ARTICLE
Uniformisation de la prescription de Dépakine®
Les seringues contenues dans les nouvelles boîtes de Dépakine® 200
mg/mL en solution buvable ont été modifiées. Elles sont désormais graduées uniquement
en milligramme, comme cela est déjà le cas pour la Dépakine® sirop
et non plus conjointement en milligramme et en millilitre.
Cette modification fait suite à des erreurs de prescription, de délivrance
ou d'administration de la Dépakine® solution buvable ou sirop. Ces
erreurs médicamenteuses étaient secondaires à une confusion entre milligrammes
et millilitres. Elles étaient responsables soit de surdosages avec menace du
pronostic vital soit de sous-dosages avec récidive de crises convulsives.
Aussi, est-il important de rédiger désormais la prescription de la Dépakine®
solution buvable également en milligrammes par prise.
Mot clé : épilepsie.
Référence :
- http://www.afssaps.fr/content/download/21789/275331/version/1/file/point-info-depakine.pdf
Néphropathie interstitielle allergique sous fluindione
La fluindione (Préviscan®), anti-vitamine K le plus utilisé en France,
peut être à l'origine d'effets indésirables immuno-allergiques, avec notamment
atteinte rénale. Plusieurs séries de cas ont été rapportées dans la littérature
[1-3]. Il s'agit d'insuffisance rénale aiguë avec des manifestations cliniques
de type allergique : fièvre, dyspnée, adénopathies, éruptions cutanées, atteintes
hépatiques. Une hyper-éosinophilie est également retrouvée. La biopsie rénale
montre des lésions tubulo-interstitielles aiguës avec des infiltrats lympho-histiocytaires.
La réintroduction fortuite entraîne une survenue plus rapide de la symptomatologie.
Mots clés : allergie, AVK.
Références
- Reynaud F, Giraud P, Cisterne JM, Verdier D, Kouchakipour Z, Hermelin A,
et al. Acute immuno-allergic interstitial nephritis after treatment with fluindione.
Seven cases. Nephrol Ther. 2009;5:292-8.
- Beauchamp C, Enache I, Haskour A, Martin L. Acute interstitial nephritis
of fluindione: about three cases. Nephrol Ther. 2008;4:339-46.
- Grimaldi D, Daugas E, Mougenot B, Rossert J, Ronco P. Immuno-allergic interstitial
nephritis related to fluindione: first biopsy proven cases. Nephrol Dial Transplant.
2006;21:237.
Antipsychotiques (de 2nde génération) et prise de poids
Une étude rétrospective américaine non randomisée a été réalisée auprès de 338
enfants et adolescents âgés de 4 à 19 ans et traités pour la première fois par
antipsychotiques : aripiprazole (Abilify®), olanzapine (Zyprexa®),
quetiapine (non commercialisé en France) et risperidone (Risperdal®).
Après en moyenne 10 semaines de traitement, l'étude a montré que ces jeunes patients
ont présenté comparativement au groupe non traité une prise de poids importante,
respectivement de 8.5, 6.1, 5.3 et 4.4 kg lors d'un traitement par l'olanzapine
(n = 45), quetiapine (n = 36), risperidone (n = 135) et d'aripiprazole (n = 41).
De plus, le cholestérol total était significativement plus élevé avec l'olanzapine
et la quetiapine, les triglycérides avec la risperidone.
En France, une prise de poids plus fréquente et plus importante, de plus de
7 %, chez les adolescents âgés de 13 à 17 ans par rapport aux adultes lors d'une
exposition comparable est mentionnée dans le Vidal® pour l'olanzapine.
Une surveillance clinique régulière de la taille et du poids est donc conseillée
lors de la prescription de ces traitements, particulièrement chez les enfants
proches de la puberté.
Mot clé : prise de poids.
Référence :
- Correll CU, Manu P, Olshanskiy V, Napolitano B, Kane JM, Malhotra AK. Cardiometabolic
risk of second-generation antipsychotic medications during first-time use
in children and adolescents. JAMA. 2009;302:1765-73.
Nouvelle présentation du périndopril
Une nouvelle formulation du périndopril (Coversyl®) a été commercialisée
en avril 2009. Les formes Coversyl® 2 mg, 4 mg et 8 mg composées de
périndopril sous forme de sel de tert-butylamine ont été remplacées respectivement
par les formes Coversyl® 2,5 mg, 5 mg et 10 mg composé de périndopril
sous forme de sel d'arginine.
Ainsi les équivalences sont les suivantes :
Coversyl 2 mg (sel de tert-butylamine) est remplacé par le Coversyl
2,5 mg (sel d'arginine) ;
Coversyl 4 mg (sel de tert-butylamine) est remplacé par le Coversyl
5 mg (sel d'arginine) ;
Coversyl 8 mg (sel de tert-butylamine) est remplacé par le Coversyl
10 mg (sel d'arginine).
La posologie en nombre de comprimés par jour reste donc toujours la même.
Les génériques restent commercialisés, quant à eux, sous forme de sels de tert-butylamine
aux posologies de 2 mg, 4 mg et 8 mg. Du fait de l'égalité des fractions thérapeutiques
actives en périndiopril, ils peuvent substituer le Coversyl® 2,5
mg, 5 mg et 10 mg.
