Cette étude multicentrique randomisée de prévention primaire
a été menée en Espagne auprès de 772 patients asymptomatiques
âgés de 55 à 80 ans à risque cardiovasculaire élevé
mais n´ayant jamais fait d´accident coronarien ou vasculaire cérébral
; 99,6 % ont achevé l'étude. L'essai PREDIMED comparait 3 régimes
: 2 méditerranéens, le premier supplémenté en huile
d'olive (1 L/semaine) et le second en noix (30 g/j) et un régime appauvri
en graisses de toutes catégories (selon les critères définis
par l'American Heart Association). Les effets à 3 mois étaient
jugés sur des dosages de marqueurs de risque cardiovasculaire : poids,
circonférence abdominale, pression artérielle, profil lipidique,
glycémie et différents marqueurs inflammatoires. Ces marqueurs
intermédiaires de risque cardiovasculaire étaient encore améliorés
dans les deux régimes méditerranéens supplémentés
par rapport au régime appauvri en graisses.
Estruch R, Martinez-Gonzalez MA, Corella D, Salas-Salvado J, Ruiz-Gutierrez
V, Covas MI et al. for the PREDIMED Study Investigators. Effects of a mediterranean-style
diet on cardiovascular risk factors. A randomised trial. Ann Intern Med 2006
; 145 : 1-11.
Les questions que se pose la rédaction
- De cette « petite » étude, même randomisée,
on peut difficilement conclure aux bienfaits du « régime méditerranéen»
en matière de prévention du risque cardiovasculaire. Les auteurs
espagnols reconnaissent d'ailleurs certaines limites de l'étude, trop
courte pour en tirer des conclusions cliniques... Le suivi à long terme
de cette cohorte complétera peut-être les données.
- Les critères intermédiaires choisis sont certes améliorés,
suggérant que le régime méditerranéen a des effets
possibles à court terme sur la pression artérielle et différents
facteurs lipidiques. Passer d'un plausible mécanisme d'action à
un effet clinique est pour le moins hasardeux.
- Est-ce le « régime méditerranéen » qui est
en cause dans le gradient de risque cardiovasculaire constaté entre nord
et sud, ou le style de vie qui va avec ?
|