ARTICLE
| Ces dossiers sont issus de textes publiés chaque semaine depuis
quelques années dans Bibliomed. Actualisés si nécessaire
en fonction des données les plus récentes. Ils ne résultent
pas d'une revue systématique de la littérature, mais d'une
veille documentaire en continu des principales revues médicales publiant
des études fondées sur les preuves, ou des recommandations
en résultant. Ils ont pour ambition de fournir au médecin
généraliste une actualisation des données sur les questions
pertinentes pour leur pratique retenues par le comité de rédaction.
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Le vieillissement rapide de la population devrait logiquement s'accompagner
d'une augmentation de l'incidence des AVC, alors que les études épidémiologiques
semblent au contraire en montrer au moins une stabilisation, et même une
diminution des infarctus d'origine thromboembolique ces 20 dernières
années [1]. Les essais randomisés de ces deux décennies
ont identifié plusieurs interventions efficaces à la fois en prévention
primaire (avant la première alerte) et en prévention secondaire
(après le premier accident transitoire). S'il n'est pas possible d'affirmer
de lien de causalité entre les tendances épidémiologiques
et ces interventions, on peut cependant constater que l'amplitude constatée
des premières correspond bien à ce que l'on attendait des secondes.
Ce dossier concerne exclusivement les accidents ischémiques transitoires
et la prévention des récidives après un premier accident.
Les questions auxquelles répond ce dossier ont fait l'objet de 4
publications de Bibliomed : 403 du 17 novembre 2005, 405 du 1er décembre
2005, 406 du 8 décembre 2005,429 du 8 juin 2006.
Que se passe-t-il après un AIT ?
Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont une cause majeure
de mortalité, de morbidité et d'incapacité chez les adultes.
Malgré le vieillissement de la population, leur incidence diminue. Une
étude anglaise [2], comparant dans une population de 100 000 habitants
l'incidence des AVC et des accidents cérébraux ischémiques
transitoires (AIT) entre 1981-1984 et 2002-2004, a constaté une baisse
d'incidence de 40 % sur 20 ans. Elle semble liée aux modifications de
facteurs de risques (tabac, HTA, cholestérol) et à l'usage d'une
prévention secondaire. Celle-ci, une fois éliminée une
origine embolique cardiaque, concerne les AIT (déficit neurologique durant
moins de 24 heures) mais aussi les AVC mineurs (déficit > 24 heures
sans dépendance pour les activités quotidiennes). Mais quel est
leur devenir, dont la connaissance va conditionner le bilan et le traitement
[3] ? Des études [4-6] ont apporté des informations précieuses
sur le risque de récidive précoce et à long terme, le risque
plus général dans le domaine vasculaire, les facteurs de risques.
Des risques importants de récidive précoce
Jusqu'à ces dernières années, le risque de récidive
précoce des AIT ou AVC mineurs était évalué à
1 ou 2 % à 7 jours, 2 à 4 % à un mois. Une étude
américaine notait 5 % dans les 2 premiers jours, 10 % dans les 90 jours
[7]. Ce risque, fondé sur le suivi de patients vus à l'hôpital,
ignorait sans doute les évolutions précoces. L'étude anglaise
[2] a suivi en liaison avec les médecins généralistes tous
les patients dès le premier signe. Sur un an, en 2002-2003, 87 AIT et
87 AVC mineurs ont été observés. Dans les 3 premiers mois
de suivi, 15 et 16 patients ont eu une récidive (2 et 4 mortels, 3 et
2 avec une incapacité résiduelle). Pour 5 AIT et 3 AVC mineurs,
ces récidives sont survenues très précocement, avant le
recours au médecin. Globalement le risque peut être estimé,
pour les AIT ou les AVC mineurs, à 8 ou 12 % à 7 jours, 11 ou
15 % à un mois, 17 ou 18 % à 3 mois [5].
Des facteurs de risques de récidive identifiables
Les auteurs anglais ont étudié un score simple de risque de
récidive [6] sur 4 critères : l'âge (6 60 ans = 1), la pression
artérielle (systolique > 140 et/ou diastolique > 90 = 1), les manifestations
cliniques (déficit unilatéral = 2, trouble de la parole sans déficit
moteur = 1, autres = 0), la durée des symptômes en minutes (6 60
= 2, 10 à 59 = 1, < 10 = 0). Sur 188 patients, il y a eu 20 récidives
; aucune n'avait de score inférieur à 4, une avait un score de
4, 19 avaient un score de 5 ou plus. Pour les patients avec score supérieur
ou égal à 5, un bilan en urgence devient donc nécessaire.
