ARTICLE
| Ces dossiers sont issus de textes publiés chaque semaine depuis
quelques années dans Bibliomed. Actualisés si nécessaire
en fonction des données les plus récentes, ils ne résultent
pas d'une revue systématique de la littérature, mais d'une
veille documentaire en continu des principales revues médicales publiant
des études fondées sur les preuves, ou des recommandations
en résultant. Ils ont pour ambition de fournir au médecin
généraliste une actualisation des données sur les questions
pertinentes pour leur pratique retenues par le comité de rédaction.
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Nous n'abordons pas dans ce dossier le problème particulier des «
femmes à risque », notamment du fait de facteurs génétiques.
Rappelons cependant brièvement au préalable les quelques données
utiles issues d'une méta-analyse anglaise portant sur 52 études
épidémiologiques (plus de 50 000 femmes atteintes de cancer du
sein, et 100 000 témoins indemnes) [2] :
- Le risque pour une femme de développer un cancer du sein entre 20
et 80 ans dans nos pays est selon qu'elle a aucune, une, ou deux parentes atteintes,
de 7,8 % (une sur 13), 13,3 % (une sur 8), 21,1 % (une sur 5). La mortalité
correspondante estimée est de 2,3 % (une sur 43), 4,2 % (une sur 24),
7,6 % (une sur 13).
- En cas d'histoire familiale de cancer du sein, le risque est plus grand
de développer un cancer du sein après 50 ans. Avant 50 ans, si
le risque relatif est en effet plus grand, le risque absolu ne l'est pas. L'âge
de survenue du cancer du sein chez la parente a un effet modeste sur le risque
de développer un cancer du sein durant la vie.
- En cas d'histoire familiale de cancer du sein, 8 femmes sur 9 ne développeront
jamais de cancer du sein elles-mêmes et la plupart des femmes qui développent
un cancer du sein n'ont pas ces antécédents.
De ces données résultent que les programmes de santé
publique doivent rester ciblés sur l'ensemble des femmes. Mais au niveau
individuel les antécédents peuvent inciter plus fortement au dépistage.
Les questions auxquelles répond ce dossier ont fait l'objet de 4
publications de Bibliomed : 249 du 17 janvier 2002, 297 du 13 mars 2003, 298
du 20 mars 2003, 409 du 12 janvier 2006.
Premières données sur l'efficacité du dépistage
du cancer du sein en France
Chaque année et tous âges confondus, 12 000 femmes meurent d'un
cancer du sein en France et 46 000 nouveaux cas sont diagnostiqués. Le
dépistage organisé du cancer du sein, maintenant généralisé
en France, concerne les femmes de 50 à 74 ans. Il trouve sa principale
justification dans une réduction de 25 à 30 % de la mortalité
spécifique dans cette tranche d'âge, après 5 ans de suivi,
démontrée par plusieurs grandes études randomisées
internationales, bien qu'une méta-analyse danoise ait contesté
ces résultats en 2001. Un groupe de travail de l'Anaes avait alors évalué
cette méta-analyse et n'en retenait pas les conclusions négatives,
ce qui avait justifié la généralisation du programme de
dépistage dans notre pays [3]. Pour les femmes de 40-49 ans, le bénéfice
reste incertain : la réduction de mortalité est à la limite
de la significativité et, en raison de nombreux faux positifs, le rapport
bénéfice/risque incertain. Les données rapportées
ci-dessous ont été publiées en 2003 [4] et 2006 [5].
La méthode
Elle a varié selon les campagnes. Le protocole initial concernait les
femmes de 50 à 69 ans, avec une mammographie tous les 3 ans et une incidence
par sein. Après double lecture, un bilan complémentaire était
proposé aux femmes ayant une mammographie suspecte. Le protocole actuel,
prenant en compte les remarques de l'Anaes, inclut les femmes de 50 à
74 ans, tous les deux ans, avec deux incidences par sein (modalités identiques
à celle du dépistage « individuel »). La mammographie
est réalisée par tous les radiologues qui acceptent les engagements
de qualité (contrôle des appareils, formation, recueil des données,
double lecture). Le radiologue fait un examen clinique et en cas de doute, d'emblée
le bilan complémentaire. Tous les clichés négatifs sont
soumis à une double lecture.
