Selon les auteurs de l’essai randomisé hollandais, intervenir serait plus
efficace que s’abstenir…
Les 205 patients ont été recrutés dans 3 consultations externes de neurologie
d’hôpitaux hollandais. Ils avaient une radiculopathie cervicale depuis moins
d’un mois. Le traitement prévoyait soit la mise en place d’un collier semi-rigide
avec repos pour 3 à 6 semaines, soit 12 séances de kinésithérapie (2 par semaine)
et des exercices à réaliser à domicile. Dans le groupe contrôle, les patients
poursuivaient leurs activités habituelles autant que possible. AINS et antalgiques
(opioïdes compris) étaient utilises dans les trois groupes (pas de différence
significative). L’évolution de la douleur (bras et cou) a été faite avec une
échelle visuelle analogique de 100 mm (EVA). Dans le groupe contrôle, la douleur
du bras a diminué de 3 mm/semaine (2,2 à 4 mm), au total 19 mm en 6 semaines.
Dans le groupe collier, la réduction supplémentaire de la douleur était de 1,9
mm par semaine (0,5 à 3,3) de même que dans le groupe « physiothérapie » (0,8
à 3,3), au total un gain supplémentaire de 12 mm à 6 semaines par rapport au
groupe contrôle. Dans le groupe contrôle, la cervicalgie ne diminuait pas significativement
durant les 6 premières semaines, alors que le collier était associé à une réduction
de douleur de 2,8 mm par semaine (1,3 à 4,2), soit 17 mm à 6 semaines, et la
physiothérapie de 2,4 mm par semaine (0,8 à 3,9), soit 14 mm à 6 semaines. Il
y avait également une amélioration significative de l’index de mobilité du cou
dans le groupe collier, mais pas dans le groupe physiothérapie.
L’éditorial canadien qui accompagne l’étude reste fortement sceptique. Il observe,
d’une part que les résultats ne sont pas si différents d’un groupe à l’autre,
d’autre part que, au total, la récupération est analogue… Il rappelle que de
nombreuses études ont montré que l’immobilisation et le repos se font toujours
au détriment de la récupération et conduisent à la chronicité.
1. Kuijper B, Tans JTJ, Beelen A, Nollet F, de Visser M. Cervical collar
or physiotherapy versus wait and see policy for recent onset cervical radiculopathy
were reduced: randomised trial. BMJ 2009;339:b3883.
2. Cassidy JD. Mobilisation or immobilisation for cervical radiculopathy?
Let the patient decide. BMJ. 2009;339:b3952.
Les questions que se pose la rédaction
• Les conclusions des auteurs hollandais ne reposent de fait que sur une évaluation
très intermédiaire de la douleur et de la mobilité cervicale en cours d’études.
Peut-on réellement en tirer des conclusions cliniques ? (cf. les articles récemment
publiés sur la lecture critique…).
• L’auteur canadien propose opportunément une analogie avec la lombalgie. On
ne peut être que d’accord avec ses conclusions : « les colliers, souples ou
durs, n’immobilisent pas la moelle épinière, entraînent de plus mauvais résultats
que des activités bien conduites et une mobilisation raisonnée et peuvent promouvoir
l’adoption d’un rôle de « malade » qui conduit à l’inactivité, au déconditionnement,
au manque d’auto-efficacité et à la récupération prolongée ». Même en nuançant
ce constat sans appel, cela mérite réflexion.
Mots clés : cervicalgie,
douleur,
physiothérapie
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