ARTICLE
| Ces dossiers sont issus de textes publiés chaque semaine depuis
quelques années dans Bibliomed. Actualisés si nécessaire
en fonction des données les plus récentes, ils ne résultent
pas d'une revue systématique de la littérature, mais d'une
veille documentaire en continu des principales revues médicales publiant
des études fondées sur les preuves, ou des recommandations
en résultant. Ils ont pour ambition de fournir au médecin
généraliste une actualisation des données sur les questions
pertinentes pour leur pratique retenues par le comité de rédaction.
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La plainte de mémoire, de plus en plus fréquente, traduit souvent
la crainte d'une maladie d'Alzheimer à laquelle la médiatisation
autour de cette question n'est sans doute pas étrangère. L'apparition
de nouveaux médicaments, l'espoir de modifier l'évolution de la
maladie et parallèlement le développement des consultations mémoire
contribuent aussi à cette quête [3]. Il importe donc de connaître
les moyens à notre disposition, leur fiabilité, mais aussi le
bénéfice à attendre d'un diagnostic précoce, pour
le patient et son entourage. Le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer
pose de nombreux problèmes : affirmer la démence, éliminer
les pseudo-démences telles que les dépressions, les démences
curables et les autres démences primitives. Mais sa finalité n'est
pas moins complexe : qu'aurons-nous apporté finalement au patient avec
nos interventions médicamenteuses ou non ?
Les questions auxquelles répond ce dossier ont fait l'objet de 4 publications
de Bibliomed : 133 du 18 février 1999, 319 du 23 octobre 2003, 394 du
15 septembre 2005, 398 du 13 octobre 2005.
Le diagnostic de démence
À partir de différentes recommandations internationales établies
selon les mêmes principes de pluridisciplinarité et d'exhaustivité
de la recherche de littérature [2, 4, 5], on peut proposer une approche
clinique des éléments sur lesquels le diagnostic peut être
porté. La recommandation anglaise [4] a l'intérêt de «
grader » de manière explicite les niveaux de preuve des recommandations,
du grade A (recommandation fondée sur des données de fort niveau
de preuve) au grade D (opinions).
Sur quels éléments cliniques évoquer le diagnostic ?
L'approche clinique passe par le patient, qui peut chercher à minimiser
ses troubles, et l'entourage, qui peut les dramatiser. Une visite à domicile
est une phase importante. En raison des conséquences pour le patient
et son entourage, un avis spécialisé, au moins une fois, est indispensable
pour confirmer le diagnostic.
Les troubles de mémoire sont difficiles à distinguer de «
l'oubli bénin ». Les plaintes concernant la mémoire venant
des patients sont plutôt corrélées à la dépression,
venant de l'entourage à la démence (grade B).
Les perturbations du fonctionnement quotidien sont plus parlantes : les activités
de la vie quotidienne (se laver, s'habiller, aller aux toilettes, se déplacer,
se nourrir) ; les activités instrumentales de la vie quotidienne (téléphoner,
faire ses courses, un repas, le ménage, la lessive, préparer ses
médicaments, régler ses affaires financières).
Les fonctions cognitives peuvent être évaluées par des
tests simples. Une version simplifiée du Mini Mental Status (MMS) peut
être utilisée en pratique courante : sur les 4 items prédicteurs
de démence (s'orienter dans le temps, épeler un mot à l'envers,
retrouver trois mots, écrire une phrase), en utiliser seulement 2 (s'orienter
et retrouver les 3 mots) réduit très peu la spécificité.
Cela suffit à différencier le normal de l'anormal, le délire
de la démence ou de l'association des deux (grade B).
La dépression est fréquente en cas de démence (10 à
40 % des cas). Elle est plus facilement reconnue à la phase précoce.
Elle se manifeste plus par des difficultés de communication et d'activités
de la vie quotidienne que par des troubles cognitifs. Antécédents
personnels et familiaux, deuils, déménagement sont souvent retrouvés.
Un traitement antidépresseur peut être tenté et évalué
sur des critères comme l'activité, les fugues (grade B).
Des épisodes critiques, avec parfois un comportement agressif, sont
souvent favorisés par la prise de certains médicaments ou un conflit
avec l'entourage. Ils attirent l'attention sur un processus démentiel
dont l'évolution est latente depuis longtemps.
Les chutes (avec parfois des fractures de hanche) sont fréquentes,
favorisées par les errances, l'agitation, la confusion passagère...
et les sédatifs (grade B). Le risque n'est pas associé à
la sévérité de la démence, mais à l'autonomie
physique de la personne (grade B).
Quels examens complémentaires ?
