Le RCGP anglais publie les résultats à long terme du suivi d'une
cohorte de près de 50 000 femmes incluses en 1968-69 (Royal College of
General Practitionners´ Oral Contraception Study). L'étude a comparé
au final 339 000 années-femmes (non utilisatrices) et 747 000 années-femmes
(utilisatrices). Dans le groupe utilisatrices, les taux de cancers toutes localisations
étaient significativement inférieurs (RR : 0,88 ; 0,83-0,94),
notamment pour les principaux cancers gynécologiques (réduction
du risque relatif combiné de 29 %), le bénéfice étant
d'autant plus important que les femmes étaient plus âgées.
Cependant, dans l'un des sous-groupes de la cohorte, on constatait un accroissement
significatif du risque des cancers du col de l'utérus et du système
nerveux central, et une diminution du risque de cancers du corps utérin
et de l'ovaire en même temps que la prolongation de la durée de
la contraception. Au total, la réduction absolue du risque de cancer
toutes causes était évaluée à 45 (cohorte complète)
ou 10 (sous-groupe ci-dessus) pour 100 000 années-femmes, avec un effet
maximum dans la classe d'âge 40-60 ans.
Hannaford PC, Selvaraj S, Elliott AM, Angus V, Iversen L, Lee AJ. Cancer
risk among users of oral contraceptives: cohort data from the Royal College
of General Practitionners´ Oral Contraception Study. BMJ. 2007;335:651-8.
Meirik O et Farley TMM. Risk of cancer and the oral contraceptive pill (editorial).
BMJ. 2007;335:621-2.
Commentaires de la rédaction
* Plus de 300 millions de femmes ont maintenant utilisé la pilule pendant
des périodes prolongées. Cette étude de cohorte à
long terme, unique en son genre comme le souligne l'éditorial, est rassurante
sur le risque de cancer associé.
* Le centre international de lutte contre le cancer (CIRC) classait en 2005
la contraception estroprogestative, au vu des résultats d'une soixantaine
d'études (60 000 femmes) comme produit cancérogène de groupe
1 : augmentation du risque de cancer du sein (légère augmentation
qui semble disparaître 10 ans après la fin de l'utilisation), du
cancer du col utérin (qui augmente avec la durée d'utilisation),
du carcinome hépatocellulaire (accru chez les utilisatrices à
long terme dans les populations où hépatite B et maladies hépatiques
chroniques de faible prévalence) et à l'inverse, diminution du
risque de cancers de l'endomètre et de l'ovaire.
* Cette grande étude de cohorte va plutôt à l'encontre
de ces données. Mais les auteurs concluent prudemment que cette balance
bénéfices/risques favorable n'est peut être pas la même
dans des pays aux conditions sanitaires - et notamment en ce qui concerne les
dépistages ne sont pas comparables.
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