Accueil > Revues > Médecine > Médecine > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Médecine
- Numéro en cours
- Index thématique
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Biologie et recherche
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable
  Version PDF

Obésité de l'adulte. Quelle aide « médicale » ?


Médecine. Volume 4, Numéro 8, 353-7, Octobre 2008, Stratégies

DOI : 10.1684/med.2008.0326

Résumé  

Auteur(s) : Pierre Gallois, Jean-Pierre Vallée, Yves Le Noc , Société Française de Documentation et de Recherche en Médecine Générale .

Résumé : Dans une première partie de ce dossier [1], nous envisagions l'approche difficile et complexe de ce que l'OMS qualifie maintenant « d'épidémie » mondiale. Les données épidémiologiques, même si elles sont pour l'essentiel d'origine nord-américaine, confirment la croissance linéaire de la mortalité depuis la surcharge pondérale jusqu'à l'obésité avérée. Elles montrent surtout l'influence des facteurs sociologiques et économiques sur l'apparition et l'évolution de l'épidémie : l'approche purement « médicale » du problème s'en trouve d'autant relativisée... Nous avions souligné dans ce premier volet du dossier les deux principaux éléments à proposer : une optimisation de l'activité physique et une modification des habitudes alimentaires, à adapter à chaque patient en souffrance : ce qui suppose de la part des deux protagonistes ­ patient et médecin ­ une réflexion en profondeur sur la motivation, les représentations, et les conditions du changement comportemental. Se focaliser sur le seul résultat pondéral est sans doute la meilleure voie vers l'échec, en passant par tous les risques du « yoyo » trop souvent constaté. Vivre son corps autrement ? C'est une question fondamentale à laquelle il n'est pas simple de répondre.

Mots-clés : obésité, médicament, adulte, chirurgie, comportement, éducation, représentation

ARTICLE

Ces dossiers sont issus de textes publiés chaque semaine depuis quelques années dans Bibliomed. Actualisés si nécessaire en fonction des données les plus récentes, ils ne résultent pas d'une revue systématique de la littérature, mais d'une veille documentaire en continu des principales revues médicales publiant des études fondées sur les preuves, ou des recommandations en résultant. Ils ont pour ambition de fournir au médecin généraliste une actualisation des données sur les questions pertinentes pour leur pratique retenues par le comité de rédaction.

 

Il existe peut-être sur ce sujet un malentendu profond entre patients et médecins. Certains facteurs du risque d'obésité sont de mieux en mieux connus (déséquilibres alimentaires, sédentarité). Mais quelle est leur importance relative ? Quels sont les autres facteurs en cause ? Quelles sont les représentations en jeu, à la fois côté patient et côté médecin, dans une pathologie qui va les engager l'un et l'autre dans un long parcours commun ? Dans une récente étude qualitative française [2], les personnes en surcharge pondérale n'étaient pas nécessairement demandeurs de soins. Elles privilégiaient les facteurs liés à la qualité de la vie immédiate : le principe de plaisir associé à l'alimentation, la réaction souvent « différée » en l'absence d'effet négatif perceptible sur la santé, le souhait d'un soutien psychologique et d'une aide technique de la part du médecin lorsqu'ils souhaitent réagir. À l'inverse, les médecins généralistes privilégiaient des critères plus quantitatifs : le poids, les risques à venir ; ce qui s'ajoutait à des représentations sur le « manque de volonté » de la part du patient, un sentiment d'impuissance... Les uns opposaient surpoids et obésité, les autres assimilaient constamment les deux situations. On peut alors comprendre les difficultés rencontrées par les patients et les médecins aux différentes étapes de la prise en charge du surpoids.

Les questions auxquelles répond ce dossier ont fait l'objet de 3 publications de Bibliomed : 512 du 11 septembre 2008, 513 du 18 septembre 2008.

Obésité : médicaments utiles ou dangereux ?

