ARTICLE
Maladies construites
Le travail du médecin interniste consultant consiste à dérouler
l'écheveau et à tenter de donner sens à l'histoire clinique,
en sériant et hiérarchisant les problèmes, en revenant
aux symptômes initiaux, en pondérant et relativisant le résultat
des examens complémentaires, et en mettant à jour les inquiétudes
qui n'ont pas manqué d'apparaître lors des contacts avec le système
de soins, inquiétudes qui occupent parfois le devant de la scène
au détriment des symptômes eux-mêmes. C'est donc à
une véritable « déconstruction » de certaines situations
médicales complexes que se livre le consultant. À partir de quelques
exemples plus ou moins banals, nous nous proposons de réfléchir
à cette question de la « construction » de la maladie, concept
finalement lui-même complexe que nous nous attacherons à préciser
de façon plus théorique dans un second temps.
Observation 1
Cas clinique
Cette jeune femme née en 1969, deux enfants, professeur, a des antécédents
médicaux assez lourds avec péritonite appendiculaire à
l'âge de 16 ans, ulcère de l'estomac, carcinomes basocellulaires,
pneumopathie, fractures de côtes. Elle présente fin 2005 une asthénie
inhabituelle justifiant un bilan biologique qui met en évidence un syndrome
inflammatoire (CRP = 90 mg/L) en l'absence de signes d'infection. Alors que
le syndrome inflammatoire disparaît, la fatigue persiste, accompagnée
de douleurs diverses non spécifiques. L'asthénie apparaît
dès le réveil, les activités sont considérablement
réduites, et l'inquiétude est importante, d'où plusieurs
consultations médicales. De nombreux examens biologiques, à la
recherche d'une infection, d'un rhumatisme inflammatoire ou de troubles endocriniens,
s'avèrent négatifs. Cette jeune femme inquiète d'une possible
sclérose en plaques réussit à convaincre son médecin
traitant de lui prescrire une IRM encéphalique.
Celle-ci est normale en ce qui concerne la substance blanche, mais révèle
un adénome hypophysaire infracentimétrique. Un nouveau bilan endocrinien
exclut toute insuffisance hypophysaire, un neurochirurgien récuse l'indication
opératoire, mais la patiente reste dévorée d'anxiété
quant à sa santé, et convaincue que l'anomalie hypophysaire explique
sa fatigue.
Commentaires
Le diagnostic le plus probable est celui d'asthénie post-infectieuse,
renforcée par un état anxieux avec craintes hypocondriaques, ainsi
que par un déconditionnement musculaire marqué. À près
d'un an d'évolution on ne retient aucun signe clinique de maladie inflammatoire
et la biologie demeure négative. On est ici dans une classique situation
d'examens complémentaires « en cascade » aux effets iatrogènes
: un examen destiné à « rassurer » permet de découvrir
une anomalie fortuite sans lien avec les symptômes initiaux, qui majore
l'inquiétude et justifie de nouveaux examens... La croyance que rien
ne pourra s'améliorer tant qu'une cause organique aux symptômes
ne sera pas identifiée s'en trouve renforcée. La réassurance
réelle ne pourra passer que par l'arrêt des investigations [1].
Observation 2
Cas clinique
Une jeune femme de 42 ans, deux enfants, responsable d'une plateforme téléphonique,
n'a pas d'antécédent particulier. Elle constate l'apparition d'une
petite tâche pigmentée de l'hypochondre droit, biopsiée
par un dermatologue qui retient le diagnostic de sclérodermie localisée
(morphée). Dans ce contexte, des anticorps antinucléaires sont
demandés, qui reviennent positifs (1/160) sans autre anomalie biologique.
La patiente ne se plaint de rien, mais s'inquiète de l'envoi en consultation
de médecine interne avec le diagnostic de sclérodermie systémique...
Commentaires
Ici c'est la méconnaissance par les médecins de la « maladie
» sous-jacente qui est en cause dans sa « construction ». Les
morphées n'évoluent pas, sauf exception, vers une sclérodermie
; et la présence d'anticorps antinucléaires à taux faible
en l'absence de symptômes n'indique pas la présence d'une connectivite.
