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Démence : concept à revoir !


Publiée dans la revue : Médecine. Avril 2009. Volume 5Numéro 4,

Auteur(s) : Jean-Pierre Vallée, Anne-Marie Baqué-Gensac, Gérard Bergua, Christophe Besançon, Jean-Christian Grall

Le neurologue canadien propose dans un éditorial de revisiter le concept même qu’il considère comme « trop catégorique, restrictif et arbitraire ».
Le concept de démence est obsolète. Il ne peut y avoir d’un côté d’un « déments », de l’autre des « non-déments », comme s’il existait une « frontière » entre normalité et démence avérée. Aucun critère n’est réellement discriminant, ce qui a pu faire varier d’un facteur supérieur à 10 le nombre de diagnostics de démences portés dans une étude importante, en fonction du critère utilisé… Les tests utilisés ne peuvent explorer la diversité des situations : l’élément « vasculaire » est sous-estimé par rapport à l’élément « Alzheimer », notamment par un test comme le MMS. On porte attention aux stades tardifs, pas aux stades précoces, alors que 13 % des accidents ischémiques transitoires passent inaperçus et que la majorité des maladies cérébrovasculaires sont probablement silencieuses. Chez un certain nombre de patients, Alzheimer et démence vasculaire arrivent ensemble et se potentialisent. Il faut repenser le déficit cognitif comme un continuum, ne pas considérer que des formes mineures évolueront nécessairement vers la démence, et traiter agressivement ce qui est curable, principalement l’HTA, à la fois pour retarder la survenue de la démence et en diminuer la prévalence.

Hachinski V. Shifts in thinking about dementia. JAMA. 2008;300;18:2172-3

Les questions que se pose la rédaction
• Hachinski, argumentant à partir de sa grande expérience (il est notamment à l’origine de la Hachinski ischemic scale), pointe les insuffisances nosologiques et étiologiques actuelles, qui font de la maladie d’Alzheimer une « épidémie » qu’il estime surestimée.
• Son plaidoyer pour une prévention de type vasculaire repose sur un précédent : dans les années 1950, la moyenne de survenue de l’insuffisance cardiaque était de 57 ans. Dans les années 1980, elle était de 76 ans.
• L’éditorial ne parle pas explicitement des médicaments « spécifiques » de la maladie d’Alzheimer, mais souligne clairement que les seuls progrès actuellement possibles – en termes de prévalence et de qualité de vie – reposent sur la prévention cérébrovasculaire… Un peu à contre-courant, mais prometteur…


 

 

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