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Esoméprazole : profil de tolérance
L'ésoméprazole (Inexium®), inhibiteur de la pompe à protons, isomère
S de l'oméprazole (Mopral®), est commercialisé en France depuis 2002.
Afin de mieux appréhender son profil de tolérance, une étude post-AMM a été
réalisée entre septembre 2000 et avril 2001 en Angleterre auprès de plus de
11 000 patients [1]. Les médecins généralistes prescripteurs ont répondu à des
questionnaires sur les événements survenus durant les 6 premiers mois de traitement
rapportés par leurs patients. Cette étude observationnelle montre que les effets
les plus fréquemment rapportés au cours du 1er mois sont la diarrhée,
puis des nausées, vomissements, douleurs abdominales, dyspepsie, céphalées,
malaise et prurit. La fréquence de survenue de ces effets est plus élevée au
cours du 1er mois, les effets s'atténuant progressivement au cours
des mois suivants. Ces résultats sont conformes aux données du RCP et de la
littérature.
Référence : Davies M, Wilton LV, Shakir SA. Drug Saf. 2008;31(4):313-23.
Médicaments en accès direct dans les pharmacies
Le décret « médicaments de médication officinale », publié le 1er juillet
2008, autorise désormais les pharmacies d'officine à mettre devant le comptoir,
dans un espace spécialement dédié à cet effet, 217 spécialités pharmaceutiques
couvrant 71 domaines thérapeutiques, 12 médicaments à base de plantes et 19 médicaments
homéopathiques. Cette mesure permet aux patients d'accéder directement à ces médicaments
disponibles sans ordonnance et de pouvoir ainsi choisir parmi plusieurs spécialités
[1].
Plusieurs documents d'information ont été élaborés et mis à la disposition
des pharmacies d'officine et des patients :
un dépliant et une affichette « Médication Officinale, tout ce que vous
devez savoir », qui présentent 7 règles d'or pour le bon usage des médicaments
de médication officinale ;
des fiches d'aide à la dispensation destinées à l'équipe officinale
et des « cartes mémo » pour les patients (paracétamol, aspirine, ibuprofène)
;
une série de brochures « Bien vous soigner avec des médicaments disponibles
sans ordonnance », abordant l'automédication en fonction du symptôme à traiter.
Cette mise à disposition de nombreux médicaments sans ordonnance rend plus
important que jamais de connaître les différents traitements pris en automédication
avant toute nouvelle prescription.
Rééfrence : Afssaps. Lettre aux prescripteurs du 07 juillet 2008.
Clonazépam : diminuer les abus et usages détournés...
Une augmentation des cas d'abus de pharmacodépendance et de détournement d'usage
a été constatée avec les formes orales de clonazépam (Rivotril®) :
l'obtention illicite de ce traitement ainsi que son utilisation à des fins criminelles
ou délictuelles tend à se développer depuis 5 ans. Il est vraisemblable que les
personnes concernées soient proches de celles qui consommaient du Rohypnol®.
Ce report peut être expliqué par la diminution depuis février 2001, de la durée
de prescription du Rohypnol® (prescription limitée à 14 jours) [1].
Le conditionnement de Rivotril® 2 mg en boîtes de 40 comprimés sera
remplacé, à épuisement des stocks, par un conditionnement en boîte de 28. Les
conditions de prescription et de délivrance, inchangées, restent limitées à
la prise en charge de l'épilepsie : l'efficacité et la sécurité d'emploi ne
sont pas établies dans le traitement de la douleur (notamment céphalées, douleurs
osseuses, neuropathiques, articulaires et analgésie post-opératoire), ni dans
les indications habituelles des autres benzodiazépines (notamment anxiété et
troubles du sommeil).
Référence : Afssaps : Communiqué de presse du 6 septembre 2001.
Retrait du DT Polio® au profit du Revaxis®
Les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite ont été rendues
obligatoires respectivement en 1938, 1940 et 1964. Les progrès dans l'élaboration
de nouveaux vaccins et la nécessité de simplifier les programmes de vaccination
ont favorisé la mise au point de vaccins combinés (AMM du DT Polio®
dès 1966 pour la primo-vaccination et les rappels chez l'adulte, les rappels chez
l'enfant à partir de 6 ans [1]).
Depuis le début de l'année 2008, une augmentation des réactions allergiques
a été constatée : manifestations d'hypersensibilité immédiate à type d'urticaire
généralisée ou d'oedème survenant dans les heures qui suivent l'injection du
vaccin, ayant motivé une hospitalisation dans certains cas, toutes d'évolution
favorable. Par mesure de précaution, une suspension temporaire de ce vaccin
ainsi qu'un rappel de lots ont été effectués. À titre d'alternative, le vaccin
Revaxis® est désormais préconisé chez l'enfant à partir de 6 ans
[2]. Aucune information n'a été fournie pour expliquer cette augmentation de
réactions allergiques liées au vaccin DT Polio®.
Références :
BEH. 2008 ;16-17.
Afssaps : Communiqué de presse du 11 Juin 2008.
