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Médicaments et syndrome extrapyramidal
Le syndrome extrapyramidal est un effet attendu des neuroleptiques utilisés
comme antipsychotiques, surtout à hautes doses. Mais il faut savoir,
devant un syndrome parkinsonien ou un autre syndrome extrapyramidal, évoquer
la responsabilité des neuroleptiques « cachés » (ceux
qui ont des indications non psychiatriques) et de quelques autres médicaments
[1] :
- Des antiémétiques : métoclopramide (Primpéran®),
métopimazine (Vogalène®, Vogalib®), alizapride (Plitican®),
dompéridone (Motilium®). Les trois premiers sont des neuroleptiques
« vrais » qui peuvent provoquer dès la première prise
des dystonies aiguës : torticolis spasmodiques, trismus, crises oculogyres,
spasmes faciaux. Ces tableaux cliniques décrits de longue date avec le
métoclopramide peuvent être très impressionnants, surtout
chez le jeune enfant.
- Un traitement de fond de la migraine, la flunarizine (Sibelium®)
: les syndromes parkinsoniens induits peuvent apparaître après
un délai long (jusqu'à un an après l'instauration du traitement).
- Un traitement des bouffées de chaleur de la ménopause,
le véralipride (Agréal®). Le véralipride est un neuroleptique.
Il peut donc être responsable de dyskinésies précoces, de
syndromes parkinsoniens et de dyskinésies tardives.
- Un inhibiteur calcique, indiqué en cardiologie, le diltiazem
(Tildiem®).
- Les antidépresseurs sérotoninergiques : le syndrome
extrapyramidal est un effet indésirable possible qui paraît très
rare.
- Un antiépileptique, l'acide valproïque (Dépakine®,
Dépakote®, Micropakine® et génériques) : quelques
cas de syndrome parkinsonien parfois associé à un syndrome démentiel
ont été rapportés.
- Un traitement préventif de l'angor, la trimétazidine
(Vastarel®). Ce médicament a deux autres indications assez floues,
où son utilité thérapeutique est douteuse : « traitement
d'appoint des vertiges, acouphènes et des baisses du champ visuel »
et des « baisses du champ visuel et troubles du champ visuel d'origine
vasculaire ». Les cas de syndrome parkinsonien rapportés concernent
des patients âgés de plus de 70 ans (souvent des femmes) recevant
de la trimétazidine pour des sensations vertigineuses. Le syndrome parkinsonien
est apparu dans la 1re année du traitement et a disparu à l'arrêt
du traitement. Une telle complication amène à s'interroger sur
le rapport bénéfice/risque de ce médicament, y compris
dans le traitement préventif de l'angor où les alternatives thérapeutiques
sont nombreuses.
Patchs : IRM et brûlures...
Des incidents de brûlures lors d'examens IRM ont été rapportés
à l'étranger : il n'y a pas de cas français signalé.
Les dispositifs transdermiques incriminés contenaient une feuille de
protection métallique non ferromagnétique (par exemple de l'aluminium)
mais conducteur électrique responsable de ces brûlures induites
par les champs radiofréquences produits par les équipements d'IRM.
L'Afssaps recommande de retirer tout patch avant l'IRM, sauf si l'on est sûr
qu'il ne contient pas ce genre de feuillet protecteur (il n'est pas donné
de liste des patchs concernés. Existe-t-elle ?) [2].
Uvesterol® : attention au risque de fausse route !
Deux cas graves de malaise vagal (apnée du nourrisson pouvant entraîner
une cyanose) ont été signalés lors de l'administration
d'Uvestérol vitaminé ADEC® et Uvestérol 1 500 UI/mL®
à des nourrissons de moins de 6 mois. Un mécanisme de « fausse
route » paraît être en cause.
L'Afssaps insiste sur les précautions à prendre pour toute administration
d'un médicament liquide chez le nourrisson : nourrisson en position semi-assise
(tête en légère flexion, reposée sur l'avant-bras),
produit administré lentement pour laisser le temps à l'enfant
de l'avaler naturellement [3].
BCG : dose exacte, technique d'injection correcte
Le vaccin BCG SSI®, intradermique, est maintenant le seul vaccin antituberculeux
disponible en France. La vaccination reste obligatoire pour l'entrée
en collectivité : le Conseil supérieur d'hygiène publique
de France recommande qu'elle soit réalisée chez les enfants à
risque élevé de tuberculose dans les premières semaines
de vie, au-delà de l'âge de 6 mois chez les enfants à faible
risque.