Ce score recoupe celui de l'étude néerlandaise [4].
Un pronostic à long terme encore mal connu
L'étude néerlandaise a suivi 2 473 patients ayant eu un AIT
ou un AVC mineur [4]. Les patients issus de 24 hôpitaux avaient été
inclus entre 1986 et 1989. Sur l'ensemble, après un suivi moyen de 10,1
ans, 60 % étaient morts, 54 % avaient eu au moins un événement
vasculaire. À 10 ans, le risque de mort était de 42,7 %, variant
selon l'âge (risque relatif [RR] de 3,3 après 65 ans), l'existence
d'un diabète (RR 2,1), d'une claudication (RR 1,9), d'une onde Q pathologique
sur l'ECG de base (RR 1,5). Les facteurs prédictifs de risque d'événement
vasculaire étaient identiques. À 10 ans, moins d'un patient sur
2 survivait indemne d'un autre événement vasculaire. Le risque
annuel d'événement vasculaire n'était pas linéaire
: haut précocement, il décline dans les trois premières
années, pour croître par la suite. Les risques de mort sont probablement
sous estimés : l'inclusion se faisait avec un délai d'au moins
une semaine, excluant ainsi les risques très précoces ; par ailleurs
tous les patients recevaient très tôt un antiagrégant plaquettaire.
Que conclure pour notre pratique ?
Ces deux études sont de grande qualité par leur méthodologie
et leur suivi. L'une est de recrutement communautaire [2, 5, 6], l'autre
hospitalier [4]. Leurs conclusions sont très voisines [3].
AIT et AVC mineurs doivent être considérés comme
des urgences. À l'image de l'angor instable ; ils posent des
problèmes similaires de récidive précoce d'AVC, malgré
un risque immédiat plus grand pour les AVC mineurs. Ce risque est
plus élevé que celui d'infarctus en cas d'angor instable.
Ilest multiplié par 3 si une atteinte carotidienne est en cause
[3].
À plus long terme, le risque est un risque vasculaire général.
Parmi les événements vasculaires non mortels, 2/3 étaient
des AVC, 1/3 étaient coronariens. Mais parmi les morts, la part
cardiaque devient largement dominante [4]. Les facteurs de risques cardiovasculaires
prennent alors toute leur importance. C'est, après la phase précoce,
une stratégie globale qu'il faut mettre en oeuvre.
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AIT et antiagrégants
Les AIT comme les AVC mineurs ont un risque immédiat important et devraient
être considérés, à l'image de l'angor instable, comme
une « ischémie cérébrale instable ». Pour la
prévention de la récidive d'AVC, les patients devraient être
vus, et souvent hospitalisés, dans les premières heures ou les
premiers jours, notamment en fonction des facteurs de risques. Mais de quels
moyens disposons-nous à ce stade, et avons-nous des études concernant
leur utilisation ? En dehors des accidents emboliques d'origine cardiaque, les
antiagrégants plaquettaires sont la première approche « médicale
».
Les antiagrégants plaquettaires sont efficaces
De nombreux essais et plusieurs méta-analyses ont évalué
leur efficacité. Une méta-analyse de 287 essais chez 135 000 patients
à haut risque (coronariens stables ou instables, infarctus du myocarde,
patients ayant eu un AVC ou porteur d'une artériopathie périphérique)
a montré une réduction de 1/4 des événements cardiovasculaires
sévères (infarctus, AVC, morts vasculaires) avec des antiagrégants
plaquettaires prescrits isolément. La mortalité globale était
réduite de façon significative. Le taux d'accidents hémorragiques
sévères était faible, et le rapport bénéfice/risque
apparaissait positif [8].
L'aspirine, l'antiagrégant plaquettaire le plus
étudié, était efficace dans une méta-analyse de
21 essais (23 000 patients) : elle réduisait de 22 %, sur deux ans de
traitement, le risque d'AVC récidivant, d'infarctus ou de mort vasculaire
[8] à la dose de 75 à 300 mg/j, de plus hautes doses ayant plus
de risques hémorragiques. À la phase aiguë, une dose de 150
à 300 mg/j doit être préférée, la dose de
75 à 150 mg/j étant suffisante au long cours [8]. Le bénéfice
des doses inférieures à 75 mg/j apparaissait comme plus incertain
[9].