Observation 3
Cas clinique
Une femme de 59 ans, agricultrice, trois enfants, n'a pas d'antécédents
personnels notables en dehors d'une hystérectomie sans conservation ovarienne
pour fibrome. En revanche, elle signale que sa soeur, atteinte d'une polyarthrite
rhumatoïde, est décédée d'une embolie pulmonaire en
période post-opératoire. Elle présente lors d'un lever
nocturne une perte de connaissance brève, précédée
d'une sensation lipothymique, très évocatrice d'une syncope vasovagale,
d'autant que l'interrogatoire retrouve des épisodes de syncopes antérieurs,
depuis l'enfance, à l'occasion d'offices religieux.
En raison de la perte de connaissance, elle est amenée au service d'urgences,
et signale à cette occasion les antécédents thromboemboliques
familiaux. Malgré l'absence de toute symptomatologie patente d'embolie
pulmonaire, un angioscanner est demandé, normal à l'étage
thoracique, mais qui révèle sur les quelques coupes abdominales
une surrénale gauche anormale. Un dosage de cortisol réalisé
dans les suites s'avère élevé... En fait, il n'existe aucun
signe clinique d'hypercorticisme, encore moins de phéochromocytome. Cependant,
le test à la dexaméthasone demandé par le médecin
traitant indique l'absence de freination... mais l'interrogatoire révèle
que la patiente n'a pris qu'un comprimé de Dectancyl® (au lieu de
deux) et à 20 heures (au lieu de minuit), rendant ce test sans valeur.
Le réexamen du scanner surrénalien montre effectivement une surrénale
gauche légèrement augmentée de taille, non suspecte.
Commentaires
Il s'agit comme dans l'observation 1 d'un « incidentalome » endocrinien,
découvert à l'occasion d'un examen radiologique prescrit pour
une raison discutable, alors que le diagnostic clinique du malaise était
possible. Une hospitalisation en urgence entraîne nécessairement
la réalisation d'examens destinés à « éliminer
» une pathologie grave, et la simple évocation d'un antécédent
familial de maladie thromboembolique peut alors justifier la recherche d'une
embolie pulmonaire. Les incidentalomes (ou « fortuitomes ») sont particulièrement
fréquents sur les glandes surrénales et peuvent poser des problèmes
difficiles [2]. La réalisation fantaisiste d'un test endocrinien a ajouté
à la confusion, renforçant fallacieusement l'idée d'une
pathologie endocrinienne grave.
Observation 4
Cas clinique
Une jeune fille née en 1985 a présenté à l'âge
de 14 ans une urticaire géante, accompagnée d'oedème de
Quincke et possiblement de choc anaphylactique. Elle prend depuis des antihistaminiques
de façon continue. Elle se plaint de douleurs abdominales spasmodiques
qui ont dans le contexte fait discuter une allergie alimentaire, sans argument
objectif probant, et une maladie coeliaque, alors que les biopsies duodénales
sont normales et les anticorps spécifiques négatifs. L'allergologue
consulté a cependant prescrit un régime d'éviction du gluten,
qui semble avoir amélioré la situation. Cette jeune femme consulte
pour la répétition de ce qu'elle et son médecin considèrent
comme des « oedèmes laryngés », mais un interrogatoire
précis permet de faire le diagnostic d'attaques de panique typiques,
compliquées d'agoraphobie invalidante (trouble panique avec agoraphobie).
Il n'y a pas d'argument clinique ou biologique pour des angio-oedèmes
liés au système du complément, ou au système des
kinines. La patiente admet volontiers que le problème principal est celui
de la maladie anxieuse, mais elle est très réticente à
abandonner le régime d'exclusion du gluten et les antihistaminiques.
Sous paroxétine, et grâce à une approche cognitiviste, elle
s'améliorera toutefois considérablement.
Commentaires
Le diagnostic d'allergie, s'il n'est pas assis sur des arguments solides (ce
qui n'est pas toujours possible), est potentiellement iatrogène. L'approche
allergologique et les maladies anxieuses ont des caractéristiques phénoménologiques
et comportementales communes (en particulier l'adoption ou la prescription
de stratégies d'évitement, qui renforcent les craintes
et l'hypervigilance aux symptômes). Dans les deux cas, un véritable
système de croyance va se mettre en place et biaiser l'interprétation
des événements et des symptômes. La remise en cause de ce
système est souvent très mal vécue par les patients, et
la mobilisation d'hypothèses alternatives s'avère particulièrement
difficile.