Nouveau coxib : attention aux effets cardiovasculaires
La classe des coxibs a fait l'objet de plusieurs retraits de médicaments (Vioxx®,
Prexige®, Bextra®) et/ou de modifications importantes des
indications et des mises en garde (Célebrex®, Dynastat®),
notamment en raison de la survenue d'effets indésirables cardiovasculaires importants
(augmentation du nombre d'infarctus du myocarde).
L'Afssaps vient d'accorder l'AMM à l'étoricoxib (Arcoxia®) dans
le traitement de l'arthrose (60 mg/jour) et de la polyarthrite rhumatoïde (90
mg/jour) [1]. Une extension dans le traitement de la spondylarthrite ankylosante
(120 mg/jour) est prévue. Si à ce jour, les données internationales de pharmacovigilance
de l'Arcoxia® sont rassurantes sur le plan des effets cardiovasculaires,
il convient néanmoins de rester vigilant. Par mesure de précaution, l'Arcoxia®
est contre-indiqué chez tout patient atteint d'hypertension artérielle non contrôlée.
Une surveillance de la tension artérielle est recommandée pendant la durée de
ce traitement.
Rappelons que le risque de toxicité associé aux AINS étant dose-dépendant,
il est impératif de respecter la dose autorisée dans chacune des indications
accordées.
Référence : Afssaps : Communiqué du 21 Juillet 2008.
Vitamine K1 nourrissons (solution buvable) : que faire en cas d'erreur d'administration
?
La vitamine K1 2 mg/0,2 mL, (phytoménadione) solution buvable, est indiquée dans
la prévention de la maladie hémorragique du nouveau-né en cas d'allaitement maternel
exclusif ou quasi-exclusif. La posologie recommandée chez les nouveau-nés sans
risque particulier est d'une ampoule buvable par semaine [1] ; cela, jusqu'à
la fin de la période d'allaitement exclusif. Cette recommandation de bon usage
fait suite à de nombreux cas de surdosage, certains parents administrant par erreur
à leur nourrisson une ampoule par jour. Dans ce cas, la conduite à tenir est l'arrêt
du traitement pendant une semaine puis la reprise à la posologie préconisée.
Référence : Afssaps : Communiqué de presse de 30 Juin 2008.
Ne pas associer les vasoconstricteurs !
Différents vasoconstricteurs sont utilisés comme décongestionnants de la sphère
ORL en France : phényléphrine et pseudoéphédrine pour la voie orale ; éphédrine,
naphazoline, oxymétazoline et tuaminoheptane pour la voie nasale. Une nouvelle
enquête de pharmacovigilance [1] réalisée sur ces produits confirme le risque
de survenue d'effets indésirables cardiovasculaires (hypertension artérielle,
troubles du rythme cardiaque, crises angineuses) et neurologiques centraux (céphalées,
convulsions, accidents vasculaires cérébraux). Ils surviennent quelle que soit
la voie d'administration, mais les troubles convulsifs sont plus fréquents avec
la forme orale, les céphalées avec la forme nasale. Dans près de 28 % des cas
d'AVC, un mésusage, en particulier l'association de deux vasoconstricteurs est
retrouvé, confirmant le danger d'associer deux vasoconstricteurs.
Référence : http://afssaps.sante.fr/htm/1/indcom.htm (Compte rendu de la réunion
du mardi 25 mars 2008 de la Commission Nationale de Pharmacovigilance).
Traitement anti-hépatite C et troubles psychiatriques
Le traitement de référence de l'hépatite C une injection hebdomadaire d'interféron
a-pégylé associée à une prise journalière de ribavirine pendant 6 mois à 1 an
en fonction du génotype viral peut avoir des effets indésirables psychiatriques
: symptômes dépressifs, anxiété, troubles de l'humeur et du comportement, épisodes
maniaques et états psychotiques, tentatives de suicide. Or, une mauvaise observance
ou un arrêt prématuré compromettent fortement les chances d'éradication du virus.
Il est donc recommandé [1] :
avant le début du traitement : demander, en cas d'antécédents
psychiatriques anciens ou récents, l'avis d'un psychiatre pour s'assurer que
l'état psychiatrique est stabilisé ; en cas d'usage de drogues actuel ou dans
l'année écoulée, l'avis d'un référent en addictologie.
pendant le traitement : en cas de survenue de troubles psychiatriques,
même modérés, contacter rapidement un psychiatre ; en cas de déstabilisation
du traitement substitutif aux opiacés, voire d'augmentation des besoins en anxiolytiques,
et/ou de (re)prise de drogues, le référent en addictologie doit être rapidement
averti. La poursuite du traitement anti-hépatite C sera alors réévaluée conjointement
par l'hépatologue et le psychiatre.
après le traitement : les troubles psychiatriques pouvant survenir,
voire même s'aggraver, après l'arrêt du traitement, la surveillance psychiatrique
du patient doit se poursuivre.
Le patient et son entourage doivent être informés de ces effets indésirables
psychiatriques et de la nécessité de consulter rapidement si de tels troubles
sont observés.
Référence : http://afssaps.sante.fr/htm/10/indpoint.htm (Mise au point : évaluation
et prise en charge des troubles psychiatriques chez les patients adultes infectés
par le virus de l'hépatite C et traités par (peg) interféron alpha et ribavirine
Mai 2008)
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