Mot clé : prise de poids.
Référence :
- Afssaps : Bulletin No 27 du 28/10/2009.
Vitamine D et risque fracturaire chez la personne âgée
La vitamine D est synthétisée directement par l'organisme lors d'expositions solaires.
Cette synthèse est diminuée de manière importante (4 fois moins) chez les personnes
âgées. Or, la vitamine D favorise l'assimilation par l'intestin du calcium et
du phosphate et l'intégration de ce calcium dans la masse osseuse. Par l'intermédiaire
des récepteurs spécifiques présents dans le muscle, elle aurait également un effet
direct sur la force musculaire permettant ainsi de prévenir les chutes.
Afin d'évaluer le bénéfice d'un apport quotidien de vitamine D dans cette prévention,
une méta-analyse des études menées depuis 2004 a été réalisée. 12 essais en
double aveugle, randomisés et contrôlés concernant les fractures non vertébrales
(n = 42 279) et 8 essais cliniques randomisés concernant les fractures de la
hanche (n = 40 886) ont été analysés. Ces essais ont comparé la prise orale
de calcium associé soit à un apport en vitamine D soit à un placebo. Les données
de cette méta-analyse montrent qu'une dose journalière de 700 à 1 000 UI de
vitamine D diminue en moyenne de 19 % à 26 % le risque de chute avec fracture.
Les résultats sont significatifs dès le 3e mois de traitement et
se poursuivent au-delà de 12 mois.
En conclusion, les auteurs recommandent un apport systématique de 700 UI/jour
de vitamine D à toute personne âgée de 65 ans et plus.
Mots clés : vitamine D, fracture.
Référence :
- Bischoff-Ferrari HA, et al. Fall prevention with supplemental and active
forms of vitamin D: a meta-analysis of randomised controlled trials. BMJ.
2009;339:b3692.
Antidépresseurs et douleurs articulaires
Une étude rétrospective menée sur un registre national de pharmacovigilance suédois
entre 1990 et 2006 a permis d'évaluer les effets indésirables articulaires rapportés
suite à l'utilisation de deux antagonistes du récepteur 5HT2A : la miansérine
et la mirtazapine. Le pourcentage de ces effets indésirables articulaires a été
comparé à celui des inhibiteurs stricts de la recapture de la sérotonine (IRSS)
(citalopram, escitalopram, fluoxetine, fluvoxamine, paroxetine, sertraline). Parmi
les effets rapportés, les douleurs articulaires représentaient 6,6 % des effets
indésirables des anti-5HT2 et 0,5 % des effets indésirables des IRSS.
D'après les auteurs, l'inhibition de l'expression du récepteur 5HT2A, présent
à la surface des lymphocytes T ainsi qu'au niveau des ganglions sympathiques
innervant la synovie, pourrait être à l'origine de ces douleurs articulaires.
Il convient donc d'être attentif lors de la prescription de ces antidépresseurs
chez les personnes arthrosiques.
Mots clés : antidépresseur, arthralgie.
Référence :
- Kling A, Danell-Boman M, Stenlund H, et al. Association between the use
of serotonin receptor 2A-blocking antidepressants and joint disorders. Arthritis
Rheum. 2009;61(10):1322-7.
Antibiotiques et malformations congénitales
Bien que les antibiotiques fassent partie des médicaments les plus utilisés au
cours de la grossesse, les études réalisées à grande échelle pour évaluer leur
sécurité chez la femme enceinte sont peu nombreuses. Une étude américaine cas-témoin
rétrospective a étudié le risque de malformations congénitales associé à la prise
d'antibiotique chez les femmes enceintes. Le taux d'exposition à un antibiotique
durant la grossesse était de 14 %. Les antibiotiques les plus utilisés étaient
par ordre décroissant : les pénicillines, les macrolides, les nitrofuranes et
les sulfamides, puis les céphalosporines et les quinolones.
Les sulfamides était la classe d'antibiotiques associée au plus grand nombre
de malformations congénitales telles que : anencéphalie (risque multiplié par
3,4), hypoplasie ventriculaire gauche (× 3,2), coarctation de l'aorte (× 2,7),
atrésie des fosses nasales (× 8), anomalies des membres (× 2,5) et hernie diaphragmatique
(× 2,4).
La prise de nitrofuranes pendant la grossesse était associée à la survenue
d'anophtalmie ou de microphtalmie (risque multiplié par 3,7), d'hypoplasie ventriculaire
gauche (× 4,2) et de fente labio-palatine (× 2,1).
En revanche, les données étaient rassurantes pour les pénicillines, les macrolides
et les céphalosporines, traitements largement utilisés chez la femme enceinte.
Mots clés : antibiotique, grossesse, malformation congénitale.
Référence :
- Crider KS, Cleves MA, Reefhuis J, Berry RJ, Hobbs CA, Hu DJ. Antibacterial
medication use during pregnancy and risk of birth defects: national birth
defects prevention study. Arch Pediatr Adolesc Med. 2009;163(11):978-85.
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