de la ménopause. 91 % des femmes arabes et 28 % des femmes juives avaient un niveau scolaire primaire. La ménopause était vécue comme un phénomène naturel et positif par 90 % des femmes juives et 74 % des femmes arabes. Parmi les femmes arabes, 26 % voyaient dans la ménopause le début du vieillissement contre 7,7 % des femmes juives. Plus de 70 % des femmes interrogées rapportaient les bouffées de chaleur comme symptôme de la ménopause. Le nombre de symptômes de la ménopause rapportés et leur sévérité étaient plus faibles chez les femmes avec un faible niveau scolaire [13].

Asie : représentations positives et plus neutres qu'ailleurs

Les iraniennes urbaines considèrent la ménopause comme un phénomène naturel, les rurales comme un signe de vieillissement. C'est ce que montre une étude menée auprès de femmes habitant Téhéran et Semirom (petit village du centre de l'Iran). En milieu rural, l'attitude négative reflète largement la plus grande priorité qu'elles accordent à la fécondité, pour elles déterminant majeur de la valeur de la femme dans la société. La fertilité et la jeunesse sont importantes pour ces femmes rurales qui dépendent physiquement, financièrement et socialement de leur époux.

Les Japonaises considèrent qu'elles peuvent dominer les désagréments de la ménopause par leur volonté. La fin des règles ne constitue pas à elle seule la ménopause, ensemble de modifications physiologiques complexes liées à l'âge et qui donc les fait entrer dans une nouvelle phase de leur vie. La ménopause est plus un « concept » qu'une entité réelle et n'est pas un événement important pour la majorité des Japonaises interrogées. La plupart des femmes sont toutefois heureuses d'être débarrassées de leurs règles [14]. Les bouffées de chaleur sont si peu rapportées (19,6 % des Japonaises) qu'il n'existe pas de terme pour les désigner. Les principaux symptômes décrits sont les migraines, la raideur des épaules, les vertiges et les acouphènes. La ménopause est perçue comme « une maladie de la modernité, une maladie de luxe affectant les femmes ayant beaucoup de temps à perdre et qui courent chez le médecin avec des plaintes insignifiantes ». Le message est que si ces femmes étaient occupées à veiller sur leurs parents, elles n'auraient pas le temps de se plaindre [2]...

En Inde, chacune des castes a ses coutumes et conceptions

­ Chez les Rajputs, la ménopause est indiscutablement un événement positif. La femme peut enfin sortir du purdah où elle était cloîtrée le temps de ses règles. Elle est plus libre de ses visites, rejoint les hommes dans les assemblées du village où elle peut parler, rire et boire avec eux [9]. Les femmes Rajput ne se plaignent d'aucun symptôme de la ménopause [2].

­ Chez les femmes Sikhs, la menstruation est une impureté dont la ménopause les débarrasse. Cette dernière représente le nettoyage final de leur vie, les rend « pures » de toute pollution et leur enlève tout risque de grossesse. Les femmes Sikhs pensent qu'elles ont fait leur devoir de mettre des enfants au monde et que la fin de leur fécondité est un événement normal et libérateur. De plus, la ménopause les dispense de préparer les repas familiaux, leur permet de commander les femmes les plus jeunes et les rend libres de leurs mouvements par rapport aux hommes. La ménopause représente indiscutablement dans la vie des femmes sikhs un événement positif qu'elles attendent presque avec espoir [15].

­ La population indienne de Varanasi est constituée de femmes citadines au niveau d'éducation élevé de toutes les castes. La ménopause semble posséder dans ce milieu urbain une intensité aussi dramatique qu'en Occident : la ménopause est un sujet tabou, mystique et dont la perception est aggravée par la désinformation. La femme indienne est stoïque et tente d'ignorer un processus qu'elle ne peut partager avec son mari à qui elle n'en parle pas.

Amérique du Nord

Avec l'accent mis sur la jeunesse et la séduction, la ménopause devient un symbole de vieillesse et les femmes se sentent moins demandées et dévalorisées [2]. Pour 65 à 70 % des femmes anglo-américaines, la ménopause, ce sont d'abord les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes quotidiennes, alors que les femmes Navajo ne sont que 17 % à les rapporter parce qu'elles se focalisent sur les changements positifs induits par la ménopause et ignorent les autres.

Amérique centrale

Pour les Mayas au Yucatan, les femmes âgées sont valorisées en tant que belles-mères, guérisseuses et porteuses des traditions. Pour ces femmes qui ont eu en moyenne 7 grossesses, la ménopause est la bienvenue et fournit un sens de liberté. Parce qu'elles ont eu plusieurs enfants, elles n'ont pas l'impression de perdre quoi que ce soit en renonçant à la fécondité. De plus, elles sont soulagées de nombreuses restrictions et tabous sur les menstrues. Ces femmes ne rapportent ni symptôme physique ni émotionnel de la ménopause autre que la cessation des règles et elles n'ont pas de terminologie pour désigner les bouffées de chaleur [2].

À Puebla au Mexique, une étude faite en 2000 a montré que 66 % des femmes interrogées se sentaient anxieuses et 58 % moins attirantes à la ménopause. Plus le niveau scolaire était élevé, moins elles se sentaient dévalorisées et moins elles ressentaient de symptômes [16].

Partout, le regard des hommes...

Il n'est pas rare que les femmes ménopausées énoncent clairement leur crainte de ne plus être désirables, crainte plus présente et plus mal vécue que celle de voir échapper le désir. C'est pourquoi, le conjoint joue un rôle essentiel [17]. À la ménopause, les enfants quittent le cocon familial et le couple se retrouve alors en tête à tête. Parfois des problèmes de chômage ou de santé du conjoint ou des parents viennent ternir le tableau. La ménopause constitue une étape difficile pour le couple et le rôle des hommes y est prépondérant.

