ARTICLE
Il est essentiel de définir, parmi les PAS, PAD ou PP, quel est le meilleur
indice du risque cardiovasculaire chez la personne vieillissante. Pour y répondre,
il faut prendre en considération le fait qu'avec l'âge, on assiste
à une augmentation progressive de la rigidité artérielle
qui entraîne une augmentation de la PAS, une diminution de la PAD et donc
une augmentation de la différence systolo-diastolique, la PP. L'augmentation
de la rigidité des gros troncs artériels entraîne aussi
une perte du gradient entre la pression centrale et la pression périphérique,
les pressions centrales systolique et pulsée augmentant de manière
très prononcée [1, 8]. Les recommandations de 2003 de la Société
Internationale de l'HTA et de l'OMS sur la prise en charge de l'HTA [9] ont
suggéré pour la première fois que la PP pourrait être
un facteur de risque indépendant, et que des études thérapeutiques
devraient être réalisées pour évaluer les bénéfices
de la réduction de la PP en termes de morbidité et mortalité
cardiovasculaires. Le rôle pronostique de la pression pulsée a
été évalué dans plusieurs essais thérapeutiques
chez la personne âgée.
Niveau de PP et risque cardiovasculaire
Notre groupe de recherche a étudié le rôle de la PP dans
une large cohorte d'environ 20 000 hommes de 40 à 70 ans résidant
dans la région parisienne et ayant bénéficié d'un
bilan de santé au centre d'investigations préventives et cliniques
(IPC) pendant les années 1972-1977 [3, 10]. Les données de mortalité
obtenues dans cette cohorte sur une période de 20 ans ont montré
que la mortalité cardiovasculaire était positivement corrélée
au niveau de la PP, ceci après ajustement à l'âge, au niveau
de la pression artérielle moyenne et aux autres facteurs de risque cardiovasculaire.
L'étude détaillée des causes de mortalité cardiovasculaire
a montré que la PP était un déterminant indépendant
de la mortalité coronaire mais pas de la mortalité cérébrovasculaire.
Dans une analyse ultérieure, nous avons observé qu'une PP supérieure
à 65 mmHg est accompagnée d'une franche élévation
du risque cardiovasculaire, notamment coronarien, même si les valeurs
absolues de PAS et PAD ne dépassent pas la limite supérieure de
la normale [10].
Dans plusieurs autres études et analyses, la pression pulsée
était un facteur de risque indépendant d'insuffisance cardiaque,
d'AVC [11, 12], d'infarctus du myocarde (SAVE) [13] et de dégradation
de la fonction rénale [14]. Des études ont également étudié
l'association entre le niveau de la PP et le risque cardiovasculaire de façon
plus spécifique chez la personne vieillissante et âgée.
Ainsi, chez les patients hypertendus de 60 ans et plus ayant une HTA systolique
isolée, la PP était significativement associée au décès.
Ceci a été confirmé dans une autre méta-analyse
parue en 2002 au cours de laquelle 7 essais thérapeutiques chez la personne
âgée ont été analysés (EWPHE, HEP, MRC1, MRC2,
SHEP, STOP, Syst-Eur). Chez ces patients porteurs d'HTA systolo-diastolique
ou HTA systolique isolée, la PAS et la PP (mais pas la PAD) étaient
des facteurs prédictifs de la mortalité cardiovasculaire [15].
Des valeurs-seuils de risque de PP ont été proposées, notamment
le chiffre de 65 mmHg [10].
Des résultats tout à fait similaires ont été démontrés
par d'autres études portant sur de grandes cohortes de sujets normotendus
et hypertendus, notamment dans la population de Framingham et celle de l'étude
britannique MRC [16, 17]. L'association entre la PP et les événements
cardiovasculaires a également été particulièrement
forte chez les patients diabétiques qui présentent souvent une
PAS et une PP trop élevées, en relation avec un vieillissement
artériel accéléré dû à la maladie diabétique
[18, 19].
L'un des résultats majeurs de plusieurs études cliniques et
épidémiologiques est que la relation entre PAS et PP d'une part,
risque cardiovasculaire d'autre part, augmente avec l'âge et devient très
significative chez les personnes âgées [20, 21].
