ARTICLE
Benfluorex
La Commission nationale de pharmacovigilance s'est à nouveau intéressée,
le 27 mars dernier, au rapport bénéfice/risque du benfluorex (Mediator®)
[1]. Elle a pris connaissance de nouveaux cas d'effets indésirables neuropsychiatriques
(dépression, agitation, délire) et de 3 cas d'hypertension artérielle
pulmonaire à propos desquels il n'est pas possible de conclure.
En regard, l'efficacité du benfluorex est jugée modeste par
certains membres de la commission qui relèvent qu'une seule étude
clinique est méthodologiquement acceptable et se prononcent pour un rapport
bénéfice/risque défavorable du benfluorex.
Au total, la commission émet un avis favorable à la mention
des effets indésirables neuropsychiatriques et un avis défavorable
au maintien de l'indication « adjuvant au régime adapté dans
les hypertriglycéridémies » : « L'efficacité
pour la prévention primaire et secondaire des complications de l'athérosclérose
n'est pas prouvée, les données soumises ne montrant en effet qu'une
efficacité très modeste et inconstante sur les triglycérides
et une absence d'efficacité sur les autres paramètres lipidiques
tels que le LDL-cholestérol ».
Référence
- http ://afssaps.sante.fr/htm/1/pharmaco/cr070301.pdf
Fondaparinux
La Commission nationale de pharmacovigilance du 27 mars dernier a examiné
188 notifications d'effets indésirables concernant le fondaparinux (Arixtra®)
entre le 1/1/2005 et le 31/1/2007 :
- 64 notifications d'hématomes (prescription hors AMM dans 27 % des
cas) ;
- 58 notifications d'hémorragies (prescription hors AMM dans 27 % des
cas, évolution fatale dans 24 % des cas). Les accidents hémorragiques
touchent des patients âgés en moyenne de 75 ans.
- 66 cas d'effets indésirables non hémorragiques dont 15 cas
de thrombopénie et 10 cas d'atteintes cutanées (notamment éruptions
purpuriques et bulles hémorragiques).
Au vu de ces données, l'Afssaps [1] a mis sur son site le 18 juin une
lettre rappelant le bon usage de cet antithrombotique réservé
à l'usage hospitalier, rappelant le risque accru chez le sujet âgé,
de faible poids corporel ou insuffisant rénal et la contre-indication
dans l'insuffisance rénale sévère.
Référence
- http ://afssaps.sante.fr/htm/1/pharmaco/cr070301.pdf
Risque de dépression sous rimonabant
Le 19 juillet dernier, l'EMEA, agence européenne du médicament,
a publié un communiqué sur la sécurité d'emploi
du rimonabant (Acomplia®) [1]. Analysant les données sur les effets
indésirables psychiatriques du rimonabant, l'EMEA conclut que le risque
de dépression est à peu près doublé par rapport
aux patients obèses ou en surpoids non traités par rimonabant.
Dans une petite minorité de cas, des idées suicidaires et des
tentatives de suicide ont été observées.
L'EMEA note que le rimonabant a été prescrit chez des patients
aux antécédents psychiatriques et recommande que ce médicament
soit contre-indiqué chez les patients présentant une dépression
caractérisée ou traités par antidépresseur. L'EMEA
recommande que les patients et leur entourage soient informés du risque
de dépression.
Nous reviendrons sur le rapport bénéfice/risque de ce médicament,
mais en attendant renvoyons le lecteur à l'avis de la Commission de la
Transparence portant sur l'indication ouvrant droit à remboursement :
le traitement des patients obèses et diabétiques de type 2 insuffisamment
contrôlés par une monothérapie par metformine ou sulfamide.
L'amélioration du service médical rendu a été jugée
mineure [2].
Références
- Questions and answers on the safety of Acomplia® (rimonabant). Sur
www.emea.europa.eu
- Commission de la Transparence. Acomplia 20mg. Avis de la commission du
31 janvier 2007. Sur www.has-sante.fr
Effets indésirables psychiatriques des fluoroquinolones
De 1985 à 2002, 590 cas d'effets indésirables psychiatriques
des fluoroquinolones ont été notifiés aux centres régionaux
de pharmacovigilance [1]. Les effets indésirables les plus fréquents
étaient les suivants : confusion (51 %), hallucinations (27 %), agitation
(13 %) et délire (12 %). Les cas graves représentaient 21 % des
cas. L'évolution a été habituellement favorable avec régression
complète.