La situation du prescripteur n'a pas changé en 2008 par rapport aux années précédentes : « toutes les études sur les médicaments utilisés dans l'obésité ont comme limites le taux important de sorties d'essais et le manque de données de morbi-mortalité à long terme » [3]. L'ensemble des anorexigènes amphétaminiques a été retiré du marché du fait d'effets secondaires sévères et/ou manque d'efficacité [4]. Les hormones thyroïdiennes, diurétiques, laxatifs, préparations magistrales y compris homéopathiques contenant du tiratricol, de l'éphédrine ou des plantes du genre Ephédra ont fait l'objet de mises en garde et interdictions [5, 6] en raison d'effets indésirables souvent graves. Trois médicaments restent aujourd'hui envisageables : la sibutramine, l'orlistat et le rimonabant, comme « adjuvants » à la prise en charge hygiéno-diététique et avec la plus extrême prudence compte tenu des effets secondaires possibles [7, 8].

Questions préalables

La sibutramine est un inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline, l'orlistat des lipases gastro-intestinales, le rimonabant des récepteurs endocannabinoïdes. Ces médicaments ont une AMM européenne (EMEA) commune : prise en charge de l'obésité (IMC au moins à 30), ou des surcharges pondérales (IMC 27 à 30) en cas de comorbidité (exemples : HTA, diabète de type 2, apnées du sommeil), en association à un programme d'amaigrissement. Aux USA, la FDA a refusé l'AMM du rimonabant. L'EMEA a par ailleurs suggéré comme critère d'efficacité pour les médicaments de l'obésité une perte de poids de 10 % par rapport au placebo, estimant qu'il ne peut y avoir d'effets favorables sur le risque cardiovasculaire au dessous. Aucun des 3 médicaments ne le permet sans mesures d'accompagnement [3].

Données d'efficacité

Les 3 médicaments ont fait l'objet d'essais contrôlés durant de 1 à 4 ans : 16 pour l'orlistat (10 631 patients), 10 pour la sibutramine (2 623 patients), 4 pour le rimonabant (6 635 patients) [7]. Par rapport au placebo, les 3 médicaments entraînaient une réduction supplémentaire du poids < 5 kg. Les patients sous médicament actif étaient significativement plus nombreux à avoir atteint une réduction de 5 et 10 % du poids initial que sous placebo. Le fort taux de sorties prématurées d'études (30 à 40 %) était la grande limite de ces essais. Surtout, aucune donnée ne montrait une réduction du risque cardiovasculaire ou de décès associée au modeste bénéfice sur le poids [7].

Principaux effets indésirables

Ceux de l'orlistat sont digestifs : stéatorrhée et urgence fécale : 15 % à 30 % des patients versus 2 à 7 % avec le placebo ; incontinence fécale chez 7 % des patients. Ces effets, majorés en cas de repas riche en graisse, peuvent provoquer l'échec de la contraception orale.

Ceux de la sibutramine sont cardiovasculaires : augmentation de la pression artérielle et tachycardie [7]. Elle est contre-indiquée chez les coronariens, vasculaires, hypertendus non contrôlés...

Ceux du rimonabant sont psychiatriques : selon les méta-analyses du Lancet et de la FDA [in 8], il y a eu sous rimonabant 2 fois plus d'effets psychiatriques sévères ­ anxiété et dépression, aux implications cliniques substantielles, « suicidalité » ­ que sous placebo.

Conclusions de la commission de transparence

Pour l'orlistat, il n'est pas attendu d'intérêt de santé publique (SMR insuffisant, ASMR sans objet de ce fait) [9] ; coût journalier : 3 e (pas de prise en charge SS).

La prescription initiale de la sibutramine est réservée (endocrinologues, cardiologues et médecins internistes), pour une durée maximum d'utilisation de 1 an [10] ; coût journalier : 4 e (il n'y a pas de prise en charge par l'assurance-maladie).

Le rimonabant a le statut de médicament d'exception. Son coût journalier est de 2,50 e. Il est pris en charge à 35 %, malgré un SMR modéré et une ASMR mineure, chez les seuls patients obèses (IMC > 30) et diabétiques de type 2 insuffisamment contrôlés par leur traitement (HbA1C entre 6,5 et 10 %).

