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Gadolinium : risque de fibrose systémique néphrogénique
Ces derniers mois, plusieurs autorités sanitaires ont attiré
l'attention sur le risque de fibrose systémique néphrogénique
lié à l'administration, pour une IRM, de certains agents de contraste
contenant du gadolinium [1-4].
Cette fibrose, aussi appelée dermopathie fibrosante néphrogénique,
est une maladie de système caractérisée par l'apparition
d'une fibrose cutanée. La peau s'épaissit et devient dure (biopsie
cutanée spécifique) pouvant entraîner contractures et limitation
de la mobilité articulaire [5]. La fibrose peut s'étendre aux
muscles et à d'autres organes comme les poumons, le foie et le coeur.
L'aggravation peut être rapide et l'évolution mortelle.
Cette nouvelle maladie a été identifiée en 1997. Elle
n'apparaît que chez des patients atteints de maladie rénale, le
plus souvent des patients en insuffisance rénale sévère
ou terminale en hémodialyse. La pathogénie en est inconnue. Aucun
traitement n'a fait la preuve de son efficacité.
Depuis début 2006, les notifications de fibrose systémique néphrogénique
survenue quelques jours ou semaines après l'administration d'agents de
contraste contenant du galodinium se sont accumulées. En France, les
laboratoires Schering signalent avoir reçu 78 notifications de patients
ayant développé une fibrose systémique néphrogénique
après administration de Magnevist® [4]. Chez 27 patients (dont 25
en hémodialyse), le lien de causalité a été considéré
comme possible. Une étude cas-témoin suggère que la dose
cumulée de gadolinium est un facteur de risque et de gravité et
que les cas sévères s'observent chez les patients hémodialysés
[6].
Tous les agents de contraste contenant du galodinium n'exposent pas au même
risque de fibrose systémique néphrogénique. En France,
Magnevist® qui fait partie comme Omniscan® des produits impliqués
est désormais contre-indiqué dans l'insuffisance rénale
avec clairance de la créatinine inférieure à 30 mL/mn.
Selon l'agence de santé canadienne, plusieurs questions restent actuellement
sans réponse sur cette « nouvelle » pathologie [1], et en particulier
: y a-t-il d'autres populations de patients à risque de fibrose systémique
néphrogénique (par exemple les nouveau-nés) ? Le risque
varie-t-il en fonction de la nature du trouble rénal sous-jacent ? Quel
est le rôle de la dialyse dans la prévention et le traitement de
la FSN ?
Références
- Kalajdzic T. Agents de contraste contenant du galodinium et fibrose systémique
néphrogénique : mise à jour. Bulletin canadien des effets
indésirables. 2007;17(4):1-2 sur www.hc-sc.gc.ca
- Gadolinium-based contrast agents for magnetic resonance imaging. FDA alert
du 23/5/2007 sur www.fda.gov.
- Gadolinium-containing MRI contrast agents: nephrogenic systemic fibrosis.
Drug safety update 2007;1 (1):2-3 sur www.mhra.gov.uk.
- Magnevist et fibrose systémique néphrogénique. Courrier
de juin 2007 sur www.afssaps.sante.fr.
- Grobner T. Gadolinium- a specific trigger for the development of nephrogenic
systemic dermopathy and nephrogenic systemic fibrosis? Nephrol Dial Transplant
2006:21:1104-8.
- Marckmann P, Skov L, Rossen K, et al. Case-control study of gadodiamide-related
nephrogenic systemic fibrosis. Nephrol Dial Transplant. 2007;22:3174-8.
Statines et maladies musculaires
Les statines peuvent-elles contribuer à révéler des maladies
musculaires chroniques, inflammatoires (dermatomyosites, polymyosites) ou génétiquement
déterminées ? Une étude rétrospective menée
au CHU de Toulouse [1] a montré que le risque de maladie musculaire était
plus élevé chez les consommateurs réguliers de statine
que celui attendu dans la population générale de même âge.