Des tests simples permettent d'éliminer une démence curable
: VS, bilan phosphocalcique, dosage de la TSH, examen d'urines (grade B). Le
scanner est recommandé par les Belges. Les causes les plus fréquentes
sont les médicaments, la dépression, les troubles métaboliques.
Il faut penser aux autres démences primitives, notamment en cas d'hallucinations,
d'illusions paranoïdes, de chutes, et surtout de manifestations extrapyramidales
dues à la prise de neuroleptiques (haut risque de mortalité et
de morbidité) (grade B).
Que conclure pour notre pratique ?
Le diagnostic de démence peut être évoqué
à la phase précoce. Rappelons sa définition selon
le DSM-IV [6] : « déficits cognitifs multiples incluant un
trouble de la mémoire et au moins l'une des perturbations cognitives
suivantes : aphasie, apraxie, agnosie ou une atteinte des fonctions exécutives
». Rappelons aussi que selon les critères utilisés,
la prévalence de la démence dans une population de plus
de 65 ans peut varier de 3 à 29 % [7]. C'est dire la prudence avec
laquelle il faut porter un diagnostic qui reste essentiellement clinique.
Le MMS reste le test le plus utilisé ; simplifié, il est
facile à mettre en oeuvre. Sa valeur prédictive varie selon
la prévalence dans la population étudiée.
Il est important de ne pas étiqueter « démence »,
même débutante, ce qui n'en est pas, se rappeler la responsabilité
fréquente des médicaments dans les troubles de mémoire
et les syndromes confusionnels des gens âgés. Les démences
curables sont rares. Surtout, il ne faut pas prendre une dépression
pour une démence. La grille de critères différentiels
établie en 1979 par Wells reste utilisable [6, 8] : à l'inverse
de ce qui se passe dans la démence, les signes subjectifs l'emportent
dans la dépression sur les signes objectifs, les plaintes du patient
sont apparentes, il n'y a pas de désorientation, les troubles de
mémoire portent autant sur les faits récents que les anciens.
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Que peut-on attendre des médicaments ?
Aucun médicament ne peut actuellement se targuer de prévenir
ou de guérir la maladie d'Alzheimer. Leur but est plus modeste : maintenir
l'indépendance du malade le plus longtemps possible [1]. Mais quel est
en pratique l'effet des médicaments à notre disposition en cas
de maladie d'Alzheimer ? Peuvent-ils prévenir la maladie et, en cas de
troubles cognitifs légers, retarder la progression éventuelle
vers la démence ? Voici le point à partir de synthèses
[9, 10] et d'études récentes [11-14].
Peut-on prévenir ou au moins retarder la maladie d'Alzheimer ?
Les facteurs de risque cardiovasculaire (diabète, HTA, dyslipidémie,
tabagisme) le sont aussi pour la maladie d'Alzheimer et doivent être traités.
Une grande étude sur l'HTA a confirmé leur bénéfice
[1].
Les études contrôlées n'ont pas confirmé les espoirs
portés sur le traitement hormonal de la ménopause, montrant à
l'inverse un risque accru de démence [9]. Des méta-analyses récentes
suggèrent que la prise d'AINS est associée à une réduction
du risque, mais le temps d'exposition et le dosage restent à préciser,
et les données actuelles sont insuffisantes pour les recommander [9].
Un essai randomisé a comparé sur 3 ans donézépil,
vitamine E et placebo chez 769 patients avec troubles cognitifs légers.
Le passage à une maladie d'Alzheimer avérée était
le même sous placebo et sous vitamine E (16 % par an). Avec le donézépil,
le taux de progression vers la MA était un peu réduit la première
année, mais ce bénéfice disparaissait les années
suivantes [9, 13, 14].
Les traitements actuels de la maladie d'Alzheimer sont-ils efficaces ?
Les inhibiteurs de l'acétylcholinestérase ont l'AMM pour la
maladie d'Alzheimer aux stades légers à modérément
sévères avec 3 molécules : donézépil (Aricept®),
rivastigmine (Exelon®), galantamine (Reminyl®).
Pour ces 3 médicaments, les essais, tous financés par l'industrie,
montrent une efficacité similaire, modeste et temporaire : ralentissement
du déclin cognitif de 2 à 7 mois, stabilisation des troubles de
l'activité quotidienne et du comportement au mieux pendant 6 mois, report
du placement en institution pouvant aller jusqu'à 1 ou 2 ans dans certaines
études, ainsi qu'une réduction du stress des aidants. Ces effets
sont observés dans 10 à 20 % des cas, sans qu'il soit possible
de prévoir chez quels patients. Les effets secondaires (digestifs ou
neurologiques), en général modérés, sont observés
dans 5 à 10 % des cas [9-11].