Discussion
Le terme de « construction sociale » est ambigu et quelque peu galvaudé
[3]. Il peut cependant s'appliquer à la médecine de façon
utile. On doit distinguer deux situations distinctes (mais liées) de
« construction » de la maladie. Dans un premier cas, il s'agit de
la construction des catégories diagnostiques ; dans le second, de la
construction quotidienne des situations pathologiques plus ou moins complexes
qui sont l'objet de la consultation médicale.
Construction sociale des catégories diagnostiques
Dire qu'une catégorie diagnostique est « socialement construite
» n'est pas nier la réalité des symptômes, mais c'est
affirmer que les théories médicales, une fois qu'elles ont diffusé
dans le public, modifient la perception des symptômes et le cours de la
maladie, et qu'en retour, les théories médicales sont influencées
par les idéologies en vigueur à un moment (historique et socioculturel)
donné [4]. L'idée que les catégories diagnostiques peuvent
être « socialement construites » découle de la perspective
constructiviste des sciences, qui considère que la science ne fait pas
que « découvrir » une réalité déjà
existante, mais contribue à « construire » son objet.
Ainsi, la description d'une nouvelle catégorie diagnostique (une nouvelle
« maladie ») ne correspond pas à la « découverte
» d'une entité « naturelle » (ontologique) qui aurait
existé de tout temps (et en dehors de l'expérience des malades)
: c'est opérer un redécoupage de la réalité, qui
s'appuie sur des théories physiopathologiques (qu'on sait mouvantes et
sujettes à des phénomènes de mode, ou au moins aux artefacts
du financement de la recherche), et sur des outils diagnostiques (qui sont aussi
marqués par leur historicité).
La description scientifique d'une entité diagnostique ne suffit d'ailleurs
pas pour asseoir sa pertinence sociale : il faut encore que cette catégorie
diffuse dans le milieu médical, puis dans le grand public. Son succès
dépend de la « réceptivité » de la société
aux concepts, hypothèses et mécanismes sous-jacents à sa
construction. Le regard porté par les médecins sur les malades
s'en trouve changé : certains symptômes deviennent signifiants,
d'autres perdent toute pertinence. Le patient lui-même est sommé
de faire un tri dans son expérience de la maladie, lors de son interaction
avec le système de soins. C'est ainsi que la société donne
forme à l'expression de la maladie, la rend reconnaissable, classable,
et donc traitable.
Les idéologies sociales en vogue dans une société et
à une période historique donnée contribuent au succès
ou à l'échec des catégories, et à leur remise en
question. Le concept de « neurasthénie » est indissociable
des évolutions de la société américaine du XIXe
siècle et de métaphores énergétiques issues de la
science thermodynamique de l'époque [5]. Le concept psychiatrique de
« dépression », autrefois marginal, s'est mis à enfler
après la découverte de psychotropes baptisés ensuite, pour
le meilleur et pour le pire, « antidépresseurs » [6-7]. L'industrie
pharmaceutique contribue désormais largement, non seulement à
la redéfinition de catégories médicales par la réponse
de symptômes aux médications, mais aussi à la diffusion
de ces catégories dans le public, à leur « popularisation
» [8]. Le « syndrome de stress post-traumatique » ne correspond
pas seulement aux anciennes « névroses de guerre », mais s'est
construit dans la culpabilité de l'Amérique du post-Vietnam [9]
et prend une place dans la nosologie psychiatrique d'autant plus importante
que l'idéologie sociale de la « victimisation » devient prévalente
[10]. Les exemples de ces constructions sociales de catégories diagnostiques
sont innombrables, et ne se limitent pas aux troubles psychiatriques ou aux
syndromes fonctionnels : des phénomènes de même type ont
été mis en évidence pour la maladie coronarienne, par exemple,
ou les maladies infectieuses comme la maladie de Lyme [11]. Lorsqu'une catégorie
médicale diffuse dans la société, elle fournit une «
étiquette » qui va modifier l'expérience des malades, en
conférant, par exemple, une idée sur le pronostic de leur condition,
ou sur la bonne façon de la traiter. Les catégories contestées,
comme la fibromyalgie ou le syndrome de fatigue chronique, entraînent
des conflits entre les patients et le système de soins, centrés
autour de la question de la « légitimité » des symptômes
[4, 12]. Des expressions pathologiques prévalentes il y a encore vingt
ans (les crises de tétanie de la « spasmophilie ») disparaissent
et sont remplacées par des symptômes qui bien qu'ambigus et encore
« suspects » pour les médecins, sont moins stigmatisés
(la fatigue chronique, les douleurs diffuses) [13].