De janvier 2005 à mai 2006, 250 réactions locales ont été
signalées après vaccination par le vaccin BCG SSI® (environ
450 000 personnes ont été vaccinées durant cette période).
Il s'agit principalement d'abcès au point d'injection. Dans un tiers
des cas, un surdosage ou une mauvaise technique d'injection intradermique est
en cause [4].
Terbinafine et agranulocytose
La terbinafine (Lamisil®) est indiquée dans le traitement des onychomycoses
et de certaines mycoses cutanées. L'Australian Adverse Drug Reactions
Advisory Committee (ADRAC) rappelle que la terbinafine administrée par
voie orale peut dans de rares cas être responsable d'atteintes hématologiques,
notamment d'agranulocytose [5]. Parmi les 16 cas notifiés à l'ADRAC,
11 étaient survenus après 4 à 6 semaines de traitement,
la majorité a présenté des signes précurseurs et
récupéré rapidement à l'arrêt du traitement,
mais il y a eu 1 décès (par choc septique). L'ADRAC recommande
d'informer de ce risque les patients dont la durée du traitement est
supérieure à 1 mois, en leur demandant d'être attentifs
à des symptômes tels que fièvre, angine ou ulcères
de la bouche [5].
Effets secondaires sévères de la sibutramine
La sibutramine (Sibutral®) est un inhibiteur de la recapture de la sérotonine
et de la noradrénaline indiqué dans l'obésité (Indice
de masse corporelle > 30) et dans certains cas de surpoids (IMC > 27 et
comorbidité).
Entre 2002 (date de la mise sur le marché en Australie) et 2006, l'ADRAC
a reçu 138 notifications portant sur 404 effets adverses [6]. Les effets
indésirables les plus sévères sont neuropsychiatriques
et cardiovasculaires. Parmi ceux-ci, la sibutramine était le seul médicament
en cause dans :
- 11 cas de dépression sur 12 notifiés (survenue entre 1 et
13 jours de traitement), dont 2 cas d'idées suicidaires et 2 tentatives
de suicide ; 11 patients ont récupéré à l'arrêt
de la sibutramine.
- 2 épisodes maniaques sur 3 notifiés, les 2 ayant cessé
à l'arrêt de la sibutramine (le 3e cas concernait un patient ayant
des antécédents de désordres bipolaires bien contrôlés).
- 27 cas de réactions cardiovasculaires incluant des troubles, des
palpitations et des douleurs angineuses. Les 2 plus sérieux ont été
2 cas de fibrillation ventriculaire avec arrêt cardiaque et infarctus.
Il y a eu aussi 8 notifications d'hypertension.
- 2 cas de syndrome sérotoninergique, sur 5 notifiés, survenant
dans les 1 à 22 jours. Dans les 3 autres cas, la sibutramine était
associée au tramadol (2 cas) ou à la sertraline (1 cas).
L'ADRAC recommande de ne pas associer la sibutramine à d'autres médicaments
agissant sur le système nerveux central, et de ne pas la prescrire chez
des patients ayant des antécédents cardiovasculaires ou une hypertension
artérielle [6].
Références
- Montastruc JL, Sommet A, Olivier P, et al. Médicaments, maladie
de Parkinson et syndrome parkinsonien : actualités de pharmacovigilance.
Thérapie. 2006;61:29-38.
- AFSSaPS. Les alertes sanitaires. Dispositifs transdermiques et IRM : risques
de brûlures. Communiqué du 5/9/06. Disponible sur http://agmed.sante.gouv.fr
- AFSSaPS. Communiqué de presse « bon usage ». Nouvelles
recommandations d'administration pour Uvestérol Vitaminé ADEC
et Uvestérol D 1500UI/mL. Disponible sur http://agmed.sante.gouv.fr
- AFSSaPS. Communiqué de presse. Point d'information 20 juillet 2006
(avec lettre d'information et brochure technique). Disponibles sur http://agmed.sante.gouv.fr
- ADRAC. Life threatening blood dyscrasias with oral terbinafine. Aust Adv
Drug React Bull. 2006;25:15. Disponible sur http://www.tga.gov.au/adr/aadrb/aadr0608.htm
- ADRAC. Sibutramine. Four years experience. Austr Adv Drug React Bull. 2006;25:11.
Disponible sur http://www.tga.gov.au/adr/aadrb/aadr0608.htm
Note :
1. L'ADRAC est l'agence australienne de pharmacovigilance, dépendant
du ministère de la santé et des personnes âgées.
DOI : 10.1684/med.2006.0045
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