Le risque de maladie musculaire chronique se majorait significativement avec
la co-prescription d'inhibiteurs de la pompe à proton (IPP). Raison de
plus pour peser très soigneusement les bénéfices attendus
et les risques avant la mise en route de ces médicaments.
Référence
- Sailler L. Maladies musculaires chroniques révélées
par les statines : existe t-il un lien de causalité ? BIP. 2007;14(3):21.
Sur www.bip31.fr
Coxibs, encore...
Une méta-analyse anglaise de 55 essais cliniques (plus de 99 000 patients)
a quantifié le risque relatif d'infarctus du myocarde sous coxib par
rapport au placebo et aux autres AINS. Ce risque relatif est respectivement
de 1,46 (IC 95 % 1,02-2,09) et de 1,45 (IC 95 % 1,09-1,93). Il n'existe pas
de différence entre les différents coxibs (rofécoxib, étoricoxib,
valdecoxib, lumiracoxib, non commercialisés en France, ou celecoxib,
commercialisé en France sous le nom de Celebrex® [1]).
On peut rappeler que la commission de transparence avait rétrogradé
l'ASMR du Celebrex® de niveau IV (mineure) au niveau V (absence). Après
appel des laboratoires Pfizer, elle a confirmé cette absence d'amélioration
du service médical rendu lors de sa réunion du 9 mai dernier [2].
Références
- Montastruc JL. Qu'en est-il vraiment du risque cardiovasculaire sous coxib
? BIP. 2007;14(3):22. Sur www.bip31.fr
- Commission de transparence. Réunion du 9 mai 2007. Sur www.has-sante.fr
Rimonabant
La FDA américaine (Division of Metabolism and Endocrinology Products,
DMEP) a réexaminé les données concernant le rimonabant
(Acomplia®), anorexigène antagoniste compétitif des récepteurs
cannabinoïdes CB1 (présents dans le cerveau mais aussi au niveau
du foie, muscle, tractus intestinal, cellules immunocompétentes...).
Elle conclut dans son rapport du 13 juin dernier [1] que le rimonabant est
efficace à 20 mg/j (mais pas à 5 mg) pour aider à la perte
de poids, mais que les données disponibles sont insuffisantes pour le
recommander dans des indications spécifiques de première intention
dans le diabète de type 2, les dyslipidémies, ou le syndrome métabolique.
L'Agence souligne notamment le risque d'effets indésirables psychiatriques
(troubles de l'humeur, avec états dépressifs et risque suicidaire),
et neurologiques (comitialité). Selon la méta-analyse faite dans
ce dossier, le risque suicidaire avec le rimonabant 20 mg a été
doublé par rapport au placebo (rapport de cotes RC = 2,0 ; 1,2-3,4).
Il en était de même pour les complications neurologiques. Le risque
semble encore plus élevé chez les fumeurs
En France, le rimonabant a pour indications « Traitement des patients
obèses (IMC 6 30 kg/m2), ou en surpoids (IMC > 27 kg/m2) avec facteurs
de risque associés, tels que diabète de type 2 ou dyslipidémie,
en association au régime et à l'activité physique ».
Il est remboursé à 35 % uniquement en association au traitement
antidiabétique oral chez les diabétiques obèses insuffisamment
contrôlés par le traitement. Il est contre-indiqué chez
les patients dépressifs traités ou non et en cas d'antécédents
dépressifs ou suicidaires. La recherche de ces symptômes psychiatriques
doit être régulière chez les patients traités par
ce médicament. La dernière mise au point de la HAS [2] souligne
que le SMR est modéré et l'ASMR mineure, et que le rapport bénéfices/risques
du médicament n'a pas été évalué au-delà
de 24 mois.
Le moins que l'on puisse recommander est la plus extrême « prudence
avec ce médicament pour lequel on ne dispose ni d'un recul suffisant
(seuls 400 malades ont été, à ce jour, traités plus
de 24 mois), ni d'étude de morbimortalité (seul critère
important pour justifier la prescription d'un tel produit) » [3].
