Les données des 24 études épidémiologiques de la
méta-analyse concernent plus de 50 000 femmes de différentes nationalités
(France exclue), dont 16000 ont eu un cancer du col. Le risque relatif de cancer
du col invasif chez les utilisatrices actuelles, après 5 ans de contraception
orale, était de 1,9 (1,69- 2,13) par rapport aux non-utilisatrices. Il
diminuait à l'arrêt du contraceptif, revenant après 10 ans
d'interruption au même niveau que celui des femmes qui n'en avaient jamais
utilisé. Le même schéma valait pour le risque de cancer
invasif ou de cancer in situ. Les auteurs ont évalué que 10 ans
d'utilisation des contraceptifs oraux entre 20 et 30 ans faisaient passer l'incidence
cumulative de cancer du col invasif à l´âge de 50 ans de 7,3
à 8,3 pour 1 000 dans les pays en voie de développement et de
3,8 à 4,5 pour 1 000 dans les pays développés.
International Collaboration of Epidemiological Studies of Cervical Cancer.
Cervical cancer and hormonal contraceptives: collaborative reanalysis of individual
data for 16573 women with cervical cancer and 35509 women without cervical
cancer from 24 epidemiological studies. Lancet. 2007;370:1609-21.
Sasieni P. Cervical cancer prevention and hormonal contraception. Lancet.
2007;370:1591-2.
Commentaires de la rédaction !
* On peut souligner, comme l'éditorial qui accompagne l'article, que
le cancer du col est avant tout le résultat d'une infection à
HPV. Le fait qu'existe une contraception orale ne va habituellement pas de pair
avec une protection par préservatif...
* Il y a plus d'inconnues sur le rôle des hormones exogènes sur
le développement du virus. Mais les données de la méta-analyse
permettent de rassurer celles qui craindraient la contraception orale du fait
du risque de cancer du col.
* Bien que ce risque soit épidémiologiquement faible, il n'est
jamais négligeable à l'échelon individuel. La nécessité
d'une surveillance régulière du col par frottis est confirmée
une fois de plus.
|