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Mesure de la pression artérielle : à interpréter ?


Publiée dans la revue : Médecine. Mars 2008. Volume 4Numéro 3,

Auteur(s) : Jean-Pierre Vallée, Anne-Marie Baqué-Gensac, Françoise Armangau-Turck, Gérard Bergua, Jean-Christian Grall

L'équipe suédoise a réalisé cette étude qualitative à partir des 12 heures d'enregistrements sonores de 51 consultations pour HTA de 11 médecins généralistes et internistes.

Ce sont surtout les valeurs tensionnelles limites qui prêtaient à discussion entre médecins et patients, qui, sauf quelques exceptions médicales, avaient tendance à les « expliquer » par le stress ou le manque de repos avant la mesure. La conséquence immédiate était une minoration des résultats dans ces cas et un retard dans la mise en route ou le changement du traitement. Le plus souvent, le médecin « dirigeait » la consultation : les patients, moins concernés par l'interprétation des chiffres, donnaient peu leur avis sur les traitements. Ils étaient attentifs à ne pas être trop « critiques » vis-à-vis de leur médecin et des traitements prescrits ; ce qui donnait à celui-ci le privilège d'avoir « raison », le patient s'opposant rarement à ses vues, que ce soit sur les chiffres tensionnels ou les options thérapeutiques. Au total, ces données renforcent des données antérieures sur le peu d'implication du patient en pareille circonstance dans la décision médicale, sans oublier cependant qu'il a le dernier mot une fois sorti du cabinet, seule garantie réelle de l'observance...

 


Svensson S, Linell P, Kjellgren KI. Making sense of blood pressure values in follow-up appointments for hypertension. Int J Cardiol. 2008;123:108-16.

Les questions que se pose la rédaction

* On ne peut reprocher aux médecins et patients une certaine « réticence » à prendre pour tels des chiffres limites : l'effet blouse blanche a été largement étudié...

* Ces consultations suédoises d'une durée moyenne de 15 min traduisent ce que sont encore beaucoup d'échanges médecin-patient sur un mode « paternaliste ».

* La mise en œuvre d'un véritable partage de la décision reste au cœur du problème dans de nombreux cas, notamment ceux des maladies chroniques : on ne peut espérer qu'un traitement astreignant et au long cours sera suivi (médicaments et modes de vie) par un patient non convaincu...

* Nous ne savons toujours pas jusqu'à quel point les interprétations faites durant la consultation affectent la suite... et en particulier l'observance thérapeutique. Il devrait être ­ relativement ­ plus facile d'agir sur la partie « médecin », puisqu'il « domine » dans cette étude la consultation (donc le respect des recommandations) que sur la partie « patient », dont le défaut semble expliquer bon nombre d'échecs du traitement de l'HTA. L'étude suédoise laisse dans l'ombre de nombreux paramètres. D'autres seront nécessaires.


 

 

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