La récente recommandation du NICE anglais insiste sur une nouvelle approche
de l’évaluation clinique de la déshydratation de l’enfant.
La plupart des gastroentérites de l’enfant peuvent être soignées en toute sécurité
à domicile, avec des moyens simples. Le point essentiel de la prise en charge
est l’évaluation de la déshydratation qui conditionne la conduite à tenir, surtout
avant 1 an, plus encore avant 6 mois. Le risque de choc s’apprécie notamment
sur 6 symptômes : état général qui s’aggrave, réponse altérée à la stimulation
(irritabilité, léthargie…), yeux creux, tachycardie, tachypnée, diminution de
l’élasticité cutanée. Dans les cas les plus simples, l’allaitement ou les apports
de laitages doivent être poursuivis, les boissons encouragées (sauf jus de fruits
et limonades en tous genres), notamment les solutés de réhydratation en supplément
si nécessaire ; en cas de déshydratation simple, ces solutés représentent l’apport
préférentiel, éventuellement par sonde nasale si les vomissements persistent.
Ce n’est qu’en cas de choc que la voie intraveineuse est envisageable jusqu’à
disparition des signes, en milieu hospitalier. Aucun médicament antidiarrhéique
n’est utile (essais randomisés et méta-analyses de qualité modérée). Des antibiotiques
ne sont indiqués que dans des cas exceptionnels. Le groupe de travail insiste
enfin sur l’information des parents qui doivent connaître les signes d’alerte,
les règles d’alimentation et de boissons, de lavage des mains (au savon liquide
si possible), d’hygiène de l’enfant, d’isolement (pas de retour auprès d’autres
enfants moins de 48 h après la fin de la diarrhée ou des vomissements, pas de
piscine pendant 2 semaines…).
Khanna R, Lakhanpaul M, Burman-Roy S, Murphy MS, on behalf on the the Guideline
Development Group and the technical team. Diarrhoea and vomiting caused by
gastroenteritis in children under 5 years: summary of NICE guidance. BMJ.
2009;338:1009-13
Les questions que se pose la rédaction
• Cette recommandation du NICE concerne une situation clinique extrêmement
banale en soins primaires et dédramatise une situation parfois difficile, qui
aboutit sans doute à trop d’hospitalisations « de précaution ».
• Si le diagnostic clinique ne pose pas de problème particulier, l’évaluation
purement clinique de la déshydratation est plus complexe. Les « drapeaux rouges
» que propose le groupe de travail constituent autant de précieux repères.
• L’importance des solutés de réhydratation et la prééminence de la voie orale
ne sont plus à souligner. Ils ne sont pourtant peut être pas encore assez utilisés.
• Pas de Coca© ou équivalents ! trop peu sodés et hyperosmolaires, ils ne corrigent
pas la déshydratation et peuvent aggraver la diarrhée.
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