À entendre la plupart des hommes, la ménopause n'est pas considérée comme la perte de la séduction ou de la sexualité et le statut social n'est nullement lié à la perte de la fécondité. S'ils peuvent percevoir les réactions féminines face à la ménopause, tout cela reste « une affaire de femmes » qui n'affecte pas l'image qu'ils ont d'elles. Leur intérêt pour le sujet reste mineur. Les troubles de l'humeur sont toujours mentionnés par « c'est la ménopause qui la travaille » [18]... Même s'ils sont conscients du changement d'ordre « médical » rencontré à la ménopause, beaucoup estiment que la ménopause ne change pas la femme avec laquelle ils vivent. Pour la plupart, la ménopause n'est pas la fin de la séduction. Pour eux, il y a deux comportements féminins face à la ménopause : il y a celles qui la vivent bien et qui restent séduisantes et celles qui « se laissent aller » et qui « démissionnent ». Ils ont de l'estime pour les premières et classent les secondes dans la catégorie des femmes négligées. La plupart des hommes sont favorables au traitement hormonal substitutif sans connaître ses effets sur les différents troubles [18].

Conclusion

La perception par les femmes et les représentations sociales de la ménopause sont de bons indicateurs de la place de la femme dans la société. Il existe sans doute un cadre universel des représentations de la ménopause, comme le propose le modèle de Delanoé, mais il ne s'applique qu'à la population féminine qui ne tient plus compte des modèles imposés par les coutumes et les religions. Les croyances, en particulier les religions, ont ainsi une influence importante. Il apparaît pourtant que, quelles que soient l'origine géographique et l'appartenance religieuse, il existe une évolution inéluctable vers une conception plus moderne basée sur une meilleure connaissance des phénomènes physiologiques expliquant la ménopause. Ces conceptions sont bien sûr plus marquées dans les sociétés occidentalisées, mais se retrouvent partout dans le monde en fonction du niveau scolaire et de l'accès aux soins médicaux.

À la jonction entre les anciennes représentations des sociétés traditionnelles et des conceptions « modernes » se situent les populations féminines émigrées en occident où le travail de recherche effectué en 2005 a montré l'importance maintenant déterminante de l'éducation scolaire et de l'accès à l'information médicale [19].

Conflits d'intérêts : aucun

Références

  1. Goldstein MZ. Aspects of gender and ethnic identity in menopause. J Am Acad Psychoanal. 1987;15:383-941.
  2. Robinson G. Cross-cultural perspectives on menopause. The Women's Health Initiative Memory Study. JAMA. 2003;289:2651-62.
  3. Beyenne Y. Cultural significance and physiological manifestations of menopause : a biocultural analysis. Culture, medecine and psychiatry 1986;10;47-711.
  4. Douki S, Nacer F, Bouzid R, Choubani Z. Les conséquences psychosociales de la ménopause : réalités, symboles et mythes. Sur : http://www.stmi.org.tn/docs/vcongres/menopdouki.htm
  5. Association marocaine pour l'étude de la ménopause (AMEM). Le crépuscule du désir. Maroc Hebdo International. 1999:386.
  6. Obermeyer CM, Schulein M, Hajji N, Azelmat M. Menopause in Morocco : symptomatology and medical management. Maturitas. 2002;41(2):87-95.
  7. Ben Moore H. Climateric symptoms in an african community. Maturitas. 1981;3:25-91.
  8. Kaufert PA, et al. Menopausal Research : the Korpilampi workshop. Social Science and Medecine. 1986;22:1285-91.
  9. Flint M. Culture and the climateric. Journal of Biosocial Science. 1979;suppl.6:197-2151.
  10. Wilbush J. Surveys of climateric semeiology in non-western populations: a critique. Maturitas. 1985;7:289-961.
  11. Wambua LT. African perceptions and myths about menopause. East Afr Med J. 1997;74(10):645-6.
  12. Dowty N, et al. Climaterium in three cultural contexts. Tropical and geographical Medicine, 1970;22:77-861.
  13. Nir-Caein R, Nahum R, Yogev Y, Rosenfeld J, Fisher M, Kaplan B. Ethnicity and attitude toward menopause and hormone replacement therapy in Northern Israel. Clin Exp Obstet Gynecol. 2002;29(2):91-4.
  14. Lock M. Cultural construction of the menopause syndrome : the japanese case. Maturitas 1988;10:317-321.
  15. George T. Menopause : some interpretations of the results of a study among a non-western group. Maturitas 1988;10:109-161.
  16. Sievert LL, Espinosa-Hernandez G. Attitudes toward menopause in relation to symptom experience in Puebla.Mexico. Women Health. 2003;38(2):93-106.
  17. Mimoun S. Réalité des représentations sociales de la ménopause : le vécu quotidien du gynécologue. In Epelboin S, Heritier-Auge F, Sureau C. Stéroïdes, ménopause et approche socio-culturelle. Paris: Elsevier; 1998.
  18. Association française pour l'information sur la ménopause et la prévention de l'ostéoporose. Avis des hommes sur la ménopause. Sur http://www.femsante.com
  19. Lepoutre B, El Amrani K, Aubin I. Ménopause, ménopauses... Données sociales, culturelles et économiques sous-jacentes. Médecine. 2009;5(2):85-89.

Note :

  1. Références citées par Arnaud R. La ménopause à travers l'histoire. Rueil-Malmaison : Documenta gynecologia ; 1995.


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]