L'équipe suédoise a réalisé cette étude
qualitative à partir des 12 heures d'enregistrements sonores de 51 consultations
pour HTA de 11 médecins généralistes et internistes.
Ce sont surtout les valeurs tensionnelles limites qui prêtaient à
discussion entre médecins et patients, qui, sauf quelques exceptions
médicales, avaient tendance à les « expliquer » par
le stress ou le manque de repos avant la mesure. La conséquence immédiate
était une minoration des résultats dans ces cas et un retard dans
la mise en route ou le changement du traitement. Le plus souvent, le médecin
« dirigeait » la consultation : les patients, moins concernés
par l'interprétation des chiffres, donnaient peu leur avis sur les traitements.
Ils étaient attentifs à ne pas être trop « critiques
» vis-à-vis de leur médecin et des traitements prescrits
; ce qui donnait à celui-ci le privilège d'avoir « raison
», le patient s'opposant rarement à ses vues, que ce soit sur les
chiffres tensionnels ou les options thérapeutiques. Au total, ces données
renforcent des données antérieures sur le peu d'implication du
patient en pareille circonstance dans la décision médicale, sans
oublier cependant qu'il a le dernier mot une fois sorti du cabinet, seule garantie
réelle de l'observance...
Svensson S, Linell P, Kjellgren KI. Making sense of blood pressure values
in follow-up appointments for hypertension. Int J Cardiol. 2008;123:108-16.
Les questions que se pose la rédaction
* On ne peut reprocher aux médecins et patients une certaine «
réticence » à prendre pour tels des chiffres limites : l'effet
blouse blanche a été largement étudié...
* Ces consultations suédoises d'une durée moyenne de 15 min
traduisent ce que sont encore beaucoup d'échanges médecin-patient
sur un mode « paternaliste ».
* La mise en uvre d'un véritable partage de la décision
reste au cur du problème dans de nombreux cas, notamment ceux des
maladies chroniques : on ne peut espérer qu'un traitement astreignant
et au long cours sera suivi (médicaments et modes de vie) par un patient
non convaincu...
* Nous ne savons toujours pas jusqu'à quel point les interprétations
faites durant la consultation affectent la suite... et en particulier l'observance
thérapeutique. Il devrait être relativement plus
facile d'agir sur la partie « médecin », puisqu'il « domine
» dans cette étude la consultation (donc le respect des recommandations)
que sur la partie « patient », dont le défaut semble expliquer
bon nombre d'échecs du traitement de l'HTA. L'étude suédoise
laisse dans l'ombre de nombreux paramètres. D'autres seront nécessaires.
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