 

Que retenir pour notre pratique ?

La prise en charge de l'obésité va bien au-delà de la seule perte de poids. Elle inclut la réduction des risques sanitaires et une amélioration de la qualité de vie. Une perte de poids modeste (5 à 10 % du poids de départ) est efficace de ce point de vue, et suppose d'abord des modifications comportementales concernant l'alimentation et l'activité physique.

Une éventuelle proposition médicamenteuse ne se conçoit qu'accompagnée d'une information complète sur le bénéfice modeste à en attendre, les effets secondaires possibles, le manque de données à long terme. On ne peut que souligner qu'il est sans doute fâcheux de soumettre ces patients fragiles à des risques quelconques dans de telles conditions. Le « principe de précaution » paraît ici devoir s'appliquer sans réserve.

L'approche du patient obèse ne peut être stéréotypée : visant des modifications comportementales dans la durée, elle suppose un suivi et une éducation continus, afin d'éviter les reprises de poids, réduire les facteurs de risque et traiter les comorbidités à venir.

 

Que peut apporter la chirurgie ?

La chirurgie « bariatrique » de l'obésité, par voie directe ou laparoscopique, est de plus en plus utilisée [11]. Ce peut être une chirurgie de réduction gastrique simple : anneau de gastroplastie ajustable (AGA) ou gastroplastie verticale calibrée (GVC), les deux techniques les plus utilisées en France. Elle est fréquemment associée aux USA à un court-circuit (CC) favorisant une malabsorption intestinale. Quelles sont les indications, résultats et risques de ces interventions ? Deux méta-analyses américaines [in 12, 13] ont regroupé 147 études concernant 22 000 patients. Il n'y avait que 3 essais randomisés, de petite taille, comparant diverses méthodes chirurgicales à une approche médicale. L'étude observationnelle suédoise SOS [14] a suivi 4 047 sujets sur 2 ans et 1 703 sur 10 ans. Une chirurgie était proposée à la moitié, un groupe contrôle apparié était constitué auquel était appliqué un traitement conventionnel. Il n'y avait pas de randomisation pour raisons éthiques en raison de la mortalité opératoire notable au début de l'étude. Les données se basent surtout sur cette étude, mais les autres études sont concordantes.

Une perte de poids importante et durable

Dans l'étude suédoise [14] :

• À 2 ans, le poids avait diminué de 23,4 % dans le groupe chirurgie et augmenté de 0,1 % dans le groupe contrôle.

• À 10 ans, les résultats étaient voisins (­ 16,1 % et + 1,6 %) différant selon les méthodes chirurgicales (­ 25 % pour CC, ­ 16 % pour GVC, ­ 13 % pour AGA). Une perte de 20 % ou plus de leur poids initial était observée chez 73 % des CC, 35 % des GVC, 28 % des AGA vs. 4 % dans le groupe contrôle.

• Il y avait aussi des échecs avec une perte de moins de 5 % du poids initial : 73 % du groupe contrôle, 9 % avec CC, 14 % avec GVC, 25 % avec AGA.

Un bénéfice sur facteurs de risque et co-morbidités

Dans SOS, à 2 et 10 ans, glycémie, insulinémie, triglycérides, HDL, uricémie, ont été améliorés substantiellement dans le groupe chirurgie alors qu'ils étaient aggravés dans le groupe contrôle. De même l'incidence de diabètes, hypertriglycéridémies, taux bas de HDL, hyperuricémies était moindre dans le groupe chirurgical. Par contre les différences n'étaient pas significatives pour l'hypertension et le cholestérol total. Il y avait de plus une nette amélioration des apnées du sommeil.

En revanche, nous ne disposons pas de données sur la morbidité à long terme, l'incidence des infarctus du myocarde, des AVC et sur la mortalité totale [12].

Qualité de vie : des bénéfices et des contraintes

La qualité de vie ressentie chez les opérés est en général améliorée [11]. Dans SOS, ils ont un apport calorique moindre et une activité physique plus importante. La chirurgie de réduction conditionne l'alimentation : fractionnement, limitation des boissons au cours du repas, suppression des aliments fortement énergétiques, prévention des carences spécialement en cas de CC. La première cause d'échec est l'ingestion fréquente d'aliments gras ou frits, de boissons et aliments sucrés [11].