Les autres antiagrégants plaquettaires comparés
à l'aspirine n'apportent pas un bénéfice significativement
supérieur. Leurs effets secondaires ne sont pas plus importants, sauf
pour les effets sanguins de la ticlopidine [8]. Dans l'étude CAPRIE,
chez 19 185 patients, le clopidogrel apportait une réduction supplémentaire
non significative par rapport à l'aspirine (7,3 % ; IC 95 : - 5,7 à
18,7 ; p = 0,043), la significativité n'apparaissant que dans le sous-groupe
des artériopathies périphériques [9]. Une méta-analyse
n'a pas montré de différence entre aspirine et dipyridamole seuls.
Et les associations ?
- L'association aspirine-dipyridamole a donné lieu à 6
essais. Les 4 premiers étaient négatifs. Le 5e, ESPS-2 (6 000
patients) montrait une réduction significative des AVC récidivants
avec l'association face aux produits isolés, vs placebo ou en comparaison
directe. Mais si on inclut cette étude dans la méta-analyse, avec
les autres essais (25 essais, 10 404 patients), le bénéfice n'est
plus significatif. Les doses faibles d'aspirine (50 mg/j) de cette étude
expliqueraient pour certains les divergences. L'essai ESPRIT confirme le bénéfice
de l'association du dipyramidole à 75 mg d'aspirine : sur 2 739 patients
inclus dans les 6 mois après un AVC et suivis en moyenne 3,5 ans, la
réduction d'événements et de morts cardiovasculaires était
de 18 %. Mais il y avait 34 % d'arrêt de traitement liés à
des céphalées induites par le dipyridamole [10]. La méta-analyse
des 6 essais confirme ces données [10].
- L'association aspirine/clopidogrel a été comparée
au clopidogrel seul dans l'essai MATCH (7 599 patients ayant eu un AVC ou un
AIT dans les 3 mois précédents et au moins un autre facteur de
risques : antécédent coronarien, angor, diabète, artériopathie
des membres). Sur 18 mois avec l'association, il y a eu réduction modeste
(non significative) du risque de décès ou de nouvel accident CV,
mais augmentation des accidents hémorragiques sévères [11].
L'essai CHARISMA l'a comparée à l'aspirine seule chez 15 603 patients
avec soit atteinte coronarienne, cérébrovasculaire ou périphérique,
soit facteurs de risques multiples, notamment diabète. Sur 28 mois de
suivi moyen, le bénéfice de l'association n'était pas significatif
pour la survenue d'infarctus, d'AVC ou de mort vasculaire ; il y avait plus
d'hémorragies sous association. Dans le sous-groupe avec maladie vasculaire
établie, le bénéfice était à la limite de
la significativité (p = 0,046) ; dans le sous-groupe avec facteurs de
risque multiples, les auteurs estimaient que le risque excédait les éventuels
bénéfices [12]. Une revue Cochrane a montré que cette association
est plus efficace que l'aspirine seule pour réduire le risque d'événements
cardiovasculaires chez les patients ayant un syndrome coronarien aigu, mais
ce n'est pas clairement démontré chez ceux qui sont à haut
risque cardiovasculaire, mais sans symptomatologie aiguë actuelle [13].
Quel antiagrégant prescrire ?
De toutes les études, il apparaît que tous les antiagrégants
plaquettaires ont en monothérapie un bénéfice équivalent.
L'aspirine et le clopidogrel sont les deux agents de première ligne reconnus,
le clopidogrel étant en principe réservé aux intolérances
à l'aspirine.
L'association de l'aspirine à un autre antiagrégant plaquettaire
a un bénéfice incertain et favorise le risque d'hémorragies
intracrâniennes (elles semblent particulièrement fréquentes
en cas d'AVC lié à une atteinte des petits vaisseaux) [14]. Ce
type d'association nécessite d'autres essais [9].
Quand prescrire un antiagrégant ?
En principe le traitement doit être prescrit le plus tôt possible,
mais avoir éliminé un accident hémorragique par un scanner,
ou mieux une IRM de diffusion. Entre 5 et 15 % des patients avec AIT ou AVC
mineur présentent une ou plusieurs petites hémorragies, souvent
asymptomatiques.
