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Patient en incapacité de discernement : qui décide ?


Publiée dans la revue : Médecine. Avril 2009. Volume 5Numéro 4,

Auteur(s) : Jean-Pierre Vallée, Anne-Marie Baqué-Gensac, Gérard Bergua, Christophe Besançon, Jean-Christian Grall

À partir du cas clinique d’une patiente en situation pronostique mauvaise, les auteurs suisses s’interrogent sur les « limites du raisonnable »…
Que faire lorsque le médecin et le proche « aidant » le ou la patiente en incapacité de discernement sont en désaccord à la suite d’une perception différente des risques ou bénéfices d’une décision ? Ce qui est déraisonnable semble pouvoir être défini par 3 questions : la décision envisagée a-t-elle du sens dans l’histoire de vie du patient ? A-t-elle des effets négatifs ? Une fois pesés le pour et le contre, contribue-t-elle à l’épanouissement global du patient ? Il n’en reste pas moins que les « seuils » sont subjectifs et varient selon le moment et la personne qui se pose ces questions. La seule issue est « la négociation dans le but d’éviter un conflit et de privilégier la relation de confiance pour aborder le problème de fond et la conduite à tenir si la situation devait se répéter ». Dans le cas d’une personne incapable de discernement et n’ayant pas écrit de directives anticipées, c’est au médecin qu’il revient, d’après le témoignage des proches, de déterminer l’attitude thérapeutique au plus près des intérêts du patient. Les auteurs concluent, à propos du projet de révision du code civil suisse, que confier cette responsabilité au parent le plus proche risque d’avoir pour celui-ci de graves conséquences psychologiques.

Ray S, Hurst S, Perrier A. Que faire en cas de désaccord entre le médecin et le patient : quelques balises juridiques et éthiques. Rev Med Suisse. 2008;180:2538-41.

Les questions que se pose la rédaction
• Comme le soulignent les auteurs, c’est avant la décompensation aiguë qu’il faut envisager avec le malade encore capable de participer à la discussion l’attitude à adopter, pour éviter les éventuels conflits avec les proches.
• La désignation d’une « personne de confiance » prévue en France depuis les lois Kouchner de 2002 et Léonetti de 2005 rejoint les préoccupations des auteurs, mais ne modifie en rien leurs conclusions : « les études montrent que sa capacité à prendre une décision conforme à ce qu’aurait souhaité le patient est limitée » ; la responsabilité finale revient au médecin.


 

 

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