Les indicateurs précoces
Indicateurs d'impact
En 2003, le programme concernait 32 départements, dont 10 avaient un
programme de dépistage en cours depuis plus de 10 ans [2]. Les données
sont comparées au référentiel européen (celui de
l'ensemble des pays européens ayant mis en place un programme de dépistage
systématique). Le taux de participation au programme est de 33 % (20
à 60 % selon les départements). Il augmente de campagne en campagne.
Il est inférieur au référentiel européen (70 %),
mais en prenant en compte les dépistages individuels, plusieurs enquêtes
ont montré un taux global de dépistage de 50 à 77 %. Parmi
les femmes dépistées, 27 % n'avaient jamais eu de mammographie,
18 % une plus de 3 ans auparavant, 48 % une moins de 3 ans avant. Ainsi le programme
« récupère » 45 % des femmes.
Le programme de dépistage a été généralisé
en 2004 [3, 4]. La participation a augmenté : 40 % en 2004 et 45 % en
2005, soit près de 2 millions de femmes dépistées au cours
de cette dernière année (figure
1). En 2005, la région Bretagne a le taux de participation le plus élevé
très proche de 60 %, les Pays de Loire et le Limousin autour de 55 %.
Les régions ayant les taux les plus bas sont la Corse (31,5 %), l'Ile-de-France
(34,3 %) et la Lorraine (32,1 %).
En 2004, 1 600 000 femmes ont effectué une mammographie de dépistage
organisé permettant la détection de 10 640 cancers. Mais au total,
65 % des femmes de la classe d'âge de 50 à 74 ans interrogées
pour le Baromètre santé en 2005, ont déclaré avoir
effectué une mammographie au cours des deux dernières années
[6].
Indicateurs de qualité
Le taux de bilans complémentaires est de 7 % (3,7 à 11,4 selon
les départements) à la première campagne, 4,4 % ensuite.
Le référentiel européen propose un maximum de 7 % pour
la première vague, 5 % pour les suivantes, pour limiter le nombre des
faux positifs sans augmenter les faux négatifs.
La valeur prédictive positive de l'indication de biopsie est de 53
% à la première campagne, 65 % ensuite (50 % selon le référentiel
européen). Ceci témoigne que les indications de biopsies ont été
posées à bon escient.
Indicateurs d'efficacité
Lors de la première vague, 5,6 cancers étaient dépistés
pour 1 000 mammographies (3 à 9 12 selon les départements),
4,2 12 ensuite (recommandation européenne : 5 12).
Les données montrent un taux de petits cancers du sein élevé
(35 %), supérieur à celui recommandé par le référentiel
européen et à celui diagnostiqué hors programme (27 %)
: 14,3 % d'in situ (7,8 à 22,5 selon les départements)
à la 1re vague (15 % selon le référentiel européen)
; 35 % d'invasifs de moins de 10 mm (29 à 52 selon les départements)
à la 1re vague, 37 % ensuite (vs. 20 et 25 % selon le référentiel
européen) ; 71 % sans envahissement ganglionnaire (vs. 70 % selon
le référentiel européen).
Évolution de la mortalité
La mortalité par cancer du sein chez les femmes de plus de 30 ans a
été analysée à partir des données statistiques
nationales. Les données des 10 départements ayant mis en place
un programme de dépistage avant 1994 ont été comparées
à celles des 85 autres. Sur les 215 000 décès par cancer
du sein relevés entre 1978 et 1999, il y a dans le groupe des 10 départements
une réduction significative de 7,7 % de la mortalité par cancer
du sein entre les périodes 1988-92 et 1995-99, et une stabilité
dans les autres (diminution non significative de 1 %). Ces données encourageantes
n'ont pas la valeur d'une étude randomisée et doivent être
reçues avec prudence [7]. Il est prévu de développer une
méthode plus spécifique pour l'indicateur de mortalité.