Références
- http://www.fda.gov/ohrms/dockets/ac/07/briefing/2007-4306b1-fda-backgrounder.pdf
- HAS. Quelle place pour le rimonabant (Acomplia®) dans l'obésité
ou le surpoids ? Sur www.has-sante.fr
- Montastruc JL. Pourquoi la FDA a refusé le rimonabant (Acomplia®)
? BIP. 2007;14(3):18. Sur www.bip31.fr
Médicaments : attention, contrefaçon !
L'Ordre national des pharmaciens et l'Afssaps, suivant les recommandations
de l'OMS et du Conseil de l'Europe, informent des dangers et risques du trafic
de médicaments contrefaits. Si à ce jour, aucun cas n'a été
notifié en France, les douanes françaises interceptent des colis
de ces faux médicaments en transit. Au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en
République Tchèque, des cas ont été découverts
dans le réseau de distribution des médicaments. « La seule
garantie apportée par les sites Internet, c'est que le compte bancaire
de l'acheteur sera débité », souligne Jean Parrot, président
du conseil de l'Ordre des pharmaciens. Les 72 000 pharmaciens exerçant
sur le territoire français ont reçu, le 18 mai, un guide élaboré
conjointement par l'Ordre et l'Afssaps qui fournit aux pharmacies d'officine
cinq repères pour agir :
Comment reconnaître une contrefaçon ?
Quel est son rôle de professionnel ?
Où trouver les outils nécessaires pour s'informer ?
Quelle procédure suivre pour un produit suspect ?
Quelle est la réglementation applicable ?
Les pharmaciens d'officine sont aussi invités par l'Ordre à
commander (gratuitement) au Comité d'éducation sanitaire et social
de la pharmacie française (Cespharm) des dépliants d'information
à destination des patients, les mettant en garde contre les risques d'achat
de médicaments sur Internet et les incitant à solliciter l'avis
de leur pharmacien ou de leur médecin en cas de doute.
Référence
- www.afssaps.fr 22 mai 2007
Ranélate de strontium et DRESS
L'Agence européenne du médicament (EMEA) et l'Agence française
de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) ont
modifié fin novembre 2007 les recommandations concernant le ranélate
de strontium (Protelos®) commercialisé en France par les laboratoires
Servier depuis janvier 2006. Ce médicament est prescrit annuellement
dans le traitement de l'ostéoporose post-ménopausique pour réduire
le risque de fractures osseuses à environ à 570 000 patients/an
dans l'Union européenne (l'AMM européenne date de 2004).
Depuis sa commercialisation, 16 cas (dont 13 en France) de réactions
allergiques graves (DRESS : Drug Rash with Eosinophilia and Systemic Symptoms),
entraînant l'atteinte d'un ou plusieurs organes, notamment le foie et
le rein, ont été rapportés. Les symptômes sont apparus
dans les 3 à 6 semaines après le début du traitement sous
la forme d'une éruption cutanée souvent accompagnée de
fièvre, d'une augmentation du volume des ganglions avec augmentation
du nombre de globules blancs, et d'effets sur les poumons, le foie, ou les reins.
Dans 14 de ces cas, l'évolution a été favorable sous corticothérapie
après l'arrêt du Protelos®, mais il y a eu deux décès.
Dans ce contexte, L'EMEA et l'Afssaps demandent aux patients traités
par Protelos® d'arrêter immédiatement et définitivement
leur traitement en cas de survenue d'une éruption cutanée et de
consulter rapidement un médecin. Tout effet indésirable grave
ou inattendu doit être signalé aux centres régionaux de
pharmacovigilance.
Références
- Afssaps. Protelos® (ranélate de strontium). Nouvelles recommandations
en raison du risque de réactions allergiques graves. Communiqué
de presse du 27 novembre 2007.
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