PAS, PAD, PP et âge
PAS et PP : la valeur prédictive augmente avec l'âge
Chez le sujet jeune, les valeurs de PAS et de PP enregistrées classiquement
sur une artère périphérique avec un sphygmomanomètre
reflètent mal la pression aortique centrale. Par exemple, chez un sujet
de 35 ans, les valeurs de la PAS et de la PP centrales sont d'environ la moitié
de celles enregistrées en périphérie. D'autre part, chez
beaucoup d'individus jeunes, l'augmentation de la PAS est le résultat
d'une circulation hyperdynamique et ne reflète que rarement une rigidité
accrue. Dans ces conditions, la PAS et la PP ne peuvent pas bien refléter
le risque cardiovasculaire chez le sujet jeune. Par contre, avec le vieillissement,
la PAS et la PP périphériques correspondent de mieux en mieux
aux valeurs de la pression aortique centrale, et reflètent de façon
beaucoup plus fiable la rigidité artérielle. Ainsi, après
l'âge de 65 ans, les résistances périphériques augmentent
peu et les modifications de la pression artérielle particulièrement
l'élévation de la PAS dépendent essentiellement
du développement de la rigidité de l'aorte et des autres artères
centrales [22, 23]. Cette diminution de la compliance des gros troncs artériels
sur le plan clinique s'exprime essentiellement par une augmentation du flux
et de la pression systoliques, et une diminution du flux et de la pression diastoliques,
ce qui entraîne donc une élévation de la pression pulsée
(PP = PAS-PAD). Elle s'exprime aussi par une perte du gradient des pressions
systoliques, ce qui conduit à l'égalisation des pressions systoliques
centrale aortique et périphériques. Ainsi, contrairement à
ce qui est observé chez le sujet jeune, la PAS périphérique
correspond bien à la PAS centrale aortique.
À l'inverse : la valeur prédictive de la PAD diminue
De façon générale, une valeur basse de la PAD peut être
la conséquence soit d'un état artériolaire et artériel
« normal », soit de la coexistence de deux altérations du système
artériel. Chez le sujet jeune et en l'absence d'une rigidité des
gros troncs artériels, le niveau de la PAD est proportionnel au niveau
des résistances périphériques. Ainsi, une valeur basse
de la PAD reflète des résistances périphériques
basses et vice versa. Dans ces conditions, et étant donné que
la PAD est plus stable que la PAS, le niveau de la PAD est un bon marqueur du
risque cardiovasculaire. Chez le sujet âgé par contre, une PAD
normale voire basse peut être la conséquence de la coexistence
d'une augmentation des résistances périphériques (qui élève
la PAD) et d'une rigidité artérielle des gros troncs (qui la diminue).
Ainsi une PAD basse, surtout lorsqu'elle est associée à une PAS
anormalement élevée (cette dernière étant positivement
corrélée à l'augmentation des résistances périphériques
et à la rigidité des gros troncs artériels) est un fort
marqueur d'altérations profondes du système artériel et
par conséquent du risque de complications cardiovasculaires. Le niveau
de la PP exprime le mieux cette élévation proportionnelle de la
PAS par rapport à la PAD.
Depuis quelques années, les différentes recommandations sur
la prise en charge de l'HTA ont mis l'accent sur la nécessité
d'une meilleure prise en compte de la PAS et de la PP. Déjà, le
rapport de la Société Internationale de l'HTA publiée en
1999 [24] suggérait pour la première fois que la PP pouvait être
un facteur de risque indépendant, et que des études thérapeutiques
devraient évaluer les bénéfices de la réduction
de la PP en termes de morbidité et mortalité cardiovasculaires.
D'autre part, les dernières recommandations américaines publiées
en 2003 soulignent que, chez les sujets âgés de plus de 50 ans,
la PAS est un facteur de risque bien plus puissant que la PAD sur les complications
cardiovasculaires [25]. Cette recommandation, confirmée par les recommandations
françaises de 2005 [26], est basée sur un nombre important de
travaux cliniques et épidémiologiques récents et qui soulignent
l'importance de la PAS en tant que marqueur et/ou facteur de risque cardiovasculaire.
PP élevée : responsable ou marqueur ?