Que conclure pour notre pratique ?
On commence à avoir des données françaises sur
l'impact et même l'efficacité du programme de dépistage
organisé du cancer du sein. On peut retenir l'amélioration
de la qualité des mammographies, l'augmentation du nombre des femmes
bénéficiaires, le dépistage de cancer du sein à
un stade plus précoce. Il y a cependant encore de grosses différences
entre les départements.
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Femmes et médecins face au dépistage organisé du cancer
du sein en France
La participation des femmes au programme de dépistage organisé
du cancer du sein est l'un des éléments majeurs de son efficacité
en tant qu'action collective de santé. Elle dépend largement de
l'opinion des femmes et des médecins traitants. Les données françaises
à ce sujet sont peu fréquentes et récentes [8, 9].Þ
Facteurs de non-participation des femmes
Trois éléments de non-participation ont été
recueillis lors de 328 entretiens [8] réalisés chez des non-participantes
dans 4 départements avec dépistage organisé (Allier, Loire,
Rhône, Val-d'Oise) :
*Une méfiance face à un système organisé assimilé
à une moindre qualité et à une perte de liberté,
à l'opposé du dépistage individuel, surtout dans les milieux
favorisés.
*À l'inverse, une distance vis-à-vis de la prévention
chez les femmes en situation de précarité qui ont d'autres priorités
et trouvent le système complexe.
*L'absence d'association des médecins généralistes au
processus souvent présentée comme une raison de non-engagement.
Deux types de femmes sont individualisés par les auteurs :
*La femme vulnérable : elle a plus de 65 ans, défavorisée,
rurale ou de banlieue, fataliste. Elle comprend mal les courriers. Le dépistage
lui paraît sans intérêt ou imposé pour continuer à
bénéficier des prestations gratuites. Elle fréquente surtout
le généraliste, peu le gynécologue. Elle a peur du cancer,
mais pense que la médecine la guérira.
*La femme « maîtresse de son destin » : elle a moins de 60
ans, sans condition de vulnérabilité, urbaine et a intégré
les pratiques préventives. Elle a peur du cancer, connaît les enjeux
du dépistage, a bien reçu et compris le courrier. Mais elle ne
se sent pas concernée, fait plus confiance au dépistage individuel.
Elle a un gynécologue, aime les médecines douces. Elle est critique
vis-à-vis de la médecine institutionnelle et choisit ses filières.
Opinions et comportements des médecins
Ce sondage d'opinions sur le dépistage organisé, fait avant
sa généralisation, a inclus 1 000 généralistes et
250 gynécologues libéraux tirés au sort, issus pour moitié
de départements avec dépistage organisé.
Les connaissances et opinions sur ce dépistage sont identiques chez
ces professionnels : plus de 90 % en connaissent l'existence, un peu moins dans
les départements sans programme ; les avantages reconnus au programme
sont dans l'ordre l'équité, le contrôle de qualité,
l'évaluation ; les inconvénients : pour 75 % le sentiment d'être
exclu des programmes et une lourdeur administrative, pour 40 % des généralistes
et 65 % des gynécologues une moins bonne qualité.
La satisfaction est meilleure chez les généralistes que chez
les gynécologues : 86 % vs. 61 % sont très ou plutôt satisfaits
; 33 % vs. 10 % adressent toutes leurs patientes au DO ; 21 % vs. 36 % ne les
adressent jamais.
Que conclure pour notre pratique ?
En direction des femmes, les auteurs proposent trois pistes de travail
: mettre en valeur la qualité des programmes de dépistage
(particulièrement les démarches de recherche de qualité),
développer une stratégie d'alliance avec les relais de proximité
(entourage familial, particulièrement les filles, et médecins
traitants), adapter les supports de communication aux diversités
culturelles.
En direction des médecins, leurs conclusions sont moins développées.
Ils évoquent la mise en évidence de la valeur ajoutée
créée par l'organisation. De fait le contrôle des
appareillages, la formation des radiologues et des manipulateurs, la double
lecture sont des garanties de qualité qu'il est juste de valoriser.