L'étude AD2000, non financée par l'industrie, tempère
encore ces résultats : 565 patients ambulatoires, sélectionnés
selon les critères du DSM-IV, randomisés entre donézépil
et placebo, ont été suivis jusqu'à 3 ans. Une amélioration
modeste des tests cognitifs (0,8 point au MMSE) ou évaluant les activités
quotidiennes (1 sur l'échelle BADLS) a été observée
sans différence sur les incapacités, les troubles comportementaux
et psychologiques, le bien-être des aidants, le temps de présence
des soignants, les délais d'institutionnalisation.
Une méta-analyse récente conclut : en raison des faibles bénéfices
cliniques et de méthodes défectueuses, la base scientifique pour
des recommandations sur l'usage des anticholinestérasiques dans la maladie
d'Alzheimer est contestable [15].
La mémantine (Ebixa®) est un antiglutamate indiqué dans
les maladies d'Alzheimer modérément sévères à
sévères. Une seule étude montre des bénéfices
voisins de ceux du donézépil. L'association des deux ne semble
pas apporter un bénéfice supérieur.
Que conclure pour notre pratique ?
Les anticholinestérasiques ont une efficacité discutée,
en tout cas limitée, dans les maladies d'Alzheimer légères
à modérées sur le déclin cognitif et comportemental,
plus incertaine sur les troubles de l'activité quotidienne, et
les délais d'institutionnalisation. Cette efficacité concerne
surtout le donézépil, le mieux étudié ; elle
est temporaire et ne concerne qu'une minorité des sujets traités.
De plus, elle est appréciée sur des tests dont la signification
clinique reste incertaine : les améliorations observées
de 0,8 et 1 point, sur des échelles allant de 0 à 30 et
0 à 60, n'atteignent pas les niveaux cliniquement appréciables,
estimés autour de 3 points [11].
Concrètement, si dans l'état actuel de la recherche il
ne faut pas attendre de miracles de ces médicaments, il n'est pas
déraisonnable de les prescrire pour une période limitée,
en fonction des troubles cliniques. L'essentiel est de ne pas négliger
pour autant la prise en charge des troubles thymiques et comportementaux,
le soutien aux aidants qui nécessitent des approches précises,
pharmacologiques et non pharmacologiques, qui feront l'objet d'un autre
dossier.
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Doit-on dépister les démences ?
La prévalence des démences non curables, maladie d'Alzheimer
et démences vasculaires, de très loin les plus fréquentes,
augmente avec le vieillissement de la population. Les démences curables
représentent moins de 1,5 % des cas. Les conséquences en sont
lourdes pour les patients, leurs familles et la société. La démence
ne serait souvent reconnue qu'à un stade avancé. Faut-il envisager
un dépistage systématique ? Pourrait-il améliorer le pronostic
et la prise en charge ? En 1996, l'US Preventive Services Task Force (USPSTF)
[16] n'avait pu déterminer si les bénéfices du dépistage
surpassaient ses inconvénients. En 2003, l'USPSTF a fait une revue de
la littérature à partir de six questions sur la faisabilité
et l'utilité de ce dépistage [17]. Nous y rajoutons les données
de la Cochrane Collaboration et du National Institute of Clinical Excellence
britannique (NICE), analysées par la Revue Prescrire [10].
La démence est-elle souvent méconnue ?
Dans 3 études sur des patients de médecine générale
de plus de 65 ans, 3 à 12 % présentaient des critères de
maladie d'Alzheimer selon les tests diagnostiques classiques. Parmi eux, 50
à 66 % n'avaient pas été diagnostiqués. Ces démences
méconnues concernaient les formes légères à modérées.
Ainsi, dans une petite étude, selon le stade de démence légère,
modérée ou sévère, le diagnostic n'est pas documenté
dans le dossier pour respectivement 78,6 %, 71,4 % et 20 % des cas.
Les tests de dépistage sont-ils précis ?
Les tests utilisés concernent les fonctions cognitives et le statut
fonctionnel. Les auteurs ont relevé 13 études d'évaluation
de ces tests, avec de nombreux biais. Leurs données montrent la validité
des tests pour les démences modérées, bien moindre pour
les démences légères. Le MMS, test des fonctions cognitives
le plus utilisé, a une validité variable selon l'âge et
le niveau d'éducation. Dans 8 études, sa sensibilité va
de 71 à 92 %, sa spécificité de 56 à 96 %. Les variations
sont liées à la valeur seuil retenue. Pour une prévalence
de démence de 10 %, la valeur prédictive positive varie de 15
à 72 %. D'autres tests cognitifs et les tests d'évaluation fonctionnelle
ont été étudiés, mais nécessitent d'autres
études. L'intérêt de la recherche de l'allèle e4
de l'apolipoprotéine E, trouvé 3 fois plus souvent en cas de maladie
d'Alzheimer héréditaire, reste à démontrer [17,
18]
Au total, les tests cognitifs, dont le MMS facilement utilisable en médecine
générale, ont une raisonnable capacité à détecter
les démences légères à modérées.
