Auteur(s) : Romain Favre, Grégoire Moutel , SIHCUS-CMCO Strasbourg et Laboratoire d'éthique médicale et médecine légale, Faculté de médecine Paris 5, réseau de recherche de l'Inserm
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Résumé : Contexte : la grande majorité des femmes enceintes ont une échographie obstétricale au cours du 1er trimestre de leur grossesse. Les deux objectifs visés sont la datation de la grossesse et la mesure de la clarté nucale en vue du dépistage de la trisomie 21. Il n'est pas certain que ces deux objectifs soient clairement énoncés et compris.
Objectif : analyser les pratiques médicales sur ce point (niveau de connaissances, attitude) et leurs conséquences auprès des patientes.
Méthode : un questionnaire a été adressé à 460 médecins - assurant le suivi des grossesses - correspondants de notre structure. Il portait pour une part sur les connaissances, l'autre part sur les attitudes, de ces médecins. Un questionnaire complémentaire destiné aux patientes évaluait leur consentement à cet examen.
Résultats : 272 médecins ont répondu. 94 % expliquent l'examen échographique à leurs patientes, mais le niveau de leur connaissance à ce sujet n'est suffisant que chez 35,5 %. Ils sont en large majorité (81,2 %) favorables à un choix autonome des patientes et à l'échographie (81,4 %) mais au total, 32,4 % « seulement » sont réellement en position de favoriser le consentement de leurs patientes.
Discussion : ces résultats nous semblent poser avec force les bases d'un véritable débat sur 3 principes éthiques fondamentaux dans un tel dépistage : compétence des professionnels, respect de l'autonomie des patientes, justice.
Conclusion : un travail de formation des médecins, portant non seulement sur les connaissances, mais aussi les comportements, doit être fait pour que les patientes comprennent les implications et décident réellement de choisir ou non cet examen.