Construction des situations pathologiques individuelles
Les observations citées plus haut montrent que, dans chaque cas individuel,
l'interaction des malades et de leurs symptômes avec le système
de soins a contribué à « construire » une situation
pathologique s'avérant difficile à démêler, et pouvant
contribuer à une invalidité significative. La rencontre de la
plainte du malade et de la volonté légitime du médecin
d'établir un diagnostic comme préalable à toute action
thérapeutique, est source de multiples malentendus, et peut aboutir à
la création d'étiquettes diagnostiques « collantes »,
dont il est ultérieurement difficile de se débarrasser.
L'une des questions qui se posent dans ce contexte est celle des limites entre
le normal et le pathologique, ou plutôt, entre ce qui devrait ou non relever
de la médecine, démarcation éminemment mouvante selon le
degré de médicalisation de la société [14]. Certains
auteurs parlent de « non-maladies » pour décrire des «
phénomènes humains que certains ont défini comme des états
médicaux, mais dont ceux qui en sont atteints pourraient trouver une
meilleure solution si le problème ou le phénomène n'était
pas défini de cette façon » [15]. Mais des « non-maladies
» émergent aussi d'erreurs d'interprétation ou de raisonnement
médical. Hart [16] a proposé une classification de ces «
non-maladies » : non-maladies anatomiques (variante anatomique) ; non-maladies
cliniques ou de laboratoire (évocation d'un diagnostic devant des symptômes
et/ou des anomalies de laboratoire artificiellement rapprochés, comme
celui de « spondylarthrite ankylosante » devant des lombalgies banales
associées à la présence d'antigène HLA B27) ; non-maladies
d'imagerie (incidentalomes, déjà évoqués plus haut)
; non-maladies pharmacologiques (pseudo-effet secondaire d'un médicament,
dont on connaît des exemples récents [17]) ; et non-maladies psychiatriques
(érection d'une émotion ou d'une détresse humaine «
normale » en pathologie mentale).
Dans les situations médicales complexes, par exemple celle de la douleur
chronique, de nombreux facteurs sociaux sont en jeu, contribuant à «
construire » une situation de détresse globale souvent « camouflée
» derrière un diagnostic médical [18]. On peut citer : a)
la dimension socio-économique (précarité, perte de statut
social, et absence de reconnaissance sociale) ; b) la dimension socio-médicale
(qui résulte de l'interaction problématique du douloureux chronique
avec les organismes de Sécurité sociale : les démarches
complexes nécessaires, le fonctionnement opaque des institutions, les
termes abscons ou trompeurs de la législation comme celui de « consolidation
» d'un accident du travail, qui sont souvent considérés comme
périphériques par les médecins, car hors de leurs compétences
pour la plupart, mais deviennent parfois centraux. Lorsque la douleur n'a pas
d'explication médicale satisfaisante, l'interaction avec les médecins-conseil
ou médecins experts est un évident facteur de renforcement du
comportement douloureux : comment aller mieux si l'on doit prouver que l'on
est malade ? [19]) ; c) la dimension socio-morale, qui découle des représentations
culturelles de la douleur faisant de la douleur non explicable par une lésion
organique une douleur « imaginaire » et de la personne en souffrant
un « coupable » potentiel. Ces dimensions sociales sont largement
occultées dans la prise en charge des douloureux chroniques, y compris
dans les centres de la douleur. Fait significatif, elles sont parfois «
maquillées » en dimensions psychologiques individuelles, conduisant
à une psychiatrisation des problèmes sociaux.
