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Effet hypoglycémiant largement démontré
Les sulfamides hypoglycémiants (tableau
1) ont fait l'objet de dizaines d'essais visant à démontrer leur
effet hypoglycémiant.
En monothérapie, l'effet hypoglycémiant est de l'ordre de 1
à 2 % d'hémoglobine glyquée (HbA1c) et proche de celui
de la metformine [5]. Les essais comparant les sulfamides hypoglycémiants
entre eux n'ont dans l'ensemble pas démontré de différence
d'effet hypoglycémiant. Nous n'avons identifié aucune étude
ayant montré l'efficacité de l'administration d'une deuxième
molécule de sulfamide hypoglycémiant lorsqu'un premier produit
de cette classe s'est révélé inefficace.
L'association avec la metformine ou les glitazones a également montré
son efficacité hypoglycémiante. Nous n'avons identifié
aucun essai ayant étudié l'association de deux insulinosécréteurs
(sulfamide hypoglycémiant ou glinide) ; une telle association est dénuée
de logique pharmacologique.
Trois méta-analyses ont étudié l'effet hypoglycémiant
de l'association insuline/sulfamides hypoglycémiants [5-7]. La plupart
des études sélectionnées sont de durée relativement
brève (inférieure à 6 mois), 5 essais portent sur une période
de 46 à 52 semaines. Deux méta-analyses [6, 7] montrent une amélioration
significative de l'équilibre glycémique évalué sur
les concentrations de la glycémie à jeun et de l'hémoglobine
glyquée, malgré une diminution significative des doses d'insuline
administrées.
Une modification du protocole de l'UKPDS dans 8 centres sur 23 a permis d'évaluer
l'association insuline-sulfamides hypoglycémiants, sur une durée
supérieure à 6 ans. Dans le bras sulfamide hypoglycémiant
(n = 339), l'insuline était ajoutée systématiquement si
la glycémie à jeun dépassait 1,08 g/L malgré une
posologie maximale du sulfamide. On note une amélioration significative
de l'équilibre glycémique par rapport au bras insuline seule (n
= 245) : hémoglobine glyquée 6,6 % vs. 7,1 %. Les épisodes
d'hypoglycémie majeure sont plus fréquents sous traitement par
insuline seule (3,2 % vs. 1,6 % par an). La prise de poids est identique dans
les deux bras [8].
L'essai UKPDS a inclus 3 867 patients (suivi moyen de 10 années) randomisés
entre suivi conventionnel et suivi intensif [3]. Ce suivi intensif comprenait
pour les diabétiques de type 2 sans surpoids ou avec surpoids modéré
l'insuline et les sulfamides hypoglycémiants suivants : le glibenclamide
(n = 615), le chlorpropamide (n = 788) et le glipizide (n = 170). Le traitement
intensif a réduit de 25 % (IC 95 : 7 à 40 %) le risque de survenue
de la microangiopathie diabétique.
Une analyse séparée portant sur les 3 041 patients inclus par
les 15 premiers centres a trouvé une diminution significative de la microangiopathie
dans le groupe glibenclamide mais non dans les groupes chlorpropamide et insuline.
Effets secondaires
Hypoglycémie : le plus fréquent et le plus grave
Dans l'étude UKPDS, avec un suivi de dix années, 1,6 % des patients
traités par chlorpropamide et 1,8 % de ceux recevant du glibenclamide
ont présenté un ou plusieurs épisodes hypoglycémiques.
Le taux annuel d'hypoglycémie sévère était de 1
% avec le chlorpropamide et de 1,4 % avec le glibenclamide.
De nombreuses études ont précisé l'incidence des accidents
hypoglycémiques et en ont identifié les facteurs de risque [9,
10]. Parmi les études les plus récentes :
*Une étude de cohorte britannique a inclus 33 243 utilisateurs de sulfamides
hypoglycémiants dans 719 cabinets ;
605 épisodes d'hypoglycémie ont été signalés,
soit un taux annuel de 1,8 %. La durée du traitement et les associations
médicamenteuses ont été identifiées comme prédictifs
du risque d'hypoglycémie. Le risque apparaissait comme plus élevé
avec le glibenclamide qu'avec les autres sulfamides hypoglycémiants [11].
*L'étude rétrospective américaine (Medicaid, Tennessee)
d'une cohorte de 19 932 utilisateurs de sulfamides hypoglycémiants ou
d'insuline âgés de plus de 65 ans a montré un premier épisode
d'hypoglycémie sévère chez 586 personnes, soit un taux
annuel de 1,23 %. Une sortie de l'hôpital depuis moins de 30 jours, un
âge avancé et une polymédicamentation (5 médicaments
ou plus) ont été identifiés comme facteurs de risque d'hypoglycémie
[12].
*Une étude rétrospective israélienne de 102 comas hypoglycémiques
d'origine médicamenteuse a retrouvé chez 93 patients au moins
un des facteurs de risque suivant : âge supérieur à 60 ans,
insuffisance rénale, diminution de la prise alimentaire et infection
[13].
