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Brèves de pharmacovigilance


Médecine. Volume 3, Numéro 8, 352-3, Octobre 2007, Thérapeutiques

DOI : 10.1684/med.2007.0172


Auteur(s) : Michel Gerson , Hôpital Pasteur, Colmar - michel.gerson@ch-colmar.rss.fr.

Mots-clés : effet secondaire, bénéfice/risque

ARTICLE

Benfluorex

La Commission nationale de pharmacovigilance s'est à nouveau intéressée, le 27 mars dernier, au rapport bénéfice/risque du benfluorex (Mediator®) [1]. Elle a pris connaissance de nouveaux cas d'effets indésirables neuropsychiatriques (dépression, agitation, délire) et de 3 cas d'hypertension artérielle pulmonaire à propos desquels il n'est pas possible de conclure.

En regard, l'efficacité du benfluorex est jugée modeste par certains membres de la commission qui relèvent qu'une seule étude clinique est méthodologiquement acceptable et se prononcent pour un rapport bénéfice/risque défavorable du benfluorex.

Au total, la commission émet un avis favorable à la mention des effets indésirables neuropsychiatriques et un avis défavorable au maintien de l'indication « adjuvant au régime adapté dans les hypertriglycéridémies » : « L'efficacité pour la prévention primaire et secondaire des complications de l'athérosclérose n'est pas prouvée, les données soumises ne montrant en effet qu'une efficacité très modeste et inconstante sur les triglycérides et une absence d'efficacité sur les autres paramètres lipidiques tels que le LDL-cholestérol ».

Référence

  1. http ://afssaps.sante.fr/htm/1/pharmaco/cr070301.pdf

 


Fondaparinux

La Commission nationale de pharmacovigilance du 27 mars dernier a examiné 188 notifications d'effets indésirables concernant le fondaparinux (Arixtra®) entre le 1/1/2005 et le 31/1/2007 :

- 64 notifications d'hématomes (prescription hors AMM dans 27 % des cas) ;

- 58 notifications d'hémorragies (prescription hors AMM dans 27 % des cas, évolution fatale dans 24 % des cas). Les accidents hémorragiques touchent des patients âgés en moyenne de 75 ans.

- 66 cas d'effets indésirables non hémorragiques dont 15 cas de thrombopénie et 10 cas d'atteintes cutanées (notamment éruptions purpuriques et bulles hémorragiques).

Au vu de ces données, l'Afssaps [1] a mis sur son site le 18 juin une lettre rappelant le bon usage de cet antithrombotique réservé à l'usage hospitalier, rappelant le risque accru chez le sujet âgé, de faible poids corporel ou insuffisant rénal et la contre-indication dans l'insuffisance rénale sévère.

Référence

  1. http ://afssaps.sante.fr/htm/1/pharmaco/cr070301.pdf

 


Risque de dépression sous rimonabant

Le 19 juillet dernier, l'EMEA, agence européenne du médicament, a publié un communiqué sur la sécurité d'emploi du rimonabant (Acomplia®) [1]. Analysant les données sur les effets indésirables psychiatriques du rimonabant, l'EMEA conclut que le risque de dépression est à peu près doublé par rapport aux patients obèses ou en surpoids non traités par rimonabant. Dans une petite minorité de cas, des idées suicidaires et des tentatives de suicide ont été observées.

L'EMEA note que le rimonabant a été prescrit chez des patients aux antécédents psychiatriques et recommande que ce médicament soit contre-indiqué chez les patients présentant une dépression caractérisée ou traités par antidépresseur. L'EMEA recommande que les patients et leur entourage soient informés du risque de dépression.

Nous reviendrons sur le rapport bénéfice/risque de ce médicament, mais en attendant renvoyons le lecteur à l'avis de la Commission de la Transparence portant sur l'indication ouvrant droit à remboursement : le traitement des patients obèses et diabétiques de type 2 insuffisamment contrôlés par une monothérapie par metformine ou sulfamide. L'amélioration du service médical rendu a été jugée mineure [2].

Références

  1. Questions and answers on the safety of Acomplia® (rimonabant). Sur www.emea.europa.eu
  2. Commission de la Transparence. Acomplia 20mg. Avis de la commission du 31 janvier 2007. Sur www.has-sante.fr

 


Effets indésirables psychiatriques des fluoroquinolones

De 1985 à 2002, 590 cas d'effets indésirables psychiatriques des fluoroquinolones ont été notifiés aux centres régionaux de pharmacovigilance [1]. Les effets indésirables les plus fréquents étaient les suivants : confusion (51 %), hallucinations (27 %), agitation (13 %) et délire (12 %). Les cas graves représentaient 21 % des cas. L'évolution a été habituellement favorable avec régression complète.