Conclusion
L'idée que nombre de maladies sont « construites », au niveau
de la société par l'interaction des représentations sociales
et de la science médicale, et au niveau de la rencontre médecin-malade,
par l'interaction des symptômes des patients et de leur interprétation
médicale, permet au médecin de prendre du recul sur ses catégories
diagnostiques, et de se rappeler que, comme l'écrivait Norbert Bensaïd,
ce n'est que par « violence et artifice », en étant «
séparée du vécu dans lequel elle s'enferme », que
la plainte du malade devient une « maladie », une « chose parfaitement
définie et circonscrite » [20]. Nommer une maladie, c'est souvent,
comme le disait Roland Barthes, « apaiser », mais c'est aussi parfois
enfermer un patient dans des représentations inquiétantes et un
rôle de malade, une forme de iatrogenèse sociale qui s'ajoute à
la iatrogénie médicamenteuse ou chirurgicale, et à celle
des investigations complémentaires.
Déclaration d'intérêt
Les deux auteurs sont internistes dans le service de médecine interne,
Hôpital Nord 42055 Saint-Étienne Cedex 2.
Conflits
d'intérêts financiers : néant.
Références
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fonctionnels et somatisation. Comment aborder les symptômes médicalement
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inapparent adrenal mass (« incidentaloma »). Ann Intern Med. 2003;138:424-9.
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de quoi ? Paris; La Découverte: 2001.
- Cathébras P. Qu'est-ce qu'une maladie ? Rev Méd Interne.
1997;18:809-13.
- Cathébras P. Du « burn out » au « syndrome des yuppies
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1991;9:65-94.
- Ehrenberg A. La fatigue d'être soi. Dépression et société.
Paris; Odile Jacob: 1998.
- Pignarre P. Comment la dépression est devenue une épidémie.
Paris; La Découverte: 2001.
- Cathébras P. Le docteur Knock habite à Wall Street. Les nouvelles
cibles de l'industrie pharmaceutique. Rev Méd Interne. 2003;24:238-41.
- Young A. The harmony of illusions. Inventing post-traumatic stress disorder.
Princeton; Princeton University Press: 1995.
- Erner G. La société des victimes. Paris; La Découverte:
2006.
- Aronowitz AR. Making sense of illness. Science, society, and disease. Cambridge;
Cambridge University Press: 1998.
- Cathébras P. La fibromyalgie doit-elle passer le siècle ?
Rev Méd Interne. 2000;21:577-9.
- Shorter E. From paralysis to fatigue. A history of psychosomatic illness
in the modern era. New York; Free Press: 1992.
- Aïach P, Delanoë D (eds). L'ère de la médicalisation.
Ecce homo sanitas. Paris; Economica: 1998.
- Smith R. In search of « non-disease ». BMJ. 2002;324:883-5.
- Hart FD. The importance of non-disease. Practitionner. 1973;211:193-6.
- Papo T. Myofasciite à macrophages : paradigme de nouvelle maladie
? Rev Méd Interne. 2005;26:175-8.
- Cathébras P. La douleur chronique comme construction sociale. Courrier
de l'algologie. 2003;2:144-9.
- Hadler NM. « If you have to prove you are ill, you can't get well
»: the object lesson of fibromyalgia. Spine. 1996;21:2397-400.
- Bensaid N. La construction du fait médical. Psychologie Médicale.
1976;8:709-15.
En résumé : Les maladies construites
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Le terme de « construction sociale », bien qu'ambigu
et quelque peu galvaudé peut cependant s'appliquer à la
médecine dans deux situations distinctes (mais liées) :
catégories diagnostiques et situations pathologiques plus ou moins
complexes.
Ce n'est pas nier la réalité des symptômes,
mais affirmer que les théories médicales modifient la perception
des symptômes et le cours de la maladie, et sont influencées
par les idéologies en vigueur à un moment.
Nommer une maladie, c'est souvent « apaiser », mais
parfois enfermer un patient dans des représentations inquiétantes
et un rôle de malade, une forme de iatrogenèse sociale qui
s'ajoute à la iatrogénie médicamenteuse ou chirurgicale,
et à celle des investigations complémentaires.
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