C'est probablement en ce qui concerne le reproche de lourdeur administrative
et d'exclusion des médecins traitants que les efforts les plus
importants sont à promouvoir. L'enquête EURECA [10] a bien
montré leurs conditions d'implication dans la prévention.
Sur 15 propositions visant à aider le généraliste
à mieux réaliser le dépistage des cancers, sont considérés
comme contribuant « énormément ou beaucoup » par
les 300 généralistes français interrogés :
l'information sur le suivi en cas de mammographie anormale (82 %), les
preuves de l'efficacité de la mammographie (71 %), l'invitation
écrite faite par l'organisme central de consulter son médecin
(57 %), le feed-back sur les résultats (48 %), les incitations
financières (29 %). Certaines campagnes ont développé
la participation réelle des médecins traitants à
la prescription, leur information téléphonique immédiate
et personnalisée pour les résultats suspects, les informations
régulières par divers canaux sur le déroulement et
les résultats des campagnes. Ce sont les conditions nécessaires
à l'implication des médecins.
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Dépistage du cancer du sein : controverses ?
Il est considéré comme établi que le rapport bénéfice/risque
du dépistage organisé du cancer du sein chez les femmes de 50
à 69 ans est largement positif. Mais ce n'est pas exact. Le doute subsiste
toujours sur le caractère favorable de ce dépistage. Certes, la
qualité des mammographies s'est améliorée ; la formation
et l'expérience des radiologues, la double lecture réduisent le
nombre des faux négatifs ; les cancers dépistés sont moins
évolués, donc de meilleur pronostic ; la mortalité par
cancer du sein est plus faible qu'attendue chez les femmes dépistées
mais il n'est pas possible de rattacher cette différence à l'effet
bénéfique du dépistage [3]. À partir de ces données,
le dépistage a été généralisé en France
comme dans d'autres pays. Pourtant diverses études parues amènent
à se poser deux questions. La réduction de mortalité, objectif
de base du dépistage, est-elle vraiment prouvée ? Les cancers
détectés par le dépistage auraient-ils tous évolué,
en d'autres termes n'y aurait-il pas un surdiagnostic ?
Dépistage et réduction de mortalité ?
L'Anaes recommande depuis 1997 le dépistage tous les 2 ans entre 50
et 69 ans, avec deux clichés, au vu des études randomisées
et de 9 méta-analyses publiées entre 1993 et 1998 qui concluaient
à une baisse de mortalité par cancer du sein de 26 à 34
% liée au dépistage [11].
La méta-analyse d'Olsen et Gotsche, de la Cochrane, mettait en cause
ces résultats en 2000. En écartant de l'analyse les études
de pauvre et mauvaise qualité, la réduction de mortalité
n'était pas retrouvée ; en écartant seulement les 2 mauvaises,
la réduction de mortalité était de 15 % à 7 ans
et de 20 % à 13 ans. Par ailleurs, les femmes dépistées
avaient plus de mastectomies et de radiothérapies, mettant en cause le
rapport bénéfices/risques du dépistage. Largement discutée
[3], cette étude a surtout conduit à prendre en compte dans l'analyse
d'un dépistage les traitements qu'il induit.
Une étude de cohorte danoise récente [12] a évalué
sur 10 ans (1991 à 2001) le programme de dépistage biannuel de
Copenhague (40 000 femmes de 50 à 69). La mortalité par cancer
du sein des femmes du programme, comparée avec celle antérieure
au programme et avec les régions danoises n'en bénéficiant
pas, était réduite de 25 %, et de 37 % pour les seules femmes
participant de façon active à ce programme.
Y a-t-il surdiagnostic dû au dépistage ?
Une étude de cohorte scandinave [13] a analysé l'incidence des
cancers du sein en Scandinavie avant et après l'introduction du dépistage
organisé. Dans cette cohorte, entre 50 à 69 ans, l'incidence a
augmenté de 54 % en Norvège, 45 % en Suède (et de 80 %
en incluant les cancers in situ). Il était attendu en conséquence
une diminution d'incidence après 69 ans qui n'a pas été
constatée. Pour les auteurs, ce surdiagnostic fait qu'un tiers des cancers
invasifs diagnostiqués n'auraient jamais fait parler d'eux sans le dépistage.