Les effets indésirables psychiatriques représentent 7,4 % des d'effets indésirables notifiés avec les fluoroquinolones alors que cette proportion est de 2,6 % pour les autres antibiotiques.

En pratique devant tout symptôme psychiatrique inattendu chez un patient traité par fluoroquinolone, il faut savoir évoquer la responsabilité de l'antibiotique.

Référence

  1. Doussau de Bazignan A, Thiessard F, Miremont-Salamé G, Conri C, Haramburu F. Effets indésirables psychiatriques des fluoroquinolones : cas notifiés à la pharmacovigilance française. Rev Med Interne. 2006;27:448-52.

 


Risque cardiovasculaire des glitazones : deux nouvelles méta-analyses

Le JAMA du 17 septembre publie deux méta-analyses sur le risque cardiovasculaire des glitazones.

La première est la quatrième méta-analyse sur le risque cardiovasculaire de la rosiglitazone [1]. À la différence des 3 précédentes, elle n'a sélectionné que les essais d'une durée égale ou supérieure à 12 mois et dont la surveillance des effets indésirables cardiovasculaires était explicitement prévue dans le protocole, soit 4 essais et 14 291 patients dont 6 421 traités par rosiglitazone.

Cette méta-analyse retrouve un accroissement du risque d'infarctus du myocarde (RR = 1,42 ; IC 95 % : 1,06-1,91 ; p = 0,02) et du risque d'insuffisance cardiaque (RR = 2,09 ; IC 95 % : 1,52-2,88 ; p < 0,001) sans accroissement de la mortalité cardiovasculaire.

L'autre méta-analyse porte sur le risque cardiovasculaire de la pioglitazone [2] et a sélectionné 19 essais d'une durée allant de 4 mois à 3,5 ans et incluant 16 390 patients. Le risque de décès, d'infarctus du myocarde ou d'accident vasculaire est moindre avec la pioglitazone (RR = 0,82 ; IC 95 % : 0,72-0,94 ; p = 0,005) tandis que le risque d'insuffisance cardiaque est accru (RR = 1,41 ; IC 95 % : 1,14-1,76 ; p = 0,02).

Ces nouvelles données apportent de nouveaux arguments en faveur d'une différence entre ces deux glitazones pour le risque cardiovasculaire et illustrent le fait que le rapport bénéfice/risque n'est pas toujours homogène au sein d'une classe thérapeutique même si l'effet sur un critère intermédiaire (ici l'hémoglobine glyquée) est du même ordre.

Références

  1. Singh S, Loke YK, Furberg CD. Long-term risk of cardiovascular events with rosiglitazone. A meta-analysis. JAMA. 2007;298:1189-95.
  2. Lincoff AM, Wolski KW, Nicholls SJ, Nissen SE. Pioglitazone and risk of cardiovascular events in patients with type 2 diabetes mellitus. A meta-analysis of randomised trials. JAMA. 2007;298:1180-8.

 


Mortalité accrue chez les patients déments traités par neuroleptiques

Une équipe canadienne a étudié l'association entre traitement neuroleptique chez des patients âgés et déments et mortalité totale. Cette étude rétrospective de cohorte a été effectuée sur 27 259 paires de sujets appariés [1].

Au 30e jour, la mortalité est accrue chez les utilisateurs de neuroleptiques atypiques par rapport aux non-utilisateurs qu'il s'agisse de patients vivant à domicile (RR = 1,31 ; IC 95 % : 1,02-1,70) ou de patients vivant en institution (RR = 1,55 ; IC 95 % : 1,15-2,07). En outre, la mortalité est accrue chez les utilisateurs de neuroleptiques classiques par rapport aux utilisateurs de neuroleptiques atypiques.

Cette étude retrouve donc une surmortalité qui était notée dans une méta-analyse d'essais thérapeutiques.

En l'absence d'information sur les causes de décès, les auteurs ne peuvent qu'évoquer plusieurs hypothèses : la survenue de troubles du rythme en raison de l'allongement de l'espace QT, une pneumopathie par aspiration, des complications thromboemboliques.

Référence

  1. Gill SS, Bronskill SE, Normand S-LT, et al. Antipsychotic drug use and mortality in older adults with dementia. Ann Intern Med. 2007;146:775-86.


 

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