Complications post-opératoires et effets secondaires

Dans SOS, la mortalité périopératoire a été de 0,25 % (5 sur 2 010 opérés), plus basse en fin d'étude qu'au début et plus basse que dans d'autres études (influence de l'expérience du chirurgien ?). Une étude américaine sur 62 000 patients opérés non sélectionnés a montré une mortalité à 30 jours de 1,9 % [12, 15]. Des complications post-opératoires diverses (infections, hémorragies, thromboembolies) ont été notées dans SOS chez 13 % des patients.

Selon les résultats réunis de 159 études, des effets indésirables peuvent survenir dans 10 % à 20 % des cas, variant selon le type d'intervention : pour l'AGA, dilatation de la poche gastrique, glissement de l'anneau, occlusion de l'orifice de passage gastrique, oesophagite, vomissements ; pour les CC, dumping syndrome, épigastralgies, lithiase vésiculaire, diarrhée et surtout carences en fer, vitamine B12 et acide folique [11]. Ils entraînent 8 à 18 % de réintervention. Ils sont plus importants avec les CC et le GVC qu'avec l'AGA.

Que retenir pour notre pratique ?

La chirurgie bariatrique est efficace à court et à long terme : perte de poids importante, amélioration des facteurs de risque cardiovasculaires et de la qualité de vie. La mortalité opératoire est faible, mais les effets secondaires assez fréquents, conduisant souvent à une réintervention. Il y a environ 20 % d'échec. Les recommandations internationales sont convergentes [5, 6] :

Indications réservées : aux obésités morbides (IMC > 40) ou sévères avec comorbidité importante (IMC > 35) en cas d'échec de la prise en charge médicale préalable d'une durée d'au moins un an.

Contre-indications : impossibilité de suivi, troubles psychiques sévères, trouble grave du comportement alimentaire (boulimie). La chirurgie n'a en principe pas d'indications chez l'enfant et l'adolescent, et des indications très limitées après 60 ans.

Évaluation préopératoire pluridisciplinaire : analyse de la motivation, des conditions du suivi, du contexte somatique, psychologique, familial et social, information et conseils nutritionnels pré, péri et post-opératoires, choix de la méthode adaptée et chirurgien entraîné.

Il faut espérer que des mesures préventives rendront cette chirurgie inutile... [12]

Obésité : comportements et représentations

Dans le domaine de l'obésité, tout objectif de perte de poids ne peut passer que par des changements de comportements souvent fondés sur des habitudes anciennes. L'approche diététique en est l'un des aspects [1]. Elle ne peut se concevoir qu'accompagnée de conseils individualisés dans le cadre d'une éducation thérapeutique au long cours, centrée sur le patient. Pour perdre du poids, le patient obèse devra « apprendre », donc confronter des informations nouvelles à ses savoirs et représentations anciens [17, 18]. Le soignant devra de son côté prendre conscience de ses propres représentations. Une revue systématique des essais comparatifs dans ce domaine montre la grande variété ­ et la difficulté ­ des mesures comportementales [17, 18]. Deux publications récentes [19, 20] du service d'enseignement thérapeutique pour les maladies chroniques (SETMC) de Genève nous apportent sur ces points des données théoriques et pratiques.

L'efficacité des interventions comportementales

L'une des difficultés est la grande diversité des mesures comportementales étudiées dans les essais randomisés. Le NICE anglais en a fait en 2006 une revue systématique [17, in 18]. La base commune en est le conseil personnalisé : diagnostic de comportement alimentaire, repérage des principaux éléments contribuant à l'obésité, partage de cette analyse avec le patient, apprentissage des bonnes pratiques alimentaires, prise en compte du contexte familial... La promotion d'une reprise d'activité physique régulière supplémentaire, pas nécessairement sportive, fait partie de ces mesures.