Faut-il attendre le résultat des examens ? Plusieurs études
présentées dans la recommandation de l'ANAES [15] ont montré
que l'usage précoce (dans les 24 à 48 h) des antiagrégants
plaquettaires dans les AVC réduisait le risque de récidive et
de mort. En l'absence d'étude directe validant le traitement immédiat
(en cas de délai pour l'imagerie), les experts de l'ANAES pensent que
si celle-ci ne peut être réalisée en urgence, l'instauration
d'un traitement antiagrégants plaquettaires peut être proposée
en raison du rapport bénéfice/risque a priori favorable.
Que conclure pour notre pratique ?
Les antiagrégants plaquettaires sont efficaces et doivent
être prescrits « en urgence », de préférence
après imagerie si elle est possible rapidement. L'aspirine est
le produit de première intention, en principe entre 75 et 150 mg,
du fait de sa simplicité et de son coût minime, le clopidogrel
étant une alternative à l'aspirine en cas d'intolérance
à cette dernière.
La balance bénéfice/risque des associations est discutée
dans les AVC, même si elle semble favorable à court terme
chez les coronariens en phase évolutive et dans les situations
à très haut risque :
L'association aspirine/clopidogrel ne semble bénéfique
qu'à court terme dans certains cas à très haut risque
; à long terme son rapport bénéfice/risque est très
incertain, notamment en raison d'un risque hémorragique plus important.
L'association aspirine/dipyridamole est peut-être préférable
à l'aspirine seule si elle est bien supportée, après
AVC ou AIT. Elle doit être évitée chez les coronariens.
Les antiagrégants plaquettaires ne résument pas la
prévention secondaire. La chirurgie carotidienne doit être
envisagée très rapidement. La prévention à
long terme doit aussi prendre en compte tous les facteurs de risque, notamment
tabac, HTA, dyslipidémies, avec des actions médicamenteuses
et non médicamenteuses.
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Endartériectomie carotidienne : chez qui et quand ?
L'endartériectomie carotidienne est souvent surutilisée, parfois
de façon inappropriée [16]. Il est toujours nécessaire
d'en analyser préalablement le rapport bénéfice/risque,
le risque périopératoire d'AVC et de mort pouvant annuler le bénéfice,
particulièrement en cas de sténose asymptomatique [17]. Le bénéfice
à en attendre est lié avant tout au degré de la sténose.
Une étude [17] a cherché à préciser si d'autres
facteurs, des données cliniques, le moment de l'intervention interviennent.
On ne peut comprendre la problématique de l'endartériectomie carotidienne
après AIT sans aborder l'ensemble de ses indications.
Endartériectomie carotidienne et sténose asymptomatique
L'essai ACAS (1999) avait inclus 1 662 patients de 40 à 79 ans, porteurs
d'une sténose asymptomatique > 60 %, suivis en moyenne 2,7 ans [16].
L'essai ACST s'est terminé en 2003 et a suivi 3 120 patients en moyenne
3,4 ans [18]. Dans les deux cas, les patients étaient randomisés
entre endartériectomie carotidienne immédiate ou traitement médical
avec suivi.
Les résultats sont similaires. On note dans ACST une réduction
de moitié du risque relatif d'AVC sur 5 ans, passant de 12 % dans le
groupe médical à 6 % dans le groupe endartériectomie carotidienne,
incluant un risque périopératoire de 3 %, chez les hommes de moins
de 75 ans. L'incertitude persiste chez les hommes plus âgés et
les femmes.
Dans ACST, il fallait opérer 83 patients (nombre nécessaire
à traiter, NNT) pour prévenir un AVC sur 2 ans. Avec un taux annuel
d'AVC de 2 % dans le groupe traité médicalement, 1 % dans le groupe
endartériectomie carotidienne, la réduction absolue du risque
était de 1 % par an, d'autant plus difficile à imputer à
la chirurgie seule que le traitement médical était intensifié
[16]. Ce faible bénéfice peut en outre être annulé
si le risque périopératoire augmente.
Endartériectomie carotidienne et sténose symptomatique
Les essais européen (ECST) et américain (NASCET) ont inclus
5 893 patients suivis plus de 5 ans, randomisés entre endartériectomie
carotidienne et traitement médical. Selon l'analyse des données
de ces essais [17] :
- Le risque périopératoire était globalement de 6 %.