Nous pouvons émettre au moins 3 hypothèses pour expliquer l'association
entre une PP élevée et les complications cardiovasculaires :
1. Comme nous l'avons mentionné plus haut, l'augmentation de la pression
pulsée est une forme d'HTA due à la rigidité de l'aorte
et des autres gros troncs artériels qui joue un rôle majeur dans
les complications cardiovasculaires [1, 3, 23]. Cette hypothèse place
la PP dans un rôle de marqueur clinique d'une altération pathologique
de la paroi artérielle, celle de la rigidité des gros troncs artériels.
2. Une PP élevée représente un stress cyclique élevé
au niveau cardiaque et artériel, et serait à l'origine d'une augmentation
de la post-charge ; par conséquent, les besoins en oxygène seraient
accrus. Cette hypothèse est plausible du point de vue de biomécanique
et de fatigue de biomatériaux [22].
3. Une PP élevée à PAD basse peut conduire à une
diminution de la perfusion coronaire (système irrigué essentiellement
pendant la phase diastolique du cycle cardiaque). La question est de déterminer
le seuil de PAD à partir duquel la perfusion coronaire diminue et peut
ainsi mettre en péril l'irrigation cardiaque. Certains auteurs pensent
que ce seuil est aux alentours de 80 mmHg [27]. Une analyse récente de
l'étude INVEST a montré que chez le coronarien hypertendu l'effet
optimal du traitement était obtenu quand la PAD était à
84 mmHg, le risque coronarien augmentant légèrement pour des niveaux
de PAD plus bas [28]. Néanmoins, au-delà de la valeur absolue
de la PAD, c'est surtout le rapport entre PAD et PAS (PAD trop basse par rapport
à une PAS trop élevée) qui semble jouer un rôle important
dans l'équilibre entre les besoins et les apports du myocarde, et par
conséquent le seuil de perfusion insuffisante. Une PAD à 75 mmHg
peut assurer une irrigation coronaire satisfaisante en présence d'une
PAS basse (ex : 115 mmHg), alors que cette même PAD peut être insuffisante
si la PAS est élevée (ex : 165 mmHg), c'est-à-dire en cas
de contrainte myocardique élevée.
Ces différentes hypothèses sont plus complémentaires
que contradictoires. Elles soulignent, dans les complications coronaires, le
rôle important de la rigidité artérielle et de l'élévation
de la composante cyclique de la pression artérielle (PP) que cette rigidité
entraîne. Nous pouvons ainsi tenter d'expliquer les bénéfices
inégaux du traitement anti-HTA en termes de prévention d'AVC et
de maladie coronaire. Le système vasculaire cérébral est
avant tout affecté par la présence d'un « steady stress »
élevé. Cela correspond à une augmentation des résistances
périphériques exprimée par une élévation
de la pression artérielle moyenne (élévation proportionnelle
de la PAS et de la PAD). Ainsi, la réduction de la PAD et/ou de la PAS
conduit à une diminution des complications cérébrovasculaires.
Par contre, il est nécessaire pour la prévention des complications
cardiaques de diminuer davantage la PAS et la PP, alors qu'une réduction
isolée de la PAD peut aggraver le risque de complications cardiaques.
Évolution de la pression pulsée et risque cardiovasculaire
Évolution spontanée (non médicamenteuse)
Nous avons récemment étudié le risque cardiovasculaire
en fonction des variations spontanées de PAS et de PAD mesurées
durant une période de 4 à 10 ans [29] dans 2 cohortes françaises
indépendantes : celle de l'IPC, et la cohorte de l'Etude Prospective
Française. Les sujets ont été divisés en 9 groupes
en fonction de l'évolution spontanée (non liée à
une thérapeutique anti-hypertensive) de la PAS et de la PAD, celle-ci
évaluée de manière qualitative en termes d'augmentation,
absence de changement, diminution. Après ajustement à l'âge,
à la pression initiale et aux autres facteurs de risque cardiovasculaire
traditionnels, la mortalité cardiovasculaire la plus élevée
a été observée chez les sujets qui, entre la première
et la dernière visite, ont présenté à la fois une
augmentation de la PAS et une diminution de la PAD. Ce résultat, retrouvé
dans les deux cohortes étudiées, renforce le concept du rôle
majeur de l'évolution de la rigidité des gros troncs artériels
dans le développement de la pathologie cardiovasculaire. En effet, la
diminution de la PAD accompagnée d'une élévation de la
PAS (donc une élévation excessive de la PP) est la conséquence
directe du développement de la rigidité artérielle.