En soins primaires, associées à des programmes d'activité physique et des régimes de restriction calorique, ces interventions ont amélioré l'efficacité des mesures diététiques. La perte de poids supplémentaires est de 4 à 8 kg par rapport aux participants des groupes sans soutien actif. Les thérapies familiales (le plus souvent avec le conjoint) ont été plus efficaces que les thérapies individuelles, aux résultats identiques aux thérapies de groupe. Selon cette même synthèse, les interventions sans aide de soignants sont à peine plus efficaces que les simples tentatives de régime sans aide spécifique. Prescrire [18] souligne cependant que le rôle des déterminants génétiques, psychologiques, environnementaux, sociaux, de l'obésité, parfois prépondérants, est difficilement traduit en termes statistiques dans ces essais, la qualité de vie de ces obèses rarement prise en compte. Les résultats se limitent à un chiffrage des pertes de poids, ce qui en limite la portée.

Le NICE insiste sur la nécessité d'une formation spécifique à l'éducation thérapeutique et l'intérêt des recours spécialisés dans les cas difficiles, qui sortent d'une prise en charge « ordinaire » [17].

Représentations, comportement et obésité

Pourquoi s'intéresser aux représentations ? Prêter une attention toute particulière aux représentations non seulement du patient, mais aussi du soignant permet de faire émerger certains obstacles et représentations sociales : perception de la maladie, de sa sévérité, du bénéfice du traitement et des obstacles au traitement. Les modifications de comportement ne peuvent survenir qu'en faisant évoluer l'ensemble. Comme le souligne l'équipe genevoise, « un apprentissage chez l'adulte implique souvent une déconstruction-reconstruction continue de conceptions. Le soignant-éducateur peut être un facilitateur dans cette aventure » [19].

Cela nécessite une formation spécifique : l'équipe suisse est partie des concepts de résilience et empowerment du patient pour construire un programme de formation dont elle a démontré l'efficacité [20]. Le patient souffrant de maladies chroniques a souvent un sentiment de perte de sécurité qui peut être à la fois corporel, émotionnel, social, voire financier. Il doit apprendre à gérer la maladie au quotidien grâce à ses propres ressources. La pratique avec le patient obèse est avant tout un entretien avec la recherche de ses difficultés psycho-sociales, de ses ressources propres, connaissances, croyances et comportements, beaucoup plus que la recherche de signes pathologiques et symptômes.

Que retenir pour notre pratique ?

L'approche du patient obèse est exigeante, chronophage. Très loin des solutions « miracles » de régimes, médicaments, et autres chirurgies de l'obésité, ce concept d'obésité/maladie chronique, implique une relation complexe, durable et équitable entre soigné et soignant. Le rôle du thérapeute est de « faciliter » l'émergence des a priori, sans jugement, en ayant à l'esprit ses propres cadres de références pour permettre l'évolution des représentations donc des comportements. Si l'efficacité, en terme de perte de poids, n'en est pas pour autant garantie, cela permet d'envisager plus raisonnablement le long terme...

Il vaut toutefois mieux reconnaître que les pertes de poids durables importantes sont rares et ne pas « harceler » ou prendre le risque de « stigmatiser » des patients qui ont déjà fait des efforts considérables pour des résultats modestes [18].

Ces difficultés doivent d'autant plus inciter à une « vigilance préventive », dès l'enfance, mais aussi chez l'adulte qui débute un surpoids.