Côté médecin, la prise en charge précoce est-elle
efficace ?
Les anticholinestérasiques (cf. paragraphe précédent)
ont fait l'objet de plusieurs études de synthèse, dont celles
de la Cochrane Collaboration [10]. Les essais contre placebo du donépézil
(8 essais), de la rivastigmine (7 essais) et de la galantamine (7 essais) ont
presque tous montré une amélioration des échelles psychométriques
dans les cas de maladie d'Alzheimer légères à modérées.
Mais cette amélioration ne concerne que 10 à 20 % des patients,
sa traduction clinique reste incertaine, sa durée brève, le décalage
de la dégradation des fonctions cognitives atteignant en moyenne 6 mois.
Aucun essai n'a montré de différence pour les troubles psychologiques
et comportementaux. Dans 2 essais, les antidépresseurs ont été
efficaces sur la dépression associée à une démence
modérée. Si un essai avec le donézépil montrait
une légère réduction du taux de progression vers la maladie
d'Alzheimer d'une entité nouvellement reconnue, les troubles cognitifs
légers (mild Cognitive Impairment, MCI) la première année,
ce bénéfice disparaissait les années suivantes [13, 14].
Les prises en charge non médicamenteuses concernent à la fois
le patient et son entourage. De nombreuses études concernent les démences
sévères mais peu les démences légères à
modérées. Une méta-analyse et 5 essais randomisés
concluent dans les cas de démence légère à l'absence
de différence dans la charge pour les aidants entre groupe intervention
et groupe témoin. Deux études concluent cependant à un
bénéfice modeste sur la santé des aidants et 2 autres montrent
une prolongation d'environ 8 mois du maintien du patient à domicile pour
les démences graves [19].
Côté patient, à quoi sert de connaître précocement
le diagnostic ?
L'intérêt théorique est de laisser au patient (et à
son entourage) l'opportunité de s'informer sur la maladie et le pronostic,
de planifier les soins, de prendre les décisions importantes concernant
l'avenir. Aucune étude n'a vérifié, quantifié ou
réfuté ces hypothèses.
Aucune étude systématique ne s'est davantage intéressée
à la possibilité d'effets négatifs du diagnostic précoce
tels que dépression, anxiété, effet d'« étiquette
» du diagnostic, risque de faux positifs. En dépit de ces incertitudes,
dans la plupart des études les patients avec maladie d'Alzheimer et leurs
familles souhaitent être informés du diagnostic de la maladie.
Que conclure pour notre pratique ?
Actuellement, comme le concluait l'USPSTF, aucune donnée ne prouve
qu'un dépistage de la maladie d'Alzheimer soit faisable ou bénéfique.
De nouvelles études sont nécessaires pour évaluer
l'efficacité des traitements médicamenteux et non médicamenteux
à un stade précoce non symptomatique. On ne peut actuellement
que rester vigilants devant un déclin cognitif et fonctionnel pour
reconnaître une démence à son début... et préparer
l'organisation d'un avenir difficile.
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Références
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institutionnel des patients atteints de maladie d'Alzheimer. Bibliomed. 1997
:47.
En résumé : diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer
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- Le diagnostic de la maladie d'Alzheimer est avant tout clinique. Celle-ci
comprend des troubles de mémoire, mais aussi des troubles cognitifs.
La plupart des « oublis bénins » restent banals et n'évoluent
pas vers une maladie d'Alzheimer. L'important est de ne pas étiqueter
« démence » ce qui n'en est pas.
- Parmi les tests diagnostiques, le MMS est celui qui est le mieux adapté
à la pratique non spécialisée, notamment sous sa
forme allégée. Mais sa valeur prédictive positive
reste médiocre, liée à la valeur seuil adoptée,
et à la prévalence dans la population étudiée.
- Les traitements médicamenteux ont une efficacité incertaine,
en tout cas modeste et temporaire, chez seulement 10 à 20 % des
patients.
- La prise en charge du patient atteint de maladie d'Alzheimer est avant
tout non médicamenteuse. Elle suppose l'implication de l'entourage,
avec une information et une éducation des aidants, et une approche
pluridisciplinaire. Le diagnostic précoce devra tenir compte de
ces données et incertitudes lors des demandes des patients et de
leur entourage. En l'état actuel des données, il n'est pas
question de dépistage systématique de la maladie.
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DOI : 10.1684/med.2007.0089
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