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Brèves de pharmacovigilance


Médecine. Volume 4, Numéro 6, 254-5, Juin 2008, Thérapeutiques

DOI : 10.1684/MED.2008.0295


Auteur(s) : Samy Babai, Hélène Brocvielle, Hervé Le Louet, Guy Sonna, Laure Thomas , CRPV Henri Mondor pharmacovigilance. henri-mondor@hmn.aphp.fr.

Mots-clés : AINS, HTA, iatrogène, rhumatisme, substitution, vaccination

Illustrations

ARTICLE

Vaccination chez le nourrisson : le 6 en 1 remboursé

Le remboursement de l'Infanrix Hexa® (diphtérie, tétanos, coqueluche acellulaire, polio, Hib, hépatite B) a été publié au Journal Officiel du 26 mars 2008. Ce remboursement va permettre d'améliorer la couverture vaccinale contre l'hépatite B sans augmenter le nombre, déjà important, d'injections chez le nourrisson. En 2004, cette couverture n'était que de 29 % chez les enfants de moins de 2 ans [1].

Le schéma vaccinal recommande ce vaccin aux 2e, 4e et 16e mois, sachant qu'il est possible de prescrire un vaccin pentavalent après administration d'un vaccin hexavalent (cf. tableau) [2]. Pour rappel, l'Infanrix Hexa® peut être coadministré avec d'autres vaccins pédiatriques (vaccin vivant à rotavirus, vaccin pneumococcique heptavalent conjugué).

Références

  1. www.infovac.fr
  2. Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire : no 31-32. Sur www.invs.sante.fr

 


Rappel : restriction de la prescription du piroxicam (forme systémique)

Le piroxicam, anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) commercialisé depuis de nombreuses années sous différents noms de spécialités est souvent prescrit en première intention dans les pathologies inflammatoires aiguës de l'appareil locomoteur.

Une réévaluation du rapport bénéfice/risque du piroxicam effectuée en juin 2007 à l'échelle européenne a mis en évidence des effets indésirables digestifs et cutanés graves, justifiant une restriction de sa prescription au traitement de l'arthrose symptomatique, de la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante. Il ne doit plus être prescrit dans les poussées aiguës des rhumatismes abarticulaires (par exemple : bursite, tendinites), les affections aiguës post-traumatiques de l'appareil locomoteur, les arthrites microcristallines, les poussées d'arthrose et les radiculalgies. De même, les contre-indications ont été renforcées ; le médicament ne doit plus être prescrit lors d'antécédents de troubles gastro-intestinaux prédisposant à des troubles hémorragiques, lors d'antécédents de réactions médicamenteuses allergiques graves quel que soit le médicament ni, enfin, lors de l'administration concomitante d'anticoagulants.

Nous rappelons que des règles de bon usage de prescription des AINS sont à la disposition des professionnels de santé sur le site internet de l'Afssaps.

Référence

  1. http://afssaps.sante.fr/htm/10/filltrpsc/lp080102.pdf

 


Dentifrices fabriqués en Chine

Une alerte récente émanant de différentes autorités sanitaires au niveau mondial a dénoncé la présence dans certains dentifrices de diéthyl glycol (DEG), solvant toxique en cas d'ingestion ainsi que de contaminations microbiennes. L'Afssaps et la DGCCRF ont alors conjointement réalisé une enquête et analysé des échantillons de dentifrices issus du marché français. Sur 157 échantillons, 19 étaient non conformes : dont 14 pour des teneurs en DEG > 1 % et 5 pour mauvaises qualités microbiologiques, ce qui représente 11 dentifrices différents ; 10 étaient d'origine chinoise et pour le dernier, le pays de fabrication était inconnu ! Ces résultats ont aboutit au retrait du marché de ces 11 dentifrices en moins de deux mois.

Référence

  1. http://afssaps.sante.fr/htm/10/deg/liste-deg.pdf

 


Nécroses cutanées : penser au léflunomide

Le léflunomide (Arava®), immunosuppresseur sélectif administré per os, est indiqué dans le traitement de fond de la polyarthrite rhumatoïde ainsi que dans le traitement du rhumatisme psoriasique.