Un taux de surdiagnostic de 30 % avait déjà été
noté par Olsen et Gotzche, et une augmentation de l'incidence liée
au dépistage relevée en Finlande et en Australie.
Quelle balance bénéfices/risques ?
Une analyse australienne [14] a modélisé sur une hypothèse
de réduction de 37 % de mortalité, les bénéfices
et risques du dépistage. Entre 50 et 59 ans, sur 10 ans et 1 000 femmes
dépistées, il y aurait 242 résultats anormaux, 64 biopsies,
33 cancers détectés (28 invasifs et 5 in situ) ; en cas
de refus du dépistage, sur les 10 ans, 20 cancers sont détectés
; ainsi en 10 ans chez 1 000 femmes dépistées, il y aurait 2 morts
par cancer du sein en moins. Entre 60 et 69 ans chez les femmes dépistées
il y aurait 184 résultats anormaux, 56 biopsies, 38 cancers, et 3 morts
en moins.
Que conclure pour notre pratique ?
La réduction de la mortalité par cancer du sein observée
dans la population générale est liée autant au dépistage
qu'au traitement. Il est difficile de les dissocier [15].
Le risque de surdiagnostic est à prendre en compte dans tout
dépistage, en raison des gestes induits, avec leurs inconvénients
et leurs risques. Son existence est difficile à affirmer. À
titre comparatif, il semble difficile à exclure pour le cancer
de la prostate, où l'incidence multipliée par 5 entre 1980
et 2000, sans modification notable de la mortalité, ne semble pouvoir
être expliquée que par le dépistage. Pour le sein,
les données sont plus incertaines en l'absence d'évaluation
précise [16]. Le dépistage organisé facilite cette
évaluation. Rappelons que son organisation actuelle respecte l'autonomie
de décision du médecin et des patientes et a d'importantes
retombées sur la qualité des soins [11]. Inscrire tous les
dépistages dans le cadre d'un dépistage organisé
est essentiel et bénéfique pour tous.
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Références
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- InVS : La participation des femmes au dépistage organisé
du cancer du sein augmente mais reste disparate selon les régions.
Communiqué de presse - 10 mai 2006.
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ayant mis en place depuis 1990 un programme de dépistage organisé
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- Sancho-Garnier H et al. Connaissances, opinions et comportements des médecins
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En résumé : dépistage organisé du cancer
du sein en France
- Chaque année et tous âges confondus, 12 000 femmes meurent
d'un cancer du sein en France et 46 000 nouveaux cas sont diagnostiqués.
- Le dépistage organisé du cancer du sein, maintenant
généralisé en France, concerne les femmes de 50 à
74 ans, avec pour objectif de réduire la mortalité spécifique
par cancer du sein dans cette tranche d'âge.
- Les premiers résultats, encourageants, n'ont pas la valeur
d'une étude randomisée et doivent être reçus
avec prudence. On peut retenir l'amélioration de la qualité
des mammographies, l'augmentation du nombre des femmes bénéficiaires,
le dépistage de cancer du sein à un stade plus précoce.
- La participation des femmes au programme de dépistage organisé
du cancer du sein, l'un des éléments majeurs de son efficacité,
dépend largement de leur opinion et de celle de leurs médecins
traitants : tout doit être fait pour améliorer la situation
sur ce point.
- Cela conforte l'impérieuse nécessité de l'évaluation
qui ne peut être réalisée que dans le cadre d'un dépistage
organisé.
- Le risque de surdiagnostic est à prendre en compte comme dans
tout dépistage, en raison des gestes induits, avec leurs inconvénients
et leurs risques. Cela conforte l'impérieuse nécessité
de l'évaluation.
- L'efficacité de ce dépistage reste douteuse.
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DOI : 10.1684/med.2006.0008
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