Les effets indésirables psychiatriques représentent 7,4 % des
d'effets indésirables notifiés avec les fluoroquinolones alors
que cette proportion est de 2,6 % pour les autres antibiotiques.
En pratique devant tout symptôme psychiatrique inattendu chez un patient
traité par fluoroquinolone, il faut savoir évoquer la responsabilité
de l'antibiotique.
Référence
- Doussau de Bazignan A, Thiessard F, Miremont-Salamé G, Conri C,
Haramburu F. Effets indésirables psychiatriques des fluoroquinolones
: cas notifiés à la pharmacovigilance française. Rev
Med Interne. 2006;27:448-52.
Risque cardiovasculaire des glitazones : deux nouvelles méta-analyses
Le JAMA du 17 septembre publie deux méta-analyses sur le risque cardiovasculaire
des glitazones.
La première est la quatrième méta-analyse sur le risque
cardiovasculaire de la rosiglitazone [1]. À la différence des
3 précédentes, elle n'a sélectionné que les essais
d'une durée égale ou supérieure à 12 mois et dont
la surveillance des effets indésirables cardiovasculaires était
explicitement prévue dans le protocole, soit 4 essais et 14 291 patients
dont 6 421 traités par rosiglitazone.
Cette méta-analyse retrouve un accroissement du risque d'infarctus
du myocarde (RR = 1,42 ; IC 95 % : 1,06-1,91 ; p = 0,02) et du risque d'insuffisance
cardiaque (RR = 2,09 ; IC 95 % : 1,52-2,88 ; p < 0,001) sans accroissement
de la mortalité cardiovasculaire.
L'autre méta-analyse porte sur le risque cardiovasculaire de la pioglitazone
[2] et a sélectionné 19 essais d'une durée allant de 4
mois à 3,5 ans et incluant 16 390 patients. Le risque de décès,
d'infarctus du myocarde ou d'accident vasculaire est moindre avec la pioglitazone
(RR = 0,82 ; IC 95 % : 0,72-0,94 ; p = 0,005) tandis que le risque d'insuffisance
cardiaque est accru (RR = 1,41 ; IC 95 % : 1,14-1,76 ; p = 0,02).
Ces nouvelles données apportent de nouveaux arguments en faveur d'une
différence entre ces deux glitazones pour le risque cardiovasculaire
et illustrent le fait que le rapport bénéfice/risque n'est pas
toujours homogène au sein d'une classe thérapeutique même
si l'effet sur un critère intermédiaire (ici l'hémoglobine
glyquée) est du même ordre.
Références
- Singh S, Loke YK, Furberg CD. Long-term risk of cardiovascular events with
rosiglitazone. A meta-analysis. JAMA. 2007;298:1189-95.
- Lincoff AM, Wolski KW, Nicholls SJ, Nissen SE. Pioglitazone and risk of
cardiovascular events in patients with type 2 diabetes mellitus. A meta-analysis
of randomised trials. JAMA. 2007;298:1180-8.
Mortalité accrue chez les patients déments traités par
neuroleptiques
Une équipe canadienne a étudié l'association entre traitement
neuroleptique chez des patients âgés et déments et mortalité
totale. Cette étude rétrospective de cohorte a été
effectuée sur 27 259 paires de sujets appariés [1].
Au 30e jour, la mortalité est accrue chez les utilisateurs de neuroleptiques
atypiques par rapport aux non-utilisateurs qu'il s'agisse de patients vivant
à domicile (RR = 1,31 ; IC 95 % : 1,02-1,70) ou de patients vivant en
institution (RR = 1,55 ; IC 95 % : 1,15-2,07). En outre, la mortalité
est accrue chez les utilisateurs de neuroleptiques classiques par rapport aux
utilisateurs de neuroleptiques atypiques.
Cette étude retrouve donc une surmortalité qui était
notée dans une méta-analyse d'essais thérapeutiques.
En l'absence d'information sur les causes de décès, les auteurs
ne peuvent qu'évoquer plusieurs hypothèses : la survenue de troubles
du rythme en raison de l'allongement de l'espace QT, une pneumopathie par aspiration,
des complications thromboemboliques.
Référence
- Gill SS, Bronskill SE, Normand S-LT, et al. Antipsychotic drug use and
mortality in older adults with dementia. Ann Intern Med. 2007;146:775-86.
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