Références

  1. Gallois P, Vallée JP, Le Noc Yves. Obésité de l'adulte : l'approche complexe et difficile d'une véritable « épidémie ». Médecine. 2008;4:67-71.
  2. Letrilliard L. Représentation du surpoids de l'adulte jeune et de sa prise en charge : enquête auprès des patients et des médecins généralistes. Sur www.has-sante.fr [résumé].
  3. Padwal RS, Majumdar SR. Drug treatments for obesity: orlistat, sibutramine, and rimonabant. Lancet. 2007;369:71-7.
  4. Afssaps. Communiqué de presse du 19/10/99.
  5. Schlienger JL, Simon C. Obésité de l'adulte. Rev Prat. 2003;53:525-34.
  6. Prescrire rédaction. Ephédrine et tiratricol : préparations magistrales et autres interdites Rev Prescrire. 2004;246:15.
  7. Padwal RS, Rucker D, Li S, Curioni C, Lau DCW. Long-term pharmacotherapy for obesity and overweight. Cochrane Database of Systematic Reviews 2008 Issue 3 (Status: Unchanged).
  8. Vallée JP, Gallois P. Le rimonabant. Médecine. 2008;5:299-302.
  9. HAS. Commission de la transparence du 19/7/06.
  10. Afssaps. Sibutral, nouvelles conditions de prescription. 29/10/2002
  11. Collectif. Chirurgie gastrique de l'obésité morbide. Rev Prescrire. 2003;23:294-8.
  12. Solomon CG, Dluhy RG. Bariatric surgery. Quick fix or long-term solution? N Engl J Med. 2004;351:2751-3.
  13. Maggard MA, Shugarman LR, Suttorp M, Maglione M, Sugerman HJ, Livingston EH, et al. Meta-analysis Surgical treatment of obesity. Ann Int Med. 2005;142:547-59.
  14. Sjöström L, Lindroos AK, Peltonen M, Torgerson J, Bouchard C, Carlsson B, et al. Swedish Obese Subjects Study Scientific Group. Lifestyle, diabetes and cardiovascular risk factors 10 years after bariatric surgery. N Engl J Med. 2004;351:2683-93.
  15. Snow V, Barry P, Fitterman N, Qaseem A, Weiss K. Clinical Efficacy Assessment Subcommittee of the American College of Physicians. Pharmacologic and surgical management of obesity in primary care. A clinical practice guideline from the American College of Physicians. Ann Int Med. 2005;142:525-31.
  16. Afero, Alfediam, Soc Fr Nutrition. Recommandations sur la chirurgie de l'obésité. Actualisation des « recommandations pour la pratique clinique » en 2003. STV. 2004;16:181-5.
  17. National Institute for clinical Excellence (NICE). Obesity: the prevention, identification, assessment and management of overweight and obesity in adults and children. December 2006. www.nice.org.uk
  18. Prescrire rédaction. Obésité : maigrir sans médicament (3e partie). Rev Prescrire. 2007;282:275-81.
  19. Barthassat V, Lagger G, Golay A. Représentations, comportements et obésité. Rev Med Suisse. 2008;4:843-53.
  20. Chambouleyron M, Lasserre-Moutet A, Vaninstendael S, Lagger G, Golay A. Un nouveau programme en éducation thérapeutique : former des soignants pour favoriser la résilience des patients. Pédagogie Médicale. 2007;8:199-206.

En résumé : Obésité de l'adulte : quelle aide « médicale » ?

­ La prise en charge de l'obésité va bien au-delà de la seule perte de poids. Elle suppose un suivi et une éducation continus afin d'éviter les reprises de poids, réduire les facteurs de risque et traiter les comorbidités à venir.

­ Toutes les études sur les médicaments utilisés dans l'obésité ont comme limites le taux important de sorties d'essais et le manque de données de morbi-mortalité à long terme. Une éventuelle proposition médicamenteuse ne se conçoit donc qu'accompagnée d'une information complète sur le bénéfice modeste à en attendre, les effets secondaires possibles, le manque de données à long terme.

­ La chirurgie bariatrique, efficace à court et à long terme, a des indications réservées, des contre-indications, et nécessite une évaluation préopératoire pluridisciplinaire.

­ L'approche du patient obèse est exigeante, chronophage, pour permettre l'évolution des représentations donc des comportements.

­ Il vaut toutefois mieux reconnaître que les pertes de poids durables importantes sont rares et ne pas « harceler » ou prendre le risque de « stigmatiser » des patients qui ont déjà fait des efforts considérables pour des résultats modestes.

­ Ces difficultés doivent d'autant plus inciter à une « vigilance préventive », dès l'enfance, mais aussi chez l'adulte qui débute un surpoids.


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]