Sous traitement anti-HTA
Des études d'observation ont montré dans plusieurs pays que,
parmi les patients hypertendus traités, moins de 30 % avaient des chiffres
tensionnels satisfaisants ; une étude anglo-saxonne récente a
même précisé que seuls 6 % des patients hypertendus avaient
des chiffres tensionnels inférieurs ou égaux à 140/90 mmHg.
En France, la situation est tout à fait comparable : une étude
réalisée en région parisienne au centre IPC [30] a montré
que parmi les sujets traités, 25 % des hommes et 30 % des femmes avaient
des chiffres tensionnels correspondant aux recommandations.
Dans une étude récente au Centre de médecine préventive
de Nancy, nous avons observé de meilleurs résultats [31]. Dans
cette étude faite chez des sujets de plus de 60 ans, 50 % des sujets
traités étaient contrôlés pour la PAS et la PAD.
Ces résultats peuvent être expliqués par la motivation de
cette cohorte sur des questions de santé, ce qui bien entendu est un
facteur clé pour l'observance au traitement. Néanmoins, nous avons
pu confirmer les données de plusieurs autres études démontrant
que chez le sujet vieillissant l'échec du contrôle tensionnel concerne
essentiellement la PAS. Ainsi, 42 % des sujets traités n'étaient
pas contrôlés pour la PAS alors qu'ils l'étaient pour la
PAD, 7 % n'étaient pas contrôlés pour la PAS et la PAD,
et moins de 1 % n'étaient pas contrôlés pour la PAD alors
qu'ils l'étaient pour la PAS. À noter que 82 % des patients traités
recevaient une monothérapie.
Dans une étude récente [32], nous avons démontré
dans une large cohorte de sujets hypertendus traités par leurs médecins
traitants que la mortalité cardiovasculaire était deux fois plus
élevée chez les patients non-contrôlés par rapport
à ceux dont la pression artérielle était contrôlée
sous traitement. Le résultat le plus intéressant de cette étude
était que le risque de décès cardiovasculaire était
très fortement corrélé au niveau de la PAS (et de la PP),
et très peu lié au niveau de la PAD. Ces résultats démontrent
de façon très claire l'intérêt en pratique clinique
du bon contrôle de la PAS (< 140 mmHg voire moins chez les hypertendus
diabétiques ou insuffisants rénaux) par le traitement.
Néanmoins, le problème est que dans la grande majorité
des cas, les hypertendus traités sont mal équilibrés sous
traitement. Une des explications concerne les insuffisances des moyens thérapeutiques
dans l'HTA, malgré le nombre considérable de médicaments.
En effet, ceux dont nous disposons ont des actions marquées surtout au
niveau des résistances artérielles périphériques
et de la PAD. Ainsi, pour un nombre important d'hypertendus notamment âgés
(chez qui l'élévation de la PAS et de la PP est due à la
rigidité des gros troncs artériels), le traitement, en agissant
essentiellement sur les résistances périphériques et la
PAD, transforme l'HTA systolo-diastolique en systolique pure, ce qui ne représente
aucun bénéfice significatif pour le pronostic du patient.
On doit juger l'efficacité du traitement anti-HTA à partir de
la baisse de la PAS et de la PP et non pas à partir de son action sur
la PAD [25]. En cas d'efficacité partielle, nous devons davantage utiliser
des associations thérapeutiques comme cela est envisagé dans les
dernières recommandations de l'HAS [26]. Plusieurs études récentes
ont montré que seulement 25 à 30 % des patients sont contrôlés
par une seule molécule. Or, en pratique clinique, de nombreux patients
restent sous monothérapie par crainte d'effets indésirables, malgré
un contrôle insuffisant de leur tension.