*Une étude suisse a montré que l'incidence des hospitalisations
pour hypoglycémie sévère était multipliée
par 3,01 (1,35-6,77) avec les sulfamides hypoglycémiants à longue
durée d'action (essentiellement glibenclamide) versus sulfamides hypoglycémiants
à durée d'action plus courte. Les facteurs de risque étaient
l'âge et l'insuffisance rénale ; l'omission d'un repas a souvent
été en cause [14].
Au total, l'ensemble des données de la littérature permet d'identifier
au premier rang des facteurs de risque ceux qui sont listés dans le tableau
2. Il en résulte les précautions d'emploi résumées
dans le tableau 3. De plus, les hypoglycémies
apparaissent plus nombreuses et plus sévères avec le glibenclamide.
Rappelons enfin que le glipizide à libération prolongée
(Ozidia®) a été responsable de nombreux cas d'hypoglycémie
chez les personnes âgées chez qui il est désormais contre-indiqué.
Prise de poids
Elle est variable d'un essai à l'autre. Dans l'essai UKPDS, elle était
de 1,7 kg avec le glibenclamide, 2,6 kg avec le chlorpropamide et 4 kg avec
l'insuline.
Autres effets indésirables
Troubles digestifs.
*Réactions d'ordre immunoallergique : cutanées (rash, prurit
et photosensibilisation) ; plus rarement hématologiques (anémie
hémolytique, thrombopénie, agranulocytose et hépatite cholostatique).
En cas de survenue d'un effet indésirable immuno-allergique, l'ensemble
des sulfamides hypoglycémiants est alors contre-indiqué.
*Hyponatrémie par antidiurèse inappropriée : assez fréquemment
avec le chlopropamide qui a été utilisé dans le traitement
du diabète insipide. L'hyponatrémie est un effet indésirable
rare voire très rare avec les autres sulfamides hypoglycémiants.
*Effet antabuse : avec les sulfamides hypoglycémiants les plus anciens
et mentionné dans le RCP d'autres sulfamides hypoglycémiants.
Indications actuelles
Quel sulfamide hypoglycemiant choisir ?
Quelles sont les données pertinentes permettant de choisir un sulfamide
hypoglycémiant ?
*L'efficacité en termes de prévention de la microangiopathie
? Il faut alors choisir le glibenclamide si l'on considère que le bénéfice
démontré au cours d'UKPDS n'est pas un effet de classe [16].
*Le risque hypoglycémique ? Il faut alors éviter de prescrire
le carbutamide, le glibenclamide ainsi que le glipizide à libération
prolongée.
*Ni l'effet hypoglycémiant, ni un éventuel effet positif ou
négatif sur le risque cardiovasculaire, ni la nature des effets indésirables
autres que l'hypoglycémie ne permettent de différencier les sulfamides
hypoglycémiants entre eux.
En monothérapie : rarement en première intention
La metformine est l'antidiabétique de première intention dans
le diabète de type 2 de l'adulte chez la majorité des patients
[17, 18].
La prescription d'un sulfamide hypoglycémiant doit être envisagée
:
- en cas d'intolérance ou de contre-indication de la metformine,
- chez les patients sans surpoids.
Les sulfamides hypoglycémiants sont particulièrement indiqués
si le diabète est découvert alors que la glycémie est d'emblée
élevée : le risque hypoglycémique est alors minime.
En bithérapie
Les sulfamides hypoglycémiants constituent en raison du recul dont
nous disposons le premier choix pour l'association avec la metformine.
En association avec l'insuline, la poursuite ou non des sulfamides hypoglycémiants
doit être décidée au cas par cas en prenant en compte notamment
le risque d'hypoglycémie et une éventuelle polymédication.
Références
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recommendations for standard, comprehensive, and minimal care. Diabetic Med.
2006;23:579-93.
Les sulfamides hypoglycémiants
Sur nos 8 indicateurs :
Les « plus » :
* Un antidiabétique oral plus souvent de deuxième intention
et au rapport bénéfices/risques correct en cas de « bon usage
» (cf ci-dessous)
* Un recul déjà « confortable » avec un nombre considérable
de patients utilisateurs au long cours.
Les « moins » :
* Le risque hypoglycémique qui impose un minimum de précautions
(cf. ci-dessous)
* Le respect des quelques précautions d'emploi indispensables rappelées
ci-dessous.
* L'absence de démonstration directe d'un bénéfice cardiovasculaire
(à l'opposé de la microangiopathie).
En pratique : quelques propositions
* Débuter par la posologie minimale.
* Augmenter la posologie progressivement.
* Respecter les contre-indications du RCP, notamment l'insuffisance rénale
sévère. Dans l'insuffisance rénale modérée,
bannir les sulfamides hypoglycémiants à durée d'action
longue.
* Repérer les patients et situations à risque d'hypoglycémie.
* Mettre en route une autosurveillance glycémique.
* Éduquer le patient à propos du risque d'hypoglycémie.
DOI : 10.1684/med.2006.0028
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