Une publication récente [1] rapporte la survenue de très rares cas de nécroses cutanées sous ce traitement. Il s'agit d'ulcérations nécrotiques profondes pouvant survenir sur les membres ou l'abdomen une semaine à dix mois après l'introduction du traitement (figure 1). Ces lésions cutanées ne régressent pas, malgré des soins locaux bien conduits pendant plusieurs mois et une corticothérapie générale, si le traitement est poursuivi. Un arrêt du traitement est impératif pour permettre la cicatrisation. Un rôle inhibiteur du léflunomide sur le récepteur de l'epidermal growth factor (EGF) est évoqué.

Ainsi, la constatation d'ulcérations cutanées chez un malade traité par léflunomide, même depuis plusieurs mois, doit faire arrêter le traitement ; sa poursuite pouvant entraîner une aggravation de ces lésions.

Référence

  1. Gros C, Delesalle F, Gautier S, Delaporte E. Leflunomide-induced skin necrosis. Ann Dermatol Venereol. 2008;135(3):205-8.

 


Associations de traitements antihypertenseurs : efficacité et tolérance

Une étude récente portant sur 94 patients a comparé durant 24 semaines l'efficacité et la tolérance chez des personnes âgées de 75 à 89 ans, de l'Exforge® (association valsartan 160 mg/amlodipine 5 mg) et du Coaprovel® (association irbésartan 300 mg/hydrochlorothiazide 12,5 mg). Un contrôle de la pression artérielle systolique et diastolique ainsi qu'un ECG et des analyses sanguines sont effectués toutes les 4 semaines. Après 4 semaines, les doses d'amlodipine ou d'hydrochlorothiazide étaient doublées chez les non-répondeurs. Les résultats de cette étude montrent qu'en termes d'efficacité sur la réduction de la pression artérielle, les 2 associations antihypertensives sont équivalentes. Cependant, l'hypotension orthostatique est plus marquée avec le Coaprovel® et les patients traités par ce traitement présentent plus de troubles métaboliques : diminution significative de la kaliémie et une augmentation de l'uricémie.

Ainsi, d'après cette étude, à efficacité équivalente, l'Exforge® semble mieux toléré chez des personnes âgées de 75 à 89 ans. Cependant, le contexte de l'hypertension artérielle ainsi que les pathologies associées du patient peuvent nécessiter une prescription de Coaprovel®.

Référence

  1. Fogari R, Zoppi A, Mugellini A, Corradi L, Lazzari P, Preti P, Derosa G. Efficacy and safety of two treatment combinations of hypertension in very elderly patients. Arch Gerontol Geriatr. 2008;3 (prépublication en ligne).

 


Lutte contre le mésusage et le détournement de certains médicaments

La buprénorphine haut dosage, le flunitrazépam, la méthadone ou le méthylphénidate sont susceptibles de faire l'objet de mésusages, d'usages détournés ou abusifs. Afin de renforcer l'encadrement de leur prescription ainsi que de leur délivrance, un nouvel arrêté a été publié en avril dernier [1]. Dorénavant, pour prétendre à la prise en charge par l'assurance-maladie de ces médicaments, le patient doit indiquer obligatoirement à son médecin, le nom du pharmacien chargé de la délivrance. Le médecin doit inscrire ce nom sur la prescription qui est exécutée par le pharmacien ainsi désigné.

De plus, si les services de l'assurance-maladie constatent un usage abusif ou un mésusage de ces médicaments, un protocole de soins devra être établi entre le médecin traitant et le médecin conseil de la caisse d'assurance-maladie et signé par le patient [2].

Références

  1. Communiqué de presse de l'Afssaps du 11 avril 2008. http://www.afssaps.sante.gouv.fr/htm/10/indpoint.htm
  2. Arrêté d'application de l'article 162-4-2 du code de la sécurité sociale, publié le 8 avril 2008.

 


Notes :

  1. ® 20 mg, Cycladol® 20 mg, Feldène® 10 et 20 mg, Flexirox® 10 mg, Inflaced® 10 mg, Olcam® 10 mg, Pirotec® 20 mg, Zofora® 10 mg, ainsi que Piroxicam® générique.
  2. Définie comme la buprénorphine administrée par voie orale à des doses unitaires supérieures à 0,2 mg par prise.


 

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