On peut aussi expliquer les mauvais résultats des traitements antihypertenseurs
par le mode de vie d'un grand nombre de sujets : l'obésité, la
consommation d'alcool ou des apports sodés trop importants sont des facteurs
déterminants de résistance au traitement. La mauvaise observance
est également une autre cause majeure du faible pourcentage d'hypertendus
bien contrôlés. L'utilisation de méthodes sophistiquées
(piluliers électroniques, dosages urinaires, etc.) pourraient éventuellement
l'améliorer, mais leur utilisation en pratique courante est problématique.
Enfin, les praticiens ne sont peut-être pas convaincus du bien-fondé
de l'application, sur une clientèle issue de la population générale,
de recommandations basées sur des études contrôlées
faites sur une population particulière. Néanmoins, les résultats
récents mentionnés ci-dessus démontrent l'intérêt
du bon contrôle de la pression artérielle, notamment de la PAS,
chez les hypertendus suivis et traités de façon traditionnelle
par leurs médecins.
Implication et perspectives cliniques
Les récentes recommandations [9, 25, 26], qui risquent de bouleverser
le diagnostic et la thérapeutique de l'HTA, sont basées sur un
nombre important de travaux cliniques et épidémiologiques parus
récemment et qui soulignent l'importance de la PAS et de la PP plutôt
que de la PAD en tant que marqueurs et/ou facteurs de risque cardiovasculaire
surtout chez le sujet âgé.
L'importance que la PP a prise ces dernières années dans l'évaluation
du risque cardiovasculaire n'est pas un effet de mode, mais la conséquence
directe d'une expression clinique du vieillissement artériel, pathologie
fréquente et dont la prise en charge est difficile. Les sujets qui présentent
un vieillissement artériel plus marqué vont davantage développer
une PP élevée. C'est le cas des diabétiques, et de façon
plus générale des sujets qui présentent des manifestations
du syndrome plurimétabolique.
La réduction du risque cardiovasculaire chez l'hypertendu passe entre
autres par une baisse drastique de la PAS (< 140 mmHg) et de la PP (<
65 mmHg), un contrôle compliqué pour plusieurs raisons : le vieillissement
de la population, l'augmentation de la prévalence du diabète et
d'autres troubles métaboliques, l'absence de traitements spécifiques
pour agir sur les déterminants structuraux de la rigidité artérielle.
L'utilisation d'associations de plusieurs médicaments anti-HTA et l'application
de mesures hygiéno-diététiques (activité physique,
réduction des apports sodés, lutte contre l'obésité)
pourraient néanmoins améliorer l'état artériel et
ainsi contribuer à obtenir un meilleur contrôle de la PAS et de
la PP.
Le développement de nouvelles molécules agissant sur les composants
structuraux et fonctionnels de la rigidité artérielle pourrait
modifier radicalement le cours de cette maladie. Les résultats expérimentaux
de cette recherche sont très prometteurs, mais l'application clinique
nécessitera encore des études de grande envergure.
Déclaration d'intérêts : L'auteur est chef du service
de gériatrie au CHU de Nancy, Hôpital de Brabois, 54511 Vandoeuvre-lès-Nancy.
Conflits d'intérêts financiers à propos de cet article :
néant
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En résumé : Pression pulsée et risque cardiovasculaire
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La pression pulsée est un facteur de risque indépendant.
Une PP > 65 mmHg est associée à une augmentation cliniquement
importante de la morbi-mortalité cardiovasculaire.
La valeur prédictive des PAS et PP augmente avec l'âge,
celle de la PAD diminue.
La rigidité artérielle et l'élévation
de la PP qu'elle entraîne jouent un rôle important dans les
complications coronaires. En revanche, le système vasculaire cérébral
est avant tout affecté par une augmentation des résistances
périphériques exprimée par une élévation
de la pression artérielle moyenne, ce qui peut expliquer les bénéfices
inégaux du traitement anti-HTA en terme de prévention d'AVC
et de maladie coronaire.
On doit juger l'efficacité du traitement anti-HTA à
partir de la baisse de la PAS et de la PP et non pas à partir de
son action sur la PAD. Mais les mauvais résultats de ces traitements
s'expliquent aussi par le mode de vie d'un grand nombre de patients.
Le développement de nouvelles molécules agissant
sur les composants structuraux et fonctionnels de la rigidité artérielle
pourrait modifier radicalement le cours de cette maladie. Cela nécessitera
des études de grande envergure.
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