- L'endartériectomie carotidienne est dangereuse chez les patients
ayant une sténose inférieure à 30 % et sans bénéfice
entre 30 et 49 %. Elle réduit de 27 % le risque d'AVC ou de mort lorsque
la sténose est entre 50 à 69 % (NNT pour prévenir un AVC
invalidant sur 2 ans = 15), de 48 % en cas de sténose > 70 % (NNT
= 6) [19, 20].
- Le bénéfice est plus important chez l'homme de plus de 75
ans (NNT 5 vs 18 avant 75 ans), moindre chez la femme (NNT 36 vs 9 chez l'homme)
; surtout il chute rapidement avec l'allongement du délai entre les symptômes
et l'endartériectomie carotidienne : la réduction du risque diminue
environ de moitié si elle intervient après 2 semaines et presque
des 3/4 si elle est réalisée après 12 semaines (NNT 5 dans
les 2 semaines, 125 après 12 semaines [17]).
Que conclure pour notre pratique ?
L'endartériectomie carotidienne doit être pratiquée
le plus tôt possible après un AIT ou un AVC mineur, avant
2 semaines, pour obtenir le bénéfice optimal. Le risque
n'est pas augmenté par un geste précoce chez un patient
neurologiquement stable. Le bilan doit être réalisé
rapidement [17].
Chez les patients symptomatiques, le degré de sténose
(> 70 % et même 50 %) reste la condition de l'indication chirurgicale.
L'âge n'est pas une contre-indication, puisque le bénéfice
persiste, voire augmente après 75 ans. S'il faut tenir compte des
pathologies et conditions associées, il n'y a pas de justification
à éviter l'intervention chez les gens âgés
mais le bénéfice est plus incertain chez la femme [17].
L'endartériectomie carotidienne n'est pas une intervention
sans risque. Un risque périopératoire, supérieur
à 3 % chez les patients asymptomatiques, 6 % chez les symptomatiques,
risque d'en annuler le bénéfice. Il est indispensable de
connaître les performances de l'équipe qui va intervenir
[17, 19, 20].
L'angioplastie est encore au stade expérimental. Selon
une revue Cochrane de 2007, les données sont difficiles à
interpréter du fait de l'hétérogénéité
des essais (patients,procédures endovasculaires, durées
de suivi différents).
Cinq essais ont dû être arrêtés précocement,
ce qui entraîne une surestimation des risques du traitement endovasculaire.
L'évaluation des différents critères ne permet pas
de substituer l'angioplastie carotidienne à l'endartériectomie
carotidienne, lorsqu'elle est recommandée [21].
Le traitement antiagrégant et celui des facteurs de risques
devront bien sûr être mis en oeuvre.
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Références
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Reviews 2007, Issue 4.
En résumé : les accidents ischémiques cérébraux
transitoires
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- Ils doivent être, comme les AVC mineurs, considérés
comme une urgence. À plus long terme, le risque est d'ordre
vasculaire général.
- Les antiagrégants plaquettaires sont efficaces et doivent
être prescrits « en urgence », de préférence
après imagerie si elle est possible rapidement. L'aspirine est
le produit de première intention, en principe entre 75 et 150 mg,
du fait de sa simplicité et de son coût minime ; le clopidogrel
étant une alternative à l'aspirine en cas d'intolérance
à cette dernière. La balance bénéfice-risque
des associations est discutée dans les AVC.
- L'endartériectomie carotidienne, si elle est indiquée,
doit être pratiquée le plus tôt possible après
un AIT ou un AVC mineur, avant 2 semaines. Le risque n'est pas augmenté
par un geste précoce chez un patient neurologiquement stable.
- Chez les patients symptomatiques, le degré de sténose
(> 70 % et même 50 %) reste la condition de l'indication chirurgicale.
Il n'y a pas de justification à éviter l'intervention
chez les gens âgés mais le bénéfice est plus
incertain chez la femme.
- Le risque périopératoire de l'endartériectomie
carotidienne peut en annuler le bénéfice s'il est supérieur
à 6 % chez les patients symptomatiques. Il est indispensable de
connaître les performances de l'équipe qui va intervenir.
- L'angioplastie est encore au stade expérimental et n'est
pas actuellement un traitement de substitution à l'endartériectomie
indiquée.
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